Automates
Intelligents s'enrichit du logiciel
Alexandria.
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Une opération de calcul partagé lancée
à l'occasion du Téléthon 2001 par l'Association
française contre les myopathies, IBM et la start-up Genomining,
vient de s'achever. Près de 75 000 internautes ont participé
à cette opération, destinée à comparer
deux à deux 550 000 séquences de protéines
connues de la vie végétale, bactérienne, animale
et humaine. L'objectif était de déterminer leur pourcentage
de similitude, et classer les résultats dans une base de
données destinée à faire gagner du temps aux
chercheurs.
On peut penser
que la mise en commun de ressources, sur ce modèle, permettra
à de plus en plus de projets de recherche de progresser,
tout en sensibilisant à leurs objectifs les internautes volontaires.
Beaucoup d'entre eux craignent ce faisant l'envahissement de virus,
mais l'expérience semble montrer que cette crainte est (encore)
illusoire.
Plasticité
des cellules-souches humaines
JPB 17//05/02
Nous extrayons du bulletin RTFlash n° 195 du 18 au 24 mai,
à la signature du sénateur René Trégouët,
les lignes suivantes:
" Alors que le débat éthique sur le clonage thérapeutique
s'intensifie et que l'importation de deux lignées de cellules-souches
embryonnaires vient d'être autorisée par le Ministère
de la Santé, une nouvelle découverte scientifique
vient encore de confirmer l'extraordinaire plasticité des
cellules-souches adultes. Une équipe de chercheurs français,
norvégiens et américains a réussi à
reprogrammer et à transformer en éprouvette des cellules
adultes humaines de peau en cellules nerveuses radicalement différentes
(Nature biotechnology de mai 2002 http://www.nature.com/cgi-taf/...l).
Ces dernières se comportent comme des
acteurs du système immunitaire ou du système nerveux
sans passer par l'étape du clonage thérapeutique qui
comporte de nombreux et sérieux risques de dérives
éthiques, comme le clonage reproductif ou les risques de
dérive marchande des ovocytes féminins. L'équipe
d'Anne-Mari Hakelien, de l'université d'Oslo, et de Philippe
Collas, a mis au point un procédé novateur à
partir de fibroblastes qu'ils ont rendus perméables pour
éliminer certains composants avant de les mettre en présence
d'une « soupe » de cellules T du système immunitaire.
Cette « soupe » contient des facteurs nucléaires
qui ont été transportés jusque dans le noyau
des fibroblastes. Ils se sont liés à l'ADN et ont
réussi à réguler l'expression de certains gènes
dans un sens radicalement différent. Cette transformation
particulièrement impressionnante a perduré au moins
deux mois. L'équipe a ensuite réalisé une opération
similaire à partir de fibroblastes transformés cette
fois à l'aide de précurseurs de neurones, en cellules
porteuses de projections ressemblant à des débuts
d'axones et synthétisant des neurofilaments protéiques.
Si cette flexibilité cellulaire se confirme, elle pourrait
constituer une alternative prometteuse au clonage thérapeutique
et ouvrir une voie royale vers une médecine régénératrice,
permettant d'obtenir à partir des propres cellules de peau
d'un patient, des cellules dotées de propriétés
radicalement différentes...".
Le tournoi Battlebots
JPB 17/05/2002
Ce
tournoi se tient cette année à San Francisco, du 20
au 27 mai. Il oppose des robots gladiateurs, conçus pour
détruire l'adversaire. L'affaire est devenue un véritable
business, avec d'importants sponsoring.
On aime ou on n'aime pas.
En tous cas, on ne peut rester insensibles aux astuces techniques
mises ici en oeuvre...
La
coupe de France de robotique 2002 vient d'avoir lieu à la
Ferté-Bernard (Sarthe) du 8 au 12 mai. Le thème en
était le billard aérien: deux machines doivent attraper
des boules de couleur et en placer le maximum dans des poches aux
coins de l'aire de jeu. Le vainqueur : Projet & Tec de l'Institut
Supérieur des techniques avancées de St Etienne (ISTASE).
96 concurrents ont été enregistrés, dont 8
classés. L'affaire progresse bien.
La coupe est
organisée par l'ANSTJ (Association nationale des sciences
et techniques pour la jeunesse) et E=M6 (animé par Mac Lesggy).
Sony
autorise la programmation du chien Aibo
CJ/JPB 17/05/2002
Sony
vient de décider de publier sur son site, le 3 juin prochain,
les détails du logiciel Open-R, qui permet de programmer
le comportement du chien robot Aibo (ERS-210 et ERS-220). Il proposera
de plus gratuitement le kit de développement baptisé
Open-R SDK. Les possesseurs du chien électronique pourront
ainsi programmer en C++ de nouvelles postures. Il s'agit sans doute
d'une initiative, d'ailleurs intelligente, de relancer ou favoriser
les ventes. Serait-ce un début de reconnaissance par Sony,
jusque là très fermé, de l'esprit Open Source?
Signalons
la parution ce jour du très attendu livre de Stephen Wolfram
"A new kind of science", comportant pas moins de 1280
pages entièrement consacrée aux automates cellulaires.
Nous consacrerons bien sûr dans notre prochain numéro
une note de lecture détaillée de cet ouvrage.
Voici dix ans que le mathématicien prodige et richissime
directeur de société*vivait reclus, consacrant
presque tout son temps à la rédaction de ce livre,
dont la parution était toujours repoussée.
*S. Wolfram
est le créateur du fameux logiciel Mathematica
Des abeilles dressées
à la détection des explosifs CJ 13/05/02
Depuis
trois ans, et dans le cadre de recherches sur les Systèmes
biologiques et biomimétiques contrôlés*, le
Defense Sciences Office de la DARPA** (Defense Advanced Research
Projects Agency) s' intéresse à la détection
d'explosifs à l'aide d'abeilles. Aujourd'hui les chercheurs
sont arrivés à des résultats particulièrement
incroyables : deux heures désormais suffisent pour dresser
une abeille à rechercher les produits explosifs tels le 2,4-dinotrotoluène
(DNT) ou les
résidus de TNT ou autres... Précisons que cela ne
fonctionne cependant pas la nuit, ou en période d'orage,
ou lorsqu'il fait froid... En tous cas, selon les scientifiques,
les abeilles auraient un odorat bien plus développé
que les chiens : elles seraient capables de réagir à
des concentrations aussi faibles que quelques millièmes de
partie par trillion.
Signalons par ailleurs que des biologistes de l'Université
du Montana (spécialisés dans la recherche sur l'apprentissage
des abeilles) ont constaté qu'il suffit de dresser une seule
abeille pour qu'elle transmette son savoir-faire à toute
la ruche. Travaillant en collaboration avec l'Oak Ridge National
Laboratory (Tennessee), les chercheurs ont conçu des "ruches
intelligentes" qui surveillent les abeilles afin de détecter
des traces de spores bactériennes sur leurs corps. L'objectif
est de développer des méthodes pour déceler
la présence de bactéries dans l'air, comme par exemple
celles de la maladie du charbon...
*Recherches
sur lesquelles le Pentagone a déjà investi quelque
25 millions de dollars depuis 1998
**En collaboration avec l'Air Force Research Laboratory de Brooks
Air Force Base et l'Institut Southwest Research de San Antonio (Texas),
ainsi que les laboratoires Sandia d'Albuquerque (New Mexico).
Nancy
Nisbet, artiste canadienne, s'est fait implanter l'année
dernière une puce dans chaque main, au niveau de la partie
charnue
située entre le pouce et l'index. "Je m'attends à
plus ou moins long terme à la fusion entre l'homme et la
machine. En adoptant déjà cela à mon propre
compte, j'aurai une meilleure compréhension de ce type de
technologie et les menaces potentielles ou les bénéfices
quelle représente", précise ce professeur d'arts
plastique. Un scanner permet de lire l'information que les puces
émettent, en l'occurrence un numéro alphanumérique
à 12 chiffres (puces Radio Frequency Identifcation, déjà
utilisées sur des animaux américains).
Pourquoi se faire greffer de telles puces, et pourquoi deux ? "Afin
de créer le doute sur sa véritable identité",
explique l'artiste.
Inquiète face à la société Orweilienne
qui résulterait d'implants comme le VeriChip* - développé
par Applied Digital Solutions (voir
notre actualité du 23/12/01-, elle souhaite utiliser
ses puces comme interface avec son ordinateur et contrôler
les traces qu'elle laisse dans le cyberespace.
Elle envisage d'ailleurs d'impliquer sur ce sujet les visiteurs
du salon ISER 2002 qui se tiendra cet été au Japon.
Chacun recevra un transpondeur sous forme de badge, et sera traqué
durant sa visite du salon. Un certain nombre d'entre eux, choisis
arbitrairement, auront accès à un ordinateur qui espionnera
les mouvements de chacun. "Je m'intéresse aux réactions
face à cette technologie de surveillance. J'essaie, en devenant
une sorte de cyborg, de mieux comprendre les connexions entre le
corps, l'identité et la technologie", explique Nancy
Nisbet.
*Dont
bénéficient d'ailleurs aux Etats-Unis trois personnes
d'une même famille (famille Jacobs) depuis ce 10 mai 2002.
Ces puces permettent de stocker leur dossier médical.
Le robot "My
spoon" pour aider les handicapés moteurs
à manger leur repas CJ 10/05/2002
Après
11 ans de travail, l'entreprise japonaise Secom lance ce mois de
mai 2002 la commercialisation de "My Spoon", robot qui assiste les
personnes ayant perdu l'usage de leurs bras en les aidant se nourrir.
De la taille d'une machine à coudre (28 centimètres
de long, 37 de large et 25 de haut, pour un poids de 6 kilogrammes),
le système est constitué d'un bras robot électrique
qui se manipule à l'aide d'un joystick que l'on peut actionner
avec le menton ou le bout de ses doigts.
Une cuillère et une fourchette fixées a l'extrémité
du bras prennent la nourriture prédécoupée
dans une boîte spéciale pour l'apporter à la
bouche de l'utilisateur.
Le robot pourra être loué au prix de 53 euros par mois
(6100 yens) avec un contrat de 5 ans. Pour l'achat, il faudra compter
autour de 3560 euros (410000 yens)
Première
mondiale : des chercheurs grenoblois de France Télécom
R&D ont mis au point un "vêtement communicant"
sur lequel peuvent s'afficher des images. Un écran souple
de fibres optiques, une batterie d'une autonomie de deux heures
et une télécommande ont été intégrées
dans le vêtement. Le mélange de textile et de fibres
optiques permet d'éviter toute rigidité.
Par le biais d'un ordinateur, l'usager peut télécharger
des images ou des messages et les afficher en appuyant sur la télécommande.
L'écran souple (pour l'instant que monochrome) réagit
aussi aux fréquences sonores. Il existe deux façons
de réaliser la communication :
- la première recourt aux fonctionnalités classiques
du téléphone GSM intégré, qui peut se
faire en main libre en utilisant la fonction reconnaissance vocale.
Les hauts-parleurs et le microphone intégrés judicieusement
dans l'écharpe permettent de dialoguer avec son correspondant.
- une fonctionnalité plus évoluée de communication
utilisant la visiophonie, qui permet de visualiser son interlocuteur.
Les images capturées par la caméra intégrée
à l'écharpe sont transmises à son correspondant.
Utilisant un débit de 64 Kbits/s jusqu'à des débits
pouvant aller jusqu'à 1, 5 Mbits/s, toutes les qualités
de visiophonie sont permises.
Outre le côté ludique de l'invention, les chercheurs
pensent que ce vêtement communicant peut également
servir dans le domaine de la sécurité routière,
de la mode ou de la publicité. A terme, et en cas de production
industrielle, les chercheurs estiment que ce vêtement pourrait
être commercialisé à un prix de l'ordre de 150
euros.
Notons
que l'écharpe communicante est présentée à
la Cité des Sciences et de l'Industrie de La Villette (jusqu'à
janvier 2003).
Les
"Ratbots", premiers rats robotisés CJ 02/05/2002
Dans un article publié par le mensuel Nature, des chercheurs
de l'université d'état de New York/Downstate Medical
Center annoncent la création de rats robotisés, des"ratbots",
télécommandés à distance grâce
un dispositif stimulant directement leur cerveau à distance.
Sanjiv Talwar et ses collègues ont commencé par étudier
et modéliser le comportement du rat lorsqu'il est stimulé
par des signaux externes : il peut ainsi réagir à
certains signaux sonores si ils sont associés à une
récompense, sous forme de nourriture par exemple.
A partir de ces modèles de comportement, les scientifiques
ont installé directement des électrodes sur certaines
régions de son cerveau. Le dispositif comprend trois électrodes
:
- les deux premières sont insérées dans le
cortex somatosensoriel et permettent de lui transmettre l'ordre
de bouger, de tourner (grâce à des micro-stimulations
électriques),
- la troisième, connectée au faisceau médian
du télencéphale, récompense le rongeur en lui
procurant du plaisir (via micro-stimulations électriques).
Chaque animal équipé de son sac à dos (voir
photo) contenant un microprocesseur et des électrodes a été
entraîné, à partir d'une télécommande
actionnant le stimulus électrique. L'animal a appris à
interpréter ces stimuli, d'abord en se déplaçant
dans un espace fermé, très simple, puis dans un environnement
ouvert. L'animal est parvenu ainsi à se déplacer dans
un labyrinthe tridimensionnel très complexe. La rat, télécommandé
jusqu'à 500 mètres de distance, a pu travailler pendant
des sessions pouvant durer jusqu'à une heure, tournant, sautant,
grimpant au gré des impulsions données à distance
par l'opérateur.
Baptisé "Brain Machine Interface", ce projet est financé
conjointement par la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA)
et les National Institutes of Health (NIH), ayant d'ailleurs demandé
à ce sujet douze millions de dollars de crédits en
2003 .
Pour l'heure, si les chercheurs restent réticents sur des
développements éventuels applicables à l'homme,
ils soulignent cependant l'extraordinaire potentiel de ces expériences
qui, à terme, pourraient aider des personnes paralysées
à retrouver une certaine autonomie. Mais ces progrès
impliquent notamment de mieux étudier l'encapsulation, un
phénomène qui entraîne les tissus du cerveau
à recouvrir les électrodes, empêchant ainsi
l'efficacité de ces dernières.
Outre son intérêt pour la neurophysiologie, ces expériences
pourraient avoir d'autres applications pratiques : utilisation de
rats télécommandés pour détecter les
mines, pour le sauvetage de personnes dans les ruines d'un bâtiment...