Automates
Intelligents s'enrichit du logiciel
Alexandria.
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Les
obscurantistes s'élèvent contre les recherches génétiques,
coupables de tous les maux, notamment à l'égard du
tiers-monde. Une annonce récente vient leur donner un éclatant
démenti. Il s'agit du séquencement de deux génomes,
celui du moustique (anopheles gambiae) et celui du parasite
(plasmodium falciparum) impliqués dans la malaria. laquelle
tue 3 millions de personnes par an et en invalide des centaines
de millions. La connaissance des génomes devrait permettre
d'obtenir des moyens d'action plus efficaces contre ces deux ennemis
publics. Cette avancée résulte d'un effort international
associant quelques 150 chercheurs dans 10 pays. Si les espoirs se
révèlent fondés, beaucoup de vie seront sauvées.
Mais, comme on sait, quand il s'agit du tiers-monde, il ne suffit
pas d'empêcher les gens de mourir de maladie, si ultérieurement
ils meurent de faim. La bonne conscience du Nord ne doit pas s'apaiser
lorsqu'une avancée médicale se produit. Les problèmes
à résoudre restent entiers.
L'évolution
de l'intelligence vue par John Skoyles et Dorion Sagan
JPB 02/10/02
Le
Dr. John R. Skoyles est un scientifique à la carrière
originale, qui s'efforce de remettre en cause les idées reçues,
notamment dans les sciences de l'évolution et les neurosciences.
Son dernier livre Up from Dragons, écrit avec Dorion Sagan
(le fils du regretté Carl Sagan) refuse la primauté
des gènes dans l'évolution et rassemble les différents
facteurs ayant contribué à l'apparition de l'intelligence
et des comportements culturels associés.
John Skoyles est aussi Visiting Fellow pour le Centre for Philosophy
of Natural and Social Science de la London School of Economics,
La
nature humaine vue par Steven Pinker
JPB 29/09/02
On
connaît les travaux très intéressants de Steven
Pinker sur le fonctionnement de l'esprit, le langage et les apprentissages.
Ce scientifique vient de faire paraître un nouvel ouvrage,
portant sur le concept de nature humaine, et les préjugés
qui s'y attachent. Il s'agit de The Blank Slate: The Modern Denial
of Human Nature, Viking (Penguin Putnam), New York, Septembre 2002.
Il s'agit de jeter un regard rationnel sur 3 approches populaires
de la conscience: The Blank Slate (la page blanche, l'esprit n'est
pas déterminé génétiquement), The Noble
Savage (Le bon sauvage: les gens naissent bons et sont corrompus
par la société) et The Ghost in the Machine (nous
sommes dotés d'une âme qui décide librement
en dehors de toute contrainte biologique ou sociologique). L'auteur
s'en prend ainsi à une conception quasi-religieuse de la
nature humaine qui ouvre la voie à tous les procès
d'inspiration fondamentaliste, qu'elle soit d'ailleurs de droite
ou de gauche. Il prétend possible au contraire d'étudier
scientifiquement ce qui, sous le nom de nature humaine, détermine
de façon d'ailleurs complexe nos comportements.
vient de lancer
son journal en ligne entièrement automatique, Google News.
La méthode est la suivante, selon les auteurs du site: "Google
News presents information culled from approximately 4,000 news sources
worldwide and automatically arranged to present the most relevant
news first. Topics are updated continuously throughout the day,
so you will see new stories each time you check the page. Google
has developed an automated grouping process for Google News that
pulls together related headlines and photos from thousands of sources
worldwide -- enabling you to see how different news organizations
are reporting the same story. You pick the item that interests you,
then go directly to the site which published the account you wish
to read. Google News is highly unusual in that it offers a news
service compiled solely by computer algorithms without human intervention.
Google employs no editors, managing editors, or executive editors.
While the sources of the news vary in perspective and editorial
approach, their selection for inclusion is done without regard to
political viewpoint or ideology."
Dans ce numéro,
nous interrogeons Michèle
Sebag, spécialiste française du Data Mining, et
nous convenons ensemble que la puissance des logiciels permettant
l'accès aux bases de données ou de textes peut apporter
un gain considérable à la démocratie. Google
nous en donne un exemple immédiat. On demandera: où
est la démocratie là-dedans? Les gros éditeurs
(notamment américains) ne seront-ils pas favorisés
par rapport aux petits? Qui nous prouve par ailleurs que les propositions
du logiciel ne seront pas remaniées en douce pour éliminer
les articles jugés politiquement incorrects? Que deviennent
enfin les journalistes et commentateurs?
Toutes les
manipulations sont possibles, certes. Cependant, on ne voit pas
en quoi le système proposé élimine les libres-opinions
et les débats. Prenons notre modeste cas. Au premier niveau,
les rédacteurs d'Automates-Intelligents que nous sommes ne
peuvent qu'apprécier pouvoir consulter en ligne un très
grand nombre d'articles et de news scientifiques, dont seuls nous
n'aurions même pas connaissance. Si par ailleurs, nous trouvons
dans ces textes de quoi écrire un article original, qui nous
empêchera de le faire? Enfin, si notre article est à
son tour repéré par Google News, nous ne pourrons
que nous en féliciter.
Le seul problème,
aujourd'hui, est que seuls sont référencés
les textes en anglais. Mais la communauté francophone pourrait
peut-être s'organiser pour disposer d'un outil analogue. Sinon,
que l'on ne se plaigne pas de la prédominance de l'anglais.
Le
Web-hydrogène, mythe ou révolution ?
JPB 26/09/02
Le salon de
l'automobile à Paris qui ouvre le 28 septembre est l'occasion
de manuvres autour de l'automobile à hydrogène,
et plus généralement autour de l'hydrogène
comme compétiteur prometteur des carburants fossiles dans
les prochaines décennies. On sait que les grands industriels
mondiaux s'affrontent autour du thème de l'énergie
propre et renouvelable, notamment dans les transports. On trouve
les pétroliers et constructeurs classiques de la filière
automobile, qui proposent seulement d'optimiser le rendement des
moteurs à explosion. On trouve à l'opposé ceux
qui développent des solutions dites du tout hydrogène,
ce dernier étant obtenu à partir soit des combustibles
fossiles par " reformage " soit, ce qui est plus intéressant
pour l'environnement, à partir du nucléaire et des
énergies renouvelables. Il y a enfin, entre les deux, les
tenants de la voiture hybride, électrique et thermique, dont
de nombreux exemplaires fonctionnent déjà. Contrairement
à ce que l'on pourrait penser, les défenseurs de l'hydrogène
ne se recrutent pas seulement chez les électriciens ou industries
du gaz (par exemple Air Liquide en France) mais aussi chez des pétroliers
qui veulent prévoir l'avenir. Les uns et les autres se battent
à grands coups d'études, rapports et annonces publicitaires.
Comme toujours, le citoyen que nous sommes est confronté
à des arguments d'experts entre lesquels il est difficile
de trancher. Ainsi nous trouvons dans la Revue La Recherche d'Octobre
ce qui semble être un dossier objectif sur la voiture à
hydrogène et plus généralement l'hydrogène
comme substitut du pétrole. On remarquera néanmoins,
sans mettre en cause l'impartialité des auteurs, que ceux-ci
se montrent, pour diverses raisons, assez pessimistes quant aux
chances dans un avenir proche du moteur à hydrogène.
Ils préfèrent la voiture hybride, qui restera malheureusement,
pour des raisons de facilité, grosse consommatrice de pétrole.
Ils recommandent aussi, ce dont nous ne pouvons que les féliciter,
de ne pas oublier à l'occasion de ces débats l'autre
ambition du siècle, indispensable eu plan socio-politique,
qui consistera à réduire les déplacements en
général et à substituer les transports en commun
ou les transports lourds à la voiture et au camion individuels.
A l'inverse, un des sites actifs dans le lobbying en faveur de l'hydrogène
est la Foundation on Economic Trends, organisation non directement
commerciale créée en 1977, qui réfléchit
sur l'évolution à long terme des sociétés
au regard des problèmes économiques, sociaux et géo-politiques.
Elle est présidée par Jeremy Rifkin, économiste
et politologue, connu par de nombreux livres à succès,
tels The End of Work, en 1995, concernant l'impact des TIC sur les
conditions de travail, The Biotech Century en 1998 analysant les
perspectives des bio-technologies, The Age of Access en 2000 qui
étudie les transformations de capitalisme vers les productions
immatériels et le commerce électronique et, finalement,
The Hydrogen Economy: Creating the Worldwide Energy Web and Redistributing
Power on Earth (Tarcher/Putnam: Septembre 2002) qui pronostique
le remplacement des énergies fossiles par des énergies
basées sur l'hydrogène. Le Monde du 24 septembre 2002,
p. 1, a publié un article de Jeremy Rifkin s'appuie sur la
présentation au Mondial de l'automobile de Paris, par General
Motors, de la voiture hybride à hydrogène dite Hy-Wire.
Sans doute s'agit-il de la part du constructeur américain
d'un coup médiatique habile, mais pour Jeremy Rifkin, la
révolution est infiniment plus profonde.
Un
point de vue politique
Faut-il rester dans le débat d'experts, ou convoquer à
la table, comme le recommande Bruno
Latour, d'autres acteurs ou agents d'aide à la décision
? La Fondation, et Jeremy Rifkin qui est son principal porte-parole,
ont l'avantage à nos yeux de proposer une vision politique
de la question, qui ne doit pas être évacuée
par des arguments techniques concernant la rentabilité. Ceci
particulièrement aujourd'hui. Si pour maintenir de hauts
niveaux de consommations de pétrole aux Etats-Unis, sans
rien changer aux technologies du transport, le gouvernement américain,
soutenu par les lobbys industriels conservateurs, s'engageait -
comme tout semble l'indiquer aujourd'hui - dans une guerre contre
l'Irak qui coûterait au bas mot 200 mds de dollars, sans compter
les catastrophes collatérales et ultérieures, mieux
vaudrait dès maintenant basculer vers la filière Hydrogène,
ce que Rifkin appelle le HEW, Hydrogen Energy Web. Pour lui en effet,
non seulement cette source d'énergie se substituera au pétrole
en voie de raréfaction, mais elle pourra à mise à
disposition de petits pays et d'utilisateurs très dispersés.
Un autre aspect intéressant dans cette prévision est
que le déclenchement de la " révolution technologique
" pourrait venir des gouvernements européens, travaillant
éventuellement en co-développement avec les Etats
du Sud. La suprématie énergétique actuelle
des Etats-Unis, génératrice de gaspillage et de pauvreté
dans le monde, serait ainsi battue en brèche. On aurait donc
là l'exemple d'une solution high-tech allant dans le sens
à la fois du développement durable et de la lutte
contre l'aggravation de la misère.
On sait que d'autres solutions en réseau, sur le modèle
du web, seraient aussi envisageables dans ce double but : les TIC
d'abord, mais aussi les bio-technologies dans les domaines de l'agriculture
et de la santé notamment, et les nanotechnologies. Dans ces
divers cas d'ailleurs le Web-Hydrogène serait le moteur de
la décentralisation des recherches et des applications.
Voici pour nous beaucoup d'arguments pour ne pas nous laisser impressionner
par les calculs économiques et techniques. Les gouvernements
européens n'ont donc pas tort, selon nous, d'étudier
sérieusement la filière hydrogène et de subventionner
de premières applications, même si la rentabilité
comptable n'apparaissait pas tout de suite. Il s'agit, pensons-nous,
d'un choix de société, analogue au choix du nucléaire
fait par la France dans les années soixante, dont après
tout nous n'avons pas trop à nous plaindre. .
Mais pour éviter que les lobbys industriels de l'hydrogène
ne se bornent à recueillir des subventions sans rien produire
d'utile, ce serait aussi aux citoyens, via notamment les mouvements
politiques et les syndicats, de se saisir de la question et de la
discuter avec l'opinion, plutôt que se disputer sur l'âge
de la retraite.
Sous ce titre,
Le Monde du 18 septembre 2002, p. 14, a publié un article
de Yves Eudes décrivant une activité qui se répand
aux Etats-Unis, celle de "bio-informaticien rebelle". Il s'agit
de chercheurs en informatique génique qui s'essayent eux-mêmes,
en dehors de leurs laboratoires, à modifier l'ADN d'insectes
ou de plantes. Des produits chimiques simples et un peu de savoir-faire
manipulatoire permettraient de réaliser du génie génétique
à petite échelle, après avoir décrypté
le code génétique des espèces visées.
Il semblerait que des modifications ponctuelles de comportement
ou de caractères biologiques puissent être obtenues,
par exemple des abeilles qui ne piqueraient plus. Les généticiens
considèrent généralement que le lien direct
entre un gène et un trait phénotypique n'est pas facile
à établir, plusieurs gènes concourrant aux
comportemnts complexes. Mais apparemment les expériences
citées marcheraient.
La démarche
est plus ou moins illégale, même aux Etats-Unis, tout
au moins si les individus ainsi obtenus sont relâchés
dans la nature. Mais les jeunes pirates voient au contraire dans
leurs activités un côté politiquement salutaire:
lutter contre les interdits posés par les firmes bio-techs
visant à se donner des monopoles et à les préserver.
Ils ont mis en plece une démarche sur le mode de l'Open Source
de Linux, en diffusant les génomes et les résultats
qu'ils obtiennent, librement sur Internet. Ils ont constitué
à cette fin un groupement d'intérêt ouvert
à tous, intitulé Central Valley Bioinformatics Interest
Group (CVBIG) qui dispose d'une liste de diffusion. Ce groupe est
relayé par une organisation plus structurée, Bioinformatics.org
Faut-il s'inquiéter
de tels pratiques, qui annoncent sans doute un raz de marée
pour l'avenir, y compris dans la direction du génome humain.
Les pessimistes voudront les interdire ou les réglementer,
sans guère de chances de succès d'ailleurs. Certains
y verront peut-être même l'amorce d'activités
terroristes. Mais dans un monde ou l'évolution biologique
en compétition darwinienne est la règle, et où
la bio-diversité est actuellement menacée par la bétise
humaine, ne devrait-on pas au contraire voir là un comportement
"mutant", c'est le cas de le dire, qui pourrait avoir un grand intérêt?
En tous cas, l'association Linux soutient.
Des
scientifiques du National Géographic et de la firme de Rodney
Brooks iRobot ont mis au point un petit robot destiné à
explorer les galeries des pyramides égyptiennes. La mission
conduite sous la responsabilité de Zahi Hawass, directeur
de l' Egypt's Supreme Council of Antiquities a été
un succès. Ceci ne peut qu'encourager l'utilisation des robots
dans l'accès aux milieux hostiles ou impénétrables
aux moyens classiques.
Dans Le Monde du 6 septembre, p. 23, Sylvie Lasserre a
indiqué que de nombreux insectes, notamment papillons de
Guyane ou de France, espèces rares, sinon en danger (notamment
du fait des collectionneurs), pourraient fournir des peptides permettant
de lutter contre des germes bactériens ou fongiques résistants
aux antibiotiques actuels.
A cette fin, il faut "récolter" et "broyer" de grandes quantités
de ces insectes. L'article, qui ne fait que traduire l'esprit prédateur
des gens qui ne s'intéressent aux espèces non encore
"exploitées" que pour des intérêts à
courte vue, ne fait aucune allusion aux problèmes de conservation,
ni plus généralement à cette forme de pillage
qui se développe actuellement, sans contre-partie pour les
autochtones, dans un certain nombre de milieux naturels. Il s'agit
d'un véritable scandale pour l'esprit, que personne sans
doute n'aura relevé.
Tamàs
Vicsek et la modélisation des mouvements de foule
JPB
24/09/02
Le chercheur hongrois Tamàs
Vicsek, du Department of Biological Physics de l'Eötvös
University, Budapest, s'est spécialisé dans
la modélisation des mouvements de foule, notamment quand
ceux-ci se déclenchent par vagues sur l'impulsion d'un petit
nombre d'individus "excités" entrant en rythme simultanément:
olas, applaudissements, paniques. De tels travaux ont un intérêt
pratique évident. Mais au plan théorique, ils sont
susceptibles également de nombreuses retombées, dans
le domaine des modèles chaotiques, de la communication inter-individuelles
ou en ce qui concerne les composantes génétiques et
mémétiques des comportements des super-organismes.
Il a récemment
publié un livre collectif : Fluctuations and Scaling in
Biology, Oxford University presse, 2001
Réseau
neuronaux utilisant les nanotechnologies
JPB 21/09/02
La société
KnowmTech est en train de déposer un brevet concernant un
réseau neuronal constitué de nanocomposants, capable
selon elle, d'offrir des possibilités en connexions synaptiques
égales ou supérieures à celles du cerveau humain.
Le coût n'en serait pas supérieur à celui de
la fabrication des composants électroniques actuels. Si ceci
se révélait exact, les projets de cerveau artificiel
auto-configurables, tel celui envisagé par Hugo de Garis,
et mis en sommeil faute de hardware adéquats, pourraient
sans doute être relancés avec de meilleurs chances
de réussite.On trouve l'information technique adéquate
sur le site de la société (lecture recommandée).
Un article
de Mitchell Waldrop, dans la MIT Technology Review de Mai 2002,
décrit le projet de Grid Computing soutenu par la National
Science Foundation. Il s'agit du Tera-Grid, sorte de superordinateur
à léchelle du pays, constitué dans un
premier temps par des ensembles de micro-ordinateurs sophistiqués
aménagés sur quatre sites en pointe dans la recherche
informatique: le National Center for Supercomputing Applications,
University of Illinois de Urbana-Champaign; l'Argonne National Laboratory
du ministère de l'énergie à Chicago; le Caltech
de Pasadena, CA et le Supercomputer Center at the University of
California, San Diego. Ces quatre ensembles seront reliés
entre eux de façon à fonctionner comme une seule entité.
Ils pourront s'attaquer à des problèmes demandant
des puissances de calcul considérable:
"This
virtual computer will rip through problems at up to 13.6 trillion
floating-point operations per second, or teraflopseight times
faster than the most powerful academic supercomputer available today.
Such speed will enable scientists to tackle some of the most computationally
intensive tasks on the research docketfrom problems in protein
folding that will form the basis for new drug designs to climate
modeling to deducing the content and behavior of the cosmos from
astronomical data."
@RTFlash n°
207 http://www.tregouet.org/lettre/index.html
rappelle que "depuis un ou deux ans, des dizaines
de projets similaires ont été annoncés en Europe,
en Asie et aux Etats-Unis, et ce nest pas terminé.
Les concepteurs de la grille définissent actuellement une
nouvelle norme, le Globus Toolkit, qui permettra aux projets encore
balbutiants dappartenir à un réseau mondial
à la puissance de calcul inépuisable" "Afin de parvenir
à l' universalité pour la grille, la communauté
américaine des utilisateurs de cette technologie sest
associée à celles dEurope et dAsie pour
fonder le Global Grid Forum, une organisation calquée sur
le modèle de lInternet Engineering Task Force (IETF),
le comité chargé de la standardisation sur le Net.
Ce forum a pour mission de garantir une parfaite interaction de
Globus et des autres protocoles de grille comme Legion".
IBM ayant pris
au sérieux ces perspectives, certains s'inquiètent
du risque de le voir prendre une maîtrise difficilement rattrapable
dans le domaine du super-calcul. D'où l'intérêt
de pouvoir connecter au réseau des noeuds de moindre puissance,
qui seront répartis dans le monde entier.
On suivra avec
attention le développement de projets européens et
français dans ce domaine.
Bilan du sommet de la Terre à Johannesburg
JPB 05/09/02
Les commentaires
ne manquent pas concernant l'échec, ou le relatif échec
de ce sommet. L'absence de résolutions gouvernementales quantifiées
et datées laisse les pessimistes sur leur faim. Les optimistes
se félicitent de voir les questions relatives au développement
durable et à la lutte contre les inégalités
avoir mobilisé tant de monde, y compris au niveau des gouvernements.
Nous pouvons, pour notre part, nous féliciter, même
si le propos reste verbal, d'avoir vu le Président Chirac,
accompagné de Nicolas Hulot, prendre des positions fermes
dans le bon sens. Il en restera toujours quelque chose. Cela n'avait
jamais été fait jusqu'à présent, de
la part d'un chef d'Etat français (ou européen).
Ceci étant,
peut-on tenter une conclusion plus en profondeur. On pourrait la
voir comme ceci :
le rôle
des ONG, associations, militants de toutes sortes contre la mondialisation
libérale, les inégalités, la destruction de
l'environnement et de la biodiversité, sera plus que jamais
essentiel. Un champ illimité d'actions et d'innovations est
ouvert aux gens voulant dépasser les égoïsmes
divers dans lesquels on a vite fait de s'enfermer. Les interventions
de ces organismes finissent à la longue par payer, sur le
modèle du battement d'aile du papillon qui finit par provoquer
un cyclone. Internet est indispensable pour donner de la cohérence
à toutes ces actions.
de plus
en plus d'entreprises privées, multinationales ou non, s'intéresseront
aux nouveaux marchés nés de la mise en uvre
d'un certain nombre de politiques ou d'initiatives pour le développement
durable. Elles y verront des sources de profit, elles investiront
et les coûts diminueront. Ce n'est pas angélique de
dire cela. Tant que le monde demeurera capitaliste (on ne l'imagine
pas redevenir collectiviste), ce sera là un déclencheur
important des investissements scientifiques et techniques indispensables
pour que les technologies émergentes viennent au secours
de la situation du monde.
de plus
en plus de gouvernements s'intéresseront à ces questions,
à titre individuel ou dans le cadre des organisations internationales,
ONU, FAO, OMS, etc. Ces gouvernements devront d'une part créer
les cadres réglementaires favorables aux investissements
privés de recherche-développement et plus généralement
aux actions de protection, mais aussi dégager des crédits
publics pour financer les R/D non engagées par le secteur
privé, car non rentables. L'essentiel de cet argent viendra
évidemment des Etats du Nord, et ne pourra provenir que d'économies
sur leurs dépenses publiques ou sur le mode de vie des citoyens.
Là, les mouvements politiques internes à ces Etats
auront un rôle essentiel à jouer, y compris à
l'égard des citoyens électeurs. Si en France par exemple,
on préfère continuer à investir massivement
dans l'automobile et le transport routier, comme dans l'agriculture
productiviste (à coup de dizaines de milliards d'euro - sans
compter les dégâts collatéraux), les investissements
scientifiques nécessaires au développement des technologies
douces ou de substitution attendront indéfiniment. Voilà
ce qui devrait être, pour l'actuelle majorité comme
pour les Verts, PS, PC et alternatifs, une belle occasion de se
montrer soucieux de l'avenir.
Ajoutons
qu'au plan théorique, le concept de développement
durable se révèle à l'usage bien trop vague
pour servir de références aux combats divers qu'il
faut mener. On ne peut pas non plus décliner les objectifs
en domaines isolés les uns des autres, car tout se tient.
La bonne formule mobilisatrice reste à trouver.
Robots
pour handicapés
CJ/JPB 01/09/02
Un bras robotisé
développé par The Shadow Robot Company, située
au nord de Londres, qui peut réaliser les 24 mouvements principaux
d'une main humaine. Ce bras vient de recevoir un prix de £75,000
du National Endowment for Science, Technology and the Arts (Nesta),
qui permettra d'améliorer encore les performances. Contact :
The Shadow Robot Company http://www.shadow.org.uk/index.shtml
Une main
bionique, développée par l'équipe du Pr.
Xavier Navarro, du Groupe de Recherche en Neuroplasticite et Régénération
Nerveuse du Département de Biologie Cellulaire, de Physiologie
et d'Immunologie de l'Université Autonome de Barcelone (UAB).
Il s'agit d'un projet international co-financé par la Communauté
Européenne, nommé Cyberhand. La main bougera avec
précision, réagissant aux stimulations nerveuses de
la personne qui la porte, et transmettra les sensations comme s'il
s'agissait d'une main authentique. Son usage requiert l'implantation
d'une puce électronique, en contact avec les fibres nerveuses
qui connectent les cellules nerveuses avec la main de la personne.
Celle-ci interprétera les intentions de l'usager au moyen
des signaux bioélectroniques des neurones et transmettra
avec précision les ordres du mouvement à la main.
Actuellement, le projet est en phase de test sur des animaux. Cette
nouvelle technique permet que les axones des nerfs entrent
en contact de manière naturelle avec les électrodes
de la puce à mesure qu'ils se régénèrent
quand le nerf a été sectionné. La puce est
réalisée par le Centro Nacional de Microelectrónica
(CSIC). Le projet, qui fait partie du programme "Technologies de
la Société de l'Information" (TSI) de l'Union européenne,
se terminera au bout de trois ans avec la présentation de
la prothèse en fonctionnement.
Contacts :
Teresa Oses, Grupo de Aplicaciones Biomedicas, Centro Nacional de
Microelectrónica (CSIC), tel. : + 34 93 594 77 00, tere.oses@cnm.es
Xavier Navarro, Departamento de Biología Celular, de Fisiología
y de Inmunología Universidad Autónoma de Barcelona,
tel. : 93 581 19 66, xavier.navarro@uab.es
Un oeil
bionique. Une équipe du Centre National de Recherche
en Microélectronique de Cork (NRMC) vient de lancer la première
phase d'un projet sur 3 ans, qui devraient les amener à mettre
au point des prothèses électroniques pour mal-voyants.
Il s'agira d'une puce électronique, implantée sur
la rétine, utilisant une série d'electrodes pour stimuler
directement les cellules rétiniennes. Ce projet est entièrement
financé par l'association caritative "Fighting Blindness"
http://www.blindness.org/
Une prothèse dentaire pour sourds. Deux chercheurs du
Media Lab Europe ont mis au point récemment un haut-parleur
logé dans une dent. Leur dent numérique utiliserait
les technologies de transmission sans fil telles que les normes
802.11 ou bluetooth pour recevoir des signaux d'appareils tels que
des téléphones mobiles, des radios ou des ordinateurs.
Ces signaux seraient transformés en ondes vibratoires voyageant
de la mâchoire vers la boîte crânienne, et finalement
transformés en sons audibles directement dans l'oreille interne
de l'"utilisateur".
Source : http://www.medialabeurope.org
Progrès
de résolution pour les microscopes électroniques
JPB 01/09/02
Le service
de presse d'IBM signale que les chercheurs de cette compagnie et
de la spin-off Nion ont mis au point une technologie innovante permettant
d'observer les interactions atomiques d'un matériau à
une résolution jamais atteinte jusqu'à présent.
Ceci permettra d'améliorer significativement les performances
des "microscopes électroniques" explorant les propriétés
des composants électroniques des calculateurs du futur. Améliorer
les microscopes électroniques suppose la diminution des aberrrations,
dont la plus gênante était dite l'"aberration sphérique".
Pour cela, les chercheurs ont combiné plusieurs jeux de lentilles
magnétiques sous contrôle d'un calculateur moderne,
pour corriger l'aberration en temps réel. Après cette
correction, le microscope peut produire un pinceau d'électrons
qui n'est pas plus large que les 75/000 d'un nanomètre, soit
moins que la dimension d'un atome d'hydrogène. Les
défauts des semi-conducteurs peuvent désormais être
visualisés et éventuellement corrigés. Plus
généralement, mieux observer la façon dont
les atomes s'assemblent permettra de mieux maîtriser la nano-ingénierie
des composants. Cette démarche, selon IBM, illustre l'intérêt
que manifeste cette compagnie dans le développement des nanotechnologies.
Pour en
savoir plus Nature
418 du 8 août 2002, pages 617 à 620 : "Sub-angstrom
Resolution Using Aberration Corrected Electron Optics" par Philip
E. Batson du IBM's T.J. Watson Research Center à Yorktown
Heights, N.Y; Niklas Dellby et Ondrej L. Krivanek de Nion Co. à
Kirkland, Washington. (abstract)