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Janvier 2003
Rapport
de la commission de réflexion sur la politique spatiale
JPB/CJ 29/01/03
On lira avec intérêt
le résumé du rapport de la commission de réflexion
sur la politique spatiale, mise en place en novembre dernier par Michèle
Alliot-Marie, Ministre de la Défense et Claudie Haigneré,
Ministre déléguée à la Recherche et aux
Nouvelles Technologies, également en charge de l'espace.
Le rôle européen du CNES y est confirmé. On trouvera
également sur le site du ministère de la recherche le
discours de la ministre, prononcé lors de la remise du rapport
Pour en savoir plus
Communiqué
http://www.recherche.gouv.fr/discours/...
Résumé du rapport http://www.recherche.gouv.fr/discours...
Discours de Mme Haigneré http://www.recherche.gouv.fr/discours/...
Le
robot martien Beagle2 et les autres
JPB 18/01/03
La
recherche de vie sur Mars connaîtra une grande année
en 2003. En Mai devrait être lancé de Baïkonour
la mission de l'Agence Spatiale Européenne Mars Express,
qui devrait déposer sur la planète sept mois après
le petit robot britannique Beagle2 (on sait que le Beagle était
le nom du vaisseau ayant permis à Darwin d'observer in
situ les phénomènes de spéciation naturelle).
Peu après la NASA devrait lancer deux Exploration Rovers,
comme prolongement de l'opération Mars Odyssey. Le lieu d'atterrissage
n'est pas encore déterminé. Quant au Beagle2, il devrait
se poser sur un socle sédimentaire datant de plusieurs milliards
d'années, quand Mars était couvert d'eau. Il creusera
à l'aide d'un bras robotisé un trou d'environ 1m5,
à la recherche d'éventuels micro-organismes protégés
à cette profondeur des radiations ultra-violettes. Des spectromètres
de masse mesureront les proportions de carbone 12 dans d'éventuels
composants organiques. Des caméras surveilleront l'opération.
Manifestement l'opération Beagle2 est considérée
par nos amis britanniques- à juste raison, comme une grande
première marquant en cas de succès leur course en
tête dans l'exploration de Mars par les européens.
Good luck to all.
Pour en savoir plus
ESA,
Mars Express : http://sci.esa.int/home/marsexpress/index.cfm
ESA,
l'atterisseur Beagle2 : http://spdext.estec.esa.nl/content/doc/8f/27791...
Beagle2. Page personnelle de Dave Barnes : http://users.aber.ac.uk/dpb/beagle2.html
NASA
2001 Mars Odyssey : http://mars.jpl.nasa.gov/odyssey/
NASA
Exploration Rover 2003 Mission : http://mars.jpl.nasa.gov/mer/
Communication
et super-organisme chez les bactéries : le Quorum sensing
JPB 18/01/03
Le "quorum sensing"
est de plus en plus à l'ordre du jour dans la lutte contre
les bactéries pathogènes. C'est l'Université
britannique de Nottingham qui semble leader dans ce domaine, étudié
par de nombreux autres laboratoires dans le monde. Le phénomène
est assez extraordinaire et on peut s'étonner qu'il ne fasse
pas encore, à notre connaissance, l'objet de présentations
ou discussions au-delà de la communauté des microbiologistes.
Il devrait intéresser
notamment tous ceux qui étudient les formes de communication
"intelligente" chez les organismes biologiques. Il pourrait éventuellement
aussi donner des idées aux concepteurs de systèmes
multi-robots ou nanorobots. En deux mots, de quoi s'agit-il ? On
sait qu'un danger très réel menace de plus en plus
l'humanité, la résistance aux antibiotiques acquise
par des pathogènes très virulents comme le staphylocoque
ou la bacille de Koch. Pour contourner ces défenses, la course
à l'antibiotique définitivement éradicateur
étant perdue d'avance vu les capacités de mutation
des bactéries, les chercheurs ont trouvé autre chose.
On a observé que les bactéries pathogènes dont
chacun d'entre nous est porteur ne sont pas virulentes tant qu'elles
n'ont pas atteint un effectif ou quorum suffisant pour pouvoir lancer
avec succès une attaque massive contre le système
immunitaire de l'hôte. Quand au contraire elles estiment que
le quorum est atteint, elles se mettent à muter et deviennent
virulentes, en débordant malheureusement souvent les résistances
de l'hôte. Or comment peuvent-elles connaître leur nombre
? Elles utilisent le mécanisme du "quorum sensing". Chaque
bactérie secrète dans son environnement une protéine
spéciale à faible dose, qu'elle peut identifier par
des récepteurs de surface. Plus il y a de bactéries,
plus la concentration de ce produit augmente, détectée
par les récepteurs. Dès que la concentration atteint
un seuil, signalant que le quorum nécessaire pour passer
à l'attaque est atteint, la bactérie devient virulente.
On conçoit qu'idéalement, une façon simple
de contrer cet ingénieux système consistera à
neutraliser par des bloqueurs adéquats la diffusion ou la
réception du produit responsable du "quorum sensing". Il
ne sera plus nécessaire de chercher à tuer les bactéries
dangereuses. Il suffira de leur laisser croire qu'elles sont trop
peu nombreuses pour attaquer.
En fait, le mécanisme général du quorum sensing
prend des formes différentes selon les bactéries et
les hôtes (encore que dans certains cas un mécanisme
commun à plusieurs espèces de bactéries semble
exister aussi). Il y a donc de longues études à faire
avant de proposer des remèdes commodément applicables
aux humains. Peut-être entre temps les pathogènes trouveront-ils
des parades. Il s'agit en tous cas d'un enjeu considérable,
y compris en termes économiques. Des start-up commencent
à s'intéresser au domaine, dont 4SC basée à
Munich. Les médicaments obtenus feront-ils l'objet d'un monopole
commercial ?
Pour en savoir plus
The
quorum sensing site : http://www.nottingham.ac.uk/quorum/
On
trouve sur le web, à quorum sensing, de nombreux autres sites.
Signalons en particulier un diorama power-point établi par
l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) portant sur
la communication cellulaire et, en particulier le quorum sensing
: http://www.dijon.inra.fr/thonon/seminaires/SHL_Fontvieille.pdf
4SC,
the Institute for Systems Biology and Molecular Mining Team partner
with IBM to advance drug discovery, article (recommandé)
de Virtual Medical World : http://www.hoise.com/vmw/02/articles/vmw/LV-VM-07-02-14.html
Néanderthal
et l'espèce humaine
JPB 14/01/03
Le film Odyssée
de l'espèce (voir
notre article) pose pour le grand public la question mainte fois
discutée de l'appartenance à l'espèce humaine
de l'homme du Néanderthal, homo sapiens neanderthalensis (HSN)
. Il se trouve qu'un ouvrage récent (cité par NewScientist
n° 2377) d'un professeur de paléontologie humaine
à Madrid, Juan Luis Arsuaga [Asuaga, The Neanderthal's Neklace,
Four Walls Eight Windows, 2002] pose la même question en termes
plus savants. Pour les paléoanthropologues, HSN s'est constitué
en espèce distincte de ses prédécesseurs (par
mutation/sélection) du fait de son isolement pendant plus de
100.000 ans dans les terres glaciales de l'Eurasie. Il y a développé
de nombreuses techniques et pratiques culturelles lui ayant permis
de s'adapter à ces milieux rigoureux. Une autre espèce
est apparue ultérieurement dans les terres chaudes d'Afrique
(toujours par mutation/sélection) et a remonté en Eurasie
il y a environ 40.000 ans, homo sapiens sapiens HSS. Grâce à
de meilleures aptitudes à l'invention (notamment
l'aiguille
à coudre en os, pour coudre les peaux de bêtes, aiguilles
retrouvées en nombre sur divers sites) mais peut-être
aussi grâce à une fécondité plus grande,
HSS après avoir coexisté au moins 10.000 ans avec HSN,
l'a finalement éliminé.
Or pourquoi affirmer, se demande Arsuaga, que HSN n'appartenait
pas à l'espèce humaine ? Simplement parce qu'il ne
pouvait pas se croiser avec HSS, selon la définition étroite
mais sans doute obligée que l'on donne des espèces.
Mais nous rencontrerions une tribu d'HSN aujourd'hui, avec leur
culture sans doute équivalente à celle des Pygmées
ou des Bushmen, refuserions-nous de les traiter en hommes, même
si la copulation avec eux ne portait pas de fruits? Certainement
pas. Nous pouvons poursuivre le raisonnement d'Arsuaga. Si à
l'inverse, il se révélait subitement impossible, suite
à une mutation, de nous croiser avec des Pygmées,
décréterions-nous que ceux-ci ne sont plus des hommes
? Certainement pas non plus. On voit que, au moins au niveau de
l'humanité, c'est la culture plus que l'interfécondité
qui définit l'appartenance à une espèce, en
l'occurrence l'espèce sapiens sapiens. Mais cette constatation
peut conduire à des conséquences qui donnent à
réfléchir. Si au sein de l'espèce sapiens sapiens,
des groupes adoptaient des cultures tellement contraires aux nôtres
que nous ne pourrions plus coexister pacifiquement avec eux, devrions-nous
encore les considérer comme des hommes ou comme appartenant
à une espèce ayant divergé de nous et devenue
étrangère, alors même que nous pourrions encore,
physiologiquement sinon culturellement, nous croiser avec eux ?
La question pourrait se poser aussi bien vis-à-vis de sociétés
régressant pour des raisons diverses à ce que nous
appellerions l'état de barbarie, que vis-à-vis de
sociétés ayant acquis, par symbiose avec des machines
pensantes, des capacités bien supérieures aux nôtres.
Note: Sur la coexistence entre HSS, HSN et primates,
on pourra relire notre nouvelle Homo Neanderthalensis http://www.automatesintelligents.com/feuilleton/2001/dec/homo.html
Hans
Moravec perfectionne la vision des robots
JPB/CJ 06/01/03
On trouvera dans un article de Ed. Frauhenheim du 30 décembre
2002, dans CN.News com, des informations intéressantes sur
les capacités évoluées de vision apportée
par Hans Moravec à la ligne de robots utilitaires qu'il développe
dans le projet dont il est responsable à Carnegie Mellon
(notre article dans http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2002/aou/moravec.html).
Le système consiste en une paire de caméras stéréoscopiques
et un réseau en 3 dimensions implanté dans le cerveau
du robot, et constitué de 32 millions de cellules digitales.
Les images partielles ou erronées peuvent être annulées
par ce dispositif. Voir pour la suite http://news.com.com/2100-1040-978854.html.
On constate ainsi que le grand programme de Hans Moravec consistant
à produire en grande série des robots capables de
remplir des rôles très diversifiés dans la vie
sociale semble se dérouler conformément aux prévisions.
Les
robots au Japon
JPB 06/01/03
Un éditorial du Sénateur René Trégouët,
responsable de la toujours passionnante Lettre d'information @RT
Flash (n° 223 du 26 décembre 2002) fait un point très
complet des réalisations en cours des industriels Japonais
Sony et Honda dans le domaine du robot anthropomorphe. Nous y apprenons
aussi l'existence du robot HRP-2 (Humanoid Robotics Project) présenté
par l'AIST japonais (National Institute of Advanced Industrial Science
and Technology). Ceci nous fait mesurer, une fois de plus, le retard
pris par les industriels et les laboratoires français dans
ces domaines. Il ne s'agit plus de prototypes, mais de produits
fabriqués et vendus en série, dont les applications
seront de plus en plus nombreuses. Ainsi devrait se créer
un marché susceptible de financer des recherches d'un niveau
encore plus avancé.
Que le Sénateur nous permette aussi de le remercier des
mots aimables qu'il a eu à la fin de son éditorial
concernant notre revue.
Pour en savoir plus
La lettre 223 : http://www.tregouet.org/lettres/rtflashtxt.asp?...
dans http://www.tregouet.org/lettre/index.html
Asimo : http://www.world.honda.com/news/2002/c021205.html
Aibo : http://www.world.honda.com/news/2002/c021205.html
Un
robot sensible aux émotions
JPB/CJ 04/01/03
Les chercheurs de Vanderbilt University Nilanjan Sarkar and Craig
Smith mettent au point un robot capable de ressentir les émotions
humaines. Rien de bien sorcier là-dedans. Il suffit de doter
l'interlocuteur humain d'un certain nombre de capteurs saisissant
ses fréquences cardiaques, ses sécrétions diverses,
ses mimiques et autres gestes traduisant l'émotion, puis
de les transmettre, après pondération au robot. Celui-ci
ne partagera en rien vos émotions, mais il pourra y réagir
de diverses façons. Il y aura de nombreuses applications
à de telles solutions, on le devine, par exemple dans l'appréciation
de l'aptitude d'un individu à conduire des machines ou systèmes
complexes.
Pour en savoir plus
Craig A. Smith, home page. Travaux sur les émotions
http://peabody.vanderbilt.edu/depts/psych_and_hd/faculty/smithc/
Nilanjan Sarkar http://frontweb.vuse.vanderbilt.edu/vuse_web/directory/facultybio.asp?...
Un
robot contrôlé par des neurones de rats
JPB/CJ 04/01/03 Source
Kurzweil AI
Steve
Potter, professeur de biomedical engineering au Georgia Institute
of Technology, a mis au point un petit robot dont le comportement
(encore élémentaire) présente l'originalité
d'être contrôlé par une puce incorporant des
neurones de rat. Ce robot, nommé Hybrot, présente
pour son inventeur l'avantage de tester de futurs ordinateurs intégrant
des neurones vivants et susceptibles de computations complexes non
réalisables par les ordinateurs classiques binaires. Ils
pourraient aussi s'évaluer et s'auto-réparer. Dans
le prototype, les neurones de rats conversent entre eux et produisent
des informations en sortie recueillies par des électrodes.
Ils peuvent à l'inverse recevoir des données de l'extérieur.
Les neurones acquièrent ainsi de l'expérience et développent
des capacités de plus en plus intelligentes. Les applications
pratiques de tels systèmes sont jugées considérables.
On veut bien le croire.
Question naïve : que diraient les comités d'éthique
si l'Hybrot incorporait des neurones aimablement fournis par un
humain ? No difference, probably.
Pour en
savoir plus
Article
: http://www.technologyreview.com/articles/...
Mieux
que Raël
JPB 04/01/03
A l'heure où l'on s'interroge encore sur la véracité
des annonces de clones faites par la secte des Raéliens,
notons que Sony se propose d'accoucher au bénéfice
des personnes en mal d'enfant d'un bébé évolutif
nommé Sony Dream Robot, SDR4X. Il coûtera entre $60,000
et $80,000 (dans sa première version) et devrait voir le
jour début avril 2003. Plus fort que le chien Aibo, il pourra
identifier 10 visages et voix différentes. A vos berceaux.
Pour en savoir plus
Article
de Sue Love dans The Age http://www.theage.com.au/articles/2002/12/22/1040510966660.html
Qu-bits
JPB/CJ 04/01/03
On sait qu'une des difficultés rencontrées par
les concepteurs de calculateurs quantiques tient à la difficulté
de conserver l'état de superposition d'un Qu-bit dans un
conducteur suffisamment longtemps pour procéder à
un calcul. Récemment, trois équipes ont annoncé
avoir progressé dans cette direction. La première
est celle de Daniel Estève au CEA, responsable du Groupe
Quantronique. Citons le CEA: "Mais cette
superposition ne supporte aucune interaction avec le monde extérieur
non quantique, notamment avec un système de mesure. Les chercheurs
ont contourné cette difficulté en isolant le qubit
pendant sa manipulation, effectuée par des impulsions radiofréquence,
puis en le branchant au système de mesure pour en déterminer
l'état. La durée de vie de ce qubit : 0,5 microseconde
! Court, mais suffisant pour envisager la construction d'une porte
logique quantique afin de commencer les calculs par ordinateur sur
le mode quantique." Le Commissariat à l'Energie
Atomique marque ainsi son avance dans un domaine d'avenir apparemment
très prometteur.
Deux autres équipes doivent aussi être citées
: le laboratoire de Siyuan Han à l'université du Kansas
et une équipe du National Institute of Standards and Technology
(NIST) à Boulder.
Pour en savoir plus
Le Quantronium
du CEA : http://www.cea-technologies.com/ceahtml/infocom/63-401.html
Voir
aussi : http://www.cea.fr/fr/actualites/articles.asp?orig=actu&id=287
La
programmation co-évolutionnaire
JPB 03/01/03
On connait déjà bien la programmation évolutionnaire.
Dans celle-ci (dite aussi machine learning) la méthode traditionnelle
consiste à confronter le système avec un certain nombre d'objectifs
que vous lui demandez de satisfaire. Le système évolue à
partir de ces bases. S'il apporte les bonnes réponses, il est
récompensé. S'il échoue, il est puni. Et ceci de
générations en générations.
Dans la programmation co-évolutionnaire, on fait évoluer
dynamiquement les objectifs, en les renforçant au fur et à
mesure qu'évoluent les réponses du système. Ainsi on
peut augmenter progressivement la robustesse d'un système face à
un environnement qui se complique.
Ces considérations sont tirées d'un interview de
Mélanie Mitchell, ingénieur de recherche en informatique
au Santa Fe Institute http://www.computerworld.com/softwaretopics/...
Automates Intelligents © 2003
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