Automates
Intelligents s'enrichit du logiciel
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La
collection Automates Intelligents citée par l'AFP
CJ 30/05/03
Dans
une dépêche du 30 mai 2003 relative à la mission
Mars Express de l'Agence spatiale européenne, qui transporte
le robot de conception britannique Beagle 2 (voir
notre actualité précédente du 18 janvier 2003),
l'Agence France Presse fait référence à l'un
des ouvrage de notre collection Automates Intelligents : "Entre
science et intuition, la conscience artificielle".
Le
livre, qui donne des exemples d'applications des travaux d'Alain
Cardon sur la conscience artificielle, consacre en effet un de ses
chapitres aux robots du futur sur la planète rouge.
Après
plusieurs mois de tergiversations et de négociations entre
les quinze pays représentés au sein de l'Agence spatiale
européenne (ESA), un accord a été obtenu le
26 mai sur Galileo. Ce programme va doter l'Europe d'un système
de positionnement par satellite indépendant du réseau
américain GPS (dont nous dépendions*) et cassera de
fait le monopole américain dans un secteur aux multiples
applications civiles (radionavigation des navires, des avions, des
flottes de camions et des voitures, activités commerciales
dans le secteur bancaire, la géologie, les travaux publics...)
mais aussi militaires (guidage des missiles).. Selon la Commission
européenne, le programme devrait créer environ 150
000 emplois hautement qualifiés en Europe et produire quelque
10 milliards d'euros par an de revenus. D'un coût estimé
à 3,4 milliards d'euros, le système comprend le déploiement
d'un réseau de 30 satellites qui, une fois mis en orbite,
assureront une fiabilité d'une précision identique
voire supérieur à celle du GPS américain (24
satellites).
*Système qui pouvait être brouillé sur simple
décision du Pentagone, comme ce fut le cas pendant la guerre
en Irak, celle du Golfe, lors du conflit du Kosovo et dans le cadre
des opérations militaires en Afghanistan...
La
sortie de ce film s'accompagne, comme toujours chez les Américains
d'un vaste battage médiatique, dont le site dédié
au film donne un large aperçu. Les auteurs de The Matrix
prétendent ne pas s'être limités aux effets
spéciaux mais avoir engagé des débats d'idées.
On trouve sur le site des textes "philosophiques" concernant les
rapports entre la réalité virtuelle, le monde réel
et le monde des idées. Voir notamment l'article de Hubert
Dreyfus et son fils Stephen. Hubert Dreyfus, qui a étudié
avec Merleau-Ponty, est connu pour être le meilleur spécialiste
de Heidegger aux Etats Unis, mais aussi pour avoir appliqué
les idées de la phénoménologie à l'intelligence
artificielle, à l'apprentissage (learning) et, plus largement,
aux TIC. On peut lire son dernier livre "On the Internet", sans
pour autant partager ses vues plutôt pessimistes. Tous les
articles sont accessibles en ligne, ce qui promet de la lecture
aux courageux.
Brain Computer Interface (BCI) soit, en français, interface
cerveau-ordinateur : nombreux sont les laboratoires qui à
travers le monde travaillent sur le sujet. Objectif : commander
directement un ordinateur par la pensée ou, pour être
plus précis, par les signaux électriques produits*.
Les chercheurs de l'institut allemand Fraunhofer sur l'architecture
de calcul et les technologies logicielles FIRST travaillent aussi
sur le sujet. Un ordinateur, qui est relié à un cobaye
par le biais de 128 électrodes, apprend au fur et à
mesure en analysant les signaux électriques émis par
l'utilisateur en train de taper sur un clavier. Grâce à
des algorithmes appropriés, un tri est effectué sur
ces signaux entre bruit et informations utiles. Si pour l'instant
les commandes utilisées sont encore très simples (une
touche enfoncée avec la main droite déplace la souris
vers la droite, et inversement si l'autre main agit), les résultats
sont néanmoins extrêmement encourageants : certains
ordinateurs sont capables de décrypter en moins de vingt
minutes les pensées du cobaye avec dans certains cas des
taux de réussite de 97%. Réalisés pour l'instant
sur des personnes en parfaite santé, les tests vont continuer
cette année avec des personnes aux membres amputés.
L'objectif à terme est de développer une "machine
à écrire mentale" pour des sujets paralysés,
où l'utilisateur sélectionnerait les lettres à
la suite en déplaçant un curseur sur l'écran.
A plus long terme, on peut aussi imaginer la commande d'une prothèse
à l'aide des pensées du cerveau. D'autres applications
peuvent concerner le secteur de l'automobile (contrôle du
véhicule lors d'une situation de danger) et celui des loisirs
(consoles vidéos).
Des
nombreux propos, les uns émouvants, les autres issus directement
de la fabrique Le Pen, dont Brigitte Bardot s'est rendue coupable
le 12 mai devant le peu sympathique Fogiel (émission "On
ne peut pas plaire à tout le monde", on pouvait retenir
son
appel au remplacement de l'expérimentation sur animaux ,
chaque fois que possible, par l'expérimentation sur cellules.
L'association de médecins Pro Anima, qui milite en ce sens,
a été présentée (mais pas ses coordonnées,
ce que nous nous empressons de faire ici : http://www.proanima.asso.fr).
Les scientifiques de bonne foi doivent convenir que
les progrès récents des travaux sur les cultures animales,
comme sur les états cognitifs manifestant chez l'animal des
formes certaines d'intelligence et de conscience, rendent de plus
en plus insupportable le mépris de l'espèce humaine
à l'égard des espèces animales. Il faudrait
au moins savoir ce que l'on détruit. Mais le mieux serait
de trouver des équilibres sauvegardant les valeurs communes
de l'animal et de l'homme. Vaste programme face aux furieux de la
chasse, de la pèche, de l'élevage, de la vivisection...Finalement,
BB n'a pas tout à fait tort de haïr en bloc l'espèce
humaine. .
La
nature de la science
14/05/03
Sur
ce vaste sujet, la Society for Scientific Exploration, émanant
du monde académique américain (http://www.scientificexploration.org),
nous propose de diffuser l'avis suivant: " Meeting International sur le thème: "La Nature de la
Science" du 29 au 31 Août 2003 à l'institut d'Astrophysique
de Paris avec la participation de M. Cazenave, Dipamrita Chataynia,
Halton Arp, Edgar Morin , Henry H. Bauer, John Ziman, David Lorimer,
B. Haisch, O. Costa de Beauregard , M. Payne. Pour plus d'infos
et inscriptions, consulter les sites web: http://www.scientificexploration.org
ou http://membres.lycos.fr/groupepsa/announcement.htm.
Des
robots humanoïdes qui apprennent le mouvement à l'aide
d'un réseau de neurones dynamiquement reconfigurable
CJ 10/05/03
Les laboratoires japonais Fujitsu(1) ont développé
sur des robots humanoïdes un système novateur d'apprentissage
de coordination de leurs mouvements, utilisant un réseau
de neurones dynamiquement reconfigurable.
Cette nouvelle approche rend l'apprentissage du mouvement beaucoup
plus rapide et plus simple que l'écriture des longs programmes
permettant de relier et de commander les senseurs et les actuateurs
du robot, et qui nécessitent une grande puissance de calcul.
Elle marque également un progrès décisif par
rapport aux méthodes traditionnelles utilisant les réseaux
de neurones qui, selon Fujistsu, s'avéraient non seulement
très lentes pour l'apprentissage des mouvements (des jours,
voire des mois) mais aussi présentaient le défaut
de ne pouvoir en produire une grande variété.
Le secret du système : une architecture CPG
(Central Pattern Generators) imitant une fonction trouvée
dans les vers de terre et les lamproies (combinaison d'oscillations),
qui simule mathématiquement un oscillateur neural(2)
tel que rencontré chez les vertébrés.
Le réseau de neurones a été combiné
avec une méthode dite de "perturbation numérique"(3),
qui quantifie la configuration et le poids des connections dans
le réseau. Cette combinaison (appelée "CPG/np") a
été optimisée et appliquée à
l'apprentissage du mouvement, intégrant également
un "Humanoid Motion-Generation System", logiciel permettant au robot
l'apprentissage d'une très large variété de
mouvements(4).
Les différents CPG génèrent
des mouvements dans le robot en utilisant des oscillations auto-induites.
Ceux-ci sont évalués en utilisant une fonction préréglée
d'évaluation qui détermine si le mouvement est correct
ou non. Les mouvements du robot sont simplement changés en
modifiant le poids des connexions du CPG et ce procédé
est répété jusqu'à ce que le robot acquière
le mouvement adéquat. A cette étape, avec la nouvelle
méthode de perturbations numériques, on peut à
la fois générer un nouveau CPG ou reconfigurer des
combinaisons existantes, et de là sélectionner automatiquement
le mouvement le plus approprié tout en reconfigurant dynamiquement
le réseau de neurones.
Ainsi, le processus d'apprentissage ne résulte pas simplement
du changement dans le poids des connexions : la structure du réseau
elle-même change, ce qui permet l'apprentissage de mouvements
complexes.
Avec
ce système, la quantité de code de logiciel impliqué
dans la commande de mouvement est réduite de près
de 90% par rapport aux systèmes conventionnels. Ainsi, selon
les chercheurs japonais, pour un robot disposant de 20 joints mobiles,
le temps d'apprentissage est réduit d'un facteur 10-30
: ceci lui permet d'apprendre à s'adapter et à
réagir immédiatement pendant qu'il se déplace.
(1) Qui
commercialise le robot humanoïde HOAP (voir
notre actualité du 18/09/2001)
(2) Partie du système nerveux central des vertébrés
générant - pense-t-on - des rythmes périodiques.
(3) Méthode d'analyse permettant d'approximer des fonctions
non linéaires. Longtemps utilisée pour calculer des
orbites de satellites, cette technique a été récemment
appliquée à la dynamique des fluides, puis à
la dynamique quantique. La méthode de perturbation numérique
(numerical perturbation method) fait appel à un ordinateur
qui procède numériquement à ces perturbations.
(4) L'ensemble est la base d'un prototype de système générateur
de mouvement pour un robot humanoïde. Comprenant une unité
d'édition de réseau de neurones (système display/edit),
une unité de simulation du robot et une interface mécanique,
le système permet à ceux n'étant pas des spécialistes
de générer les mouvements désirés dans
le robot (voir figure à droite). Fujitsu a aussi développé
un langage de programmation spécifique pour coder les réseaux
de neurones (neural-network language), permettant de créer
des réseaux et de les éditer. Ce système de
logiciel devrait être inclut cette année dans la série
des robots humanoïdes HOAP.
Qui
n'a jamais pesté devant le manque de facilité [et
donc la perte de temps engendrée] à entrer les données
dans son téléphone mobile ou son PDA...
Deux entreprises américaines, Virtual Devices et Canesta
proposent une nouvelle solution : le clavier virtuel... Il fallait
y penser : un mini-projecteur laser envoie devant votre téléphone
ou votre assistant personnel l'image d'un clavier à travers
un masque. Pendant qu'une caméra suit et enregistre les mouvements
des doigts, le processeur situé dans l'appareil interprète
et traduit les données comme si vous aviez enfoncé
les touches.
Si
les principales cibles de ces deux sociétés sont bien
évidemment les terminaux sans claviers comme les PDA ou téléphones
mobiles intelligents, le système intéresse aussi des
applications en milieux stérile ou hostile, dans le domaine
médical. En tous cas, les deux géants NEC ou Siemens
sont d'ores et déjà intéressés et envisagent
d'intégrer ce dispositif dans leurs produits.
On
peut aussi penser que le système pourra même, à
terme, équiper tous nos ordinateurs (voir photo ci-contre
).
Et puis, en allant plus loin, peut-être pourra-t-on aussi
un jour se passer radicalement de clavier. Rien n'empêche
d'imaginer par exemple la machine obéissant totalement à
la parole (1)... et, pour certains cas, d'autres solutions [voir
à ce sujet notre article du 2 avril 2001 : "Piloter
un avion... au doigt et à l'oeil".
(1) Signalons
par exemple que le logiciel Audio Visual Speech Recognition (AVSR)
développé aujourd'hui par Intel permet de suivre le
mouvement des lèvres et du visage d'un utilisateur. En couplant
cette technique avec la voix, ce programme peut fournir suffisamment
de données à l'ordinateur pour qu'il réponde
à des commandes, même dans un environnement bruyant.
Sur le même principe, Microsoft Research développe
des outils qui permettent de déplacer des fenêtres
de programme ou de faire défiler une page, en combinant commande
vocale et mouvement de la main ou d'un pointeur, a proximité
de l'écran d'ordinateur...
La
revue américaine EurekAlert présente Hybrot, un petit
robot de type Khepera, fabriqué par K-Team S.A, dont le cerveau
est constitué d'un tissu de quelques milliers de neurones
de rat maintenus vivants dans une solution nutritive (espérance
de vie attendue: 2 ans). Ces neurones sont reliés au "corps"
du robot par des technologies d'interface neurale déjà
développées pour les prothèses intelligentes.
On sait que l'Intelligence Artificielle moderne a compris qu'un
robot ne peut acquérir d'expérience sans disposer
d'un corps réactif avec lequel s'insérer dans son
environnement. Ici le corps est artificiel mais le cerveau est biologique.
Les chercheurs espèrent ainsi pouvoir étudier in vivo
comment les neurones s'organisent en réseaux cognitifs, en
attendant de disposer de véritables machines intelligentes
utilisant des cerveaux biologiques en complément ou à
la place de circuits électroniques. Le nom de Hybrot signifie
"hybride de composants biologiques et robotiques".
Le projet est mené par une équipe dirigée
par le Pr Steve Potter, au sein du Wallace H. Coulter Department
of Biomedical Engineering de la Georgia Tech and Emory University.
Il est le principal élément d'un programme de $1.2
million financé par les National Institutes of Health.
Ceux qui suivent notre revue depuis le début pourront constater
le progrès réalisé en 3 ans par certains laboratoires.
Notre rubrique actualité était à ses débuts
fort loin d'évoquer semblables réalisations. Verra-t-on
dans les prochaines années s'amorcer une course à
la performance entre ceux qui développeront des machines
pensantes entièrement robotiques et ceux qui feront appel
à des solutions hybrides telle que le Hybrot?
Ce
titre est celui d'un livre paru en avril 1999, du cosmologiste et
prévisionniste Michio Kaku. Celui-ci se dit (je suppose qu'il
l'est) un des fondateurs de la célèbre bien qu'encore
conjecturale théorie des cordes. Michio Kaku a le talent
de savoir communiquer sur les sujets les plus abstraits. Hyperspace
en donne un exemple. Il y explique ce que seraient les super-dimensions,
les super-cordes et le voyage dans le temps. Comme le savent nos
lecteurs, on ne peut plus aujourd'hui s'intéresser à
l'informatique et à l'intelligence artificielle sans s'intéresser
à la physique théorique. Michio Kaku a le talent de
faire le pont entre celle-ci et les différents développements
scientifiques et technologiques prévisibles pour les prochaines
décennies. Visions, un autre de ses livres, avait
fait autorité en ce domaine. Aujourd'hui, il offre dédie
son site à Internet à la "communauté" de ceux
qui veulent discuter de ses articles sur l'actualité scientifique
et politique. La formule n'est pas mauvaise.
Observons cependant que les choses changent vite dans le domaine
de la physique théorique et de la cosmologie. Voyez notre
article sur le livre de Joao Magueijo, Faster
than the Speed of Light
Pour en savoir plus Le site de Michio Kaku, organisé
en forum de discussion : http://www.mkaku.org/ Sur la théorie des cordes,
on doit lire l'inévitable The Elegant Universe, de Brian
Greene, ainsi que Lee
Smolin, référencé dans notre revue. Pour les passionnés, le
site de Michaël Feltz "Hyperspheres, Hyperspace, and the Fourth
Spatial Dimension" donne accès à un grand nombre de
publications sur la question http://www.bright.net/~mrf/
.On constatera que notre compatriote Jean-Pierre
Luminet y est cité en bonne place.