Automates
Intelligents s'enrichit du logiciel
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Le
programme Solar Power from Sun (SPS 04) JPB
29/06/04
Ce
programme, initialement conçu par la Nasa, puis abandonné
quand celle-ci dut en 2001 se concentrer sur les navettes et la
station spatiale internationale, a été repris par
l'Agence Spatiale Européenne (ASE) et la Japan Aerospace
Exploration Agency, ou JAXA. Une conférence Internationale
se tient sur ce thème du 30 juin au 2 juillet à Grenade,
en Espagne. Des scientifiques de la Nasa y participent. L'objectif
est d'étudier la mise en place de satellites qui concentreraient
sur la Terre des rayons solaires non perturbés par l'atmosphère
et l'obscurité nocturne, puisqu'ils seraient en orbite géostationnaire.
La transmission se ferait par micro-ondes ou laser vers des stations
terrestres situées n'importe où sur terre.
L'ASE
et la Jaxa consacrent plusieurs millions d'euros au projet par an.
Un fort courant d'opinion, aux Etats-Unis, se fait jour parmi les
scientifiques et industriels pour que la NASA revienne dans un programme
qui serait indispensable, à la fois dans la perspective d'un
recours plus marqué aux énergies solaires, mais aussi
dans la perspective d'obtenir de l'énergie pour les missions
lunaires et martiennes prévues par le président Bush.
Affaire à suivre.
L'émergence
de la biologie synthétique
JPB/CJ
29/06/04
Le
MIT a récemment tenu un premier séminaire dédié
à une discipline émergente, la biologie synthétique
ou biologie de synthèse. De nombreux projets ont été
présentés. Le but de la biologie synthétique
est de reproduire les phénomènes naturels afin de
mieux les comprendre pour les intégrer dans de nouveaux produits
ou composants biologiques, par exemple la création d'organes
pour les transplantations ou, ultérieurement, la fabrication
d'ordinateurs naturels. Il s'agit donc d'un secteur à la
frontière entre la biologie et la Vie Artificielle.
Les
produits de la biologie synthétique intéressent directement
les biotechnologies. En effet l'objectif principal est d'obtenir
des briques de base (BioBricks) qui pourront être utilisées
pour faire de l'ingénierie ou de la rétroingénierie
des systèmes vivants, comme le fait l'électronique.
Le MIT élabore un catalogue de briques de base et un recueil
de procédures de fabrication. Beaucoup voudraient, comme
les défenseurs des logiciels ouverts en informatique, que
ceci soit fait en Open Source. Les informaticiens ne sont pas dépaysés
par ces pratiques. Au contraire, ils retrouvent toutes les méthodes
qu'ils utilisent pour la conception des systèmes.
On
recense actuellement environ 300 biobriques. 800 autres sont en
préparation, combinant les précédentes. Un
BioBricks++ est en cours de réalisation, qui, comme les programmes
orientés objet, permettra de fabriquer rapidement des systèmes
complexes en offrant des interfaces standards à tous les
segments d'ADN susceptibles d'être combinés en séquences
utilisant les enzymes commercialement disponibles.
La
National Science Foundation et la Defense Advanced Research Projects
Agency soutiennent ces projets en finançant des équipes
de recherche universitaires. De son côté, l'Europe
s'y intéresse. La Biologie Synthétique est un des
trois domaines ouverts par l'Union européenne pour soumettre
des projets NEST-Pathfinder.
La
probable privatisation partielle de l'espace, un bien ou un mal
? JPB 28/06/04
On
ne peut que saluer le succès inconstestable du SpaceShipOne
qui a atteint en 90 secondes l'altitude de 100 km, soit le sommet
de la dernière couche d'atmosphère dite thermosphère.
L'audace du concepteur Burt Rutan de la compagnie Scaled Composites
n'a eu d'égale que celle du pilote sexagénaire Mike
Melville. Selon les experts, cet événement inaugure
l'ère du spatial commercial à but touristique ou utilitaire.
Beaucoup de progrès restent à faire, mais l'évolution
est parait-il inéluctable. Elle s'inscrit plus largement
dans la volonté de privatiser certaines activités
de la Nasa. L'administration actuelle reproche à cette dernière
la lourdeur de sa gestion et son manque de réactivité.
Mais cette privatisation serait-elle compatible avec le maintien
de missions qui seront nécessairement et durablement déficitaires,
le projet Lune-Mars ou les missions scientifiques. La Nasa garderait-elle
alors ce qui serait non rentable et concéderait-elle au privé
les domaines plus ou moins étendus où celui-ci pourrait
gagner de l'argent? Ce serait de l'écrémage spatial
dont la recherche scientifique désintéressée
serait la première à souffrir. L'Agence ne voit donc
pas ces perspectives d'un très bon oeil.
On
peut penser cependant qu'il y a de la gesticulation, voire de l'intoxication,
derrière ces menaces de privatisation. La Nasa est indispensable
au gouvernement, notamment au DoD, pour développer discrètement
des technologies et des politiques de puissance. Ce ne sont pas
des firmes privées qui peuvent le faire, sauf dans le cadre
de contrats de sous-traitance ne leur donnant pas beaucoup de liberté.
Si nous étions la Nasa, nous ne nous inquiéterons
pas trop.
Pour les Européens, cependant, la question de la privatisation
partielle de l'Agence Spatiale Européenne sera posée
par ceux désirant récupérer des miettes de
ses déjà maigres budgets. Décidément,
la nécessité de définir une stratégie
claire en ce qui concerne la politique spatiale européenne
s'impose plus que jamais.
Une
affaire à suivre : les neurones dits en fuseau (Spindle)
du cortex des primates, éventuels responsables de la sociabilité
humaine
JPB 26/06/04
La
revue NewScientist du 19 juin 2004 présente les travaux
du Pr. John Allman de Caltech. Celui-ci pense avoir découvert,
exclusivement dans le cerveau des humains et des grands singes,
des neurones particuliers, dits "spindle-shape" (en forme
de fuseau), qui joueraient un rôle essentiel dans les activités
sociales de l'homme et de ses proches cousins : capacités
à aimer, à compatir, à se sentir coupable,
à coopérer par empathie Ces cellules sont en
très petit nombre (100.000) et localisées dans 2 aires
seulement, le cortex cingulaire et le cortex frontoinsulaire. Elles
semblent disparaître dans certaines maladies dégénératives
comme Alzheimer. Il s'agit de neurones de grande taille, dont le
noyau est de 0,1 mm de long et l'axone long et chevelu. A ce jour,
ni John Allman ni les rares équipes qui ont identifié
ces cellules n'ont pu caractériser leurs signaux électriques
ou chimiques. La façon dont elles agiraient (alors que leur
nombre est infime au regard des 100 milliards de neurones du cerveau)
reste donc encore à élucider.
En termes d'évolution, on pense que ces cellules ont dû
apparaître récemment dans les lignées d'hominiens
et être sélectionnées pour les avantages adaptatifs
qu'elles apportaient, dans des groupes où la coopération
s'imposait d'autant plus que l'autonomie croissante des individus
risquait de distendre les indispensables liens sociaux. Cette idée
est très intéressante. Rien n'interdirait de penser
que le nombre de ces cellules continuerait à s'accroître
chez les hommes contemporains, pour les mêmes raisons. Comme
quoi (simple hypothèse) le cerveau humain pourrait encore
évoluer...
Si cette récherche progressait, elle permettrait de désigner
nettement les systèmes neuronaux qui font la spécificité
de l'espèce humaine et fondent ses capacités sociales
et "morales". De là à envisager de doter
les robots d'architectures neuronales équivalentes... il
n'y aurait qu'un pas.
Pour en savoir
plus
Observatoire
de John Allman et présentation de ses travaux sur les "spindle
cells" : http://www.allmanlab.caltech.edu/
Le
projet Cerebus
JPB/CJ 25/06/04
VSD,
dans son numéro 1400, présente le projet Cerebus du
MediaLabEurope (MLE) à Dublin, sous la plume d''Hervé
Bonnot dont nous avions déjà signalé le savoir-faire
dans l'exposé de questions scientifiques complexes.
Le projet Cerebus vise à permettre la commande d'ordinateurs
ou de prothèses en utilisant les ondes émises par
le cortex moteur. La grande innovation, par rapport aux expériences
sur des primates que nous avions déjà signalées
ici, notamment de John Donoghue à l'université Brown
et de Miguel Nicolelis à l'université Duke, est de
ne pas nécessiter l'implant de micro-électrodes, mais
seulement le port d'un casque. Il s'agit d'une technique appelée
certainement à un grand avenir. Elle n'est devenue possible
que grâce à la sensibilité et la sélectivité
des capteurs de micro-flux électromagnétiques disponibles
aujourd'hui. Elle suppose aussi des études préalables
en imagerie fonctionnelle permettant d'identifier les zones motrices
adéquates du cortex, et les signaux correspondant à
tel ou tel ordre de la volonté (consciente ou inconsciente).
Un apprentissage et un calibrage individuels sont par ailleurs indispensables.
Le
managing director du MLE présente ce projet comme un véritable
saut dans les techniques d'interfaçage entre le cerveau et
les ordinateurs. De nombreuses applications commerciales sont visées,
compte tenu des programmes visant à raffiner cette première
réalisation.
Le MediaLabEurope est une extension du MediaLab du MIT, ce qui montre
une fois de plus la capacité des scientifiques et stratèges
américains à tirer profit des ressources intellectuelles
européennes. Les recherches en question, aux Etats-Unis,
sont en effet principalement financées par la Darpa, qui
compte les utiliser pour le pilotage des engins. Le responsable
du projet irlandais est le Dr Gary McDarby.
Nicholas
Negroponte plaide en faveur de la simplification des logiciels et
des matériels dans la micro-informatique JPB
24/06/04
Chacun
connaît Nicholas Negroponte, professeur de Media Technology
au MIT et ancien directeur du fameux Media Lab du MIT. L'utilisateur
informatique de base que nous sommes ne peut donc qu'applaudir quand,
dans un article du NewScientist, (5 juin 2004, p. 26) il s'en prend
à l'inutile sophistication des logiciels et des micro-ordinateurs.
Il rappelle que si la loi de Moore avait été appliquée
par les constructeurs aux micro-ordinateurs portables (laptops),
ceux-ci devraient aujourd'hui coûter 6 dollars (ceci, soit
dit en passant, n'est pas si évident qu'il ne paraît).
De plus et surtout, dit-il, les logiciels vendus aujourd'hui sont
infiniment plus lourds et plus coûteux que ceux utilisés
au début de la micro-informatique, sans donner à l'utilisateur
le moindre gain de productivité supplémentaire, ceci
parce que chaque nouvelle version accumule de nouvelles spécifications
et options que personne ne demande. Si bien, dit-il, que lui, Nicholas
Negroponte, en 6 heures par jour et 365 jours par an de travail
sur son ordinateur, estime faire la même quantité de
tâches qu'il faisait en 1979 sur son Sony Typecorder.
Cette course à la sophistication inutile, qu'il baptise du
néologisme de "featuritis", se rencontre aussi,
dit-il, dans les téléphones portables et plus généralement
tous les outils technologiques. Il voudrait donc que les utilisateurs
fassent pression pour obtenir des versions simplifiées et
stables tant des matériels que des logiciels. Mais comme
de telles solutions seraient bien moins chères, il doute
que les industriels acceptent de les produire et les commercialiser.
Cet article, plein de bon sens, provoque cependant de l'étonnement.
Quand on est un ponte, c'est le cas de le dire, de l'informatique,
mondialement écouté, comment se fait-il qu'on n'essaye
pas de faire pression sur les industriels pour qu'ils répondent
enfin à ces exigences ? L'article que nous citons est quasi-psychédélique.
Pas une fois il ne cite Microsoft, pas une fois il n'évoque
les logiciels libres. Pas une fois il n'incite les utilisateurs
désirant s'affranchir des producteurs à prendre en
mains leur destin. Pas une fois il n'évoque le fait que la
brevetabilité des logiciels, que les Etats-Unis sont en train
d'imposer à l'Union Européenne, fait le jeu des entreprises
(américaines) qui dominent ce marché au détriment
des utilisateurs et pour le plus grand profit du Pentagone, grand
écouteur devant l'éternel.
Pour nous Européens, cet article de Negroponte devrait être
un argument de plus pour refuser la brevetabilité des logiciels
et développer un projet comme celui que nous préconisons,
un European Joint Open Source Project, au profit des utilisateurs
finaux. Mais peut-on encore y croire ?
L'avion
sans pilote Euromale
JPB 23/06/04
Ce nom est peut-être mal choisi, à une époque
où l'on prescrit toute manifestation de sexisme(1), mais
il signifie Moyenne Altitude Longue Endurance. C'est le programme
du futur drone que Dassault et EADS viennent de décider de
lancer en association, sous l'égide du ministère de
la défense français. L'objet annoncé n'est
pas d'en faire un produit seulement français, mais une plate-forme
de coopération européenne, en associant d'autres constructeurs
autres que ceux déjà membres du consortium européen
EADS.
Saab, Ericsson, Fokker, Finmeccanica, notamment, ont été
contactés. On sait que par ailleurs l'Israélien IAI
a été appelé à apporter son expérience
technique au projet, qui coûterait 300 Mns d'euros pour un
chiffre d'affaire de 3 Mds vers 2012. Un prototype devrait être
livré vers 2008. On peut penser qu'il s'agit là d'une
réalisation concrète allant dans le bon sens, celui
de la constitution non seulement d'une Europe de la défense,
mais d'une industrie européenne de défense autonome.
Les drones sont des extrapolations professionnelles des modèles
réduits d'avions qui font depuis presque un siècle
la joie des jeunes et moins jeunes. Leurs applications sont principalement
militaires ou intéressant la sécurité civile
et l'exploration géographique. Un des premiers drones a été
la "bombe volante" allemande V1, dont les capacités
d'auto-pilotage étaient minimum. Bien plus sophistiqués,
les missiles de croisières modernes sont au contraire capables
d'effectuer de longs vols sans pilotage (même à distance)
en se repérant seuls sur un territoire qui a été
numérisé à l'avance afin de leur donner des
références cartographiques précises.
Les drones peuvent être soit des avions classiques (à
hélice ou réaction), soit des hélicoptères,
soit éventuellement des ballons dirigeables. Comme ils sont
très vulnérables, on peut envisager de les faire opérer
à plusieurs. En ce cas, ils coopèrent de façon
"intelligente". Un certain nombre de projets visent à
les miniaturiser, jusqu'à la taille d'insecte. Leur fonctionnement
en essaim sera alors particulièrement utile.
Les missions visent en priorité l'observation. Mais ils peuvent
aussi délivrer des charges offensives ou à finalité
pacifique. Avec la miniaturisation progressive des instruments d'observation,
ils pourront devenir de véritables plate-formes d'observation
et d'analyse multi-fonctions, se tenant ou non en relation temps
réel avec leur base.
Les
difficultés que doivent résoudre les drones tiennent
à l'alimentation en énergie, pour les petits modèles
qui ne peuvent embarquer beaucoup de carburant. Mais elles sont
surtout relatives au pilotage - surtout quand les drones abordent
des zones de navigation fréquentées. Le pilotage à
vue par télécommande, pratiqué sur les modèles
réduits, n'a que peu d'applications pratiques. Il faut que
le drone soit suivi à distance, par exemple grâce à
un répondeur radar, et qu'il puisse conserver en permanence,
sans brouillage, la liaison avec le centre de contrôle. La
localisation du drone ne pose pas de difficultés particulières,
avec le GPS, encore faut-il que celui-ci ne soit pas brouillé.
Signalons que, sur les territoires non couverts par le GPS et non
cartographiés (par exemple sur une planète) on expérimente
une technique complexe dite SLAM, localisation et cartographie simultanée,
qui historiquement fut celle des premiers navigateurs non dotés
de cartes marines fiables.
Les drones sont de bons candidats pour embarquer les systèmes
de pilotage " conscients " que l'on étudie actuellement
en vue d'en doter les robots autonomes qui auront pour mission de
se comporter comme le feraient des équipages humains, là
où la présence de ceux-ci n'est pas possible ou pas
souhaitée. Ces systèmes, dits " cognitive systems
", font l'objet d'investissements importants de la part du
ministère de la défense américain et de la
Nasa. L'objet est d'avoir un automate non seulement capable de calculs
sophistiqués, mais capable de se représenter lui-même,
d'avoir des sensations et des sentiments (par exemple la peur, mère
de la sureté). Dans ce cas, il pourra veiller lui-même
à sa survie et au bon accomplissement de sa mission. Il est
indispensable que l'Europe ne se tienne pas en retrait de tels développements,
dont les retombées seront considérables.
(1) Si vous
cherchez sur euromale.com, vous trouverez tout autre chose que des
drones. Le site à consulter est celui de EADS : http://www.eads.net/
Le
Lemur, un robot grimpeur
J PB/CJ 15/06/04
Le
Joint Propulsion Laboratory et l'université de Stanford développent
actuellement un robot grimpeur, le Lemur, destiné principalement
à escalader les parois rocheuses de Mars ou d'autres planètes,
ce que ne peuvent faire les robots actuels. Le robot pourra aussi
être utilisé en milieu urbain. Le Lemur, conçu
par le chercheur Timothy Bretl, est doté de quatre membres
articulés qui reproduisent les mouvements d'un grimpeur humain,
en s'accrochant aux aspérités disponibles. Il est
destiné à devenir intelligent, c'est-à-dire
à s'adapter aux types de parois auxquels il s'attaque, grâce
à des caméras et des capteurs de toucher alimentant
un logiciel de calcul de trajectoire optimisée. Il devra
aussi, comme un véritable grimpeur, se rétablir en
cas de prise défaillante.
Qu'est-ce qui définit la
vie ? On répond généralement : la capacité
de se reproduire. Mais les virus ne peuvent se reproduire seuls.
On considère que pour disposer de l'ADN et des protéines
nécessaires, une cellule doit avoir une taille d'au moins
140 nanomètres. Cependant des équipes pensent avoir
identifié des nanobactéries, ou l'équivalent,
de taille inférieure à 100 nanomètres, doté
d'ADN et capable de se multiplier dans un milieu de culture. Il
s'agit de John Lieske et d'une équipe basée dans la
clinique Mayo, à Rochester, Minnesota. Ces nanobactéries
vivraient dans les calcifications pathologiques des artères
et valves cardiaques humaines. En 1998, une équipe de l'Université
de Kuopio en Finlande avait annoncé la présence de
nanobactéries dans les calculs calciques (apatite) responsables
de coliques néphrétiques. Un scepticisme général
a accueilli ces annonces. Mais les expériences se poursuivent,
notamment pour identifier les ADN dont la présence a été
annoncée.
Si l'hypothèse se vérifiait, elle donnerait raison
aux médecins qui tel le Pr Paul W Edwards, fondateur de la
"médecine évolutionnaire", pensent que de
nombreuses maladies humaines aux causes inconnues sont causées
par des parasites non encore identifiés (voir
notre notre article).
Mais sur le plan épistémologique, elle a l'intérêt
de rappeler que des concepts tels que la vie ne correspondent pas
à des essences existant en dehors de l'homme, mais sont construites.
Il ne convient donc pas de rejeter a priori toutes les nouvelles
entités-objet (pour reprendre l'expression de Mme Mugur-Schächter)
susceptible d'enrichir et diversifier non seulement le concept mais
la façon dont en pratique la science humaine se comporte
à l'égard des manifestations du présumé-vivant.
Inutile de dire que le même débat fait rage à
propos des molécules-prions, mieux connues que les nanobactéries.
A titre méthodologique, on
distinguera évidemment les entités réplicantes
de l'ordre du biologique de celles pouvant être réalisées
par l'homme dans le domaine de l'artificiel (nanotechnologies ou
programmes informatiques). Mais celles-ci feront sans doute apparaître
que des homologues existaient déjà dans la nature,
par exemple d'éventuels cristaux réplicants.
Les applications reposant sur la
coopération de petits robots autonomes travaillant en coopération
sans contrôle humain direct sont de plus en plus à
l'ordre du jour. On peut en citer deux. La première est menée
au sein de i.Robot, la firme de Rodney Brook. Il s'agit d'un contrat
destiné à la défense, visant à produire
des essaims d'éventuellement plusieurs centaines de petites
machines destinées à différents usages militaires:
explorer et le cas échéant désarmer un champ
de mines, nettoyer des immeubles susceptibles de recéler
des embuscades, etc. Le projet exploite les idées d'un certain
James McLurkin, qui s'est spécialisé dans les intelligences
réparties simples exploitant l'exemple des insectes sociaux.
La deuxième application,
destinée à la Nasa, vise à réaliser
des nuages de robots capables de travailler dans l'espace, par exemple
pour assembler sans personnel humain de grandes structures, pouvant
à terme dépasser les 10 kms de long. L'originalité
de ce projet est que les robots doivent se déplacer en apesanteur,
ce qui leur retire tous les contacts avec des repères fixes
de type terrestre. Le projet expérimente pour ce faire des
robots travaillant sur un coussin d'air. Ce projet a été
présenté par l'équipe de Wei-Min Shen de l'Université
de Californie du Sud à l'International
Conference on Complex Systems 2004 qui s'est tenue le
mois dernier à Boston,
Faisabilité
de nanomachines auto-répliquantes JPB
09/06/04
Une
étude de 6 mois apparemment très complète de
General Dynamics Advanced Information Systems réalisée
pour le compte de la Nasa (Institute for Advanced Concepts) vient
de proposer le concept d'un "kinematic cellular automata"
ou automate cellulaire doté de capacités de réplication.
Il s'agit d'un système reconfigurable composé de nombreux
modules identiques, susceptibles de se reproduire sur le mode du
vivant. Ceci pourrait permettre la production en masse dans une
dizaine d'années de composants moléculaires pour robots,
écrans de visualisation , circuits intégrés,
programmables à la demande. Le développement envisagé
respectera les consignes de sécurité préconisées
par le Foresight Institute et destinées à éviter
la prolifération accidentelle de tels composants.
L'étude, disponible sur le web, est particulièrement
intéressante du fait des nombreux parallèles qu'elle
propose entre les systèmes répliquants artificiels
et les systèmes vivants.
Seizure.
Le clonage thérapeutique à la Une
JPB 09/06/04
Nous
avons souvent ici noté le talent de la société
américaine en général et de ses auteurs dramatiques
en particulier pour se saisir de sujets scientifiques pointus afin
d'en faire des sujets de films ou de romans destinés au grand
public. L'intérêt est triple : renouveler les thèmes
au rythme rapide du progrès scientifique, sensibiliser les
lecteurs à des questions de grande actualité politique
ou sociétale et finalement donner la parole à tel
ou tel groupe d'intérêts qui s'estiment mal desservis
dans l'opinion par les responsables publics. Seizure [Pan
Books, 2003] le nouveau roman de Robin Cook, auteur bien connu de
thrillers médicaux, est typique de cette démarche.
Il met en scène un couple de chercheurs en biotechnologies
ayant développé une technique innovante permettant
d'obtenir des cellules-souches embryonnaires à but thérapeutique.
Faute du soutien de leur laboratoire universitaire, ils ont fondé
une start-up. Mais celle-ci se heurte à différentes
difficultés, notamment l'opposition politique d'un sénateur
conservateur qui s'inscrit de façon outrageusement démagogique
dans la prohibition, encore en vigueur aujourd'hui aux Etats-Unis,
de telles recherches.
Cependant il se trouve que ce sénateur se découvre
atteint de la maladie de Parkinson et que l'implantation de cellules
souches susceptibles de se substituer aux neurones dopaminergiques
qui lui font défaut pourrait le guérir. Après
de nombreuses aventures, le sénateur accepte de se faire
soigner aux Bahamas, dans une clinique expatriée pour échapper
aux lois américaines et dont le sérieux chirurgical
n'est pas tout à fait assuré. L'histoire finit mal
en ce sens que le sénateur est victime d'un accident cérébral
post-opératoire, n'ayant rien à voir d'ailleurs avec
le clonage, qui entraîne sa mort et celle du chercheur. La
morale de l'histoire, lourdement (et à juste titre, selon
nous) soulignée par l'auteur, est que proscrire les essais
thérapeutiques sur les cellules souches pour des raisons
d'ordre moral est désastreux, d'autant plus que cela ouvre
la voie à des pratiques clandestines
encore plus dangereuses.
On ne sait si les conseillers en bioéthique du président
Bush ont lu ce livre. En tous cas, la politique de l'administration
fédérale reste bloquée encore aujourd'hui sur
le refus du clonage thérapeutique, comme est l'est dans de
nombreux autres pays. L'auteur propose en contre-exemple la pratique
britannique, beaucoup plus ouverte, conduite sous l'égide
de l'Human Fertilization and Embryology Authority, HFEA, créée
en 1991.
Observons
que l'actuel ministre de la recherche français, François
d'Aubert, vient de s'adresser au Sénat, dans le cadre de
la préparation de la loi de bioéthique, en recommandant
fortement la levée des mesures restrictives concernant le
travail sur les cellules souches embryonnaires. Cette position s'inscrit
dans un mouvement général de la recherche européenne,
soutenu par l'appel d'offres en cours lancée par la Commission.
Il faut espérer que les dernières résistances
opposées à ces perspectives vont disparaître.
Voir http://www.recherche.gouv.fr/discours/2004/dloibioethique.htm
Des biologistes de haut niveau, venant des Etats-Unis, de la Corée
du Sud, d'Australie et du Royaume uni, adressent la même demande
aux Nations Unies. Ils demandent à distinguer le clonage
reproductif, à proscrire, du clonage thérapeuthique.
Voir article http://story.news.yahoo.com/news...._un_dc