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Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
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23/08/04 Des souris marathoniennes
19/08/04 The (Mis)behavior of Markets
19/08/04 Des nanosystèmes au service d'armes nucléaires miniaturisées
17/08/04 Création de neurones dopaminergiques à partir de cellules souches
16/08/04 Sommes-nous tous des créatures virtuelles ?
14/08/04 Les dangers des aliments irradiés
14/08/04 Les Etats-Unis jouent à fond la carte d'ITER (au Japon)
11/08/04 Feu vert au clonage humain à visée scientifique en Grande-Bretagne
11/08/04 Un nouveau diplôme : ingénieur d'Etat en cognitique
03/08/04 L'intelligence "augmentée"
 

Août 2004

Des souris marathoniennes
JPB 23/08/04

C'est effectivement, comme toute la presse le souligne, une nouvelle importante que vient de faire connaître sur le site de la Public Library of Sciences Biology une équipe américano-coréenne du Salk Institute, La Jolla, sous la conduite du Dr Ronald Ewans. L'injection d'un gène dirigeant la synthèse de protéines activant le développement des muscles sollicités par les épreuves de longue durée a rendu des souris capables d'efforts doubles de ceux de souris non traitées, le tout sans conséquence apparentes sur leur état de santé. Pour être plus précis il s'agit de décrire l'" Engineered expression of the peroxisome proliferator-activated receptor delta in skeletal muscle".

C'est inutile de commenter les grandes conséquences qui pourront découler de telles recherches, sur les animaux, sur les hommes, sur les muscles de l'effort ou sur d'autres muscles et organes. On criera au scandale, mais il ne s'agit pas, semble-t-il, de processus très différents de ceux mis en oeuvre par la sélection naturelle, sur de plus longues durées il est vrai.

Pour en savoir plus
Lire l'article http://www.plosbiology.org/plosonline/?request=get-document&doi=10.1371/journal.pbio.0020294


The (Mis)behavior of Markets : A Fractal View of Risk, Ruin, and Reward
JPB 19/08/04

Couverture du livre "The (Mis)behavior of MarketsCe titre est celui d'un livre que vient de publier Benoit B. Mandelbrot, avec Richard L. Hudson chez Perseus Books à New York. Mandelbrot, mathématicien d'origine française établi aux Etats-Unis, est le père de la théorie des fractals. Son ouvrage The Fractal Geometry of Nature 1984 l'a rendu célèbre dans le monde entier. Le livre aurait été tiré à 200.000 exemplaires.B. Mandelbrot est aujourd'hui Sterling Professor of Mathematical Sciences à l'Université de Yale et Fellow Emeritus au Laboratoire IBM Thomas J. Watson. Richard Hudson est éditeur du Wall Street Journal's European edition.

Dans ce livre, les auteurs veulent montrer que les règles mathématiques censées régler les marchés financiers, auxquels la grande majorité des cambistes et de leurs logiciels font encore confiance, ne marchent pas (ou marchent mal). Mandelbrot propose un nouvel outil de modélisation faisant appel à la géométrie fractale. Il espère ainsi fonder une nouvelle science de la gestion des marché. Il étudie la finance depuis plusieurs décennies. Ce livre est le premier qu'il a écrit sur ce sujet.

Il serait intéressant d'examiner comment cette approche mathématique de la décision économique est compatible avec ce qu'en disent les thèses de la neuro-économie, selon lesquelles le décideur se croyant rationnel obéit à des pulsions remontant du fond des âges primitifs. Rappelons à cet égard les propos d'Alain Berthoz dans l'interview donnée à notre revue, citant les travaux de Daniel Kahneman, prix Nobel d'économie 2002

Pour en savoir plus
Mandelbrot. CV : http://www-gap.dcs.st-and.ac.uk/~history/Mathematicians/Mandelbrot.html
Le Mandelbrot Set : #339999


Des nanosystèmes au service d'armes nucléaires miniaturisées
JPB 19/08/04

Le Jane's nous informe des projets du département de la défense américain visant à utiliser des nanodétonateurs et autres nanosystèmes pour miniaturiser à l'extrême les futurs explosifs atomiques jugés nécessaires dans la lutte anti-guerilla ou contre des bunkers très protégés. Ce seraient là les nouvelles versions des mini-nukes auxquels travaillent les spécialistes de l'armement nucléaire. On estime que de tels nanodétonateurs, introduits dans des obus, seraient non seulement plus petits mais plus robustes que des systèmes plus classiques, sans perdre leur capacité à déclencher l'explosion de la charge atomique proprement dite. Il s'agirait d'une avance importante dont bénéficieraient les armées américaines, dès lors que l'utilisation d'armes atomiques, même miniaturisées (1 à 5 kt quand même !), serait admise - ce qui relancerait évidemment de façon sûrement incontrôlable la prolifération. D'autres perfectionnements sont envisagés, notamment dans le domaine des isomères nucléaires.

* Voir Researching the weapons of the future: ‘micro-fusion’ weapons, par Andy Oppenheimer http://www.janes.com/regional_news/americas/news/jcbw/jcbw040813_1_n.shtml


Création de neurones dopaminergiques à partir de cellules souches
JPB 17/08/04

Il fallait s'y attendre. Une équipe américaine, dirigée par le docteur Lorenz Studer (Laboratoire des cellules souches et de biologie tumorale, Memorial Sloan-Kettering Cancer Center, New York), parmi laquelle se trouve le thésard français Anselme Perrier (sic), vient de transformer une très grande proportion de cellules souches embryonnaires humaines en neurones dits "dopaminergiques", directement impliquées dans la production de dopamine dans les sites cérébraux atteints par la maladie de Parkinson. Ce premier résultat en annonce d'autres, notamment la possibilité d'étudier les processus impliqués tant dans la transformation des cellules-souches en neurones que dans le développement de ces derniers dans le cerveau. Il s'agit presqu'exactement du scénario faisant l'objet du roman Seizure de Robin Cook dont nous avions rendu-compte le 19 juin dernier .

L'affaire risque de mettre en difficulté les gouvernements conservateurs qui continuent à proscrire pour des raisons idéologiques (électorales) les recherches sur les cellules-souches embryonnaires. Quant au Pape, qui vient de répéter à Lourdes son opposition à ce qu'il appelle la manipulation du vivant, nous serions curieux de savoir comment il réagirait si, pour le plus grand bien de la Chrétienté, on lui proposait un traitement de ce type susceptible de soigner sa parkinsonnite.

Précisons qu'en France, la loi dite Bioéthique autorise la recherche sur les cellules souches embryonnaires (à titre dérogatoire pour 5 ans), mais celles-ci doivent provenir d'embryons déjà existants, ce qui ne permet pas d'étudier la problématique essentielle du clonage thérapeuthique.

Pour en savoir plus

Memorial Sloan-Kettering Cancer Center : http://www.mskcc.org/mskcc/html/44.cfm
Page Lorenz Studer : http://www.mskcc.org/mskcc/html/10928.cfm
Voir aussi un article de Infosciences sur des recherches antérieures de ce type, moins avancées : http://www.infoscience.fr/articles/articles_aff.php3?Ref=760


Sommes-nous tous des créatures virtuelles ?
JPB 16/08/04

A titre de méditation scientifique, on peut évoquer l'hypothèse de Nick Bostrom de l'Université d'Oxford (voir l'article de Jean-Paul Delahaye dans Pour la Science, août 2004, p. 94) selon laquelle nous pourrions tous être des créatures virtuelles créées par des civilisations infiniment plus avancées que nous technologiquement. Cette hypothèse repose sur plusieurs postulats que je synthétise:
- 1° il existe des civilisations assez avancées (post-humaines) pour a) simuler complètement le cerveau humain et b) décider de le faire ;
- 2° compte tenu du principe dit d'indépendance du substrat, il est impossible de distinguer le contenu d'un cerveau humain de celui d'un cerveau artificiel ;
- 3° compte tenu du très grand nombre de créatures simulées que pourrait produire et disperser dans l'univers une civilisation capable de simuler le cerveau humain, nous avons une très grande probabilité d'être une telle créature plutôt qu'un être " naturel ".

Certains objectent que nulle simulation, aussi parfaite soit-elle, ne pourrait éviter les bugs divers, bugs que si nous étions simulés, nous ferions apparaître sous forme de défauts de fonctionnement. Mais à cela on répond que notre société et nous-mêmes sommes suffisamment pleins d'incohérences (sans parler des mystères scientifiques encore non résolus) pour que ceci traduise précisément l'existence de bugs dans les logiciels produits par ceux qui simulent notre fonctionnement.

On s'étonnera peut-être d'apprendre que l'argument résumé ci-dessus, dit de la simulation, formulé par Nick Bostrom, fait l'objet de discussions intenses parmi les scientifiques et les philosophes s'intéressant à l'univers calculable.

Pour en savoir plus
Nick Bostrom. Simulation Argument : http://www.simulation-argument.com/


Les dangers des aliments irradiés
JPB 14/08/04


France-Culture, le 14 août 2004, a consacré une émission aux risques des aliments irradiés, de plus en plus utilisés dans le monde entier pour la conservation des aliments. Selon les experts consultés, l'irradiation détruirait pratiquement tous les éléments nutritionellement intéressants desdits aliments, y compris en disloquant certaines protéines. De plus, beaucoup de cancers et maladies dégénératives pourraient être induits par les radicaux libres générés. L'irradiation, au plan économique, permet de faire voyager dans le monde entier des produits fragiles, ce qui augmente les risques de délocalisation de la production dans des pays à bas coûts de main-d'oeuvre. De plus, l'étiquetage, censé être obligatoire, n'est pas respecté par les producteurs et distributeurs, ce qui ne permet pas aux consommateurs de réagir. 14/08/04

Différents sites mettent en garde sur ce sujet. Citons Grainvert :Aliments irradiés et OGM : même refus d'étiquetage des multinationales http://www.grainvert.com/article.php3?id_article=708 et le site américain Citizen, de feu Ralph Nader http://www.citizen.org/documents/Top10.pdf


Les Etats-Unis jouent à fond la carte d'ITER (au Japon)
JPB 14/08/04

Anne Davies, directrice de l'Office of Fusion Energy Sciences* du département américain de l'Energie, vient d'annoncer que les Etats-Unis allaient fermer le Fusion Ignition Research Experiment (FIRE), jugé techniquement dépassé. Il s'agit du réacteur expérimental américain destiné à la fusion nucléaire. Il utilise des aimants magnétiques au lieu des aimants superconducteurs de Iter. En remplacement, les Etats-Unis mettront toutes leurs forces dans le projet International Iter, dont ils défendent bec et ongles, avec le Japon et la Corée du Sud, l'implantation à Rokkashomura, au Japon.

Aucun accord n'a pu se faire avec le bloc Union Européenne, Chine et Russie qui défend l'implantation à Cadarache. Voici maintenant 6 mois que le projet est bloqué. Tous les experts pensent que les Etats-Unis ne céderont pas. Il n'y a donc pas d'autres solutions, pour l'Europe, si elle ne veut pas dépendre des Etats-Unis et du Japon pour ce domaine essentiel, de lancer son propre Iter à Cadarache, quels que soient les coûts.

On observera en passant que l'obstination américaine semble prouver que le projet Iter n'est pas seulement une vaste intox scientifique, comme certains experts avaient pu le prétendre.

* Fusion Energy Sciences Web site http://fusionenergy.lanl.gov/


Feu vert au clonage humain à visée scientifique en Grande-Bretagne
CJ 11/08/04

L'autorité de régulation de la bioéthique humaine britannique* a autorisé ce jour une première équipe de chercheurs de l'université de Newcastle à produire à des fins scientifiques des embryons clonés humains. Cette équipe est ainsi la première en Europe à travailler sur ce sujet dans un cadre réglementaire précis.Si le clonage thérapeutique est légal en Grande-Bretagne depuis 2002, contrairement au clonage reproductif, aucune demande n'avait encore été déposée.

Le développement des embryons produits seront interrompus au bout de deux semaines, stade où ils sont constitués de quelques centaines de cellules encore indifférenciées.Ces cellules souches embryonnaires doivent servir aux recherches sur le diabète, voir celles concernant la maladie d'Alzheimer..

Rappelons que la France, qui vient d'adopter sa nouvelle loi de bioéthique en juillet** interdit le clonage thérapeutique. Ainsi, à la différence de l'autorisation donnée par l'autorité britannique à l'équipe dirigée par le professeur Miodrag Strojkovic - qui va pouvoir travailler plus vite -, les équipes françaises doivent se contenter d'utiliser les embryons existants***.

Aux Etats-Unis, John Kerry s'est pour sa part engagé, s'il était élu, à lever les restrictions sur la recherche sur les cellules souches.

* Human Fertilisation and Embryology Authority (HFEA)
** Parue au J.O du 7 août 2004 : http://www.admi.net/jo/20040807/SANX0100053L.html
*** Ceux issus de la procréation médicalement assistée, parmi les embryons n'ayant pas été implantés dans l'utérus de la mère, ou ceux écartés lors de diagnostics pré-implantatoires, ou encore les embryons surnuméraires ne relevant plus d'un projet parental.


Pour en savoir plus :
Communiqué de la HFEA : http://www.hfea.gov.uk/PressOffice/Archive/1092233888i


Un nouveau diplôme : ingénieur d'Etat en cognitique
CJ 11/08/04

L'université Victor Segalen de Bordeaux a créé l'Institut de Cognitique (IDC)* - le premier en France - et lance à la rentrée 2004 la première et unique formation d'ingénieurs d'Etat spécialisée dans le domaine.
La première promotion sera composée d'une trentaine d'étudiants sélectionnés sur dossiers**, issus de classes préparatoires aux grandes écoles ou titulaire d'un bac+2 (DEUG S avec mention, DUT/BTS avec mention et recommandation de l'établissement), ou encore titulaires d’une licence ou d’un diplôme universitaire scientifique de niveau supérieur.

Dirigé par Bernard Claverie, le cursus qui dure 3 années a pour objectif de former des ingénieurs cogniticiens dont les compétences sont notamment l'informatique et l'automatique (traitement du signal, intelligence artificielle, réseaux de communication...), l'ingénierie cognitive (facteurs humains, cognition individuelle comme l'attention ou la mémoire, collective comme la prise de décision ou les erreurs, les contraintes de fonctionnement comme le stress, la fatigue, le vieillissement), les interfaces homme/machine et les interfaces hommes/systèmes complexes.

Demandeurs de ce type de spécialisation, plusieurs groupes industriels (Airbus, EADS Dassault Aviation, Thalès, Renault...) participent au Conseil de perfectionnement de l'Institut.
Emplois notamment visés :
- conception des interfaces hommes-systèmes, centrale dans la production de biens manufacturés (aéronautique, automobile, équipements....),
- recherche et développement,
- gestion des systèmes complexes (ex. systèmes de visualisation et de pilotage),
- mise en œuvre du travail collaboratif inter-entreprises à partir de l’usage des techniques d’information et de communication ou d’informatique avancée.

* L'institut organise également un master recherche en sciences de la cognition
** Une première sélection a eu lieu en juillet. Une deuxième session est prévue pour septembre.

Pour en savoir plus :

Site de formation d'ngénieurs de l'Institut de Cognitique :
http://www.scico.u-bordeaux2.fr/ingenieurs/

Site de l'Institut de Cognitique : http://www.scico.u-bordeaux2.fr/scico/index2.html
Contact :
idc@scico. u-bordeaux2.fr



L'intelligence "augmentée"
JPB 03/08/04

On trouvera dans la revue américaine Astrobiology un long et intéressant interview (http://www.astrobio.net/news/modules...) du Dr Ken Ford, président de l'Interdisciplinary Study of Human & Machine Cognition (IHMC) de l'Université de Ouest Floride. Ce Centre, créé en 1990, emploie plus de cent chercheurs. Il étudie tous les aspects de la cognition chez les humains et les machines, en mettant particulièrement l'accent sur les systèmes computationnels capables d'augmenter les capacités perceptives et cognitives. Ken Ford vient d'être nommé par le président Bush au National Science Board, ce qui donnera encore plus de retentissement à ses travaux et à ses idées.

Dans l'interview, il défend son thème favori, selon lequel ce n'est pas l'Intelligence Artificielle qui est importante, car elle ne pourra jamais construire des machines se comportant aussi intelligemment que des hommes. Il propose au contraire des interfaces qui permettront à l'homme de s'insérer efficacement dans un environnement de plus en plus robotisé. Il s'agit finalement d'augmenter les capacités humaines par des artefacts et prothèses efficaces, d'où le terme d'Intelligence Augmentée (Amplified Intelligence) qui se dit également AI. Un exemple de tels dispositifs est le Wearable Augmented Reality Prototype (Warp) développé par la Nasa pour donner accès simultané et assisté à différentes ressources de calcul et instruments nécessaires au pilotage. Ces interfaces seront généralement dotés de capacité d'accès à du data-mining afin d'utiliser tous les documents et les connaissances déjà archivées.

Il n'y a pas de doute que ces perspectives sont très prometteuses, et plus vraisemblables à court terme que celles concernant la réalisation d'un androïde intelligent autonome. Quand on y réfléchit, ce futur est déjà là en partie. Ecrivant cette petite chronique en utilisant diverses ressources du web, je fais montre d'une intelligence sensiblement augmentée par rapport à ce qu'aurait été la mienne dans les années 60. Du moins je l'espère.

Image: Warp, Nasa

Pour en savoir plus
IHMC : http://www.ihmc.us/research/
WARP : http://www.jpl.nasa.gov/news/features.cfm?feature=491


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