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DEISA
: un supercalculateur virtuel pour l'Europe
CJ 25/11/04
Six
pays européens(1) vont
mettre en commun leurs moyens de calcul afin de déployer
un environnement de calcul distribué supra-national, avec
pour objectif d'améliorer la compétitivité
de l'Europe dans tous les domaines des sciences et des technologies
qui nécessitent des calculs intenses. Une belle initiative
donc que ce projet baptisé DEISA(2),
constatant que jusqu'à présent seuls les centres de
calcul nationaux mettaient à disposition des chercheurs leurs
ressources informatiques. Or, la concurrence croissante entre l'Europe,
les USA et le Japon impose de disposer de toujours plus de puissance
de calcul (voir ci-dessous notre actualité du 8/11 : Course
aux teraflops : la domination américaine).
Piloté par la France (via le CNRS-IDRIS (3)),
le projet est financé pour 5 ans dans le cadre du 6eme Programme
Cadre de Recherche et de Développement Technologique (PCRD)
de la Commission Européenne. Dans une première phase,
le supercalculateur réparti résultera de l'intégration
en réseau de quatre calculateurs IBM français, allemands
et italiens. Le système final regroupera 4000 processeurs
ainsi qu'une énorme capacité mémoire pour une
puissance totale de 22 Teraflops(4),
plaçant ce supercalculateur en quatrième position
mondiale(5)). Dans une seconde
phase, d'autres systèmes IBM seront intégrés,
notamment ceux provenant de Finlande, permettant d'atteindre rapidement
les 30 Teraflops et plus.
Architecture
du système
La
future architecture du supercalculateur DEISA a été
conçue pour fournir une interface simple aux utilisateurs
finaux. Elle se compose de deux couches applicatives. Au niveau
de la couche interne, des plates-formes de calcul distribuées
semblables (même architecture, même système d'exploitation)
forment ensemble un supercalculateur virtuel distribué. La
plate-forme ainsi créée est un super cluster de noeuds
de calcul, situés dans différents endroits et dans
différents pays mais qui apparaissent comme n'étant
qu'une seule et même machine pour les utilisateurs.
Cette
première couche applicative bénéficie du système
de fichier IBM Global Parallel File System (GFPS), qui permet de
fédérer des systèmes de données distants
de manière dynamique. Il permet de redistribuer aisément
les tâches de calcul d'un noeud du réseau afin de le
libérer rapidement, le rendant de nouveau opérationnel
pour des opérations de calcul nationales.
La
deuxième couche applicative permet de connecter différents
autres types de ressources de calcul (ordinateurs vectoriels, clusters
Linux, etc.) au cluster IBM central, parachevant ainsi la création
d'une grille de calcul hétérogène. La première
plate-forme ainsi intégrée est le superordinateur
ALTIX du centre néerlandais SARA Computing and Networking
Services, fabrique par SGI, et équipé de 416 processeurs
Itanium. La grille hétérogène du projet DEISA
sera administrée grâce au middleware(6)
UNICORE, qui gérera la répartition des charges de
calcul et de mémoire de façon transparente pour les
utilisateurs finaux via une interface Web unifiée.
(1)
France (pilote du projet), Allemagne, Italie, Royaume-Uni, Finlande,
Pays-Bas. Signalons que grâce à son architecture ouverte,
le programme peut s'étendre à tout moment à
de nouveaux partenariats.
(2) Distribued European Infrastructure for Supercompution Applications.
(3) Institut du Développement et des Ressources en Informatique
Scientifique, situé en France, à Orsay.
(4) Un teraflop = mille millards d'opération (en virgule
flottante) par seconde.
(5) En se référant à la liste Top 500 des ordinateurs
les plus rapides du monde.
(6) Ou encore intergiciel, en français : terme qui désigne
l'ensemble des services qui étendent les systèmes
d'exploitation pour fournir aux applications des fonctions de gestion
de la distribution (désignation, exécution répartie,
sécurité...) et de gestion des ressources distribuées
(fichiers, mémoires, objets...).
Le site No Software Patents vise à rassembler les opposants
à la brevetabilité des logiciels. Les 25 et 26 novembre,
le Conseil Compétitivité de l'UE se réunira
et tentera de ratifier formellement une proposition de «Directive
sur la brevetabilité des inventions mises en oeuvre par ordinateur»,
qu'on désigne habituellement sous le nom de «directive
sur les brevets logiciels». Le 18 mai, le Conseil était
parvenu à un accord politique sur une version préliminaire
mais n'a pas pris la décision formelle de l'entériner.
Depuis le 1er novembre, de nouvelles pondérations des votes
sont appliquées en accord avec l'acte d'adhésion.
La somme des votes des pays qui ont soutenu de manière affirmative
la proposition législative du 18 mai s'élève
à 216, en dessous des 232 voix exigées. Cela créerait
un précédent regrettable pour la démocratie
européenne si le Conseil de l'UE adoptait une position commune
sur une base insuffisante. De plus les 216 votes comprennent ceux
des Pays-Bas et de l'Allemagne contre la volonté des parlements
nationaux de ces pays. Il
est donc encore temps, à ce jour, pour que les opposants
à ce projet de directive se mobilisent pour empêcher
son adoption. On trouvera sur le site No Software Patents tous les
arguments en ce sens. Nous tiendrons nos lecteurs informés
de la suite des évènements.
www.scholar.google.com
: un moteur de recherche dédié aux documents scientifiques
CJ 18/11/04
La
société californienne Google lance une version de
son moteur de recherche sur Internet dédiée spécifiquement
aux milieux universitaires et académiques. L'objectif est
de faciliter l'accès du plus grand nombre (notamment des
étudiants) aux matériaux scientifiques et pédagogiques
- jusque-là réservés à un cercle restreint
- et de devenir un standard dans les écoles et les universités.
Ce moteur, disponible sur http://www.scholar.google.com,
entend référencer l'ensemble de la littérature
scientifique disponible en ligne, qu'il s'agisse d'articles, de
documentations techniques, de revues, de livres... Une belle réalisation
issue de la collaboration de Google avec des chercheurs et différents
éditeurs scientifiques comme Nature, l'Institute of Electrical
and Electronics Engineers, l'Association of Computing Machinery
et Online Computer Library Center...
Ce moteur facilitera indéniablement l'accès aux publications
scientifiques et techniques provenant du monde entier. Mais il ne
résoudra pas la difficulté à laquelle se heurtent
beaucoup de chercheurs européens: la difficulté de
se faire publier par les grandes revues scientifiques qui sont encore
majoritairement anglo-saxonnes. Il faudra donc que les chercheurs
utilisent systématiquement la publication sur Internet, même
si celle-ci n'offre pas les mêmes avantages en terme de référencement
que la publication par les revues dotées de comités
de lecture.
Ceci
ne dispensera pas néanmoins les Européens de mettre
en place un pôle fort de publication regroupant les nombreuses
revues et journaux existant dans de nombreux pays, dont la dispersion
actuelle ne permet pas d'atteindre un seuil de notoriété
suffisant. Ils pourront suivre à cet égard l'exemple
de ce qui a été fait par les physiciens, qui ont fusionné
leurs journaux nationaux dans l'European Journal of Physics http://www.iop.org/EJ/journal/EJP
Le
projet de collisionneur linéaire international
JPB 17/11/04
Après
le Futur Grand Collisionneur à Hadrons du CERN, qui devrait
entrer en fonctionnement vers 2008, le futur grand équipement
en physique des particules sera le Grand Collisionneur Linéaire
International. Les réunions entre physiciens se sont multipliées
ces derniers mois pour définir ce projet, la dernière
venant d'avoir lieu à Pékin en août 2004. L'instrument,
linéaire comme son nom l'indique et non circulaire, fera
entrer en collision des électrons et des positrons, qui sont
des anti-électrons. Les chocs créeront des particules
à hautes énergies et autres phénomènes
permettant d'étudier les grandes questions encore incomprises
de la physique du 21e siècle, la matière noire, l'énergie
noire, les multi-dimensions et plus généralement,
espère-t-on, la nature fondamentale de la matière,
de l'énergie, de l'espace et du temps.
Le
projet vu son coût sera international. Le CERN y participera,
ainsi en France que le CNRS et l'IN2P3. La technologie choisie sera
probablement allemande, développée dans le cadre du
projet TESLA par le Deutsche Elektronen-Synchrotron DESY. L'emplacement
fait déjà l'objet de nombreuses propositions. Il sera
sans doute, selon les négociateurs, américain ou japonais,
l'Europe disposant déjà du LHC. Affaire à suivre
L'avion
X-43A de la Nasa atteint Mach 10 JPB 17/11/04
Le
2e exemplaire de l'avion sans pilote X-43A de la Nasa a réussi
le 16/11/04 à battre le record de vitesse des engins mus
par un moteur atmosphérique, soit Mach 10 à 110.000
pieds. Le premier avait atteint une vitesse de Mach 7 en avril dernier
mais avait du être détruit en vol.
La
technologie est celle du scramjet, très proche du statoréacteur
expérimenté en France par l'ingénieur René
Leduc après la 2e guerre mondiale. L'engin est accéléré
jusqu'à Mach 4 par une fusée (en l'espèce la
fusée Pegasus, elle-même portée en altitude
par un B.52). Le flux d'air est alors suffisamment rapide pour que
le carburant injecté s'enflamme, ce qui provoque la poussée
nécessaire pour que l'avion puisse voler de façon
autonome. L'avantage considérable par rapport à une
fusée est qu'il n'est pas besoin d'embarquer d'oxygène.
Par ailleurs, l'engin se pilote comme un avion, c'est-à-dire
avec plus de souplesse qu'une fusée.
La
Nasa voit là une promesse pour de nouveaux développements
très prometteurs, aussi bien pour ses propres vols spatiaux
que pour des applications commerciales et militaires.
Getting
Up to Speed: The Future of Supercomputing JPB
15/11/04
Le
rapport d'un groupe d'experts indépendants américains,
Getting Up to Speed: The Future of Supercomputing que nous
mentionnons dans notre brève ci-dessous sous le titre Course
aux teraflops : la suprématie américaine, vient
d'être rendu disponible en version préliminaire, sous
le titre The Future of Supercomputing: An Interim Report.
Il n'est pas encore accessible en version html ou pdf mais peut
être lu cependant sur le site des National Academies, sous
la forme dite de l'open book http://www.nap.edu/books/0309089956/html/.
Il a été présenté à la Conférence
SC2004 (The International Conference for High Performance Computing
and Communication) de Pittsburg le 14 novembre.
Les
décideurs européens devraient impérativement
lire ce rapport et s'en inspirer, afin d'en tirer les conséquences
qui s'imposent concernant nos pays. Si en effet les scientifiques
et industriels américains s'inquiètent de voir les
Etats-Unis risquer de perdre leur domination dans le domaine des
supercalculateurs, nous pourrions penser qu'ils crient avant d'avoir
mal. Que devraient dire leurs homologues de ce côté
de l'Atlantique. Mais la question ici n'intéresse que les
militaires en charge de la simulation des armes nucléaires.
Tous les autres se rassurent en disant qu'ils pourront toujours
en cas de besoin louer du temps de calcul sur les ordinateurs américains,
japonais ou...chinois. Bon courage.
L'Exposition
Universelle d'Aichi, au Japon, du 25 mars au 25 septembre 2005,
promet d'être un immense panorama des technologies les plus
innovantes. 25 millions de personnes sont attendues. Les grands
pays technologiques s'y préparent activement, à commencer
par le Japon. De nombreuses villes japonaises seront associées
au site principal d'Aichi.
Le
thème choisi pour l'Exposition est La sagesse de la Nature
(Nature's Wisdom). Il illustrera l'idée que la nature a depuis
longtemps mis au point des solutions que les hommes devraient apprendre
à mieux reconnaître et exploiter avec plus de respect.
C'est sur ce principe que repose la biomimétique, qui s'efforce
de développer des produits mettant en oeuvre des solutions
naturelles plus ou moins transposées. On sait qu'une des
applications les plus anciennes de la biomimétique, remontant
à 1948, est l'invention du Velcro par le suisse George de
Mestral. Il s'était inspiré de la façon dont
les tiques s'accrochaient aux poils de son chien. .
Le
thème Nature's Wisdom sera illustré par les projets
dits des Eco-Communautés, tous orientés vers le développement
durable. On montrera comment vivre en économisant et en réutilisant
le plus possible les ressources naturelles. La conservation de la
nature et la préservation de l'environnement feront l'objet
de nombreuses propositions industrielles. Il faudra montrer que
la science et l'industrie de demain pourront se développer
sur ces bases mieux qu'en se livrant comme actuellement à
une exploitation sans pitié des ressources naturelles.
Shangaï
est retenue pour héberger l'exposition suivante, en 2010.
On peut prévoir que la Chine sera très présente
à Aichi.
L'Europe
ne devrait pas manquer cette occasion de manifester sa maîtrise
dans les technologies environnementales. Mais le JETRO (Japan External
Trade Organization), Organisation Japonaise du Commerce Extérieur,
présent dans les principales capitales européennes,
en profite déjà pour favoriser les liens entre européens
et japonais. Son bureau de Paris manifeste une activité certaine
en ce sens.
Le
Pavillon français, qui a choisi de se présenter "côte
à côte" avec l'Allemagne (mais pas fusionné)
illustrera par divers multi-média la façon dont, notamment,
les collectivités locales insulaires travaillent avec les
industriels à la protection et à la valorisation de
la nature. Sortira-t-on de l'image très conventionnelle que
les touristes japonais se font de la France?
Le
futur Internet de l'armée américaine JPB/CJ 14/11/04
Les
protocoles Internet permettent soit une communication universelle
entre n'importe quel utilisateur d'ordinateur disposant d'un point
d'accès, soit une communication en réseau privé
entre utilisateurs disposant par surcroît d'une clef d'accès.
On parle généralement en ce cas d'Intranet. Les Intranets
sont de plus en plus utilisés au sein des administrations,
des entreprises et de communautés d'abonnés pouvant
être répartis dans le monde entier. En ce cas, les
messages empruntent soit les canaux publics, mais sous forme protégée
ou cryptée, soit des canaux privés dont l'accès
est nécessairement protégé. Dans l'Internet
public, on constate que le moyen débit (1 à 2 mbps
ou mégabits par seconde ) se répand de plus en plus,
à des prix de plus en plus bas. En France, via surtout l'ADSL,
6 millions d'abonnés moyen-débit sont recensés
fin 2004 (contre 20 millions au Japon). Mais des offres dite d'Internet
rapide (15 Mbps ou plus) commencent à apparaître. La
plupart des usages grand public n'ont pas besoin actuellement de
vitesses plus élevées, mais la course au débit
se poursuivra cependant. Dans les Intranets fonctionnant sur des
réseaux privés, selon le type d'usage, des débits
beaucoup plus élevés peuvent être utiles, 100
mbps ou plus. De tels débits supposent, pour être utiles,
des échanges entre matériels d'entrée et de
traitement des données particulièrement sophistiqués.
C'est
le cas en ce qui concerne les applications militaires. A cet égard,
les perspectives étudiées par le ministère
de la défense américaine intéressent non seulement
les autres armées et polices mais aussi les industriels et
les utilisateurs de l'Internet civil. Il est probable en effet qu'elles
préfigureront ce que sera ce dernier dans une dizaine d'années.
Le projet américain d'Internet militaire s'appelle GIG BE
(Global Information Grid-Bandwidth Expansion ou Réseau d'information
général très haut débit). Il a été
conçu il y a six ans et les premiers essais ont eu lieu récemment.
Le GIG-BE devrait devenir totalement opérationnel d'ici une
vingtaine d'années. Le coût du projet est estimé
à 200 milliards de dollars au cours des dix prochaines années.
La Defense Information Systems Agency du Département de la
défense (DISA), le décrit comme devant permettre la
mise en place d'un réseau à déploiement mondial
dite Net-Centric. permettant de coordonner par transferts électroniques
diverses applications aéronautiques, spatiales, terrestres
et maritimes de défense. Nous avions déjà évoqué
ce projet à propos de l'alliance Boeing-IBM destinée
à en assurer une partie des développements (cf. notre
brève du 01/10/04, Alliance stratégique Boeing-IBM
pour développer une technologie de guerre électronique
dite Net-Centric).
Le
GIG-BE doit mettre en place un environnement haut débit ubiquiste
destiné à améliorer le renseignement, la surveillance
et la reconnaissance, ainsi qu'à permettre le partage de
l'information de commandement et de contrôle. La DISA améliorera
à cette fin son actuel réseau, le Defense Information
System Network (DISN), afin de lui permettre de fournir des informations
à haut débit sur différents supports à
des sites choisis se trouvant dans le monde entier. Environ 100
sites bénéficieront de ces capacités d'ici
fin 2005. Ils sont situés aux Etats-Unis, dans le Pacifique
et en Europe (sic). Les liaisons seront maillées pour renforcer
la sécurité. Mais le système ne se limitera
pas à cela. Tous les soldats pourront disposer d'"une
image complète du champ de bataille, une vue de l'oeil de
Dieu" sur le terrain, a indiqué Robert Stevens,
un directeur du groupe américain de défense Lockheed
Martin qui participe au projet. Le GIG fournira aux combattants
sur le terrain des images mais aussi toutes les informations disponibles
auprès des différentes agences de renseignement civiles
et militaires américaines, concernant l'ennemi, le terrain,
la météo. Le système devrait également
fournir quasi instantanément des stratagèmes et des
plans pour battre l'ennemi selon son attitude ou sa position à
un moment donné. Le
GIG-BE "permettra à des Marines dans leur véhicule
blindé sur un terrain lointain, au milieu d'un orage, d'ouvrir
leur ordinateur portable, de demander une imagerie de satellites
espions et d'obtenir ce qu'ils cherchent en quelques secondes",
a affirmé de son côté à des membres du
Congrès, Peter Teets, sous-secrétaire américain
chargé de l'armée de l'air (Source
Yahoo ! Actualités).
Vu
le coût du projet, que certains jugent pharamineux, même
des consultants du Pentagone comme le bien connu Vint Cerf, un des
fondateurs de l'Internet, s'interrogent sur sa crédibilité.
Mais on peut penser que l'Administration américaine vise
ce faisant, non seulement des applications militaires, mais les
retombées civiles que les milliards de dollars investis permettront
aux industriels sous-traitants de réemployer dans des produits
destinés aux marchés civils, ce qui renforcera encore
leur prééminence. Ne mentionnons pas non plus les
bénéfices qu'apportera le réseau aux activités
américaines dites d'intelligence économique.
Nul
ne contestera le droit de l'Amérique de se lancer dans de
tels investissements. On ne comprendrait pas par contre que les
gouvernements européens ne fassent rien en contrepartie de
ce projet. Il rendra obsolètes les systèmes de communication
militaire mais, bien plus, il imposera aux utilisateurs Internet
du monde entier les nouveaux standards et matériels de l'Internet
très haut débit multimedia de demain. L'Europe a pratiquement
perdu la guerre de l'Internet d'aujourd'hui. Ce n'est pas une raison
pour accepter d'accroître encore sa dépendance dans
l'Internet de demain. La plupart des européens ne l'ont pas
encore réalisé, mais l'Internet est déjà
et sera de plus en plus le sang et les poumons de la civilisation
du 21e siècle. Accepterions-nous de confier la circulation
sanguine et le système respiratoire de notre corps à
une machine dont d'autres détiendraient les clefs?
Course
aux teraflops : la suprématie américaine
CJ 08/11/04
Il
fallait s'y attendre, les Etats-Unis ont repris la tête du
classement de la liste Top 500 des ordinateurs les plus rapides
du monde(1). Selon celle-ci,
le BlueGene/L d'IBM (qui doit être commercialisé courant
2005) et le supercalculateur du NASA/Ames Research Center (Californie)
s'octroient la première et deuxième place avec respectivement
plus de
70 teraflops(2) et près
de 52 teraflops, loin devant le précédant tenant du
titre, le Earth Simulator japonais (35,86 teraflops) conçu
par NEC.
Mais les choses bougent très vite en la matière
NEC, qui veut contrer la montée en puissance
des constructeurs américains, lancera dès décembre
2004 le super calculateur vectoriel SX-8, avec une puissance de
calcul prévue de près de 65 Teraflops. Celui-ci sera
disponible à la location dès décembre 2004
en ce qui concerne la version mono-nud octoprocesseur(3),
pour un prix de l'ordre de 1.170.000 yens (8.620 euros) par mois.
La firme vise la vente de 700 SX-8 en 3 ans.
L'examen
de la liste TOP 500 montre que la première machine européenne
mentionnée arrive en 11ème place (Angleterre, 9,2
teraflops(4)), puis l'Allemagne
(30ème position avec 5,56 teraflops), puis la France (41ème
place avec 3,98 teraflops pour son ordinateur du CEA(5)),
Italie (60ème, 3,23 teraflops). Notons que la Chine arrive
17ème (Shangaï, 8 teraflops), l'Arabie Saoudite 45ème
(3,75 teraflops), Israël 49ème (3,75 teraflops).
Un
autre enseignement est que près de 90% des machines classées
dans la liste ont été construites par des firmes américaines.
Mais selon certains experts, cette suprématie cacherait un
petit problème à moyen terme. Un rapport signé
de chercheurs et d'informaticiens du National Research Council -
Getting Up to Speed: The Future of Supercomputing - fait
état de la détérioration des investissements
fédéraux dans le secteur des ordinateurs ultrarapides
depuis plusieurs années. Là où l'administration
injecte aujourd'hui 42 millions de dollars par an, il faudrait plus
du triple, soit 140 millions de dollars, pour que le pays puisse
maintenir sa domination au-delà de la prochaine décennie.
(1) Liste
réalisée par un groupe indépendant d'universitaires
spécialisé en informatique.
(2) Un teraflop = mille milliards d'opérations à la
seconde.
(3) Le SX-8 sera proposé en trois configurations : deux versions
mono-nud et une version multi-nuds.
(4) Machine située à Reading, à l'European
Centre for Medium-Range Weather Forecasts (ECMWF), centre soutenu
par 25 pays d'Europe. (5) Signalons
toutefois que la série de calculateurs du CEA-DAM pour le
Laser MégaJoule doit dépasser la cinquantaine de teraflops
en 2005... Architecturée pour poursuivre sa montée
en puissance, elle devrait atteindre plusieurs centaines de teraflops
en 2009.
Génération
de comportements coordonnés à partir de systèmes
chaotiques
JPB 09/11/04
Le
n° 2471 du NewScientist en date du 30 octobre explique comment
un système de contrôle basé sur le chaos peut
générer des comportements coordonnés. Il s'agit
d'une expérience conduite par deux roboticiens de l'Université
de Tokyo, Yasuo Kuniyoshi et Shinsuke Suzuki. L'équipe a
réussi à générer un processus de marche
intéressant un robot simulé doté de jambes
multiples initialement non coordonnées. On sait que l'apprentissage
de la marche n'a rien d'évident, que le robot ait 2 ou plusieurs
jambes. Deux techniques sont généralement utilisées,
la programmation a priori (qui est très lourde) ou le recours
à des algorithmes génétiques permettant au
robot d'apprendre seul par interaction avec un environnement donné.
Mais cette dernière technique elle-même demande du
temps et beaucoup de ressource informatique.
Dans
l'expérience japonaise au contraire, il est fait appel à
la capacité des systèmes chaotiques de faire émerger
des patterns organisés, par exemple les fronts et les cyclones
en météorologie. Mais pour que l'évolution
chaotique, qui est imprévisible, se produise dans le sens
désiré, il faut la soumettre à une contrainte
extérieure. Le robot simulé des chercheurs japonais
comporte 12 jambes, chacune étant commandée par une
fonction mathématique chaotique alimentée en données
sensorielles par un mécanisme de feed-back. Il est vite apparu
un comportement coordonné mais qui ne permettait pas la marche
en avant. Un poids simulé placé à une extrémité
du robot a permis alors à plusieurs jambes de se coordonner
pour avancer dans la direction opposée au poids, entraînant
les autres jambes.
De
telles solutions sont-elles en oeuvre dans les processus d'apprentissage
des êtres vivants, qu'il s'agisse de la marche ou du fonctionnement
du cerveau? Yasuo Kuniyoshi et Shinsuke Suzuki le pensent. D'autres
chercheurs en doutent. Mais si la réponse était positive,
elle apporterait beaucoup de lumière, semble-t-il, à
la façon dont des systèmes simples peuvent générer
des comportements complexes, lorsqu'ils sont soumis à des
contraintes susceptibles de les orienter. Il n'y a rien de plus
répandu dans la nature en effet qu'un comportement chaotique.
Pourquoi ne pas imaginer que tout ce qui a évolué
dans la nature l'a fait à partir de simples systèmes
chaotiques?
Le
n° 2468 du NewScientist en date du 9 octobre décrit une
fabuleuse aventure. Ses conséquences, si elles étaient
vérifiées, seraient immenses. De quoi s'agit-il? Une
consultante saoudienne en immunologie, Ilham Abuljadayel, a découvert
à l'hôpital militaire de Jeddah, en 1990, un peu par
hasard, l'effet extraordinaire d'un anticorps (le CR3/43 fabriqué
par la firme danoise DakoCytomation). Celui-ci, appliqué
à des cellules sanguines leucémiques, ne les tuait
pas mais les transformait en cellules souches de la moelle osseuse.
En d'autres termes, l'anticorps provoquait une "rétrodifférenciation",
ce qui est encore aujourd'hui considéré comme une
hérésie. Les cellules souches peuvent en effet se
différencier en cellules de tel ou tel organe. C'est ce qui
fait leur intérêt thérapeutique. Mais on n'avait
jamais vu une cellule spécialisée, et qui plus est
cancéreuse, redevenir une cellule souche. Ces cellules, dans
le cas étudié, se redifférenciaient ensuite
en cellules sanguines bien portantes. Mme Abuljadayel s'efforça
de publier ses observations mais aucune revue scientifique n'accepta
de le faire. Si bien qu'après avoir breveté sa découverte,
elle et son mari se tournèrent vers la petite firme britannique
TriStem qui perfectionna la technique et leur permit de procéder
à des essais étendus. On découvrit alors que
les cellules souches obtenues par rétrodifférenciation
pouvait non seulement se redifférencier en cellules de la
moelle ou du sang, mais aussi dans les divers types de cellules
spécialisées qu'il est possible d'obtenir à
partir des cellules souches embryonnaires soumises à des
facteurs de croissance identiques. De plus la rétrodifférenciation
puis la redifférenciation pouvaient être entreprises
à partir des cellules d'un même individu, ce qui supprimait
les problèmes de rejet.
Le
journal à comité de lecture Current Medical Research
and Opinion accepta finalement en 2003 de publier deux articles
de TriStem. L'un décrivait la production de diverses cellules
fonctionnelles: neurones, cellules cardiaques, obtenues par ce procédé.
L'autre relatait un essai chez la souris traitée aux immunosuppresseurs,
les cellules souches humaines résultant du traitement à
l'anticorps y générant divers types de cellules présentes
dans le sang humain. Abrégeons ici les débats d'experts
provoqués par ces publications. Finalement, des spécialistes
reconnus des cellules souches se sont laissés convaincre
et coopèrent désormais avec les promoteurs de la méthode
initiale. Quatre guérisons apparemment durables de malades
en phase terminale, atteints d'anémie aplastique (aplastic
anaemia) ont été récemment obtenues au King
Edward Memorial Hospital de Mumbai (Inde). Les essais thérapeutiques
se poursuivent actuellement, dans le cadre d'un accord entre TriStem
et l'Indian Council of Medical Research. Rien ne semble démentir
les espoirs mis dans la technique.
Cependant,
il faut rester très prudent sur cette rétrodifférenciation,
comme nous l'indique Jean-Jacques Perrier, rédacteur en chef
de la revue Vivant. Le point de départ en sont en effet des
cellules leucémiques dont on ne connaît pas l'état
de différenciation. De plus, le marché en croissance
de la cellule souche n'est guère propice à une évaluation
objective de ces travaux. Au cas pourtant où certaines perspectives
étaient confirmées, non seulement les promoteurs de
la découverte pourraient espérer le Prix Nobel, mais
les débats éthiques et économiques concernant
les cellules souches embryonnaires pourraient perdre une partie
de leur actualité.
Cependant,
Ilham Abuljadayel et ses collègues de TriStem ne souhaitent,
disent-ils, qu'une chose, c'est que les études de toutes
natures concernant les cellules souches et leur modalités
de différenciation se poursuivent, par quelque méthode
que ce soit. La science est loin d'en savoir assez sur ces étonnantes
entités. Affaire à suivre de près, en tous
cas.
L'infodominance
américaine et la protection des administrations publiques
et des entreprises européennes
JPB/CJ 04/11/04
Dans
un rapport à l'Assemblée Nationale (Rapport d'information
sur la stratégie de sécurité
économique nationale, 9 juin 2004, http://www.assemblee-nat.fr/12/rap-info/i1664.asp),
le député UMP Bernard Carayon, spécialisé
dans les questions d'intelligence économique, avait souligné
les risques que représentent pour l'intégrité
des systèmes d'information des administrations publiques
et des entreprises les logiciels du marché couramment utilisés
par elles. Il demandait que la France se dote des moyens de lutter
contre les intrusions étrangères ainsi rendues possibles.
Ce thème avait déjà été présenté
dans des communications précédentes. Voir notamment
Gilles Carrez (rapporteur général) et Bernard Carayon
(rapporteur spécial), «Rapport fait au nom de la
commission des finances, de l'économie générale
et du plan sur le projet de loi de finances pour 2004»,
9 octobre 2003, http://www.assemblee-nationale.fr/12/budget/plf2004/b1110-36.asp).
Nous
extrayons de ces documents les précisions suivantes : «Les microprocesseurs peuvent être
également à la source de vulnérabilités
importantes pour les systèmes qui les embarquent. L'intégration
toujours plus grande de fonctions “dans le silicium”
conduit à la mise en place de microcodes non maîtrisés
(et difficilement détectables) avec des risques latents de
backdoors (failles du système) ou d'autres dispositifs de
surveillance et de prise de contrôle à distance. Récemment,
la polémique au sujet de la Trusted Computing Platform Alliance(1)
(TCPA), visant à intégrer au processeur une partie
cryptée directement utilisée par le système
d'exploitation, a mis en lumière ces enjeux. Les sociétés
Microsoft et Intel comptaient ainsi pouvoir maîtriser le piratage
des logiciels. Cependant, ces fonctionnalités pourraient
également permettre à des personnes
malintentionnées ou des services de renseignement étrangers
de disposer
d'un moyen de contrôler à distance l'activation de
tout ou partie des
systèmes à l'insu de leurs utilisateurs.»
Le
rapporteur s'inquiétait également de la position «quasi-monopolistique»
de Windows sur les systèmes d'exploitation. Remède
proposé: «La montée
en puissance des
logiciels libres — notamment Linux — pourrait constituer
un nouvel espoir pour ceux qui souhaiteraient amoindrir l'hégémonie
de Microsoft. Les systèmes d'exploitation constituent une
des sources de vulnérabilité majeure des systèmes
d'information : c'est par leur intermédiaire qu'il est possible
de pénétrer les systèmes, en utilisant les
backdoors et des
“vers” (chevaux de Troie). La France, comme la plupart
des autres pays européens, présente une forte vulnérabilité
technologique dans ce domaine et seule l'utilisation des logiciels
libres de droit peut aujourd'hui encore constituer une parade possible.»
Autre
segment des logiciels, relève ensuite le rapport, «Les
applications bureautiques constituent une cible privilégiée
pour accéder à l'information . La productivité
des entreprises dépend, pour une large part, de ces logiciels.
Microsoft a réussi à imposer un standard —
Microsoft Office — et les grands acteurs, comme Adobe, sont
américains. Comme pour les systèmes d'exploitation,
l'alternative à l'hégémonie américaine
pourrait venir des logiciels libres. La France, pourtant fortement
présente dans ce secteur avec Dassault Systèmes, reste
technologiquement très vulnérable. Il conviendrait
peut-être d'avancer l'idée d'une industrie nationale
ou européenne du logiciel. En tout cas, il serait intéressant
de mener une réflexion spécifique sur le mode de description
des documents élaborés par ces logiciels pour faire
émerger un format “neutre” de stockage, c'est-à-dire
indépendant de l'applicatif
ayant servi à le concevoir.».
Dans
une question écrite présentée lors du débat
budgétaire consacré au Ministère de l'Intérieur,
en date du 2 novembre 2004 (voir http://www.assemblee-nationale.fr/12/cra/2004-2005/038.asp)
Bernard Carayon a étendu le champ de ses mises en garde.
On retiendra notamment de son intervention, qu'il faut lire en totalité,
les passages suivants : «Deuxième point : vous avez
récemment déclaré que notre pays devait doter
nos services de renseignement des meilleurs outils technologiques.
J'ai souligné dans un rapport adopté par la Commission
des Finances la pertinence de cette observation. Parmi les différentes
technologies au service de la sécurité (la biométrie
– un sujet qui prend une dimension toute particulière
dans le cadre des politiques de sécurité que mettent
en place certains pays, les technologies de sécurité
des réseaux, les interceptions, etc…), les technologies
d'analyse de l'information sont arrivées chez nous à
maturité industrielle. Mais l'effort national, (financier
et industriel) est dispersé, freinant la standardisation
et l'interopérabilité entre les services, d'autant
que chaque administration conserve jalousement son pré- carré
d'évaluation et de décision. Dans tous les domaines
(textmining, datamining, géo-intelligence), la taille critique
fait défaut.
A l'inverse, l'effort américain s'est concentré et
intensifié, aboutissant à un changement de paradigme
technico- opérationnel.
Deux sociétés de taille moyenne dominent le marché
: Verity (US) et Autonomy (GB/US)(2)
dont le système vient d'être retenu par la DGSE…Ce
choix, en tant que parlementaire, m'a surpris d'autant plus que
l'arrivée sur ce marché d'IBM et de Microsoft risque
de renforcer un peu plus la dépendance technologique de nos
services.
Or notre retard peut être comblé, je vous l'assure,
au prix d'une impulsion politique majeure et d'une mutualisation
des expertises comme des investissements publics et privés
! Cette procédure pourrait ressembler, sans créer
pour autant une structure supplémentaire, à ce que
j'ai appelé un CEA des technologies de l'information, de
la Communication et de la Sécurité.
L'enjeu est considérable et à notre portée
: pour l'Etat et la protection des infrastructures critiques, pour
la compétitivité de nos entreprises, pour la protection
de l'intimité de la vie privée. A cet égard,
et s'agissant justement des technologies d'analyse de l' information,
il est urgent de conduire, derrière un leader par sa masse
critique, une stratégie industrielle fédérant
nos pépites technologiques. Urgent aussi, de construire une
vraie doctrine de sécurité nationale à vocation
duale, publique et privée, destinée à répondre
aux menaces issues du terrorisme, de la guerre économique
et de la cybercriminalité – trois domaines dans lesquels
votre ministère entend jouer un rôle majeur.
Dans un contexte d'infodominance, c'est un devoir pour l'Etat d'assurer
son autonomie d'action et de protéger la Nation. Cette politique
passe par des commandes publiques, par l'élaboration de réseaux
de confiance, et la création de fonds d'investissement spécialisés.
La SSI constitue de surcroît un champ de coopération
pour les pays de l'Union européenne : il est indispensable
de placer des experts nationaux au sein de l'ENISA, l'agence européenne
créée au début de cette année, de développer
des standards et des investissements communs, et d'éviter
ainsi, à l'avenir que des sociétés européennes
comme ACOM soient rachetées par des américains comme
INTEL juste après avoir mis au point un processeur au standard
RISC STRONGARM grâce à des financements communautaires».
Observons
pour notre part qu'Autonomy - citée par Bernard Carayon -
est une société d'origine anglaise qui a notamment
remporté un appel d'offres en 2002 aux Etats-Unis (et devant
bien des sociétés américaines). Il s'agissait
de mettre en relation les différents fichiers numériques
des intranets des "entités" s'occupant de la sécurité
intérieure, reliant ainsi entre elles 21 agences liées
au renseignement.
Le moteur de recherche développé par Autonomy est
incroyablement "intelligent" (selon les tests existant
jusqu'à présent, c'est d'ailleurs le moteur le plus
fin actuellement au monde, bien supérieur à google).
Il ne demande aucun besoin d'indexation, le système peut
traiter tout type de fichier (txt, rtf, pdf, html ou autre) et sait
même transcrire automatiquement les dialogues émanant
de fichiers vidéos(3)
(actualités télévisées par exemple -
On voit d'ailleurs tout de suite l'avantage pour le sous-titrage
automatique des films : la firme Disney ne s'y est pas trompée
et a acheté le système après une simple démonstration
appliquée au dessin-animé "Aladin").
Autonomy développe aussi dans cet intranet général
un outil qui permet de savoir quelle est la personne la plus pertinente
à contacter dans le réseau sur un sujet donné.
Et ceci, non pas en fonction de"l'organigramme" mais en
fonction de l'originalité de ce que produit cette personne
dans cet intranet. Le système envoie aussi de lui-même
des informations à d'autres utilisateurs qui viennent d'être
placées dans l'intranet, simplement parce qu'il "juge"
que cela les intéressera, même si, à première
vue, ceci peut sembler très loin des intérêts
et préoccupations de ces utilisateurs. Mais en fait, le fonctionnement
de l'ensemble se révèle toujours très adéquat
aux besoins, selon ses utilisateurs. C'est donc une véritable
machine de guerre économique.
Notes (1) Trusted Computing
Platform Alliance
:
http://www.fact-index.com/t/tr/trusted_computing_platform_alliance.html (2) Sur Verity et Autonomy,
voir l'article de Bertrand Fraysse dans Challenges juin 2004 L'offensive
de la CIA en France http://lemagchallenges.nouvelobs.com/articles/p227/a244747.html (3)Ceci dépendant
toutefois de l'installation de certaines "briques" dans
le système, augmentant ses fonctionnalités. La force
d'Autonomy réside dans ses algorithmes de "pattern-matching",
basés sur la théorie de l'information de Claude Shannon,
les probabilités de Bayes (systèmes bayésiens)
ainsi que les recherches les plus récentes dans le domaine
des réseaux neuronaux.