Automates
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Les
robots japonais à l'exposition universelle de Aichi, au Japon
JPB (30/05/05)
Les
robots feront l'actualité à l'exposition universelle
de Aichi, au Japon, qui se tient du 25 mai au 25 septembre. On pourra
en particulier visiter la Prototype Robot Exhibition qui présente
plus d'une soixantaine de modèles, les uns disponibles et
les autres destinés à être développés
dans les 15 ans à venir. Ces robots couvrent tous les domaines
d'application imaginables, démontrant clairement la volonté
du Japon d'être le leader dans ce domaine essentiel, trop
négligé en Europe.
L'image
ci-dessus représente les robots ApriAlpha et ApriAttenda,
de Toshiba, qualifiés d'assistants autonomes pour les personnes
âgées et les jeunes enfants. On pourrait imaginer une
morphologie plus attrayante, mais ils disposent de capacités
étendues de reconnaissance visuelle et vocale, qui leur permettent
d'assurer de nombreux services d'aide et de garde.
Un
nouveau forum sur l'évolution artificielle
JPB 29/05/05
Notre
ami Pierre Collet participera dorénavant à un forum
qui vient de s'ouvrir sur le thème de l'évolution
artificielle et l'IA, créé par Bertrand Gille.
Une bonne initiative à laquelle ous êtes invités
à participer. http://in.silico.free.fr
Le
Pourquoi pas? de l'Ifremer
JPB 29/05/05
Nouveau navire océanographique de l'Ifremer construit à
Saint-Nazaire par ALSTOM Marine en partenariat avec la Marine nationale,
le Pourquoi pas? a terminé ses essais techniques et
est en passe de livraison à l'Institut.
Il s'agit d'un navire polyvalent, long de 107 mètres, qui
pourra naviguer sur tous les océans sauf les régions
polaires. Son activité sera partagée entre la Marine
nationale dont le SHOM (Service Hydrographique de la Marine) pour
150 jours par an, et la communauté scientifique française,
pour 180 jours par an gérés par l'Ifremer. Il pourra
mettre en oeuvre les instruments et les robots d'observation et
d'intervention les plus évolués dont disposent les
marines modernes.
Après
sa livraison à l'Ifremer, le navire est revenu à Brest,
son port d'immatriculation, à partir duquel il conduira des
essais complémentaires jusqu'à la fin juin, avant
son départ pour sa première campagne scientifique
civile.
Il
s'agit d'une belle réalisation dont tous les scientifiques
et tous les marins se réjouiront.
Le
Sea Orbiter est un projet de l'architecte de la mer français
Jacques Rougerie, développé avec de nombreux partenaires
dont la Comex. Une structure mi-immergée mi-émergée
dérivera dans les océans. Elle comportera deux parties,
l'une à la pression atmosphérique communiquant avec
la surface de la mer, l'autre pressurisée avec possibilités
de sorties pour des nageurs équipés de matériel
de plongé.
Par ailleurs des robots d'exploration profonde de diverses natures
pourraient être mis en oeuvre à partir de l'engin.
Les conditions de vie et plus généralement de fonctionnement
y seront proches de ce que permet un petit sous-marin. La destination
du Sea Orbiter sera d'abord scientifique: observer l'océan
grâce à une cohabitation prolongée en son sein.
Mais elle pourrait être aussi touristique.
Quelques
millions d'euros restent à trouver pour compléter
les premiers apports. On souhaite que des industriels français
ou européens les apportent rapidement. Nous sommes là
dans un domaine de compétence où la France et l'Europe
se sont dotées d'une expertise remarquable. Ce serait dommage
que cette compétence ne puisse être prolongée
par le développement d'appareils nouveaux de ce type. Il
s'agit d'un nouvel exemple où l'imagination créatrice
peut faire apparaître des perspectives scientifiques et économiques
où nul ne les suspectait.
Une
maquette du Sea Orbiter est exposée au Musée de la
Marine à Paris.
Le
Salon Européen de la Recherche et de l'Innovation
Communiqué
Le
Salon Européen de la Recherche et de l'Innovation se tiendra
les 3, 4 et 5 juin 2005 à Paris Expo, Porte de Versailles.
Il rassemblera, aux côtés des chercheurs, les étudiants,
jeunes ingénieurs, chefs d'entreprise et le grand public
désireux de faire le point et d'en connaître toujours
plus en matière de découvertes scientifiques et d'innovation
dans leurs applications.
Jean
Audouze, astrophysicien et directeur de recherche au CNRS, a établi,
en liaison avec le Comité Scientifique du Salon, un exceptionnel
programme de conférences et tables rondes ouvertes à
tous : nanotechnologies et matériaux intelligents, exploration
spatiale et préservation de la biodiversité, catastrophes
naturelles et gestion de l'eau potable, intelligence artificielle
et cryptographie, médecine du futur et sécurité
alimentaire, sciences humaines… Egalement, en particulier
pour les jeunes chercheurs et porteurs de projets innovants : valorisation
de la recherche, politiques de financement et de transfert, stratégies
d'amorçage…
Toutes
les informations, la liste des exposants, le programme complet des
conférences et des entrées gratuites sur simple demande
sur le site Internet du Salon.. Le Salon
Européen de la Recherche et de l'Innovation : http://www.salon-de-la-recherche.com/
Un
espace consacré aux robots CJ (24/05/05)
Lors
du Salon européen de la Recherche et de l'Innovation (3-5
juin, Porte de Versailles), le ministère délégué
à la Recherche fédérera, sur un stand de 200
m2, dix-neuf des principaux organismes de la recherche publique*.
Avec pour thème "La recherche, mieux vivre l'avenir
", cet espace s'articulera autour de trois thèmes: le
développement durable ; la biologie et la santé ;
les nouvelles technologies de l'information. Ce dernier thème
sera l'occasion de rendre hommage à l'Homme et à son
ingéniosité, à travers la machine.
Ainsi, des robots effectueront des démonstrations et s'animeront
au milieu du public. Des spécialistes viendront tout spécialement
pour en expliquer la technologie et l'usage dans les domaines industriels,
médicaux ou dans la vie de tous les jours.
Seront présentés :
l'héliquadrator
: mini-hélicoptère à quatre rotors capable
de se placer en vol stationnaire de façon complètement
autonome, conçu pour remplier des missions de repérage
et de surveillance aérienne (Heudiasyc UMR-CNRS 6599)
Alice
: l'objectif des chercheurs travaillant sur les robots Alice est
de faire réaliser des tâches complexes par un groupe
de mini-robots, chacun exécutant uniquement des tâches
élémentaires (évitement d'obstacles, attraction
vers une source de lumière... La tâche montrée
sur le stand concernera la poussée et le positionnement
d'un objet lourd sur une cible placée dans l'environnement,
en utilisant la coopération de plusieurs mini-robots (Laboratoire
d'automatique de Besançon et Ecole nationale supérieure
de mécanique et de microtechnique);
Pekee
: cette plate-forme de développement robotique mobile intègre
les dernières technologies (essai embarqué, wi-fi,
capteur infrarouge, gyromètres, caméra vidéo
couleur). Ce robot est destiné aux chercheurs, mais aussi
aux services de R&D d'industriels du jouet, de la domotique,
et des enseignants qui ont besoin d'outils pour illustrer et valider
de manière interactive leurs réalisations [voir
notre interview d'Erwan Lavarec - Novembre 2000] (Wany
Robotics)
Le
Dermarob : mis au point par les chercheurs du LIRMM, en partenariat
avec le Service des grands brûlés de l'Hôpital
Lapeyronie, ce robot sait assister l'homme dans le prélèvement
de peau en vue d'une greffe. Il s'agit d'un exercice très
délicat pour un chirurgien, qui ne doit pas trembler au
moment de prélever des couches régulières
d'épiderme, sous forme de bandes qui ne dépassent
pas quelques dixièmes de millimètres d'épaisseur
(LIRMM) ;
Le
micro-oeil : inspiré de travaux menés sur le réflexe
vestibulo-oculaire de l'homme et des animaux (singe et mouche),
cet oeil miniature, d'une masse de 10 grammes et d'un diamètre
de 10 mm)est doté d'un réflexe de contrôle
du regard dont les hautes performances (vitesse et précision)
se rapprochent étroitement de son homologue naturel. Le
niveau d'intégration de cette micro-réalisation
n'aurait pu être atteint sans les développements
récents de micro-actionneurs (piézo-électrique,
micro-moteurs) et de micro-capteurs performants (micro-gyromètre
à base de MEMS (Equipe de biorobotique, CNRS/Université
de la méditerranée, UMR 6152)
Octave
: ce robot captif est un nouvel exemple de recherche innovante
qui mêle robotique et biologie. Il est équipé
d'un oeil artificiel, inspiré de l'oeil de la mouche, qui
mesure la vitesse de défilement du sol. Par conséquent,
le robot suit le terrain à distance, et ce, même
en présence de vent. Mieux encore : si on bascule cet aéronef
vers l'avant, ceci le conduit automatiquement à décoller,
et le redresser à atterrir. Ce nouveau système de
pilotage automatique s'affranchit ainsi de l'équipement
lourd et onéreux embarqué traditionnellement à
bord des avions commerciaux. (Equipe de biorobotique, CNRS/Université
de la méditerranée, UMR 6152)
Seront également
présenté des films :
- L'homme machine
(2004, 26 ')
- Dans le labyrinthe de l'orientation (2000, 13')
- Robot Sapiens (2001, 26')
- Le temps des neurones (1998, 15')
Le
projet SWARMs (Scalable Swarms of Autonomous Robots and Sensors)
JPB (24/05/05)
Le
département américain de la Défense (Defense
Department's Multidisciplinary University Research Initiative program)
a versé à l'Université de Pennsylvanie un crédit
de 5 millions de dollars destiné au GRASP laboratory (General
Robotics, Automation, Sensing and Perception). L'objet en est de
développer des essaims de robots susceptibles d'être
déployés à grande échelle sur terre
et dans les airs.
Il
s'agit du projet SWARMs (Scalable Swarms of Autonomous Robots and
Sensors). Celui-ci s'inspirera des modalités d'organisation
collective des êtres vivants, qui font émerger des
formes d'intelligence et de contrôle de groupe dépassant
les capacités des organismes individuels impliqués.
Les exemples en sont multiples et bien étudiés dans
la nature: insectes, oiseaux, poissons, meutes de mammifères,
colonies bactériennes (control sensing). Le projet visera
à transposer ces organisations au sein d'essaims ou groupes
de dizaines, voire de centaines de mini-robots. Il s'agit d'obtenir
des systèmes capables d'opérer sur des champs de bataille
ou des zones urbaines menacées par divers risques. Le responsable
du projet est le Pr. Vijay Kumar
Les
robots seront fournis par le projet MARS (Multiple Autonomous Robotics)
du même laboratoire qui a développé de nombreuses
fonctions robotiques évoluées présentées
sur le site du projet. Mais ils seront enrichis et le cas échéant
miniaturisés pour pouvoir plus commodément travailler
en essaim. Leur insertion dans de larges essaims contribuera à
perfectionner leurs aptitudes à l'intelligence sociale.
Longtemps
considérée comme chimérique vue les contraintes
imposées aux systèmes mobiles par le milieu marin,
l'utilisation de la houle comme générateur d'électricité
commence à devenir une réalité. C'est l'entreprise
écossaise Ocean Power Delivery Limited, qui semble la plus
avancée dans ce domaine. Après avoir expérimenté
plusieurs années différents prototypes sur les côtes
du Royaume Uni, notamment aux Orkneys, OPD vient de bénéficier
d'un contrat du Portugal pour une première installation en
vraie grandeur sur la côte Portugaise, près de la ville
de Povoa de Varzim. La «ferme» produira 2,25 megawatts
à 1.500 foyers à partir de 2006. En cas de succès,
l'exploitation sera étendue. L'électricité
sera revendue pour 8 mn d'euros au réseau Enersis qui investit
dans les énergies renouvelables. Le géant norvégien
Norsk Hydro participe au capital de OPD.
La
technologie utilisée est relativement simple dans son principe.
Des unités articulées cylindriques creuses en forme
de saucisses (baptisées Pelamis) sont mouillées en
surface et tenues au fond par des amarrages souples. Les mouvements
imposés par la houle aux parties articulées sont contrés
par des systèmes hydrauliques qui pompe de l'huile sous pression
dans des moteurs qui entraînent eux-mêmes des générateurs
électriques. Les Pelamis sont prévues pour être
mouillées à 3/5 miles des côtes, par des fonds
de 50 mètres environ.
L'avenir dira comment évoluera techniquement cette première
ferme et quelle sera la rentabilité du dispositif, compte
tenu notamment des coûts de maintenance qui ne seront certainement
pas négligeables, quand on connaît la violence de l'océan
sur la côte portugaise, même dans des endroits relativement
abrités.
Quoi
qu'il en soit, le Royaume Uni et le Portugal nous donnent là
un bon exemple des perspectives d'activités nouvelles offertes
par les énergies renouvelables, dès lors qu'elles
sont abordées avec le sérieux scientifique et technologique
indispensable.
Record
du monde de factorisation d'un grand nombre en produit de nombres
premiers CJ (20/05/05)
Grâce
au soutien informatique de l'Office fédéral pour la
sécurité des techniques de l'information (BSI - Bundesamt
fur Sicherheit in der Informationstechnik)F. Bahr, M. Boehm, J.
Franke, T. Kleinjung, chercheurs de l'université de Bonn
et du CWI (Centrum voor Wiskunde en Informatica) des Pays-Bas, et
grâce au soutien informatique de l'Office fédéral
pour la sécurité des techniques de l'information (BSI
- Bundesamt fur Sicherheit in der Informationstechnik), un nouveau
record du monde de factorisation: la factorisation du nombre RSA200.
La sécurité de certaines procédures de signature
électronique est basée
sur la difficulté à diviser des nombres très
grands en facteurs premiers.
C'est ce procédé qu'utilise en particulier l'algorithme
de signature RSA
développé en 1977 au Massachusetts Institute of Technology
(MIT) par Ron Rivest, Adi Shamir et Len Adleman.
Le nombre RSA200 comporte 200 décimales et est le produit
de deux nombres entiers. Il a été rendu public par
l'entreprise américaine RSA Security, le défi consistant
à trouver les deux nombres premiers qui le divisent.
Voici les deux facteurs trouvés : 35324619344027701212726049781984643686711974001976\
25023649303468776121253679423200058547956528088349
et
9258699544783330333470858414800596877379758573642\
19960734330341455767872818152135381409304740185467
NB
: Le précédent record concernait 176 décimales
, factorisé le 2 mai 2005 par Aoki, Kida, Shimoyama et Ueda
Avancée
du clonage thérapeutique en Corée du Sud.. et en Grande-Bretagne
JPB/CJ (20/05/05) {rajout janvier
2006 : il s'avère que les travaux de Hwang Woo-suk sont nuls
et non avenus car il a été montré qu'ils relèvent...
de la fraude scientifique]
Toute
la presse a fait écho à l'annonce des chercheurs sud-coréens
qui ont réussi à cultiver onze lignées de cellules
souches obtenues à partir d'embryons clonés. Ces embryons
étaient issus de cellules prélevées non pas
chez des individus quelconques... mais chez des personnes atteintes
de diverses maladies. Les cellules souches obtenues devraient en
principe pouvoir être greffées sur ces mêmes
personnes sans provoquer de rejet, puisqu'elles auront le même
code génétique. Ce procédé ouvre des
perspectives de compréhension des mécanismes en jeu
dans des pathologies graves et incurables comme certaines maladies
neurodégénératives. On peut en espérer
la découverte de nouvelles cibles pharmacologiques voire
de nouveaux médicaments.
L'annonce
est publiée aujourd'hui dans la revue américaine Science
par vingt-trois chercheurs et médecins de l'université
de Séoul, dirigée par Hwang Woo-suk, l'un des plus
grands spécialistes du clonage animal et humain. C'est dans
cette perspective que travaille le Pr Hwang Woo-suk depuis plusieurs
années. En février 2004, son équipe s'était
déjà illustrée par une publication scientifique
historique à double titre : elle révélait l'obtention
des premiers embryons de clone humain et la première lignée
de cellules souches dérivées. Mais ce succès
avait été obtenu difficilement. Il avait fallu utiliser
242 ovules, recueillis auprès de 18 femmes qui avaient subi
un ou plusieurs traitements hormonaux. Certains scientifiques avaient
critiqué ce procédé jugé peu éthique
à l'égard des femmes ayant été convaincues
de se prêter à l'expérience. Dans le cas présent,
les embryons obtenus sont en effet les clones de malades, âgés
de 2 à 56 ans. C'est sur eux qu'ont été prélevées
les cellules de peau introduites dans les ovules énucléés.
Ces patients souffrent de diabète juvénile, de lésion
de la moelle épinière ou de déficit immunitaire
héréditaire toutes maladies candidates à
des traitements par greffe de cellules.
En
France, la loi de bioéthique, adoptée en juillet 2004,
interdit en effet le clonage thérapeutique, autrement dit
la création d'embryon à partir d'un seul «parent»
génétique, à des fins de recherches. Cette
loi autorise en revanche, pour une durée limitée à
cinq ans, la recherche sur l'embryon. Mais les chercheurs français
ne peuvent travailler qu'avec des embryons déjà existants,
créés par fécondation in vitro, conservés
par congélation et dont le père et la mère
ont abandonné leur projet parental. Ces recherches seront
de toutes façons encadrées par la toute nouvelle agence
de biomédecine. On voit donc que les équipes françaises
ne peuvent actuellement expérimenter sur des malades l'usage
de cellules souches provenant d'embryons clonés à
partir de ces mêmes malades, ce qui restreint considérablement
la portée de leurs recherches.
On
notera avec intérêt que le Pr. Axel Kahn, directeur
de l'Institut de génétique moléculaire de Cochin,
un temps réservé à l'égard de telles
manipulations génétiques, vient de prendre leur défense
dans un article du Figaro en date du 20 mai (http://www.lefigaro.fr/sciences/20050520.FIG0272.html).
Il y voit une avancée considérable. «L'équipe
coréenne, composée de scientifiques de premier plan
et d'expérimentateurs hors pair, a apporté un ensemble
d'améliorations plutôt qu'une véritable révolution
à la technique de base». Ces améliorations
permettent d'extraire délicatement le noyau de la cellule
par micromanipulation au lieu de l'arracher, ce qui évite
de léser les protéines nucléaires indispensables
au bon déroulement des divisions cellulaires ultérieures.
Elles permettent également au niveau de la culture de cet
embryon de travailler en éprouvette, sur un lit de cellules
humaines issues du même individu, et non pas sur des cellules
de souris, ceci permettant un meilleur développement du blastocyste.
Axel
Kahn estime en conséquence que la communauté scientifique
française doit demander au législateur de modifier
la loi et d'ouvrir très rapidement les recherches sur le
clonage thérapeutique en France. La même demande se
fera certainement jour dans un certain nombre des pays européens
qui, contrairement à ce qu'a fait la Grande Bretagne, proscrivent
encore les recherches sur ce sujet.
Par
ailleurs, et quasi-simultanément, on apprend que l'équipe
du Dr Miodrag Stojkovic, du centre de fertilité de Newcastle
(IHG), vient de conduire jusqu'au stade du blastocyte, avec une
centaines de cellules, un embryon humain cloné. A ce stade
il devient possible d'en tirer des cellules souches susceptibles
d'étude en vue d'applications thérapeutiques. Là
encore, le pragmatisme britannique qui a mis en échec les
préjugés religieux des milieux conservateurs démontre
l'intérêt pour la recherche du travail sur les embryons
humains au stade précoce. L'équipe de l'IHG, sous
la direction du Pr Alison Murdoch, avait été la première
à bénéficier de l'autorisation d'expérimenter
le clonage thérapeuthique, sur la base d'une autorisation
de principe donnée en 2001 par le Parlement britannique.
Pour
en savoir plus L'article
de Science (sur abonnement) http://www.sciencemag.org/sciext/hwang2005/ HWang
et al. : "Patient-Specific Embryonic Stem Cells Derived
from Human SCNT Blastocysts"
Créer
de la complexité à partir des nanosystèmes
JPB (18/05/05)
Le
physicien Robert Laughlin a surpris beaucoup de monde en affirmant
dans son livre A different Universe qu'il n'était
pas possible de créer des matériaux ou systèmes
complexes à partir de nanoobjets, par exemple des nanotubes.
Il explique cela d'une façon dont la portée philosophique
(épistémologique) est profonde. Dans la nature, les
molécules complexes résultent d'un processus d'émergence
spontané qui reste encore et demeurera peut-être toujours
mystérieux. On ne peut pas vraiment le comprendre et moins
encore le reproduire. L'idée que l'on puisse construire de
façon contrôlée des objets macroscopiques à
partir d'une manipulation d'atomes individuels lui parait une illusion.
Les technologies permettant d'obtenir des nanoproduits tels que
les nanotubes ou nanocristaux sont extrêmement violentes ou
complexes et donc loin d'être utilisables de façon
économique. Les processus d'auto-organisation utilisés
par la nature sont tout différents mais ne sont pas encore
reproductibles par l'homme.
Mais,
à supposer que Robert Laughlin ait raison, peut-être
trouvera-t-on une solution en faisant appel à la nature elle-même,
en l'espèce aux talents d'ingénierie de l'ADN. Un
article de Technology Review du MIT explique comment. Le chimiste
Ned Seeman de l'Université de New York y travaille depuis
plusieurs années. Il est parti du principe que les molécules
d'ADN, qui fournissent des processus de construction pour toutes
les choses vivantes, pourraient servir de plate-forme d'assemblage
(ou échafaudage) en vue de fabriquer les plus petits composants
électroniques jamais construits.Le besoin de miniaturiser
les composants, illustré par la célèbre loi
de Moore, se heurtera très bientôt à la difficulté
de manipuler des atomes individuels, car à cette échelle
les propriétés quantiques de la matière empèchent
de les localiser avec la précision nécessaire.
Parce
que l'ADN dispose de structures très précises et parce
qu'il est possible de contrôler les molécules étrangères
qui lui seraient associés, il est envisagé d'utiliser
les propriétés d'auto-assemblage de l'ADN pour fabriquer
des structures nouvelles. Si par exemple, on peut associer à
de l'ADN des nano-particules métalliques ou des nanotubes
de carbone, la molécule d'ADN les auto-assemblera dans le
cours de son propre processus d'auto-assemblage. On pourra ainsi
faire fabriquer des structures en 3D dont certaines pourraient servir
de micro-composants électroniques dans les ordinateurs du
futur. Les applications de ces perspectives ne sont pas pour demain,
car l'ADN est coûteuse à produire et à utiliser
de façon industrielle. Mais Ned Seeman est confiant du fait
qu'il offre là aux nanatechnologies de nouveaux débouchés
très intéressants, répondant ainsi aux objections
des nanosceptiques tels Robert Laughlin.
Inutile
de préciser que les processus qui viennent d'être évoqués
n'ont rien à voir avec l'encore problématique "ordinateur
à ADN".
Non,
ce robot géant n'est pas l'improbable héros d'un remake
SF du film King Kong, qui viendrait escalader le Tower Bridge de
Londres... WEEE Man est un projet artistique* conçu par le
designer Paul Bonomini (voir d'autres photos dans notre rubrique
"Art
Imaginaire").
D'une hauteur de sept mètres, cette sculpture est entièrement
composée de déchets électroménagers,
soit quelque 3.3 tonnes de détritus représentant la
quantité moyenne envoyée au dépotoir par chaque
habitant de l'Angleterre au court de sa vie. Quantité certainement
comparable dans la plupart des pays industrialisés.
Avec
WEEE Man (pour Waste Electrical and Electronical Equipment), et
son corps constitué d'objets allant de la machine à
laver jusqu'à la souris, l'écran de télévision
ou d'ordinateur, en passant par les téléphones portables
et autre aspirateurs..., l'objectif est d'attirer l'attention et
de changer les comportements en rendant visible ce que tout un chacun
jette. Il s'agit d'éduquer le consommateur mais aussi les
industriels en leur demandant de mieux penser le recyclage de leurs
produits qui sont pour la plupart toxiques pour l'environnement.
Cette
sculpture-robot vient annoncer la directive européenne The
Waste Electrical and Electronic Equipment qui doit entrer en
application en janvier 2006.
*
Initiative de la Royal Society for the encouragement of Arts, Manufactures
and Commerce (RSA) et de Canon Europe.
Le
livre "Modéliser et concevoir une machine pensante"
d'Alain Cardon reçoit le prix AFISI
CJ (12/05/05)
Le
prix de l'AFISI a été décerné à
Alain Cardon [à droite sur la photo] le 12 mai 2005
au Palais des Congrès pour son livre "Modéliser
et concevoir une machine pensante - Approche constructible de la
conscience artificielle".
Une
occasion de conseiller une fois de plus la lecture de cet ouvrage
novateur publié chez Vuibert, dans la collection Automates
Intelligents
LInde
affirme ses ambitions spatiales
CJ (06/05/05)
Depuis
le pas de tir de Satish Dhawan (situé à 100 km au
nord de Madras), la fusée indienne Polar Satellite Launch
Vehicle (PSLV) a placé le 5 mai sur orbite deux satellites,
marquant une nouvelle étape du programme spatial de lInde
qui a entamé une course dans lespace avec la Chine
et vise la lune dici 2007-2008. Cest le 11ème
placement sur orbite de satellite de télé-détection
par lInde mais cest la première fois quune
fusée indienne lance deux satellites à la fois. Ce
tir "augmente considérablement nos capacités
de lancement et réaffirme lémergence de lInde
en tant que puissance spatiale majeure", sest félicité
le Premier ministre indien Manmohan Singh au Parlement.
Longue de 44 mètres, la fusée emportait le satellite
de télédétection CARTOSAT-1 (poids 1,5 tonnes)
capable de distinguer des éléments avec une précision
de 2,5 mètres (photographies stéréographiques
haute définition pour établir des cartes en trois
dimensions*) et le satellite HAMSAT de communication pour radio-amateurs
(poids 42,5 kg) qui pourra être utilisé lors des catastrophes
naturelles. Selon Madhavan Nair, président de l'Agence spatiale
indienne (ISRO), le programme spatial indien a pour mission première
de "faire profiter la population, et notamment les plus pauvres,
des bénéfices des hautes technologies en Inde".
Ainsi, "les données fournies par satellite sont utilisées
pour l'aménagement du territoire, la construction de nouvelles
routes, l'agriculture, la gestion de l'eau, le développement
urbain, la prospection minière, la lutte contre la sécheresse
et les catastrophes naturelles, ou diverses applications environnementales".
Mais
si on en doutait encore, on voit bien que l'Inde commence à
se situer en matière d'espace sur l'échiquier multipolaire.
Rappelons que le gouvernement indien a approuvé en 2003 l'ambiteux
programme Chandrayan-I doté dun budget initial
de 83 millions de dollars, qui prévoit denvoyer une
mission non-habitée sur la lune au plus tard en 2008. LInde
a ces dernières années accéléré
son programme spatial affichant de fortes ambitions malgré
son retard face à la Chine. En octobre 2003, Pékin
avait envoyé son premier homme dans lespace devenant
le troisième pays du monde à réaliser un tel
vol 42 ans après lURSS dalors et les Etats-Unis.
La Chine entend explorer la lune dici 2007 et envisage un
premier alunissage en 2010 avec un vaisseau non habité. Si
la première mission indienne sur la lune en 2007 est un succès,
lISRO en a déjà prévu une deuxième
dici 2015. Selon M. Nair, lagence spatiale indienne
est également prête à envoyer un homme dans
lespace dici sept ans...
*Jusquà
présent les cartographes devaient se baser sur des données
satellitaires combinées pour établir des cartes tri-dimensionnelles.
En d'autres termes, le satellite fournira des cartes en trois dimensions
qui, jusque-là, n'étaient réalisables qu'en
combinant des données fournies par plusieurs satellites.
La
NASA présente son nouveau véhicule spatial du futur
CJ (03/05/05)
La
Nasa a présenté le 3 mai le véhicule spatial
du futur qui pourra emporter des astronautes sur la Lune, avant
daller sur Mars. Cet étonnant engin ailé juché
sur deux modules est la proposition du consortium industriel mené
par Lockheed-Martin, en réponse à lappel doffres
qui a été passé par la Nasa pour mettre au
point un engin appelé Crew Exploration Vehicle (CEV).
Apparemment
seuls deux industriels américains, Lockheed-Martin et Northrop,
ont remis un projet à lagence spatiale américaine
le mardi 2 mai. Le projet de Northrop, conçu avec Boeing
nest toujours pas connu. Celui que vient de rendre public
Lockheed-Martin a été élaboré avec le
partenariat de cinq autres industriels, dont la branche «
transport spatial » de leuropéen EADS. Le concept
gagnant sera choisi en 2008, après le premier vol dun
démonstrateur pour chaque industriel. Mais ce programme préliminaire
pourrait être avancé, puisque le nouvel administrateur
de la Nasa, John Griffin a, la semaine dernière, expliqué
quil trouvait quune mise en service opérationnelle
en 2014 était beaucoup trop tardive, alors que leurs navettes
actuelles doivent être abandonnées avant 2010.
Intérieur
du Crew Exploration Vehicule (successeur du Shuttle)
Conformément
à la volonté du président George W. Bush qui
a relancé lexploration humaine du système solaire,
la stratégie de la Nasa pour lavenir repose sur un
plan à étapes successives. Il nest pas question
de construire tout de suite un vaisseau qui se posera directement
sur Mars, mais plutôt de concevoir des éléments
modulaires qui permettront dabord daller en orbite basse
autour de la Terre, puis de retourner de manière ponctuelle
sur la Lune (2015-2020), avant dy installer des habitations
pour des séjours de longue durée (2020), le tout pour
préparer des futurs voyages vers Mars après 2025.
Lengin spatial de Lockheed-Martin avec EADS répond
aux critères de la première étape, qui consiste
à tester le véhicule de voyage vers la Lune en orbite
terrestre. De la même manière que pour les missions
Apollo, le véhicule est séparé en plusieurs
éléments spécialisés et reliés
entre eux. Le module déquipage est une navette dune
douzaine de mètres de long, pesant vingt tonnes, et capable
dabriter six astronautes. La forme ailée a été
choisie pour pouvoir rejoindre la terre ferme, et éviter
davoir à faire un amerrissage. Cette géométrie
permet d'autre part un retour dans latmosphère plus
doux quune capsule dans le cas dun retour direct depuis
Mars.
Les
deux modules inférieurs, pesant aussi un total de vingt tonnes,
servent à fournir un espace de vie supplémentaire,
de lénergie grâce à des panneaux solaires,
et des moteurs pour pouvoir revenir sur Terre depuis la Lune. Le
module de mission sera conçu et réalisé par
les européens dEADS Space Transportation, qui profite
ici de lexpérience acquise pour le laboratoire Columbus
et du cargo automatique ATV qui vont rejoindre la station spatiale
internationale.
Le
petit avion spatial et les deux modules seront lancés chacun
de leur côté par une fusée lourde (Atlas 5 de
Lockheed-Martin, Delta 4 de Boeing, ou Ariane 5) avant dêtre
assemblés en orbite. Pour retourner sur la Lune, il faudra
également lancer un module datterrissage, ainsi quun
gros étage de propulsion. La ressemblance de formes du module
dhabitation avec les actuelles navettes spatiales américaines
nest quapparente, puisque lavion spatial de Lockheed-Martin
rentre dans latmosphère comme une navette, mais se
pose comme une capsule avec de simples parachutes et des airbags.
Signalons par ailleurs que lengin na pas de moteurs
ni de soute comme les navettes.