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Mai 2006
Contrôler
par la pensée les mouvements simples d'un robot
CJ 26/05/06
Une interface
cerveau humain/machine non invasive qui permet par la simple pensée
de faire effectuer en temps presque réel des mouvements simples
à une main robotique : voici la première que viennent
de réaliser l'Institut japonais international de recherche
avancées en télécommunications (ATR) et le
laboratoire de recherche de Honda (HRI ). Appelée"BMI"
(Brain Machine Interface), cette technologie qui ne nécessite
ici aucune incision dans la tête et de pose d'implant dans
le cerveau(1) s'appuie sur le
décodage de l'activité cérébrale et
l'utilisation des données qui en sont extraites pour le fonctionnement
d'un robot. Une percée qui laisse envisager pour l'avenir
la réalisation de nouveaux types d'interfaces entre les machines
et le cerveau humain, utiles aux handicapés, mais qui pourraient
être aussi utilisés pour remplacer les claviers ou
le mode de fonctionnement des téléphones portables.
A la base de
cette réalisation : l'article "Décoder le
contenu perceptuel et subjectif du cerveau humain" du Dr.
Yukiyasu Kamitani (chercheur à l'ATR au laboratoire de neurosciences
computationnelles) et de Franck Tong (département de psychologie
de l'Université de Princeton), publié l'année
dernière dans Nature Neuroscience(2).
L'idée était d'étudier si la perception de
l'orientation sur les bords du champ visuel, un dispositif visuel
fondamental chez l'homme, pouvait être analysée à
partir de l'activité du cerveau humain repr ésentée
à partir de l'imagerie par résonance magnétique
fonctionnelle (fMRI). En utilisant des algorithmes statistiques
pour classifier les différents états du cerveau, ces
deux chercheurs ont constaté que l'ensemble des signaux fMRI
des premiers secteurs visuels pouvaient être prévus,
en fonction des 8 orientations différentes de stimulus présentées
lors de différentes épreuves(3).
Ces résultats démontraient aussi que les patterns
d'activités fMRI dans les premiers secteurs visuels, y compris
le cortex visuel primaire (V1), contiennent l'information détaillée
d'orientation, ce qui peut être reliée à la
prévision de la perception subjective.
Il n'aura fallu qu'un an aux laboratoires HRI et ATR pour passer
de la théorie présentée dans l'article à
la réalisation d'un système mettant en relation le
décodage en temps (presque) réel de l'activité
du cerveau et la commande d'une main robotisée. On demande
à un sujet humain d'effectuer avec les doigts l'une des figures
du fameux jeu "papier, roche, ciseau". Par le système
fMRI qui dépiste les réponses hémodynamiques
de son cerveau, il a été possible de faire imiter
à la main robotique les mouvements des doigts fait par l'humain
(mais pour l'instant avec un décalage de 7 secondes, donc
pas encore en temps réel) avec une exactitude de décodage
de 85%.
L'homme
fait avec les doigts
la figure "ciseau"
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Analyse
de l'image du cerveau par ordinateur.
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La
main robotique effectue
la figure "ciseau"
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Cette technologie
non invasive est potentiellement applicable à d'autres types
de mesures de l'activ ité
cérébrale telle que celle des champs magnétiques
et électriques générés, le type d'onde....
En utilisant une telle méthode, les chercheurs espèrent
maintenant arriver aux mêmes résultats sans décalage
de temps et à partir de systèmes plus compacts, qui
pourraient devenir portables.
Si ceci ne constitue
qu'un petit début et que davantage de recherches sont bien
sûr nécessaires pour décoder des mouvements
plus complexes, Honda n'hésite pas à annoncer qu'il
ne lui faudra que 5 années avant que son robot fétiche
Asimo commence à se déplacer selon les ordres mentaux
de son propriétaire.... A suivre de près donc.
(1)
Les chercheurs américains en neurosciences, qui travaillent
aussi sur les "Brain Machine Interface" utilisent eux
des méthodes invasives.
(2)
Nature Neuroscience 8, du 1er mai 2005, pages 679 à 685 "Decoding
the visual and subjective contents of the human brain", par
Yukiyasu Kamitan (ATR)i, Frank Tong (Psychology Department, Princeton
University).
(3)
Sans trop entrer dans les détails, il s'agissait de savoir
si on pouvait prévoir à partir des données
de l'activité du cerveau obtenues par l'imagerie fonctionnelle
par résonance magnétique, quelle orientation avait
le stimulus présenté à un sujet à tel
ou tel moment, sachant que 8 orientations différentes étaient
possibles.
Pour en savoir
plus :
Site
de Honda : http://world.honda.com/news/2006/c060524NewBrainMachine/
Bientôt
toute la France visible en détail et en 3D sur le géoportail
de l'IGN 
CJ
25/05/06
Dès
cet été, le "Géoportail" de l'Institut
géographique national (IGN) offrira le survol de la France
gratuitement sur internet (avec des détails de 50 cm) et
aussi plus tard la possibilité d'obtenir des images en 3D
de l'Hexagone.
Ce projet concerne aussi bien le grand public, les milieux professionnels
que les élus puisqu'il sera possible de voir son domicile
dans son environnement réel grâce aux géophotos,
mais également de visualiser les parcelles d'une commune,
les bâtiments, le dénivelé, grâce à
des orthophotos.
Selon l'IGN, quelque 400.000 clichés photographiques seront
accessibles, ainsi que les 3.688 cartes à différentes
échelles actuellement proposées sur support papier.
Dès 2007, les internautes pourront même naviguer sur
la France métropolitaine et les départements d'outre-mer
en 3D. En 2D, il sera beaucoup plus précis que le service
actuellement fourni par le site Google Earth(1).
Outre les éléments topographiques classiques (lacs,
routes, villages...), le Géoportail permettra de repérer
restaurants, magasins, poste, cabinets médicaux, musées...
Dans ce dernier cas (ou pour certains sites particuliers comme des
grottes préhistoriques), il devrait être possible d'établir
à terme un lien pour voir des oeuvres, des dessins pariétaux.
Le
portail doit aider chacun à mieux maîtriser son territoire,
qu'il s'agisse de localiser des informations aussi diverses que
des espèces de fleurs, zones de résineux, de feuillus,
haies, parcs régionaux, voire même visualiser ce que
deviendrait une maison en bord de mer dans le cas d'une montée
des eaux de 50 cm, de 1 m, de 2 m ou plus.... Les internautes pourront
encore avoir accès à des photos d'archives et voir
ainsi l'évolution d'un bourg, par exemple, entre 1995 et
2005. Enfin, Géoportail fournira des liens avec de nombreuses
administrations ou des fournisseurs de services (restauration...)
au fur et à mesure des accords passés avec eux.
(1)
Google, qui n'est jamais en reste, développe aujourd'hui
une version française de son Google Maps (proposé
aujourd'hui en version bêta sur http://maps.google.fr),
soffrant des partenaires de choix comme la RATP, ViaMichelin
ou CityVox. Le Google Maps européen permet donc, comme son
homologue transatlantique, de trouver très rapidement un
commerce à côté de chez soi, une entreprise
en particulier ou de calculer un itinéraire. Le site affiche
au choix des vues satellites, des cartes routières, et même
un mode mixe
pour se repérer (les noms des routes sont superposées
aux photos satellites). Signalons que les images satellites aujourd'hui
proposées sont bien meilleures que celles employées
auparavant (certaines datant quand même de un à 3 ans).
Les photos des grandes villes de France sont bien plus précises,
tout comme celles des agglomérations les entourant : il est
possible d'agrandir ces photos satellites jusqu'à obtenir
une précision de 10 à 50 m).
Pour
en savoir plus :
Géoportail
de l'IGN : http://www.ign.fr/rubrique.asp?rbr_id=2379&lng_id=FR
Un
terrain de football de taille nanométrique 
CJ
18/05/06
L'équipe
du Dr. Hartmut Zabel (Chaire de Physique expérimentale, Université
de la Ruhr) a fabriqué le plus petit terrain de football
au monde. D'une taille de 10 sur 7 microns(1),
ce micro-terrain qui ne peut être observé qu'au microscope
électronique est 10 millions de fois plus petit qu'un terrain
de football traditionnel, ses buts ne mesurant que 200 nanomètres(2)...
Les contours du terrain ont été tracés par
lithographie électronique, technique permettant de structurer
des couches minces de matériaux afin de créer des
microcomposants.
A quoi sert-ce terrain ? En fait pas vraiment à grand chose,
si ce n'est de montrer la technicité de ce laboratoire allemand
dans le domaine...
Et
puisqu'est ici évoqué le terrain des nanotechnologies,
et à quelques jours de l'ouverture officielle du Pôle
Minatec à Grenoble qui leur sont dédiées, signalons
que, pour l'instant, les Etats-Unis et le Japon devancent largement
l'Europe pour les brevets en cette matière. Ceci ressort
des conclusions d'un rapport(3)
publié le 8 mai, faisant le bilan des brevets déposés
durant les cinq dernières années en relation avec
les nanotechnologies au niveau international
Ainsi,
pour le domaine de la nanoélectronique par exemple, 51% des
brevets ont été déposés par des firmes
ou des organisations japonaises, 24% par des firmes ou des organisations
américaines et seulement 8% par des firmes ou des organisations
européennes.
Parmi les 30 compagnies les plus prolifiques, 18 sont basées
en Asie, 10 aux Etats-Unis et 2 en Europe. Si les propriétés
intellectuelles en nanoélectronique sont essentiellement
détenues par de larges compagnies privées en Asie
(Fujitsu, Sony, Samsung...), les Etats-Unis se démarquent
par une présence dominante des universités et des
start-ups.
L'engagement des entreprises est beaucoup moins marqué en
Europe. Cette répartition se reflète dans les sources
de financements en nanotechnologies : les Etats-Unis ont investi
une somme estimée à 3.6 milliards de dollars en 2004
dans les nanotechnologies dont environ 1.5 milliard venant de sources
publiques (40%), le Japon 2.8 milliards de dollars (900 millions
de financements publiques, soit 30%) et l'Europe 2.4 milliards (1.7
milliard de financements publics, soit 70%).
Dans le domaine de la recherche dédiée à des
applications "nano" dans le domaine de l'énergie
est constatée l'absence des grandes compagnies pétrolières
parmi les entreprises les plus actives en recherche. Ce sont les
constructeurs automobiles et les géants de l'électronique
japonais qui possèdent le plus grand nombre de brevets sur
des technologies dites "nano-énergie clés",
comme par exemple les piles à combustibles.
Selon le rapport, la tendance pour l'acquisition de propriétés
intellectuelles en nanotechnologies devrait se poursuivre à
la hausse dans les années à venir avec une compétition
internationale accrue.
(1)
1 micron = 10-6 (un millionième de mètre),
soit la taille d'une cellule.
(2) 1 micron = 10-6 m (un
milliardième de mètre), soit la taille d'une molécule.
(3) "Nanotechnology Report 2006",
Rapport rédigé par Marks & Clerk, mandadaires
internationaux de brevets, leader du conseil en brevets et marques..
En
savoir plus :
Page d'accueil d'Hartmut
Zabel
: http://www.ep4.rub.de/Zabel/index.html
Rapport sur les brevets en matière de nanotechnologies :
http://www.marks-clerk.com/attorneys/news_one.aspx?newsid=9
L'androïde
coréenne EveR-1 
JPB-CJ 17/05/06
Le ministère du commerce, de l'industrie et de l'énergie
de Corée du Sud a fait développer par le Korean Institute
for Industrial Technology(1)
(KITECH) une androïde dotée d'une face humaine et capable
de divers fonctions d'interaction avec les humains. Elle a été
nommée Eve-Robot, Ever en abrégé, et porte
le n° 1, d'autres versions plus évoluées étant
en programme.
La
robot (e), qui mesure 1 m 60 pour 50 kg vient d'être présentée
au public, notamment aux enfants des écoles. Son visage et
son corps sont à l'image d'une femme de 20 ans. EveR-1 peut
mouvoir la partie supérieure de son corps et exprimer divers
sentiments(2).
15 moniteurs sous sa face l'aide à interpréter les
expressions et gestes de son interlocuteur. Elle peut reconnaître
400 mots et procéder à des échanges verbaux
basiques.
Pour
Baeg Moon-hong, directeur du programme "EveR-1 démontre
largement que nos technologies en matière de robotique sont
largement en avance sur le reste du monde. Et nous continuons nos
efforts pour avancer". Coût actuel de ce robot :
300 millions de won (soit 250 000 €). L'équipe scientifique
souhaite maintenant rendre le robot mobile (version EveR-2) en le
dotant de la capacité à s'asseoir et se lever.
Le robot pourrait être employé comme guide de musée,
donneur d'informations dans les centres commerciaux, voire lectrice
pour les enfants...
La compétition avec le Japon [qui travaille sur le robot
ACTROID cf. notre article "Repliee
ou l'inexorable marche vers le robot androïde"]
ne fait que commencer...
(1)
Korean Institute for Industrial Technology : http://english.itep.re.kr/
(2) Son visage est doté de 4
expressions, en rapport avec de nombreux sentiments : joie, colère,
douleur, bonheur..
World
of Warcraft 
JPB
16/05/06
Réjouissons-nous.
Une entreprise mondiale mais disposant de quelques capitaux français,
Vivendi Games, fait un tabac dans le domaine des jeux électroniques
virtuels massivement collectifs(1),
par l'intermédiaire de sa filiale Blizzard Entertainment
(nb: je n'ai pas dit Bizarre). Le jeu s'appelle World of Warcraft
(WoW). Lors de l'Electronic Entertainment Expo E3 qui s'est tenue
à Los Angeles jusqu'au 12 mai dernier, Blizzard a révélé
à des milliers d'adeptes la dernière extension de
son jeu, The Burning Crusade. Le jeu est particulièrement
complexe et riche en possibilités. Les joueurs se créent
des avatars dotés de toutes les qualités qu'ils voudraient
avoir. Ils peuvent les faire interagir avec d'autres de façon
ininterrompue car l'action ne s'arrête jamais, the world over.
Les décors, les personnages et d'une façon générale
le graphisme sont d'une richesse (mais certains diraient peut-être
d'un mauvais goût) exceptionnelle.
Il
existe évidemment de nombreuses versions, dans de nombreuses
langues différentes. Les clubs de fans se retrouvent sur
des sites dédiés où ils échangent leurs
recettes et leurs suggestions, notamment dans des blogs qu'à
titre documentaire, un linguiste aurait intérêt à
visiter. On raconte que quelques accros passent plus de 15h par
jour devant leurs consoles, sacrifiant toutes autres activités
à ce jeu. En dehors des études de linguistique, l'observation
des moeurs de ceux-ci serait intéressante pour étudier
comme dans l'univers ludique global d'un jeu comme WoW cohabitent
les âges, les ethnies, les nationalités, les religions
et autres spécificités à propos desquelles,
dans le monde réel, les gens ne demandent qu'à s'étriper.
Nous
ne faisons pas ici, contrairement à ce que l'on pourrait
croire, d'ironie élitiste sur de tels produits et sur ceux
qui s'y adonnent. Ils font partie de la culture numérique
et il est bon que des créateurs et industriels européens
y jouent un rôle majeur. Rappelons seulement que les logiciels
de jeu ne sont qu'un élément des réseaux globaux.
Les vraies machines à gagner de l'argent et capter des marchés
beaucoup plus vastes, ceux des composants, terminaux, logiciels
et réseaux, sont les consoles. Nintendo, Sony et Microsoft
se disputent un marché de plus de 25 mds d'euros, pour environ
400 millions de joueurs.
(1)
Soit, dans le jargon, MMORPG pour massively multi-player on line
role-playing game.
Pour
en savoir plus
WoW
Europe http://www.wow-europe.com/fr/
Burning
Crusade http://www.wow-europe.com/fr/burningcrusade/
Pour mémoire: Les années
se sont écoulées depuis la défaite de la Légion
ardente au mont Hyjal. Les peuples d'Azeroth poursuivent la reconstruction
de leurs royaumes ravagés. Emplis d'une vigueur nouvelle,
les héros de la Horde et de l'Alliance explorent de nouvelles
terres, franchissant la Porte des ténèbres pour découvrir
des royaumes situés au-delà du monde connu. Rencontreront-ils
des amis ou des ennemis ? Quels périls et quelles récompenses
les attendent au-delà de la Porte des ténèbres
? Que feront-ils lorsqu'ils découvriront que les démons
qu'ils croyaient vaincus sont de retour, prêts à reprendre
leur terrible Croisade ardente ?
Avancée
dans la réalisation d'un vaccin contre le virus H5N1 susceptible
d'infecter l'homme
JPB
16/05/06
Il
est de bon ton dans les médias d'estimer que l'OMS et les
gouvernements avaient crié trop tôt au loup devant
le risque d'une pandémie déclenchée par une
possible mutation humanisée du virus de la grippe aviaire.
Les oiseaux migrateurs suspectés de répandre l'épizootie
à leur retour des sites d'hivernage semblent majoritairement
indemnes. Les élevages de l'Europe de l'ouest n'ont pas enregistré
de nouveaux cas. Mais les experts attirent l'attention sur ce qui
n'est sans doute qu'un faux répit, comme il y en a eu d'autres
précédemment. D'une part, une partie de la faune sauvage
est probablement infectée sans symptômes (porteurs
sains) ce qui ne l'empêche pas de contaminer les animaux restés
sensibles. D'autre part et surtout, les foyers endémiques
actifs existants dans les élevages asiatiques, en contact
permanent avec l'homme et d'autres mammifères, n'ont pas
été éradiqués. Le virus actuel ou des
mutations plus agressives peuvent à tout moment en surgir
à nouveau. Le risque d'une pandémie humaine demeure
donc, même si sa date et sa virulence ne sont évidemment
pas prévisibles.
Ceci
veut dire, comme y incite vigoureusement la revue NewScientist
(voir ci-dessous), qu'il ne faudrait pas baisser la garde. Notamment,
les pays riches devraient tenir les engagements pris il y quelques
mois afin d'aider les populations rurales asiatiques à éliminer
tous les élevages qui se révèlent contaminés.
La tâche parait impossible, mais elle est essentielle à
entreprendre, afin d'assécher les sources et protéger
le monde animal en général, pour lequel on peut craindre
dans les années à venir des extinctions massives.
Aussi,
la persistance du risque de pandémie ne fait que rendre plus
prometteuse l'avancée d'une équipe principalement
française de médecins de l'Assistance Publique et
de Sanofi-Pasteur, publiée par le site The Lancet.com,
le 11 mai (papier preprint). Sous la direction du Pr Jean-Louis
Bresson, cette équipe a évalué sur 300 volontaires
en bonne santé les effets d'un vaccin expérimental
fabriqué à partir d'une souche de virus H5N1 isolée
chez un malade en 2004.
Il
faut bien comprendre la nature d'un tel vaccin dont, même
en cas de succès, l'efficacité ne sera pas garantie
à 100%. C'est il est vrai déjà le cas concernant
les vaccins contre la grippe saisonnière. La
technique consiste à collecter des doses d'un antigène
(en l'espèce une protéine appelée hémagglutinine)
présent à la surface du virus. On appelle antigène
la protéine qui permet au virus d'attaquer les cellules de
l'hôte et contre laquelle celui-ci se défend par la
production d'anticorps. En fait, le virus en possède plusieurs.
Il faut donc choisir celle jugée la plus adéquate.
Administrer cet antigène à un cobaye humain permet
de vérifier si celui-ci produit l'anticorps qui le rendrait
résistant. L'antigène peut être dosé
de façon différente. Le vaccin doit en général
être répété deux fois. La réponse
immunitaire peut par ailleurs être activée par divers
"adjuvants" réduisant les doses d'antigène
nécessaires, l'hydroxyde d'aluminium étant le plus
employé. On ne va pas plus loin, dans l'état actuel
des essais. Autrement dit, on ne met pas le cobaye en présence
du virus lui-même - ce qui se fait évidemment plus
facilement dans l'essai des vaccins destinés aux animaux.
D'une façon
générale, des réponses favorables ont été
obtenues chez 67% des volontaires humains à partir de deux
injections à 30 microgrammes associée à l'adjuvant,
sans créer d'effets secondaires lourds. Le pourcentage est
de 70 % dans le cas des vaccins protecteurs contre la grippe saisonnière.
Un premier vaccin produit par Sanofi-Pasteur en mars avait donné
de moins bons résultats. Ceci étant, il reste à
élargir les essais à diverses autres catégories
de populations à risque. Par ailleurs, fabriquer industriellement
et en temps utile deux fois 30 microgrammes par vaccin destiné
à des centaines de millions de personnes nécessiterait
un renforcement considérable des équipements industriels,
que les entreprises pharmaceutiques ne pourraient pas financer sans
une aide exceptionnelle des Etats. Resterait aussi sans doute à
étudier ce qui se produirait en cas de mutation du virus
modifiant la composition de ses protéines de surface.
Quoi qu'il en
soit, il faut saluer ici le travail remarquable des équipes
concernées. Elles montrent une fois de plus que dans le domaine
de la santé, la France et avec elle, la recherche européenne
sont de toute première qualité.
Pour
en savoir plus
L'article
du Lancet :
http://www.thelancet.com/journals/lancet/
article/PIIS014067360668656X/abstract?isEOP=true
11 May 2006 The Lancet DOI:10.1016/S0140-6736(06)68656-X
Safety and
immunogenicity of an inactivated split-virion influenza A/Vietnam/1194/2004
(H5N1) vaccine: phase I randomised trial par Jean-Louis Bresson,
Christian Perronne, Odile Launay, Catherine Gerdil, Melanie Saville,
John Wood, Katja Höschler et Maria C Zambon.
Sur
la nécessité de poursuivre la veille sanitaire : voir
l'éditorial du New Scientist du 13 mai 2006, page 3 : Are
scientific
warnings of a flu pandemic just scare stories
?
Dans
le même numéro, p. 39, Animal Apocalypse. L'auteur
de l'article déplore que les pays riches n'apportent pas
aux éleveurs des pays pauvres toute l'aide promise.
Post
scriptum au 18/05/06
Le risque de
mortalité humaine par la grippe aviaire n'a pas diminué.
L 'Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé
la mort, le 17 mai, de cinq Indonésiens, dont quatre d'une
même famille, atteints de la grippe aviaire. Les personnes
décédées "ont apparemment été
infectées lors d'un événement familial",
a déclaré un responsable du ministère de la
santé indonésien. "L'OMS mène une enquête
fouillée sur ces cas car tout regroupement de cas soulève
des soupçons sur une éventuelle transmission interhumaine",
a indiqué pour sa part le porte-parole de l'organisation.
L'Indonésie
est l'exemple même de la vulnérabilité des pays
asiatiques. En effet, cet archipel de 6 000 îles habitées
souffre d'infrastructures sanitaires déplorables et d'une
absence de politique efficace à la fois dans les domaines
vétérinaire et agricole, afin de freiner l'épizootie.
Le nombre de foyers infectieux qui persistent en Indonésie
en font une "bombe à retardement pour la région",
avait récemment averti le directeur de l'Organisation mondiale
de la santé animale (OIE).
Post-scriptum
au 22/05/06
Nous avons reçu le courrier suivant de notre correspondant
et ami le Dr. Vermeulen, spécialiste belge de la grippe:
drmsfvermeulen@yahoo.fr
Il
est vrai que Sanofi-Pasteur a permis une des meilleures avancées
dans le monde en matière de vaccin pré-pandémique.
La
réalité d'un vaccin potentiellement efficace se fait
jour chez eux, mais qu'en sera-t-il de leur capacité de production
avant et pendant la crise? Une partie du financement des recherches
peut se faire par l'achat des commandes anticipées. Mais
comme vous le dites si bien: "fabriquer industriellement et
en temps utile deux fois 30 microgrammes par vaccin destiné
à des centaines de millions de personnes nécessiterait
un renforcement considérable des équipements industriels,
que les entreprises pharmaceutiques ne pourraient pas financer sans
une aide exceptionnelle des Etats".
Je pense que l'aide doit venir de l'Union Européenne, et
j'ai toujours défendu l'idée de lever un impôt
proportionnel au revenu des gens . À partir des confidences
de beaucoup de personnes, j'ai acquis la
conviction que les citoyens étaient prêts à
contribuer financièrement pour leur survie, en partageant
avec les intervenants officiels, les frais nécessaires à
la lutte contre la pandémie. Il est certain, qu'avant d'appliquer
une telle mesure, il faudrait avoir une évaluation correcte
du coût des dépenses, et une transparence totale des
rservices financés par l'argent des contribuables
La
mutation virale se fera après une première campagne
de vaccination généralisée dans le monde pendant
la pandémie. Ensuite le virus muté se comportera comme
un bannal virus de grippe saisonnière, mais avec un moindre
degré de virulence , c'est à dire une beaucoup plus
faible morbidité et une plus faible mortalité. Concernant
les élevages, il faudra pratiquer une politique mondiale
de vaccination, pour confiner les virus aviaires dans la niche écologique
d'une faune sauvage résistante.
Le
monde et en particulier l'Europe occidentale ne se rendent pas compte
de la réalité et de l'urgence.
Cela est peut être normal de la part de populations qui attendent
tout de leurs responsables. Mais c'est intolérable de la
part de responsables et de spécialistes travaillant à
la petite semaine. Il est certain que si demain l'OMS annonçait
officiellement que « la pandémie a commencé
en Indonésie", ce qui est théoriquement possible
à l'heure actuelle, on verrait les savants s'activer et les
responsables politiques abandonner leurs querelles stériles
pour s'attaquer à un vrai problème vital. Mais il
sera alors trop tard car en quelques semaines ou jours, le monde
entier serait touché.
En
vous remerciant encore pour le travail bénéfique que
vous effectuez, je vous envoie cher Monsieur, l'expression de ma
profonde amitié.
Une
conférence internationale sur la Robotique humanitaire
CJ 02/05/06
Signe
des temps : "Robotique humanitaire" est le thème
original proposé par l'ICRA 2006 (International Conference
on Robotic and Automation) qui se tiendra du 15 au 19 mai en Floride
à Orlando.
Réunissant plus de mille chercheurs elle permettra par exemple
d'aborder des sujets comme les missions de recherche et le sauvetage
des personnes, les robots humanoïdes, l'aide au déminage...
L'ocassion aussi pour les participants de rencontrer les sociétés
proposant leurs dernières innovations technologiques.
Pour
en savoir plus
ICRA
2006 : http://www.icra2006.org
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