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Novembre 2006
Ouverture
du Centre de recherche Neurospin au CEA de Saclay
Jean-Paul
Baquiast PB 27/11/06
Nos
lecteurs connaissent l'importance qu'il faut attacher à l'Imagerie
par Résonnance Magnétique dans la connaissance des
comportements intimes de la cellule et par conséquent dans
le diagnostic médical. Ils salueront donc l'ouverture du
pôle de recherche Neurospin regroupant les recherches autour
d'un aimant présenté comme le plus puissant du monde.
Neurospin est hébergé par le CEA de Saclay. La puissance
magnétique permet d'améliorer la définition
des images anatomiques produites par l'IRM. Outre un scanner de
3 teslas (T), NeuroSpin dispose déjà d'un équipement
de 7 T de Siemens, unique en France. Fin 2007, un équipement
de 17,65 T conçu par l'allemand Brucker permettra d'étudier
les rongeurs. L'observation portera en priorité sur le système
nerveux et plus particulièrement le cerveau. En 2011, un
équipement de 11,7 T ayant le diamètre d'un "corps
humain entier" sera disponible. Conçu par le Laboratoire
de recherche sur les lois fondamentales de l'Univers (Dapnia) du
CEA, un aimant supraconducteur fournira ce champ magnétique
234 000 fois plus puissant que celui de la Terre. Actuellement,
les aimants les plus puissants utilisés sur l'homme (9,4
T) se trouvent aux Etats-Unis, mais leur diamètre utile n'est
que de 64 cm.
Selon
Denis Le Bihan, directeur scientifique de NeuroSpin, il sera possible
de gagner un facteur de 5 à 10 dans la précision spatiale
et temporelle des images. Ceci permettra de se placer à l'échelle
des quelques milliers de neurones et non plus du million, comme
dans les services hospitaliers. Les recherches porteront sur les
affections neurodégénératives et l'infarctus
cérébral, troisième cause de décès
et première cause de handicap. Mais il s'agira aussi, sur
le cerveau sain, de comprendre comment fonctionne le cortex, source
de la pensée associative. Plus généralement
les relations hommes-machines en seront améliorées,
sans doute avec le développement de méthodes moins
invasives, ne nécessitant pas des greffes intra-cérébrales.

Compte-tenu
des inconnues relatives à l'effet des forts champs magnétiques
sur la matière vivante, les précautions nécessaires
seront prises pour en atténuer et contrôler les effets.
L'expérimentation sur l'animal précédera évidemment
celle sur l'homme.
Les
équipes du Dapnia bénéficient de l'expérience
acquise dans la mise au point des aimants destinés au grand
accélérateur du CERN. Le concept de pôle permet
d'associer les informaticiens chargés de concevoir les algorithmes
de traitement du signal, des physiciens, des ingénieurs,
des biologistes et des neuroscientifiques.
Il
faut s'arrêter un instant sur le caractère désormais
très important pour la recherche fondamentale et appliquée
de structures consistant à associer autour d'un organisme
public (ici le CEA) des équipes de diverses provenances.
Pour un coût relativement réduit (51 millions d'euros),
la France et avec elle l'Europe peuvent espérer s'inscrire
en tête de la recherche dans le domaine de l'imagerie médicale
magnétique. Jamais des contributeurs privés n'auraient
fourni le financement nécessaire, tout en garantissant l'indépendance
d'esprit nécessaire à de telles recherches. Le Premier
ministre l'a d'ailleurs implicitement reconnu en inugurant le centre
de recherche le 24 novembre.
Il
faudra que le financement public soit poursuivi dans l'avenir et
surtout que de nombreux autres centres de recherche soient financés
sur ce modèle. Les crédits actuellement inscrits dans
les perspectives budgétaires de la recherche ne permettent
pas de le garantir.
Pour
en savoir plus
Neurospin
:
http://www.meteoreservice.com/neurospin/
http://www-dsv.cea.fr/content/cea_eng/even/dp05_neurospin_03.htm
Assurer
la compétitivité de l'Europe en matière de technologies de l'information
et de la communication
Christophe Jacquemin 24/11/06
L'Union
européenne prévoit d'investir 9,1 milliards d'euros
pour la recherche dans le domaine des technologies de l'information
et des communications (TIC). Cette somme représente, et de
loin, le plus important poste budgétaire(1)
du 7e programme-cadre communautaire de recherche et développement
technologique qui se poursuivra jusqu'en 2013. Cette priorité,définie
par l'UE, confirme l'importance qu'elle accorde aux technologies
de l'information et des communications pour la croissance et la
compétitivité de l'Europe.
"L'Europe commence à combler son retard en matière
de recherche dans le domaine des TIC. [...] Avec ces 9 milliards
d'euros, nous avons voulu inciter les Etats membres, les entreprises
et les universités à participer à notre lutte
pour une Europe plus compétitive [...]", a expliqué
Viviane Reding, la commissaire européen chargée de
la société de l'information et des médias.
"Les importants financements apportés par la Commission
aux projets de recherche coopératifs en matière de
technologies de l'information sont un coup de fouet pour
la recherche européenne dans ce domaine, qui en avait
bien besoin (...). Mais il ne suffit pas d'encourager la recherche
: il faut également
mieux la cibler. À cette fin, nous nous sommes largement
basés sur les suggestions de neufs plateformes technologiques
européennes spécialisées dans les technologies
de l'information. Dans certains domaines, notre coopération
ira même plus loin, et nous mettrons les ressources en commun
dans le cadre d'initiatives technologiques conjointes."
L'argent alloué servira surtout à développer
pendant ces sept prochaines années des secteurs où
l'Europe dispose déjà d'un avantage concurrentiel
comme les systèmes et architectures logiciels, les solutions
de communications électroniques et autres secteurs de pointe.
Ce programme s'appuiera sur les JTI (Joint Technology Initiative),
des initiatives basées sur des partenariats financés
par des ressources publiques et privées.
Une de ces nouvelles initiatives baptisée Artemis sera spécialisée
dans la recherche sur les systèmes embarqués(2).
Le projet ISI développera la recherche sur la communication
par satellite. La JTI Europ sera, elle, spécialisée
dans la recherche en robotique.
Rappelons
que les technologies de pointe répondent non seulement aux
besoins des citoyens, partout en Europe, mais elles servent également
à dynamiser l'économie européenne. Tout cela
est à notre portée, si l'Europe intensifie ses efforts
dans le domaine des technologies innovantes, essentielles pour nous
et notre économie. Ainsi, l'enveloppe consacrée aux
TIC au sein du programme-cadre souligne la détermination
de l'UE de combler le retard de l'Europe par rapport à ses
concurrents dans le monde en matière de recherche. Une étude
menée en 2006 sur les 1 250 entreprises ayant le plus investi
en recherche et développement montre que parmi les 100 premières,
39 étaient américaines et 36 européennes, ce
qui souligne le retour en force de l'Europe. Mondialement, les équipements
électroniques et électriques et les logiciels étaient
respectivement les premier, quatrième et cinquième
secteurs les plus importants en matière d'investissement
dans la recherche.
Le
programme de travail met ainsi l'accent sur les secteurs clés
où l'Europe dispose d'un avantage compétitif et de
points forts comme les communications, l'électronique et
la photonique ainsi que les systèmes et architectures logiciels.
Il visera aussi à assurer que la recherche sur les TIC sera
profitable non seulement à l'économie européenne,
mais aussi à la société d'une manière
générale en améliorant la vie quotidienne dans
des domaines tels que les transports, l'efficacité énergétique
et la santé.
(1)
Représentant 18% du budget total du programme-cadre. Adapté
aux besoins de lUE en termes demploi et de croissance,
le 7e PCRD vise quatre objectifs principaux : renforcer
les liens entre lindustrie et la recherche, améliorer
la recherche de pointe, financer des perspectives de carrière
pour les chercheurs en Europe et investir dans linfrastructure
de recherche.
(2) Initiative technologique récemment distinguée
par les ministres européens comme stratégique pour
l'économie Européenne.
En savoir plus :
http://ec.europa.eu/news/science/061121_1_fr.htm
Les neufs plates-formes
technologiques consacrées aux TIC : http://europa.eu.int/rapid/pressReleasesAction.do?reference...
(en anglais)
Des
journaux télévisés en ligne, complètement
automatisés...
Christophe Jacquemin 18/11/06
La
société Infolab a développé News @ 7,
un journal télévisé (JT) en ligne complètement
automatisé, basé sur la technologie 3D utilisée
pour les jeux vidéos. Les informations, bien réelles,
sont indexées automatiquement. Le bulletin dinformation
est présenté par une speakerine virtuelle, animée
par la technologie de synthèse vocale.
Si News
@ 7 est pour l'instant en phase de projet et de développement,
ses initiateurs Kristian J Hammond, Nate Nichols and Sara Owsley(1)
annoncent pour le futur un broadcast complètement
personnalisé, avec la possibilité du choix du présentateur,
des informations et de la durée du JT
(1)
Tous trois chercheurs au département d'informatique de l'Intelligent
Information Laboratory de la
Northwestern University http://infolab.northwestern.edu/
Exemple des News du 17 novembre 2006 :
Georges Bush et l'Iraq
En savoir
plus :
News at Seven : http://www.newsatseven.com/
Mise
au point d'un robot chinois pour assurer la sécurité
dans les lieux publics
Christophe Jacquemin 17/11/06
La
Chine n'est pas en reste sur la robotique. Les scientifiques de
l'Université chinoise de l'aviation civile et la Tianjin
YAAN Technology Electronics ont en effet mis au point un robot qui
servira à assurer la sécurité dans les lieux
publics (zones résidentielles, aéroports, ateliers,
magasins...). Ce robot, le premier du genre en Chine, devrait être
disponible à la vente dans 2 ou 3 mois(1).
Ressemblant
à une petite voiture, le robot -qui mesure 90 cm de long
pour 55 de large et 75 de haut - pèse 55 kg.Doté de
deux roues motrices, il peut se déplacer sur toutes les surfaces
et gravir des pentes de 15 à 20 degrés,
Equipé
d'un zoom PTZ et de caméras pivotantes grand angle, ses équipements
ultrasoniques lui permettent d'éviter les obstacles et de
transmettre des informations sur des bruits ou des éléments
visuels suspects, comme un feu par exemple.
(1) Le prix
de vente n'est pas encore communiqué.
Une
interface Cerveau-machine non invasive commercialisée par
Hitachi d'ici 2011
Christophe
Jacquemin 15/11/06
La
firme japonaise Hitachi a annoncé avoir créé
et testé une nouvelle interface non invasive(1)
qui permet à celui qui la porte d'agir par la pensée
sur un commutateur de puissance marche-arrêt. Les expériences,
qui consistaient à actionner le commutateur de puissance
d'un train modèle réduit, s'appuient sur la topographie
optique, technique de neuro-imagerie qui emploie la lumière
proche de l'infrarouge pour tracer la concentration de l'hémoglobine
du sang dans le cerveau. Identifiant ses variations d'écoulement
en fonction de l'activité cérébrale, le système
traduit ces changements en signaux de tensions pour commander des
dispositifs externes.
Rien de trop révolutionnaire ici car il s'agissait juste
pour l'instant d'actionner un commutateur on/off d'un train électrique.
Mais les chercheurs espèrent affiner rapidement les potentialités
du système. Car selon eux, une meilleure connaissance des
variations de concentration du sang en fonction des diverses activités
du cerveau devrait rapidement mener à la commande d'opérations
mécaniques plus complexes. A court terme, on peut penser
à l'utilisation de l'interface dans le domaine de la réadaptation
cognitive. Sont aussi évoquées à plus long
terme des applications permettant aux paralysées de recouvrir
une certaine indépendance par l'action directe de systèmes
par la pensée, et la possibilité d'effectuer des actions
basiques. Hitachi espère commercialiser son système
d'ici 5 ans..
(1)
Technique ne nécessitant pas la pose invasive d'électrodres
dans le cerveau. Les électrodes sont ici disposées
dans un casque mis simplement en contact avec le cuir chevelu. Rappelons
qu'il existe 3 approches en matière d'interface cerveau/marchine
(Brain Computer Interface (BCI)) : méthode invasive ; méthode
semi-invasive (Electrocorticographie, ou ECoG) : l'électrode
est placée dans le crâne (dure mère) mais reste
au dessus du cerveau sans pénétrer dans la matière
grise ; méthode non invasive (Electroencephalographie, ou
EEG - détection des ondes mu et beta, P300...)
Le
système de navigation satellitaire Beidou, concurrent de
Galiléo?
Jean-Paul
Baquiast 11/11/06
Le
2 novembre 2006, l'agence gouvernementale de presse chinoise a annoncé
que le service de navigation satellitaire chinois Beidou fournira
des services gratuits de localisation à partir de 2008. La
précision en sera de 10m. Beidou comporte actuellement 3
satellites, en orbite géostationnaire, ce qui limite leur
couverture aux zones terrestres d'où les satellites sont
visibles. Ces 3 satellites sont actuellement expérimentaux.
Le système complet comportera 35 satellites, dont 5 en orbite
géostationnaire, les autres étant en orbite basse.
Il couvrira alors l'ensemble du globe, avec deux niveaux de service:
le service en accès libre précité (précision
10m, mesure de vitesse au-dessus de 0,2 m/s, horloges synchronisées
avec une précision de 50 ns) et un service sur abonnement
en principe réservé aux militaires.
Cette
annonce a créé une certaine émotion en Europe
puisque la Chine s'était inscrite comme partenaire du programme
européen Galiléo, pour lequel elle devait investir
230 mn d'euros et dont elle devait être utilisatrice. De plus,
les responsables du projet Galiléo comptaient semble-t-il
sur le marché chinois pour souscrire des abonnements payants.
S'engage-t-on maintenant dans une compétition à la
fois commerciale et technologique entre la Chine et l'Europe. Les
Européens, il est vrai, n'auront qu'à s'en prendre
à eux-mêmes. Un projet de l'importance stratégique
de Galiléo aurait du être financé beaucoup plus
largement sur fonds publics pour n'avoir pas besoin des aides chinoises.
Il aurait du par ailleurs devenir opérationnel beaucoup plus
tôt, alors que les retards s'accumulant (provoqués
notamment par les réticences de financement des Etats), il
n'entrera en service qu'en 2009 dans la meilleure des hypothèses.
Les
Américains ne manquent pas de se réjouir de la situation.
Selon Michaël Shaw, de l'US Satnav coordination office à
Washington, "La Chine se comporte à l'égard
de Galiléo comme l'Europe voulait se comporter à l'égard
du GPS américain"(source,
NewScientist, 11/11/06, p.7). Nous aimerions entendre une
réponse rassurante des responsables de Galiléo.
Les
armes robotisées relancent le concept de guerre zéro-mort
Jean-Paul Baquiast et Christophe
Jacquemin 01/11/06
Source
NewScientist 28/10/06, p. 24.
Un rapport pour le Congrès américain établi
en juillet 2006 montre qu'un tiers des aéronefs en charge
des attaques en profondeur (deep-strike) sera entièrement
robotisé en 2010. Il en sera de même des véhicules
de combat terrestres et navals (vedettes et sous-marins). Les robots
seront d'abord guidés à distance, puis progressivement
dotés de facultés d'auto-contrôle leur permettant
d'identifier eux-mêmes les cibles. Ils pourront aussi agir
en meute, sous commance d'un robot observateur tel qu'un drone.
Un expert travaillant pour Foster-Miller, la firme technologique
filiale de la société britannique Qinetiq, qui équipe
l'armée américaine en armes robotisées, conjointement
avec iRobot, estime que cela incitera les forces "occidentales",
y compris Tsahal en Israël, à lancer de plus en plus
d'attaques en profondeur brutales sans risquer de morts parmi les
équipages et les troupes à terre. L'idée d'une
guerre "clinique" reprend de la force, de même que
celle d'une "puissance unilatérale" pouvant être
déployée partout dans le monde.
L'inconvénient
de ces formules, comme l'ont montré les combats en Irak et
au Liban, est que les armes sophistiquées n'empêchent
pas, sauf à utiliser des moyens de destruction de masse,
la survie de guerillas qui restent très offensives. Bien
plus, elles suscitent des ripostes de type terroriste, du "faible
au fort", pouvant être portées sur le territoire
même des pays militairement dominants.
En
tous cas, comme indiqué dans l'émission C dans l'air
du 27/10 consacré à l'homme
bionique, ce ne sera malheureusement pas le souci d'améliorer
le sort des handicapés qui poussera au développement
des prothèses intelligentes, mais la volonté des militaires,
principalement aux Etats-Unis, de se doter d'armes robotiques.
Pour
en savoir plus
CRS Reports for
Congress http://www.fas.org/sgp/crs/weapons/RS21294.pdf
Le système
Swords V (Special
Weapons Observation Reconnaissance Detection System) développé
par Foster-Miller pour l'armée américaine http://en.wikipedia.org/wiki/Foster-Miller_TALON
(notre image)
Foster-Miller
http://www.foster-miller.com/lemming.htm
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