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Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
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28/03/07 Un robot amphibien
28/03/07 Le CNES dévoile sa base de données sur les observations d'OVNI
23/03/07 La Bibliothèque numérique européenne Europeana est désormais accessible
15/03/07 Existence de quantités considérables de glace d'eau aux pôles martiens
12/03/07 Deuxième Congrès de la Société de philosophie des Sciences
09/03/07 Des RFID en poudre
09/03/07 Mieux comprendre le câblage des neurones ?
09/03/07 Une pétition européenne pour l'accès ouvert aux résultats des recherches scientifiques financées sur fonds publics
08/03/07 Un projet européen pour concevoir des robots capables d'émotions
07/03/07 Le robot autonome d'exploration sous-marine DEPTHX
04/03/07 Neuro-imagerie à l'échelle du neurone
04/03/07 Des pigeons chinois télécommandés comme des robots ?
03/03/07 Un ordinateur quantique commercialisé dès 2008 ?

Mars 2007

Un robot amphibien
Jean-Paul Baquiast - Christophe Jacquemin 28/03/0723/03/07

Le robot SalamandreUne nouvelle espèce de salamandre vient d'apparaître dans les parages du lac de Genève. Elle a été baptisée Salamandra robotica. Comme ce nom l'indique, il s'agit d'un robot qui peut alternativement marcher et nager, en utilisant les mouvements coordonnés de ses 4 pattes et des anneaux de son corps. L'animal ne semble pas incommodé par la qualité de l'eau du lac, certes en amélioration depuis quelques mois. L'intérêt de ce robot, développé par l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, est de simuler le système spinal des animaux de ce type, nommé le central pattern generator ou CPG. Le CPG artificiel est un composant programmé pour produire des signaux coordonnées destinés aux différents moteurs en charge des mouvements. Le rythme donné à ceux-ci permet de commander soit la marche soit la nage. Pour le moment, la salamandre ne s'adapte pas d'elle-même aux changements de milieux. Mais les recherches se poursuivent pour la rendre de plus en plus autonome.

On trouvera sur le site de l'EPFL un texte assez complet décrivant l'animal (http://birg.epfl.ch/page65446.html). Des documents intéressant d'autres types de robots animaloïdes y sont également aussi disponibles. Nous ne pouvons que féliciter nos amis suisses. Ils démontrent ainsi la grande avance qu'ils ont prise dans ce domaine important de la robotique simulant la vie.


Le CNES dévoile sa base de données sur les observations d'OVNI
Jean-Paul Baquiast 28/03/07

On sait que le CNES, pour le plus grand plaisir des auteurs de romans fantastiques, a toujours porté attention aux observations d'OVNI réalisées sur le territoire français. Le "Groupe d'études et d'informations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés" avait été constitué à cette fin. Plusieurs milliers de cas ont été collectés, avec le plus grand souci de sérieux, notamment quant à la critique de la validité des sources. La base de données ainsi constituée vient d'être mise en ligne. Le CNES, selon le directeur du Geipan, Jacques Patenet, n'a pas voulu se faire reprocher de cacher des phénomènes inquiétants.

Cette démarche constitue semble-t-il une première mondiale, tout au moins de cette ampleur. Les scientifiques et les curieux y trouveront matière à réflexion et fantasmes. Qu'ils ne cherchent pas cependant d'images spectaculaires. Au terme d'une recherche il est vrai superficielle nous n'en avons pas trouvées. 75% des cas ont été expliqués, le reste ne l'est pas. Ce qui ne veut pas dire qu'il s'agisse de manifestations extra-terrestres. Mais on peut toujours rêver.

Geipan : http://www.cnes-geipan.fr/accueil.html


La Bibliothèque numérique européenne Europeana est désormais accessible
Jean-Paul Baquiast - 23/03/07

Nous avons plusieurs fois fait mention du projet de Bibliothèque numérique européenne, initialisé par la Bibliothèque Nationale de France et notamment par son président Jean-Noël Jeanneney. Les critiques se sont multipliées sur ce projet, compte-tenu notamment de l'écrasante présence de Google, tant par l'importance des textes qu'il a numérisés que par l'efficacité de son moteur de recherche. Pour ce qui nous concerne, nous pensons que de toutes façons la BNF devait faire quelque chose d'original, afin de valoriser à la fois ses collections, sa culture bibliothécaire et la philosophie d'accès qui est la sienne: publier en libre-accès, avec apport de valeur ajoutée, les ouvrages libres de droits. Elle devait aussi s'efforcer d'entraîner dans cette démarche d'autres bibliothèques européennes. Voilà qui est fait désormais.

Une maquette avait déjà été présentée à la fin de l'année. On peut dorénavant accéder à un site opérationnel, qui a été baptisé Europeana. La collection rassemble environ 12 000 documents libres de droits issus des collections de la BNF, de la Bibliothèque Nationale Széchényi de Hongrie et de la Bibliothèque nationale du Portugal. Il s'agit de reproduction des documents originaux, mais numérisés afin d'y rendre possible la navigation. Le moteur de recherche est adapté de ce qu'avait proposé Exalead.

Il s'agit d'une réalisation qui, pour le moment, ne pourra intéresser qu'un public bibliophile. Par ailleurs, sa dimension européenne reste réduite. Mais nous pensons que, quelles que soient les difficultés et objections, il faudra continuer et essayer d'impliquer davantage les institutions européennes dans l'entreprise. Il n'est plus possible désormais de reculer.

www.europeana.eu


Le radar Marsis de la sonde européenne Mars Expres confirme l'existence de quantités considérables de glace d'eau aux pôles martiens
Jean-Paul Baquiast - Christohe Jacquemin- 15/03/07

Cette estimation est le résultat d'une cartographie de l'épaisseur du mélange de glace et de poussières réalisée par l'instrument radar de Mars Express, qui a effectué plus de 300 coupes virtuelles dans les strates de dépôts recouvrant le pôle sud. Le radar est en mesure de « voir » jusqu'à la limite inférieure des couches glacées, qui par endroits atteint une profondeur de 3,7 kilomètres en dessous de la surface. Des quantités semblables ont été détectées au pôle nord. Les strates de dépôts du pôle sud de Mars couvrent une zone équivalente à une grande partie de l'Europe.

Si l'eau ainsi détectée redevenait liquide (ce qui est impossible vu la température de surface de Mars), elle couvrirait la planète d'une couche uniforme de 11 mètres. Mais Mars dans sa jeunesse aurait hébergé beaucoup plus d'eau, de véritables océans et des fleuves, selon ce que fait supposer son relief actuel.

Le radar Marsis (Mars Advanced Radar for Subsurface and Ionospheric Sounding) a été développé conjointement par le Jet Propulsion Laboratory et l'Université italienne La Sapienza, sous la responsabilité de l'Esa.


Données obtenues par MARSIS montrant l'allure générale
des strates de dépôt au pôle sud martien

Pour en savoir plus
Article dans Science (abstract) : "Subsurface Radar Sounding of the South Polar Layered Deposits of Mars", par Jeffrey J. Plaut & al.
Published Online March 15, 2007 Science DOI: 10.1126/science.1139672


Deuxième Congrès de la Société de philosophie des Sciences
JPB/CJ - 12/03/07

Ce Congrès se tient à Genève les 29, 30 et 31 mars 2007. Nous ne pouvons que rappeler l'intérêt des approches interdisciplinaires qu'organise la SPS. Il est dommage que les interventions ne soient pas publiées en ligne, ni même résumées, après un délai raisonnable.

Programme du Congrès
http://www.sps.ens.fr/activites/2007-2econgres/2econgres-programme.html

Site de la SPS
http://www.sps.ens.fr/


Des RFID en poudre
Jean-Paul Baquiast - 09/03/07

Dans son livre Sous l'oeil des puces (voir notre rubrique "livres en bref"), Michel Alberganti attire l'attention sur les avantages mais aussi les risques pour les libertés publiques, que l'usage immodéré des puces RFID peut faire prévoir. Dans notre court commentaire, nous avions eu tendance à minimiser lesdits risques. Qui peut s'intéresser à mes modestes faits et gestes?

Un cheveu est photographié pour donner l'échelle des rfid. Mais peut-être devrons nous revoir ce jugement, avec l'apparition et l'utilisation probablement très proche de puces RFID d'un diamètre de 0,05 millimètres carré, si l'on en croît la revue Technovelgy.com. Ces puces, fabriquées par Hitachi, seraient le développement de l'actuel Mu-Chip de 0,4 millimètre carré (une géante par comparaison). Elles comprennent une mémoire ROM de 128-bit pouvant mémoriser un mot de 38 digits. Hitachi utilise des canons à électrons nouveaux pour la production de composants miniaturisés. Les puces sont si petites qu'elles peuvent être incorporées de façon invisible dans n'importe quel support, même un papier très fin. Elles peuvent aussi servir à identifier des individus sur lesquels elles seraient projetées sans qu'ils s'en aperçoivent. Il s'agit vraiment de la poussière intelligente ou smart dust décrite dans les articles d'anticipation.

Pour en savoir plus
Voir Technovelgy.com :
http://www.technovelgy.com/ct/Science-Fiction-News.asp?NewsNum=939
Sur le Mu-chip, voir Hitachi :
http://www.hitachi.co.jp/Prod/mu-chip/p0001.html


Mieux comprendre le câblage des neurones ?
JPB/CJ - 09/03/07

Pour comprendre le fonctionnement du cerveau, il faudrait en obtenir le schéma de câblage, c'est-à-dire la façon dont les cent milliards de neurones s'y interconnectent. Vaste programme, mais il faut commencer par le commencement.

C'est ce qu'annoncent avoir fait, dans le journal Neuron du 1er mars 2007(1), des chercheurs du Salk Institute, associés avec des collègues allemands. Ils ont identifié toutes les connections d'un neurone unique. Pour cela ils ont modifié le virus de la rage afin den faire un outil pouvant traverser les espaces intersynaptiques d'un neurone cible, afin de faire apparaître tous les neurones auxquels il est directement connecté.

Neurone infecté par le virus de la rage © Neuron

La démarche suivante consistera à produire une souris transgénique exprimant des gènes spécifiques dans une certaine classe de neurones. Tous les neurones du type sélectionné exprimeront le récepteur viral et les protéines correspondantes. Le virus modifié ne s'étendra qu'aux cellules connectées. Une carte de câblage pourra alors être construite pas à pas, grâce à l'observation par imagerie des populations concernées. Le virus recombinant de la rage peut contenir des gènes pour toutes les protéines jugées intéressantes. Une fois un circuit neural identifié, il pourra être désactivé, afin d'observer son rôle fonctionnel. Mais faudra-t-il refaire l'opération quelques milliards de fois pour comprendre un cerveau fut-il de souris?

Le projet est financé par les National Institutes of Health et par la Deutsche Forschungsgemeinschaft. Parmi les auteurs se trouve le Ph.D Karl-Klaus Conzelmann, du Ludwig Maximilian University de Munich.

Plus compliqué qu'il ne semblait

Ne nous réjouissons pas trop de l'avancée précédente, car dans le même temps des chercheurs de l'université de Bonn (dirigés par le Dr. Dirk Dietrich) suggèrent que l'information ne passe pas seulement d'un neurone à l'autre par les synapses. Il semblerait que les neurones secrètent des neurotransmetteurs (en l'espèce le glutamate) tout au long de leur axone, lesquels excitent les cellules voisines. Ceci tout au moins se produirait dans la matière grise où les neurones et les dendrites sont étroitement entrelacées. Faudra-t-il alors repenser l'hypothèse traditionnelle concernant la transmission de l'information chimique par les seules synapses? L'étude explique également pourquoi l'excès de glutamate peut provoquer des effets nuisibles sur le fonctionnement du système nerveux.

Rappelons pour notre part que d'autres formes de communication existent entre neurones, utilisant des ondes électriques. Par ailleurs les astrocytes sont également impliquées dans un certain nombre de cas.

(1) "Monosynaptic Restriction of Transsynaptic Tracing from Single, Genetically Targeted Neurons", par par Ian R. Wickersham, David C. Lyon, Richard J.O. Barnard, Takuma Mori, Stefan Finke, Karl-Klaus Conzelmann, John A.T. Young et Edward M. Callaway - Neuron, Volume 53, Issue 5 (1er mars 2007) , pages 639-647 Lire l'abstract

Pour en savoir plus
http://www.salk.edu/news/releases/details_20070228a.php
L'étude de l'université de Bonn:
http://www.eurekalert.org/pub_releases/2007-02/uob-bwm022707.php


Une pétition européenne pour l'accès ouvert aux résultats des recherches scientifiques financées sur fonds publics
JPB - 09/03/07

Lancée en janvier 2007 à l'initiative de 5 universités européennes, cette pétition a déjà recueillie plusieurs milliers de signatures de chercheurs, bien qu'elle n'ait eu que peu d'échos dans les médias. Elle s'inscrit dans l'esprit du mouvement inauguré par les militants du logiciel libre et de l'accès libre aux sources. Elle s'inscrit également dans les recommandations récentes de l'Union européenne: "Study on the Economic and Technical Evolution of the Scientific Publication Markets of Europe" .

L'idée est simple. Il n'y a pas de raison de faire payer deux fois les contribuables, d'une part via l'impôt pour le financement de la recherche et d'autre part via la revue scientifique traditionnelle privée dont l'accès est généralement tarifé à des prix souvent élevés. Ces revues s'élèvent évidemment contre la démarche, mais les chercheurs ont d'excellents arguments pour défendre l'accès libre, que nous ne reprendront pas ici.

Il faudrait par contre, là encore, que l'Union européenne s'engage davantage que par de simples recommandations. Elle doit négocier avec les Etats-membres une disposition commune intéressant tous les laboratoires et universités du secteur public en Europe. A une époque où tout le monde déplore le retard de l'Europe dans la prise de conscience du rôle des recherches scientifiques pour la croissance, cette disposition serait de salut public.

Pour en savoir plus
Signer la pétition: Petition for guaranteed public access to publicly-funded research results :
http://www.ec-petition.eu/
Study on the Economic and Technical Evolution of the Scientific Publication Markets of Europe :
http://ec.europa.eu/research/science-society/pdf/scientific-publication-study_en.pdf

Article de BBC News : http://news.bbc.co.uk/2/hi/technology/6404429.stm


Un projet européen pour concevoir des robots capables d'émotions
JPB/CJ - 08/03/07

Ce nouveau projet financé par l'Union européenne consiste à concevoir des robots dotés d'une conscience émotionnelle, capables d'interagir avec les humains dans leur cadre de vie quotidien et de se développer d'un point de vue émotionnel répondant ainsi aux besoins de leur propriétaire. L'initiative FEELIX GROWING (FEEL, Interact, eXpress : a Global appRoach to develOpment With INterdisciplinary Grounding - FEEL, Interact, eXpress : une approche globale du développement sur des bases interdisciplinaires) regroupe des partenaires de domaines aussi variés que la psychologie développementale et comparative, la neuro-imagerie, l'éthologie et la robotique.

Lola CanameroLe projet est financé au titre du programme-cadre de recherche et de développement (PCRD) au sein du domaine thématique sur les technologies de la société de l'information (TSI), pour une somme de 2,5 millions d'euros et s'étendra sur trois ans et demi. « Plutôt que de tout apprendre aux robots destinés à vivre avec des humains, nous devrions leur apprendre à grandir aux côtés de leurs utilisateurs humains afin qu'ils se développent en harmonie avec eux », explique la coordinatrice du projet, Lola Canamero, de la faculté d'informatique de l'Université de Hertfordshire. « Par exemple, si un humain fond en larmes, le robot apprendra progressivement s'il est préférable d'essayer de le réconforter ou de le laisser seul. » Les robots développés dans le cadre du projet seront dotés de caméras et de capteurs conçus pour détecter des paramètres tels que la chaleur, le toucher et la distance afin de relever des indices non-verbaux offrant des informations sur l'état émotionnel de la personne.

L'idée n'est pas originale, puisque de plus en plus de robots sont développés par interaction émotionnelle avec des humains. Mais l'Europe n'étant pas très avancée dans le domaine des réalisations, ce projet est le bienvenu. On peut quand même s'interroger sur la modicité de la somme allouée à son financement vu le grand nombre des partenaires. Verra-t-on jamais un prototype opérationnel dans un délai raisonnable?

Les robots devront-ils être humanoïdes ou non ?

Les chercheurs japonais, beaucoup plus avancés que le reste du monde dans la réalisation de robots destinés à venir en aide aux personnes handicapées, se posent une question qui n'est triviale qu'en apparence. Faut-il ou non développer en ce but des robots humanoïdes? La perfection des techniques simulant la vie est devenue telle que de tels robots peuvent avoir d'excellents effets sur certaines personnes, mais de très mauvais sur d'autres. Il est probable que, dans l'impossibilité de trancher ce noeud gordien, les Japonais produiront les deux "lignées" de robots, qui se développeront dans une sorte de compétition darwinienne - dont l'Europe, répétons-le, sera sans doute absente, vu le peu d'intérêt qu'elle manifeste pour la robotique évolutionnaire(1)

Robot socialQuoi qu'il en soit, une partie importante du projet reposera sur la compréhension des différences culturelles entre les pays concernant l'acceptation des robots. Ainsi, les partenaires de l'initiative Feelix Groowing travailleront en étroite collaboration avec les scientifiques de l'Institut technologique du Massachussetts (Massachusetts Institute of Technology) aux États-Unis et le Laboratoire de recherche en communication (Communications Research Laboratory) au Japon.

D'ici la fin du projet en mai 2010, les partenaires du projet espèrent disposer de deux prototypes de robots possédant les aptitudes nécessaires leur permettant de travailler dans un environnement domestique et un cadre de soins.

(1) Précisons cependant que l'entreprise française Aldereban Robotics , qui va bientôt commercialiser un petit robot humanoïde [voir notre actualité du 20/01/07], est associée à ce projet européen.

NB : On trouvera dans l'article de "Electronic design" référencé ci-dessous de bonnes images des deux espèces de robots en devenir.

Pour en savoir plus
Le projet européen : http://www.feelix-growing.org/
Article de Electronic Design
http://www.elecdesign.com/Articles/Print.cfm?AD=1&AD=1&ArticleID=14763


Le robot autonome d'exploration sous-marine DEPTHX
Jean-Paul Baquiast - 07/03/07 (
source Space.com)

le robot DEPTHXL'entreprise Stone Aerospace a réalisé un robot aquatique autonome capable de plongées profondes et prolongées, le Deep Phreatic Thermal eXplorer (DEPTHX). Cet engin est destiné à expérimenter des robots analogues susceptibles d'explorer les eaux inconnues supposées se trouver sous la croûte de glace du satellite de Jupiter, Europa.

Pour le moment, le robot procède à des plongées dans un puits géothermique de 115 mètres, situé au Mexique, La Pilita. Une autre plongée est programmée dans le puits El Zacatón dont la profondeur est estimée à 282 mètres, bien qu'aucune mesure précise n'en ait encore été effectuée.

Ce projet fait partie d'un programme de $5 millions de dollars financé par la Nasa. L'objectif est de développer des technologies robotiques sous-marines visant à rechercher des formes de vie extraterrestres dans l'immense océan supposé exister sous la surface de Europa. S'il s'agit bien d'eau liquide, les exobiologistes estiment très possible d'y trouver des formes de vie extraterrestres, dont la découverte aurait une portée scientifique et philosophique immense. Le projet associe, sous la direction scientifique de la Nasa, des chercheurs de Stone Aerospace, Carnegie Mellon University, Colorado School of Mines, University Colorado and Southwest Research Institute. Le financement provient du programme de la Nasa dit Astrobiology Science and Technology for Exploring Planets.

Le DEPTHX pèse 1,3 tonnes et mesure 2,5 m. de large. Il peut manoeuvrer dans les 3 dimensions avec l'aide de 6 propulseurs. Il plonge jusqu'à 1000 mètres. Il est équipé de 36 calculateurs, 56 senseurs sonar et d'autres capteurs de profondeur et de vitesse. Son principal système de guidage est le système SLAM (Simultaneous Localization and Mapping) qui lui permet d'utiliser ses différents capteurs pour élaborer une carte du terrain qui lui servira simultanément à se situer.

Rappelons que la sonde New Horizon de la Nasa a rejoint Jupiter le 28 février dernier, afin de prendre automatiquement des clichés de la planète et de ses lunes. Ceux- ci mettront 45 minutes pour atteindre la Terre.

La navigation autonome ne sera pas la seule aptitude du robot. Il sera doté aussi d'outils d'analyse destinés à étudier une microbiologie éventuelle que révèlerait des modifications dans les gradients chimiques du milieu. Il pourra également récupérer des échantillons solides et liquides qui dans un premier temps serviront à identifier la vie existant dans les cenotes de La Pilita et de El Zacatón. Le robot pourra aussi explorer à la recherche de la vie d'autres milieux terrestres actuellement inaccessibles, tels que les lacs sous-antarctiques.

Pour en savoir plus
Sur le SLAM, voir notre article “précurseur” du 17 juin 2002.


Neuro-imagerie à l'échelle du neurone
par Jean-Paul Baquiast - 07/03/07

Le Journal du CNRS présente ce mois-ci une innovation qui devrait améliorer considérablement la façon dont les neuro-scientifiques pourront examiner le fonctionnement du neurone in vivo. On sait que les méthodes actuelles sont invasives (supposant la greffe de multi-électrodes) et globales, ne permettant pas d'individualiser l'observation au niveau du neurone individuel. Quand elles ne sont pas invasives, c'est-à-dire quand elles visent à capter les ondes cérébrales, elles sont encore plus globales et sont limitées, sauf en ce qui concerne l'électro-encéphalographie intra-crânienne, aux couches superficielles du cortex.

Le Cellvizio © Mauna Kea TechnologiesUne équipe du CNRS, Pierre et Marie Curie, UMR 7102, Neurobiologie des processus adapatatifs (P. Vincent, U. Maskos, I. Charvet, L. Bourgeais, L. Stoppini, N. Leresche, J.-P. Changeux, R. Lambert, P. Meda, D. Paupardin-Tritsch, « Live imaging of neural structure and function by fibred fluorescence microscopy », EMBO Rep., 2006) propose une nouvelle méthode d'imagerie. Elle utilise un Cellvizio, développé par la start up Mauna Kea Technologies. "Son principe repose sur une fibre optique de seulement 300 micromètres de diamètre et de deux mètres de long. Elle sert de « guide d'image ». L'idée est simple : au lieu d'approcher un volumineux système d'acquisition d'images – objectif d'un microscope, caméra dans une sonde, etc. – au plus près de l'organe à filmer, voire carrément dedans, nous guidons l'image de l'organe jusqu'à l'appareil d'acquisition. La lumière conduite par la fibre optique excite d'abord les cellules qui émettent alors de la fluorescence. C'est ce signal qui est ensuite capté par la même fibre optique". Le Cellvizio est déjà utilisé pour observer de l'intérieur de nombreux organes, au niveau cellulaire.

Le procédé a été perfectionné pour en faire un appareil de mesure et pas seulement d'acquisition d'images. Avec diverses améliorations (voir article), on peut suivre en temps réel les effets dans la cellule de la dopamine, de la sérotonine et d'autres neuromodulateurs impliqués dans le contrôle des facultés cognitives et émotionnelles, afin d'améliorer les produits médicamenteux.

L'article ne précise pas s'il est envisageable d'introduire de tels sondes dans le cerveau humain sans perturber le patient. Dans l'observation des fonctions cérébrales animales par contre, le dispositif semble ne pas poser de problèmes.

Pour en savoir plus
Article du CNRS :
http://www2.cnrs.fr/presse/journal/3287.htm
UMR 7102 : http://npa.snv.jussieu.fr/index_NPA.htm
MKT :http://www.maunakeatech.com/sai/intro. Le site donne de nombreuses informations sur le Cellvizio et ses applications.


Des pigeons chinois télécommandés comme des robots ?
par Christophe Jacquemin - 04/03/07

Photo : Thierry Lafaille/Christophe JacqueminLes ingénieurs du Centre de recherche en technologies de génie robotique à l’Université de Science et de Technologie de Shandong (Est de la Chine) affirment avoir réussi à contrôler le vol de pigeons au moyen d’électrodes implantées dans leur cerveau. Dans une déclaration à l'agence de presse Xinhuon(1), les chercheurs auraient expliqué que leurs électrodes permettraient de commander aux pigeons de voler vers la gauche ou la droite, vers le haut ou le bas. «Les implants stimulent diverses régions du cerveau du pigeon en fonction des signaux transmis au moyen d’un ordinateur, forçant les oiseaux à obéir aux commandes émises», précise Su Xuecheng, directeur de l'équipe.

Il s’agirait ici d'une première mondiale sur des pigeons. Rappelons que Su Xuecheng avait déjà affirmé avoir connu un premier succès en 2005 sur des souris(2). Aujourd'hui, l'équipe travaille à l'amélioration les appareils utilisés dans le cadre de l’expérience et espère que la technologie pourra éventuellement servir à des applications concrètes, sans toutefois préciser l’utilisation envisagée de ces pigeons cyborgs.

Applications militaires en vue ?

(1) Dépêche reprise par l'agence Reuters le 27 février dernier.
(2) Précédé en 2002 par Sanjiv Talwar de l'université d'état de New York/Downstate Medical Center, avec ses études sur les rats (voir notre actualité du 02/05/2002 : Les "Ratbots", premiers rats robotisés).


Un ordinateur quantique commercialisé dès 2008 ?
par Christophe Jacquemin -

La société D-Wave Systems a récemment présenté à Moutain View (Silicon Valley - Californie) - puis à Vancouver (Telus World of Science) - son système Orion, démonstration du concept d'un prototype d'ordinateur quantique à 16 qubits dont elle annonce la commercialisation... dès l'an prochain !

Effet d'annonce ? En tous cas, bien que tous les problèmes ne soient pas encore résolus, et forte d'un financement de capital-risque de 22 millions de dollars canadiens, cette start-up canadienne aime à se définir comme le "premier et unique fournisseur de systèmes de calcul quantique conçus pour faire fonctionner des applications commerciales"(1).

Présentation de D-Wave - reconnaissance des formes appliquées à la recherche de molécules dans une banque de données © D.RLes démonstrations ont porté sur 3 applications (une ayant trait à la bioinformatique et les deux autres à des problèmes d'optimisation) :
1) reconnaissance de formes appliquées à la recherche de molécules dans une banque de données [association ou conflit de graphes] ;

2) résolution d'un problème de sudoku ;

3) arrangement d'un plan de table (affectation de la place des convives par affinités de personnes).

Avec 16 qubits [ce qui constitue déjà une belle prouesse], Orion est encore loin des supercalculateurs. D-Wave, en tous cas, annonce sans complexe le lancement d'une version à 32 qubits d'ici à la fin de l'année, puis des versions à 512 qubits et 1024 qubits pour 2008 !

S'agit-il ici d'un fabuleux saut technologique ou plutôt d'un effet d'annonce pour lever plus de fonds auprès d'éventuels investisseurs ? Comment vraiment le savoir puisque la start-up n'a pas permis l'inspection de la machine durant ou après les démonstrations. Les opérations étaient en effet télécommandées à distance depuis un ordinateur portable, le système Orion étant physiquement localisé a Burnaby (Canada), "le système étant trop sensible pour être facilement transportable", selon les déclarations de la compagnie, dont on peut penser qu'elle souhaitait aussi protéger ainsi le secret industriel. Mais selon Geordie Rose - co-fondateur de D-Wave - les résultats de la démonstration devraient être soumis à examen par des pairs, en vue d'une publication dans un grand journal scientifique.

Quoi qu'il en soit, et en attendant la commercialisation directe annoncée, D-Wave prévoit dans son business plan de louer prochainement le temps de calcul d'Orion (le client envoyant via internet le problèmeà résoudre).
Dès le courant de ce deuxième trimestre 2007, un système Orion devrait par ailleurs être mis gratuitement à disposition de la communauté scientifique avec l' objectif d'obtenir des chercheurs l'élaboration d'algorithmes quantiques pouvant être implémentés dans la machine.

A suivre de très près, donc.

(1) Notons cependant qu'il existe déjà de telles entreprises, spécialisées par exemple dans la cryptographie quantique. Voir notamment http://www.idquantique.com.

Pour en savoir plus :
Lire notre article complet, qui détaille le fonctionnement de cet ordinateur quantique
Site de D-Waves Systems : http://www.dwavesys.com


 

 


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