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30/04/07 Appel à projet en science de la communication
28/04/07 Conférence Ambient Intelligence Developments à Sofia-Antipolis en septembre
28/04/07 Gestion scientifique des déchets, brevet de bonne gouvernance
28/04/07 Une relance de l'Europe spatiale ?
12/04/07 Adept Quattro, le robot industriel manipulateur le plus rapide au monde
10/04/07 Une oreille électronique implantée sur un patient
05/04/07 Que la force soit avec le robot humanoïde
04/04/07 Nanotechnologies : le futur est plus proche que nous le pensons

Avril 2007

Les sciences de la communication concernent les chercheurs et les ingénieurs dans toutes les disciplines (appel à projet de recherche)
Christophe Jacquemin - 30/04/07

Logo de l'Institut des Sciences et de la Communicaton du CNRSL'Institut des sciences de la communication (ISCC) du CNRS, qui vient d'être créé, a vocation à valoriser les travaux et les actions qui se rattachent aux sciences de la communication et de l'information*.
Dans ce cadre, L'ISCC vient d'ouvrir un appel à projet de recherche (dépôt des dossiers avant 18h, le 1 er juin 2007) et commence la constitution d'un annuaire réseau des chercheurs, enseignant-chercheurs et ingénieurs impliqués dans cette problématique dans un cadre interdisciplinaire.

L'appel à projet s'articule autour de 5 axes :

  • Langage et communication
  • Communication politique, espace public et société
  • Mondialisation et diversité culturelle
  • Information scientifique et technique
  • Sciences, techniques et sociétés

* Son objectif st de structurer et de stimuler le champ de recherche des sciences de la communication par des créations de postes et de laboratoires, de mise en réseaux d’équipes et par des coopérations internationales.

Pour en savoir plus:
L'ISCC : http://www.iscc.fr
L'appel à projets : http://www.iscc.fr/appel_offre.htm
(les projets sont à déposer avant 18 h le 1er juin 2007
L'annuaire réseau : http://www.iscc.fr/annuaire_reseau.htm


Conférence Ambient Intelligence Developments à Sofia-Antipolis
au mois de septembre
Jean-Paul Baquiast - 28/04/07

Le concept d'Ambient Intelligence (AmI) rassemble des chercheurs et développeurs provenant des fleurons de la technologie européenne. La conférence prévue à Sofia-Antipolis en septembre permettra d'en présenter les divers aspects.

Le concept d'Ambient Intelligence (AmI) a été développé par l'ISTAG (Information Society Technologies Advisory Group) qui conseille la Commission européenne et plus particulièrement la Direction Générale «Société de l'Information et Média» afin d'élaborer des stratégies d'ensemble en matière de technologies de l'information (IST) au sein du Programme-Cadre européen de recherche.

L'AmI vise à faciliter la mise en place d'interactions orientées vers les besoins des utilisateurs entre des réseaux de services efficaces et propices au développement des initiatives. Il s'agira de dépasser l'actuel usage des PC dont les possibilités sont encore limitées. On fera pour cela appel à de nombreux dispositifs électroniques insérés dans l'environnement quotidien et qui seront accessibles grâce à des interfaces intelligentes. D'où le terme également employé d' « ubiquitous computing ».

Ceci suppose de nombreuses technologies à développer en parallèle :
• Des dispositifs hardware distribués et miniaturisés, faisant appel aux puces intelligentes puis aux nanotechnologies;
• Des réseaux communicants mobiles et fixes, formant une infrastructure internet en interopérabilité totale
• Des serveurs massivement distribués
• Des interfaces homme-machine conviviaux, sur le mode naturel.
• Des techniques assurant à la fois la fiabilité d'exploitation (auto-test et auto-réparation) et la protection des données et des identités personnelles.

L'AmI trouvera des applications multiples aussi bien dans les activités économiques que dans les services publics de la santé, de l'éducation, de l'aide aux personnes isolées et handicapées.

La conférence de septembre à Sofia-Antipolis présentera les divers acteurs et solutions envisagées à ce jour dans le domaine. Des propositions stratégiques en découleront. Elle sera évidemment ouverte aux acteurs économiques internationaux, qui ne manqueront pas cette occasion de mieux pénétrer le marché européen. On ne peut que souhaiter voir les Européens conserver l'initiative scientifique, technologique et sociétale dans un secteur essentiel à l'indépendance et à l'efficacité de nos pays.

Pour en savoir plus
Le comité de programme de la conférence de Sofia-Antipolis :
http://www.strategiestm.com/conferences/amid/07/program-committee.htm


Gestion scientifique des déchets, brevet de bonne gouvernance
Jean-Paul Baquiast - 28/04/07

Pulau Semakau
On trouvera sans doute exagérée l'affirmation selon laquelle la maturité politique d'un Etat se juge sur la bonne gestion de ses déchets, et notamment de ses ordures ménagères. C'est pourtant le cas. N'évoquons pas la situation désastreuse où se trouvent sur ce point les pays du tiers-monde, car les montagnes d'ordures qui caractérisent leurs mégalopoles ne sont qu'un aspect de leur sous-développement général, sur lequel ils ne peuvent pas grand-chose. Il est par contre inadmissible que la même situation se retrouve et soit tolérée dans les Etats européens riches. C'est pourtant le cas.

Un article du Monde (Les mines d'or de la Camorra, 25 avril 2007, p. 27) expose la situation scandaleuse qui caractérise la région napolitaine. Un million de tonnes de déchets est abandonné dans la ville et l'arrière-pays. 250.000 personnes sont exposées à des produits toxiques et en soufrent gravement. Depuis trente ans, la mafia locale contrôle les décharges. Cette situation n'est pas propre à l'Italie et à son mezzogiorno. Elle se retrouve plus ou moins partout en Europe. En France, les départements méditerranéens, y compris la Corse, réputée paradis touristique, font montre de la même négligence criminelle, qui découle en grande partie là encore de luttes d'influence entre intérêts sordides. Les écologistes, qui insistent tellement sur le problème posé par les déchets nucléaires, ne sont pas assez offensifs face aux comportements collectifs déshonorants en matière de déchets ménagers. Ils ne peuvent se dédouaner en invoquant la nécessité de faire pression sur l'industrie et le commerce pour diminuer les emballages inutiles. Les deux démarches doivent être menées en parallèle.

Il est possible cependant, à peu de frais mais avec un minimum d'engagement de la puissance publique, de faire beaucoup mieux. Un article de la revue NewScientist (Garbage of Eden, 14 avril 2007, p. 39) expose en détail comment la ville Etat de Singapour, riche de 4,5 millions de résidents, a résolu son problème à la satisfaction générale. Le tri sélectif et la transformation des produits recyclables, l'incinération des déchets humides et le dépôt des cendres dans une île artificielle, Pulau Semakau (notre image), transformée en biotope et entourée de mangroves, le recours aux énergies renouvelables et la plantation d'arbre pour compenser la consommation d'oxygène due à l'incinération, permettent à l'Etat d'envisager sans inquiétude un avenir hygiénique jusqu'à 2050. Même si les autorités singapouriennes présentent la situation avec un peu trop d'optimisme, leur comportement est exemplaire. Bien des villes, en Asie et surtout en Europe, devraient s'en inspirer.

Nous disons qu'il s'agit d'un élément essentiel permettant de juger de la maturité politique d'un Etat, et de son aptitude à la bonne gouvernance. La solution du problème suppose en effet, en priorité, des administrations publiques, centrales et locales, intègres, compétentes et énergiques. Ce n'est pas l'appel au marché qui résoudra le problème. Elle nécessite ensuite des citoyens disciplinés et pour cela, bien informés et motivés. Il faut enfin que des investissements intellectuels et financiers importants soient consacrés à la mise en place d'équipements adéquats, en utilisant les technologies les plus modernes et en en payant le coût.

En Europe, le sujet ne devrait pas être laissé à la charge des seules municipalités et des intérêts sordides sinon mafieux qui s'en emparent souvent. Il devrait être abordé au niveau d'une agence européenne, relayée par les administrations d'Etat et dotée de crédits d'intervention suffisants. Dans la perspective du réchauffement climatique et de la détérioration des conditions d'hygiène et de santé publique qui en découlera, la question est désormais de première importance.

* Le 26 avril 2007, la Cour de justice européenne à donné raison à la Commission qui avait lancé en 2003 une procédure d'infraction contre l'Italie pour non respect de trois directives concernant la récolte et le traitement des déchets. 4.866 décharges illégales dont 705 contenant des déchets dangereux avaient été recensées en 2002. Depuis, comme on devine, la situation ne s'est pas améliorée.


Une relance de l'Europe spatiale ?
Jean-Paul Baquiast - 28/04/07

Nous ne cessons de dénoncer ici la désinvolture et les luttes d'intérêts qui handicapent en permanence la pourtant indispensable stratégie spatiale européenne. Les erreurs accumulées sur le programme Galiléo, qui risquent de compromettre son aboutissement, en sont la preuve .

L'Europe va-t-elle cependant se reprendre ? Un élément d'actualité mérite d'être évoqué, même si une hirondelle ne fait pas le printemps. Il s'agit du rapport présenté par la Commission et l'Agence spatiale européennes (ESA) le 26 avril à Bruxelles. C'est le tout premier document définissant une politique spatiale commune, dans un domaine où les rivalités entre l'Esa et la Commission ont fait jusqu'alors beaucoup de dégâts.

Le rapport ou, comme l'on dit, la Communication (Communication on the European Space Policy ) vise à convaincre les Etats membres de l'importance stratégique du secteur. Il faut aussi montrer aux contribuables européens que des dépenses supplémentaires valent la peine d'être consenties pour des activités qui touchent désormais tous les domaines de l'existence. Mais à cette fin, les erreurs de Galiléo ne doivent pas être répétées.

Intégrer la défense

Un point important du nouveau document concerne la référence au domaine du spatial de défense, jusqu'ici réservé à ceux des Etats membres qui s'y intéressaient en propre. Afin de mieux rentabiliser les investissements, la séparation entre programmes civils et militaires, pourrait être assouplie, le "partage et la mise en commun des ressources" permettant "des solutions plus rentables". L a Commission et l'ESA reconnaissent à ce propos, mettant fin au non-dit qui prévalait jusque-là pour s'assurer de la participation des Britanniques, que des programmes tels que Galileo "pourraient avoir des utilisateurs militaires".

Mieux coordonner les acteurs

Cette recherche d'efficacité passe aussi par un renforcement de la coordination entre les acteurs du secteur. Mais le rapport ne va pas jusqu'à retenir la solution de transformer l'ESA en une agence de l'Union (au prétexte semble-t-il que des Etats-non membres participent aussi à la direction de l'Esa). Pourtant, une telle intégration aurait pour avantage d'unifier des règles de fonctionnement très différentes. Mais plusieurs Etats, attachés à la logique du retour sur investissement, n'en veulent pas. La politique spatiale européenne se contente donc d'envisager des "améliorations" de l'accord-cadre de 2004 entre l'ESA et la Commission.

Des projets communs, tels que le programme GMES d'observation de la terre par satellite, serviront de laboratoires à des procédures unifiées. Pour ce dernier programme, Günter Verheugen, vice-président de la Commission, chargé des entreprises et de l'industrie, n'est pas inquiet. "Nous ne connaîtrons pas les mêmes difficultés que Galileo, a-t-il déclaré jeudi en présentant la communication, parce que nous nous reposerons sur un financement public et non un sur un partenariat public-privé." Ce point est important. Il faut se persuader que les intérêts commerciaux ne sont pas compatibles, sauf marginalement, avec les stratégies spatiales des grandes puissances.

Galiléo

M. Verheugen a par ailleurs assuré que l'Europe "ne pouvait pas renoncer" à Galileo. Son collègue Jacques Barrot, commissaire aux transports, doit présenter, le 10 mai, des propositions pour sortir le projet de l'impasse dans laquelle il se trouve. Un révision du partenariat public-privé est à l'étude. Trois scénarios seraient envisagés, les fonds publics prenant en charge ou 12, ou 18, ou la totalité des 30 satellites de la constellation - contre 4 à ce jour.

Au total, l'investissement à la charge des contribuables pourrait, dans l'hypothèse haute, représenter environ 3,5 milliards d'euros (contre 1 milliard aujourd'hui). La Commission pourrait suggérer de procéder à de nouveaux appels d'offres pour construire et lancer les satellites. "Cette approche permettrait de gagner du temps pour négocier un contrat de concession concentré sur l'exploitation du système". Encore faudrait-il, selon nous, que la préférence européenne soit appliquée sans défauts dans ce domaine stratégique essentiel.

Pour en savoir plus
Communiqué de l'Esa http://www.esa.int/esaCP/SEMOOD12Z0F_index_0.html


Adept Quattro, le robot industriel manipulateur le plus rapide au monde
Christophe Jacquemin -12/04/07

Le robot Adept Quattro s650, doté de quatre bras, peut manipuler jusqu'à 240 pièces par minutes et atteint des accélérations de 200 mètres par seconde carrée pour des charges allant jusqu'à deux kilogrammesIl s'appelle Adept Quattro. On dirait un peu une araignée avec ses 4 bras d'ergonomie différente. Sorti de l'imagination de cerveaux européens, il s'agit du robot industriel manipulateur le plus rapide du monde. Conçu par la fondation espagnole Fatronik, en collaboration avec le LIRMM (laboratoire français CNRS/université de Montepellier2)*, Quattro est deux fois plus rapide que tous les autres robots industriels de ce type existants aujourd'hui sur la planète..
Le secret tient ici sur les solutions innovantes mises au point par les chercheurs, autant sur la forme de ce robot parallèle que sur son système de commande.
Des calculs d'optimisation de la dimension de chaque composant ont été réalisés pour obtenir une accélération maximale, adaptée aux contraintes de l'industrie grâce au système de commande du robot, qui limite les vibrations, donc le temps nécessaire au robot pour déposer une pièce à un endroit précis. Résultat : l'engin peut manipuler 240 pièces par minute et atteint des accélérations de 200 mètres par seconde carrée avec des charges de deux kilogrammes, contre 100 mètres par seconde carrée et un kilogramme pour les robots actuels.

Adept Quattro © F. Pierrot- CNRS 2007Ce qui n'était tout d'abord qu'un prototype
n'a pas manqué d'intéresser l'industriel Adept, l'un des leaders mondiaux de la robotique, en vue de sa production à l'échelle industrielle. Depuis six mois, chercheurs et industriels ont ainsi travaillé à ce transfert de technologie qui vient d'aboutir à la mise sur le marché du robot. Adept Quattro est destiné à toutes les applications où l'on souhaite déplacer des objets et les conditionner, particulièrement dans les secteurs de l'agroalimentaire, de la santé et de la beauté, ainsi que de l'électronique. Il s'agit donc ici d'un énorme marché.

D'ores et déjà, plusieurs centaines de commandes sont déjà passées, pour un coût variant entre 30000 et 50000 euros suivant le travail d'intégration à réaliser dans l'installation industrielle.

Une belle histoire, pourrait-on dire... sauf qu'Adept est Américain, avec sa maison mère basée dans la Silicon Valley. N'y avait-il pas moyen de ficeler tout le projet pour qu'il soit entièrement européen, de la conception jusqu'à la production industrielle du robot ?
Les industriels du vieux continent devraient peut-être méditer la phrase placée en exergue du logo du site internet d'Adept : "Intelligent Robotics for the Global Economy".

* Laboratoire d'informatique, de robotique et de micro-électronique de Montpellier. Depuis six ans, le LIRMM s'est associé avec la Fundación Fatronik, un centre de recherche appliquée du Pays basque espagnol, pour concevoir des robots manipulateurs.

Pour en savoir plus :
Adept (présentation du robot Adept Quattro)
http://www.adept.com/products/details.asp?pid=71

LIRMM : mécanismes parralèles :
http://www.lirmm.fr/~w3rob/SiteWeb/detail_activite.php?
num_topic=1&num_projet=1&num_activite=3

voir aussi page de François Pierrot :
http://www.lirmm.fr/~pierrot/
Fundacion Fatronik :
http://www.fatronik.com/noticia.php?id=79


Une oreille électronique implantée sur un patient
par Christophe Jacquemin - 10/04/07

Pour la première fois en France, une prothèse auditive électromagnétique a été implantée entre la peau et la boîte crânienne d'un patient de 20 ans souffrant d'aplasie auriculaire*.

Rendue publique ce 10 avril, cette opération guidée par ordinateur a été réalisée à la mi-décembre dernier par l'équipe du professeur Eric Truy, spécialiste à l'hôpital Edouard Herriot de Lyon.

Prothèse audivite électromagnétique © DRSouhaitant intégrer l'armée, Pierre Alexandre Nouveau, né avec une malformation de l'oreille gauche et une audition très altérée s'était porté volontaire à cette opération. Cette maladie rare, qui touche 1 pour 20000 naissances, entraîne une surdité dite de transmission : les sons parviennent avec une perte de 60 à 70 décibels. La prothèse révolutionnaire qui a été implantée, plate et longue de 5 cm, comprend un microphone, un processeur, une batterie (rechargeable à travers la peau) et un transducteur délivrant le message à l’oreille interne. Elle a permis d'ores et déjà au patient de recouvrer environ 40 décibels. "Au premier allumage, en février, le son était assez brut, comme celui d’un talkie-walkie", déclare Pierre-Alexandre Nouveau.. "Au fur et à mesure des réglages, et le temps que mon cerveau s’habitue, les sons sont devenus plus nets. Il reste encore une marge de progression, mais j’entends beaucoup mieux dans les endroits qui résonnent". Seule contrainte : il faut une heure par jour pour recharger la batterie, grâce à un boîtier qui s'aimante sur la tête ( induction électromagnétique à travers la peau du crâne).


prothèse auditive électromagnétique a été implantée entre la peau et la boîte crânienne d'un patient de 20 ans souffrant d'aplasie auriculaire  ©CHU de Lyon."La plupart des malades subissent une opération de chirurgie esthétique vers l’âge de 8 ans, pour reconstituer une oreille par autogreffe, mais cela ne corrige pas leur audition. Pour eux, les prothèses totalement implantables posent un défi chirurgical : il faut en effet respecter l’oreille créée par chirurgie esthétique, ne pas toucher au nerf facial, et opérer dans un environnement inconnu, les malformations du conduit étant différentes d’un individu à l’autre", a expliqué le professeur Eric Truy.

Deux ou trois autres opérations de ce type, financées sur le budget "stratégie et opérations innovantes" du CHU — la prothèse coûte 2.500 euros — devraient avoir lieu dans l’année à Lyon. L’objectif à terme est d’opérer les patients souffrant d’aplasie bilatérale, qui représentent 20 à 30 % des cas, et dont la surdité est presque totale.

* De telles prothèses avaient déjà été posées sur des patients ne supportant pas les prothèses classiques parce que leur conduit auditif était trop infecté ou déformé par des opérations multiples. Mais c’est la première fois en France —seule l’Allemagne l’a précédée— qu’elle concerne une personne souffrant d’aplasie auriculaire.

Pour en savoir plus :
Département d'ORL, de Chirurgie cervico-maxillo-faciale et d'audiophonologie du CHU de LYon
http://www.chu-lyon.fr/internet/chu/etablissements...


Que la force soit avec le robot humanoïde
par Christophe Jacquemin - 05/04/07

Ce robot humanoÏde est capable de tirer à lui une charge de 66 kg © Laboratory for Intelligent Systems and InformaticsLe professeur Yasuo Kuniyoshi et son équipe japonaise du Laboratory for Intelligent Systems and Informatics de l’université de Tokyo vient de présenter à la presse son robot humanoïde bipède capable de soulever un paquet de 30 kg d’une étagère ou encore de tirer à lui en le décollant du sol par dessous des deux bras un mannequin de taille humaine de 66 kg.

Cette réalisation représente une avancée sans précédent et témoigne du savoir-faire des Japonais en matière de robot humanoïde qui, jusqu'à présent, était capable de porter des poids n'excédant pas 10 kg.
Le robot Daneel © Laboratory for Intelligent Systems and InformaticsCe record a été obtenu grâce à la simulation puis l’implémentation dans le robot de mouvements copiant ceux des humains, mouvements dont l’évolution est contrôlée par environ 1800 capteurs de toucher répartis sur quasiment tout le corps de l'humanoïde. Celui-ci, qui mesure 1,55m pour 70 kg, est assez semblable à Daneel, un robot créé précédemment par la même équipe et capable de passer en moins de trois secondes d'une position couchée sur le dos à une position accroupie.

Pour porter ou tirer les objets, l'idée est ici d'utiliser le corps entier de l'humanoïde grâce aux indications des capteurs, surtout dans les mains et les pieds, qui aident à déterminer la force nécessaire à fournir par les différents membres.

Affiche de la pièce de Théâtre RUR, dont la première a été jouée à Prague en 1921Yasuo Kuniyoshi vise maintenant la combinaison de la bipédie avec le soulèvement d’objets pour que le robot puisse porter un objet de 30 kg tout en se déplaçant.

L'humanoïde bientôt travailleur de force ? C'est en tout cas ce qu'imaginait déjà le dramaturge tchèque Karel Capek dans sa fameuse pièce de théâtre R.U.R (Rossum's Universal Robots), dont la première a été jouée à Prague en 1921 (le roman est paru en 1920). C'est d'ailleurs le théâtre qui popularisera le mot robot, mot inventé par Joseph Capek, frère de Karel, traduction du tchèque "robota" qui veut dire travail forcé, corvée.

Pour en savoir plus :
Laboratory for Intelligent Systems and Informatics
http://www.isi.imi.i.u-tokyo.ac.jp/index.html
Sur Karel Capek :
http://capek.misto.cz/obrazky/divadlo/theatre.html


Nanotechnologies : le futur est plus proche que nous le pensons
par Christophe Jacquemin - 04/04/07

Rapport du Joint Economic Commitee "Nanotechnology : the future is coming sooner than you thinkC'est sous ce titre "Nanotechnologies : le futur est plus proche que nous le pensons" qu'est paru fin mars dernier un rapport du "Joint Economic Commitee" du Congrès américain. Si nombres d'articles paraissent ici et là sur les applications potentielles des nanotechnologies, leurs auteurs restent en général très prudents sur les éventuelles dates d'arrivée sur le marché des nouveaux produits qui en découlent. Ce rapport dresse ici la feuille de route des nanotechnologies, proposant également l'inventaire des domaines et des applications où elles auront un fort impact.

Le rapport distingue 5 périodes clés :

  • 2000-2005 - nanostructures passives :
    cette période tire avantage des propriétés passives des nanomatériaux, qui incluent par exemple les nanotubes de carbone, les nanocouches... ;

  • 2005-2010 - nanostructures actives :
    les nanostructures ici changent leur état durant leur utilisation, répondant de façon prédictive à l'environnement qui les entourent ;

  • 2010-2015 - systèmes de nanosystèmes :
    des assemblages de nanosystèmes fonctionnent de concert en vue d'un but (notamment en échangeant des informations durant le process). Ce stade est porteur d'avancées notables en robotique, biotechnologie et nouvelle génération de technologies d'information ;

  • 2015-2020 - nanosystèmes moléculaires :
    cette période inclut la conception à façon de systèmes atomiques et moléculaires conduisant à une compréhension et au contrôle sans précédent des briques de base pour toute construction générée par la nature ou par l'homme ;

  • 2020 et au-delà - ère de la singularité :
    moment où l'avancée technologique progresse à taux exponentiel [voir à ce sujet notre éditorial du 25 octobre 2005].

Dans une seconde partie, le rapport rappelle le rôle et les responsabilités du gouvernement et des principaux organismes de financement dans le contrôle éthique, environnemental et sociétal de toutes ces avancées technologiques.

Pour en savoir plus :

Consulter le rapport (disponible gratuitement sur le site du Congrès) :
http://www.house.gov/jec/publications/110/nanotechnology_03-22-07.pdf

NB : Le rapport cité ci-dessus n'aborde pas la question des financements. Mais rappelons ici l'intérêt porté aux nanotechnologies par le secteur militaire américain (et aussi chez-nous par la Direction Générale de l'armement] notamment dans la réalisation de "poussières intelligentes" (smart-dust) ou de combinaisons protectrices pour les soldats. Ainsi, alors que le nombre de militaires tuées en Irak depuis le début de la guerre ne cesse d'augmenter, l'armée américaine (via l'agence DARPA) concentre ses recherches sur la conception de protections corporelles plus efficaces, fondant tous ses espoirs sur les nanotechnologies. Dans ce cadre, une armure liquide devrait être disponible avant la fin 2007.
[voir notre article - bientôt en ligne - "Une armure liquide bientôt commercialisée", Rubrique "Du côté des labos"]


 

 


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