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21/03/08 Réaliser des nanopuces à l'aide..de protéines

09/03/08 L'Europe au seuil des missions spatiales habitées

15/02/08 Tournoi national de Robot sumo

05/02/08 Séminaire de recherche sur le coût écologique des agrocarburants

11/01/08 Aldebaran Robotics lève 5 millions d'euros pour développer son robot Nao

11/01/08 Actualités du quorum sensing

Janvier-Février-mars 2008

Réaliser des nanopuces à l'aide de... protéines
Christophe Jacquemin
21/03/2008

Au côté des universités de Tohoku et de Osaka, du Tokyo Institute of Technology et de l'Advanced Institute of Science and Technologies de Nara, Matsushita Denki (Panasonic) vient d'annoncer le 21 mars la mise au point d'une nouvelle technologie de réalisation de cellules mémoire utilisant une protéine animale, la ferritine.


En utilisant cette protéine qui a la propriété de s'auto-organiser, il est possbile de façonner des structures à l'échelle nanométrique, plus simplement qu'avec les technologies lithographiques traditionnelles.

Et selon les chercheurs, ceci devrait permettre de développer une puce de la taille d'un timbre et qui aurait une mémoire de 1 Téraoctet.

 

 

 


La méthode utilisée

Repésentation de la ferritineLa ferritine est une protéine creuse qui dans le métabolisme des animaux sert à stocker le fer. Elle peut également renfermer de nombreux autres composés inorganiques dans sa cavité, d'un diamètre de 7 nanomètres(1)/, pour une taille de la protéine de 12 nm.

Très difficile à synthétiser artificiellement, elle est actuellement extraite in vivo à partir d'Escherichia coli.

La ferritine est alors lavée à l'eau pour réduire au minimum la concentration de cations (<0,150 ppm), qui pourraient être nuisibles au bon fonctionnement des mémoires. Elle est ensuite plongée dans une solution de composés métalliques (oxyde de fer, oxyde de cobalt, oxyde de zinc, sulfite d'or...), incorporant alors ces derniers dans sa cavité.

Pour que les protéines puissent se fixer sur le substrat de silicium, on y trace d'abord un motif d'agencement au titane, par procédé lithographique . La ferritine, à laquelle on a greffé une chaîne moléculaire qui ne se fixe que sur le titane, va donc s'arranger de manière automatique le long des motifs.

Il ne reste plus ensuite qu'à éliminer la ferritine et de conférer les propriétés électriques au système.
Pour cela, une couche d'oxyde de silicium est déposée sur l'ensemble. Et par chauffage à 500°C, les protéines sont dissoutes et l'oxyde métallique est réduit.
Le système est finalement composé d'îlots métalliques de 7 nm de diamètre, régulièrement espacés le long des motifs, noyés dans une couche de SiO2.

(1) 1nm = un milliardième de mètre.

 

Les tests réalisés ont prouvé que ce dispositif pouvait effectivement servir de mémoire et que mis en application, il permettrait de créer des mémoires 30 fois plus denses que celles actuelles et ceci à un coût plus faible.

Panasonic espère une mise sur le marché dans 5 ans. Ceci devrait permettre de développer une puce de la taille d'un timbre et qui aurait une mémoire de 1 Téraoctet.

Pour en savoir plus :
Communiqué de presse de Matsushita Denki (japonais):
http://redirectix.bulletins-electroniques.com/CNugd

Nikkei Net (en anglais):
http://www.nni.nikkei.co.jp/AC/TNKS/Nni20080320D20JFA08.htm


L’Europe au seuil des missions spatiales habitées
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin
09/03/2008

Démentant tous ceux qui expliquent que les missions spatiales habitées n’ont aucun intérêt pour l’Europe et sont de toutes façons hors de portée, le lancement réussi de l’ATV (Automated Transfer Vehicle) le 9 mars montre que les Européens pourraient se lancer sans attendre dans la programmation de telles missions. Il y a un mois, une navette américaine amarrait à la plateforme spatiale internationale ISS le laboratoire Columbus et y débarquait 2 européens pour un séjour de quelques semaines.

Aujourd’hui, l’Esa montre qu’elle dispose maintenant des principaux éléments permettant des vols orbitaux européens, eux-mêmes préfigurant des missions lunaires. Outre l’Ariane 5 et l’ATV, qui pourrait donner naissance à un module habité, la base de Kourou a démontré une fois de plus son intérêt stratégique.

L'ATV dont le premier exemplaire a été baptisé Jules Verne, est un véhicule de 20 tonnes destiné à ravitailler l'ISS en eau, ergols, vivres et matériel scientifique, et à rehausser son orbite. Chargé ensuite des déchets de la Station, il sera à la fin de sa mission de six mois précipité dans l'atmosphère, où il se désintégrera. Il s'agit du plus important et du plus complexe des programmes réalisés par l'Esa. L’ATV, construit par Astrium Space Transportation, est un cylindre de 10,3 m de long et 4,5 m de diamètre capable d'emporter neuf tonnes de cargaison, soit trois fois plus que les actuels ravitailleurs russes Progress.

Si la mission se termine comme prévu, il va aussi permettre à l'Europe d'effectuer pour la première fois un rendez-vous spatial automatisé, avec un amarrage à l'ISS le 3 avril sans intervention humaine : un banc d'essai pour de futurs vols spatiaux humains et pour des missions de retour d'échantillons de Mars, selon Jean-Jacques Dordain, directeur général de l’Esa.

Dans l’immédiat, l'avenir des vols habités européens est conforté jusqu'à la fin de l'exploitation de l'ISS, avant 2020, puisque l’accès à l’ISS pourra se passer de la navette américaine, en fin d’exploitation. Le spationaute français Léopold Eyharts installe actuellement le laboratoire Columbus, où commenceront les expérimentations dans les mois qui viennent. Certains doutent de l’intérêt de telles expériences, mais la question n’est pas là. Aujourd’hui comme plus tard, vivre et travailler en microgravité représente un enjeu humain et scientifique certain.

Dans les prochaines années, on verra les Chinois, les Indiens et peut-être d’autres (sans mentionner les Américains pour qui l’espace doit rester un terrain de manoeuvre exclusif) multiplier les vols orbitaux habités autour de la Terre d’abord, de la Lune ensuite. Le débarquement d’équipages, précédés de robots, sur notre satellite, est également prévu à relativement brève échéance. Que l’on ne dise pas que ceci ne représentera pas d’intérêt pour les Etats qui lanceront de telles missions. Aurait-on envisagé, au début de l’aviation, de se limiter à faire voler des prototypes guidés par des ficelles ?

Pour François Auque, PDG d'Astrium, "Il faut trouver des motivations pour relancer les dépenses en faveur de l'espace, et une des meilleures, ce sont les vols habités". Pour Yannick d'Escatha, président du Cnes, l'avenir des vols habités ne fait aucun doute : "L'Homme a exploré, explore, et explorera le milieu qui est le sien, et aujourd'hui, l'espace est son milieu".

Il serait temps que les gouvernants européens s’en avisent.


Tournoi national de Robot Sumo
Christophe Jacquemin
15/02/2008

La deuxième édition du Tournoi national Robot sumo se tiendra les 4 et 5 avril 2008 à l'université de Montpellier.

Organisée par Frédéric Giamarchi, enseignant en électronique et informatique industrielle* [voir notre interview du 11/05/2001], cette compétition se tiendra durant les journées portes ouvertes de l'Université.
Pendant 2 jours, le public pourra profiter de présentations autour de la robotique.

Affiche Tournoi national robot sumoLes compétitions s'adressent aux roboticiens tous niveaux.
Aucun perdant puisque tous les candidats repartent avec un lot offert par les sponsors de cette manifesation.

* Frédéric Giamarchi est l'auteur de nombreux livres pratiques concernant la réalisation de robots (voir notre rubrique Biblionet).

En savoir plus :
Site de Frédéric Giamarchi : http://www.geii.iut-nimes.fr/fg
Inscriptions et détails : 04 66 62 85 22
Télécharger la fiche d'inscrition :
http://www.geii.iut-nimes.fr/fg/fichiers/Sumo/ficheinscription.pdf


Séminaire de recherche sur le coût écologique des agrocarburants
Jean-Paul Baquiast
05/02/2008

Une cinquantaine de chercheurs ont participé à Grenoble, les 28 et 29 janvier, à un séminaire intitulé «Agrocarburants et développement durable». Ce séminaire était organisé par le ministère de l’écologie. Les conclusions, qui malheureusement ne figurent pas à ce jour sur le site du ministère, sont globalement pessimistes. Que ce soit dans nos régions ou dans les pays tropicaux, les rendements en C02 économisé sont généralement marginaux. Par contre, les coûts environnementaux divers sont considérables. Il apparaît bien maintenant que le soutien à la production des agrocarburants a été donné par les gouvernements pour s’attirer les faveurs des lobbies de céréaliers, sucriers, oléoproducteurs.

Des filières plus «intelligentes» dites de 2e génération utilisant la dégradation des biomasses et déchets par divers agents biologiques ou nanotechnologiques, seraient sans doute plus productives. Encore ne faudrait-il pas, à nouveau, détruire les végétations naturelles pour produire biomasses et déchets. Ce sont des algues, du type de celles qui poussent abondamment dans les marécages d'eau salée ou saumâtre, qui semblent offrir la meilleure solution. On a estimé que 10 millions d'hectares de tels marécages pourraient suffire à satisfaire les besoins actuels des Etats-Unis en carburant pour véhicules. Encore faut-il les trouver. La meilleure façon de lutter contre le C02 reste donc bien la limitation de la consommation d’énergie.

http://www.ecologie.gouv.fr/-Developpement-durable-.html


Aldebaran Robotics lève 5 millions d'euros pour développer son robot Nao
Christophe Jacquemin
11/01/2008

Nao - Photo : Aldebaran RotobAldebaran Robotics (voir notre actualité du 20/01/07) annonce une levée de fonds de 5 millions d'€ auprès de CDC Innovation et I-Source Gestion en vue de la production industrielle de son robot Nao. “L'appui d'investisseurs de renom tels que CDC Innovation et I-Source Gestion est une excellente validation de nos choix technologiques et du business model de notre entreprise. Celle-ci a franchi des étBruno Maisonnier, PDG d'Aldebaran Roboticsapes majeures depuis sa création en 2005, et ce financement va nous permettre de renforcer nos équipes par des professionnels chevronnés, de livrer nos robots Nao aux équipes de la RoboCup, ainsi que de préparer son lancement grand public l'année prochaine.“, commente Bruno Maisonnier, PDG d' Aldebaran Robotics.

A la fois intelligent et communicant, Nao est un robot humanoïde de 60 cm de haut, entièrement programmable grâce à son ordinateur embarqué et destiné à des applications variées dans des domaines tels que l'éducation, les divertissements, l'assistance à domicile ou la sécurité.

La commercialisation est normalement prévue début 2009. Le prix de vente devrait avoisiner 3000 euros.
On ne peut que louer le dynamisme de cet start-up, qui démontre une fois de plus le génie français.


Actualités du quorum sensing
Jean-Paul Baquiast
11/01/20087

Nous avions précédemment signalé dans notre actualité du 18/01.03 l'importance de la découverte du phénomène dit quorum sensing par lequel les bactéries communiquent entre elles et, notamment, se mettent d'accord, quand elles sont en nombre suffisant, pour déclencher une invasion massive de l'hôte infecté, submergeant ses défenses immunitaires.

Sous le titre de "Learning the Language of Bacteria" numéro de novembre 2007 de l'American Chemical Society (Biology)], des scientifiques britanniques annoncent aujourd'hui avoir découvert le moyen de contrer le langage chimique qu'utilisent à cette fin les bactéries. Ceci pourrait conduire à des progrès dans la lutte contre les bactéries antibio-résistantes qui se développent actuellement de façon inquiétante (dites super-bugs dans le monde anglo-saxon).

Les chercheurs David Spring, Martin Welch et James T. Hodgkinson décrivent les composants qu'ils ont identifiés comme susceptibles de freiner les échanges entre bactéries responsables du quorum sensing ou d'autres activités collectives comme la formation de bio-films (photo). Il s'agirait d'une famille appelée N-acylated homoserine lactone (AHL).
Affaire à suivre donc.


 

 


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