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février-mars-avril
2011
L'eau
douce, le bien le plus rare et le plus précieux 
par Jean-Paul Baquiast et Christohe Jacquemin - 20/04/2011
Le livre de Laurence C. Smith, ("The World
in 2050", Dutton, 2010) auquel
nous avons déja fait allusion explique clairement
que l'eau douce est déjà et sera de plus en plus un
bien rare, d'autant plus menacé qu'il est indispensable à
l'ensemble des acivités humaines. D'ores et déjà,
l'agriculture en épuise dangereusement les réserves.
Le changement climatique les rendra de plus en plus insuffisantes.
L'Europe, pour une partie de son territoire, dispose
encore d'une situation hydrique relativement favorable. Il serait
scandaleux de mettre cet avantage en péril pour le profit
des intérêts gaziers et des consommations dispendieuses
encouragées par ceux-ci.
Nous ne pouvons donc que nous indigner de voir
publier des articles en faveur du gaz de schistes, comme le fait
le journal Les
Echos, le 18 avril dernier.
L'article attaque avec des arguments indéfendables ceux qui
se félicitent de voir remis en cause en France (pour combien
de temps?) les permis d'exploration de gaz de schistes. Qu'un journal
se prétendant sérieux publie un tel texte montre bien
les intérêts puissants qui ne s'avouent pas battus.
Ne nous faisons pas d'illusions, le combat de l'interdiction
n'est pas encore gagné.
PS
au 22/04.: Rendu public jeudi 21 avril, le rapport d'étape
sur les enjeux économiques, sociaux et environnementaux des
huiles et gaz de schiste commandé par le gouvernement se
révèle très favorable à la poursuite
des travaux de recherche et d'exploration. Le gouvernement montre
bien son double jeu, consistant à continuer à favoriser
des intérêts économiques destructeurs tout en
faisant patienter les opposants. La liste des titres des experts
auteurs du rapport n'impressionnera que les imbéciles. Le
document peut être téléchargé, ce jour,
à partir de http://www.developpement-durable.gouv.fr/Mission-d-inspection-sur-les-gaz.html
Voir
aussi notre article "Gaz
et huile de schiste,
catastrophe environnementale annoncée ?"
Plateforme
AFIA 2011 à Chambéry
en mai prochain 
par Jean-Denis MULLER
Vice-président de l'AFIA, président de la plateforme
AFIA 2011
14/04/2011
La
plateforme de l'Association Française pour l'Intelligence
Artificielle (AFIA) réunit, tous les deux ans, les chercheurs
francophones en Intelligence Artificielle.
Cette année, un effort important a été fait
pour présenter les applications concrètes de l'IA,
avec un ensemble d'animations grand public : exposition, démonstrations,
conférences-débats, café de la science...
L'AFIA
se tient à disposition des lecteurs de ce site pour tout
renseignement complémentaire.
On trouve l'affiche des événements grand public ici
: http://afia2011.org/dotclear2/index.php?pages/Affiche
06 86 87 12 56 - http://www.afia2011.org
Le
diagnostic de la sécurité dans les réacteurs
nucléaires 
par Jean-Paul Baquiast et Christohe Jacquemin - 04/04/2011
A
juste titre, on reproche actuellement à l'opérateur
nucléaire japonais TEPCO de ne pas donner beaucoup d'informations
sur ce qui se passe au coeur des réacteurs de la centrale
de Fukushima Daiichi, dont certains devraient souffrir de fusion
partielle. Ceci tient en partie au fait que nulle technique actuelle
ne permet d'y aller voir, la chaleur et les radiations détruisant
tous les capteurs que l'on pourrait imaginer d'y introduire. Pour
faire face à cette difficulté, les spécialistes
doivent alors faire appel à des techniques d'autopsie qui
sont proches de celles utilisées par les enquêteurs
sur la scène d'un crime. Il faut rassembler de nombreux indices
disparates, les soumettre à des traitements informatiques
sophistiqués et proposer des diagnostics qui restent hypothétiques
tant que l'auteur du délit n'a pas été clairement
mis à jour - ce qui peut demander des années....
Les industriels du nucléaire tels qu'Areva ont développé
depuis longtemps de tels logiciels, qu'ils proposent actuellement
à leurs collègues japonais, que l'on découvre
aujourd'hui démunis à cet égard. Ce fut l'accident
de Three Mile Island, devant lequel les régulateurs américains
s'étaient retrouvés aveugles, qui a obligé
au développement de tels logiciels. Ils prennent en compte
une grande quantité d'observables, des plus simples au plus
complexes, par exemple la nature et la radioactivité des
gaz et des particules successivement émises par un réacteur
au fur et à mesure que s'aggrave la fusion de son coeur et
l'écoulement du corium en résultant.
Les programmes d'analyse des risques et de la gravité des
accidents, dits codes de sécurité, («safety
codes») sont utilisés pour planifier les mesures de
sécurité devant être adoptées au fur
et à mesure que s'aggrave la situation, notamment les précautions
pour protéger les travailleurs, l'étendue de la zone
à évacuer, etc. Ces programmes, assez curieusement,
sont confidentiels. Ils relèvant de la propriété
de leurs développeurs. Leur utilisation est jugée
trop stratégique pour être laissée disponible
au profit de tous ceux qui prétendraient observer la situation
de sécurité sur le très grand nombre de centrales
nucléaires actuellement en opération dans le monde.
Malgré
l'augmentation de la fréquence des incidents de faible gravité,
les gouvernements se veulent avant tout rassurants, afin de ne pas
créer de panique dans le public. Si les autorités
nucléaires voulaient aggraver le rejet de cette forme d'énergie,
elles ne procéderaient pas autrement.
*
Pour plus de détails sur les codes et leur utilisation, on
peut se référer à cet article du "New
York Times" : http://www.nytimes.com/2011/04/03/science/03meltdown.html?_r=1
©
Automates Intelligents
Qualification
de l'Ensemble de Lancement Soyouz (ELS) à Kourou
par Jean-Paul Baquiast - 04/04/2011 
Le
site de lancement Soyouz de Kourou, l'ELS, vient d'être qualifié
bon pour le service. Il a été officiellement remis
par l'Esa à Arianespace, après avoir passé
avec succès les épreuves de réception. La construction
avait commencé en Février 2007, les spécialistes
russes venus du Kazakhstan ayant été installés
en 2008. Les éléments des deux premiers Soyouz sont
arrivés par mer en novembre 2009 afin d'être assemblés
sur place. Le Cnes avait été retenu comme maître
d'oeuvre principal.
Le site est identique à ceux du Kazakhstan et de Russie,
mais mis aux normes de sécurité européenne.
Un portique mobile de 45 m destiné à la protection
des charges a été notamment ajouté. De nouveaux
tests incluant le lanceur seront entrepris afin que le premier lancement
effectif puisse avoir lieu fin 2011. Il s'agit d'une coopération
importante, tant sur le plan industriel que stratégique,
entre l'Europe et la Russie.
La
Russie de sont côté, disposera d'un nouvel astroport
dans la région de l'Amour, la base spatiale Vostochny, qui
s'ajoutera à celles de Plesetsk et Baikonour. Elle tient
compte de l'expérience acquise à Kourou. La construction
commencera mi 2011 et devrait être terminée vers 2015.
http://www.spacedaily.com/reports/Soyuz_Launch_Site_Ready
_For_First_Flight_999.html
L'homo
Orcus
Jean-Paul Baquiast - 02/04/2011 
Il s'agirait d'un hominidé vivant encore parmi nous, y compris
dans les forêts du pays basque, déjà peuplées
du loup et de l'ours. Le récit documentaire réalisé
par Éric Audinet et Patrick Glotin.est remarquable. Il a
fait l'objet d'un film et d'une émission
sur Planète le 1er avril 2011 (et d'autres rediffusions).
Il serait
intéressant d'effectuer un sondage pour mesurer la proportion
des spectateurs qui auront été convaincus de l'existence
de cette espèce humaine encore inconnue, qui éventuellement
scruteront avec appréhension les ombres de la nuit autour
de leur jardin avec la peur de le voir s'y profiler.

Les
réserves d'énergie libre ne sont pas inépuisables
Jean-Paul Baquiast & Christophe Jacquemin
31/03/2011
Les
défenseurs des énergies renouvelables présentent
celles-ci comme des sources inépuisables, susceptibles à
l'extrême de satisfaire tous les besoins énergétiques
actuels de l'humanité, voire de nouveaux besoins fussent-ils
en forte croissance.
Axel
Kleidon, biochimiste au Max Plank Institute de Iena, vient de montrer
que cette croyance est erronée. Remplacer notamment les combustibles
fossiles et l'énergie atomique par des éoliennes ou
des panneaux solaires entraînerait une diminution sensible
de l'énergie fournie par le vent et la lumière solaire
au reste du globe, océans et terres émergées.
Ainsi des éoliennes en grand nombre pourraient modifier gravement
le régime des vents. La multiplication des panneaux solaires
empêcherait de réfléchir la lumière (dont
ils n'utilisent qu'une petite partie), contribuant ainsi au réchauffement.
C'est l'ensemble de la biosphère qui en serait perturbé.
Or c'est essentiellement de celle-ci (énergie verte) que
l'homme tire sa subsistance. On pourrait sans doute appliquer les
mêmes raisonnements à la géothermie.
Axel
Kleidon appuie ses propositions sur la thermodynamique loin de l'équilibre.
On a trop tendance à oublier que la deuxième loi de
la thermodynamique, précisée voici bientôt deux
siècles par Sadi Carnot, est incontournable. Générer
de l'énergie à partir d'un gradient thermodynamique
signifie extraire de l'énergie d'un autre gradient. Or la
seconde loi fixe des limites indépassables à la quantité
d'énergie ainsi obtenue. Appliquée au système
thermodynamique complexe qu'est la Terre en relation avec l'énergie
solaire, cette approche montre que les limites dans les capacités
d'extraction de l'énergie dite libre sont vite atteintes.
Les
optimistes diront que les générateurs éoliens
ou solaires ne deviendront jamais si nombreux qu'ils puissent perturber
les équilibres thermodynamiques naturels - ceci d'autant
plus que leur production plafonnera vite car faisant pour le moment
appel à des matières premières qui seront de
plus en plus rares. Il reste que les calculs de Axel Kleidon devraient
désormais être pris en compte dans la définition
du mix énergétique auquel l'humanité fera globalement
appel dans les décennies prochaines. On constatera à
nouveau qu'en toutes hypothèses, l'énergie la plus
sûre sera celle que l'on économisera.
Sources
* Axel Kleidon. How does the earth system generate and maintain
thermodynamic disequilibrium and what does it imply for the future
of the planet ? http://arxiv.org/abs/1103.2014
* Voir aussi Mark Buchanan:
http://www.newscientist.com/article/mg21028063.300-wind-
and-wave-energies-are-not-renewable-after-all.html?full=true
* Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Deuxi%C3%A8me_principe_
de_la_thermodynamique
Contamination
radioactive. Risques d'accumulation
31/03/2011

Le danger potentiel lié aux
fuites de particules radioactives provenant de la centrale japonaise
de Fukushima ne tient pas seulement à leur importance instantanée
mais à leur durée. Les particules ne sont pas détruites
et s'accumulent. Dans certaines zones, même éloignées
du Japon, elles pourraient atteindre des niveaux dangereux, tant
que les émissions n'auront pas été stoppées.
Or pour le moment, rien de tel ne peut être espéré,
les autorités japonaises semblant dépassées.
En France, par exemple, la Commission
de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité
(CRIIRAD)
a détecté un faible taux d'iode 131 dans l'eau de
pluie. Celle-ci n'est pas dangereuses, mais l'inquiétude
demeure quant à l'accumulation de ces doses de radioactivité
sur le sol, dans l'eau et dans la chaîne alimentaire. Tant
que la centrale relâchera des isotopes radioactifs, la contamination
de l'air se prolongera. La CRIIRAD estime que cumulée sur
les 15 jours à venir, la retombée en iode 131 pourrait
atteindre plusieurs centaines de Becquerels par mètre carré.
Le taux reste encore faible mais commence à ne plus être
négligeable.
L'iode 131 est émis sous
forme de gaz, puis une partie se fixe sur des particules d'air.
On considère que 80% de ce polluant radioactif se présente
sous forme de gaz dans l'air.
Robots
d'intervention sur sites fortement radioactifs
Jean-Paul Baquiast et Jacques Maudoux
29/03/2011 
Nombre
de personnes au fait des performances de la robotique moderne se
demandent pourquoi les Japonais si férus de robotique n'utilisent
pas de tels auxiliaires pour remplacer ou compléter les humains
dans les zones les plus contaminées de la centrale de Fukushima.
On se souvient que les Soviétiques avaient fait appel à
des robots sur le site de Tchernobyl. Mais il s'agissait de machines
très primitives, vite incapacités par la chaleur,
les poussières et les radiations. Aujourd'hui, la robotique
moderne pourrait-elle faire mieux?
La firme américaine iRobot de Rodney Brooks a envoyé
au Japon 4 robots, deux légers et portables dits Packbot
(http://www.irobot.com/gi/ground/510_PackBot)
et deux plus lourds, destinés en principe aux armées
et non encore mis en vente, des Warrior (http://www.irobot.com/gi/ground/710_Warrior/).
Ces robots dépendent d'un contrôle à distance
assuré par un opérateur humain. Des câbles en
fibre optique peuvent prendre le relais en cas de détérioration
des liaisons radio. IRobot a formé des spécialistes
japonais, mais on ne sait si les robots ont été mis
en service.

Manifestement,
les Japonais, notamment la compagnie TEPCO, actuellement mise en
accusation dans l'opinion pour son imprévoyance, ne souhaitent
pas jusqu'à ce jour faire appel à ce genre d'assistance
étrangère, montrant ainsi qu'ils n'avaient pas pensé
à se préparer. On peut douter il est vrai de la capacité
à maintenir le contrôle dans une ambiance hautement
radioactive. Les capteurs actuels sont bien trop sensibles.
En
France cependant, le groupe Intra (http://www.groupe-intra.com/pages2/intervention/moyens1.htm),
spécialisé dans les travaux publics et les chantiers
lourds, a développé des robots spécifiquement
étudiés pour intervenir dans des zones dangereuses,
éventuellement fortement radiatives. Leurs concepteurs les
estiment il est vrai mieux adaptés à des tâches
de décontamination et nettoyage (par exemple de combinaisons
ou d'outils contaminées) que pour des opérations de
déblaiement ou l'exploration.
Il
est très probable que dans l'avenir, Areva, fortement impliquée
dans la sécurité nucléaire et qui vient d'ailleurs
d'être sollicitée par le Japon, va s'appuyer sur cette
actualité pour faire développer une filière
de robots lourds susceptibles d'entreprendre des opérations
complexes sur des sites en crise nucléaire ouverte.
La
solution des éoliennes flottantes
Jean-Paul Baquiast & Christophe
Jacquemin - 29/03/2011 

Les
industriels et les écologistes ne sont pas encore d'accord
sur l'intérêt des éoliennes de nouvelle génération
au regard du bilan carbone/matières premières qu'elles
présentent par rapport à d'autres sources d'énergie
renouvelables. Mais il est quasi certain cependant que de plus en
plus de pays encourageront leur mise en place. Il est donc intéressant
de rechercher les solutions les plus avantageuses compte tenu des
critères généralement admis pour déterminer
ce que l'on nomme le «mix» énergétique.
Pour
les pays disposant d'accès à des mers suffisamment
profondes, comme c'est le cas généralement en Europe,
il apparaît que la solution des éoliennes flottantes
amarrées à des bouées représente une
option préférable à celle des éoliennes
sur plateformes implantées dans des eaux littorales. Elles
peuvent être situées relativement loin des côtes,
dans des zones où les vents sont forts et réguliers,
à l'écart des eaux très fréquentées.
Elles peuvent par ailleurs être montées à terre
avant d'être remorquées sur place. Le cas échéant,
elles peuvent être déplacées ou ramenées
à terre pour maintenance.
La
plus accomplie de telles éoliennes-bouées semble être
le modèle Hywind conçu par la firme norvégienne
Statoil. Il s'agit d'un modèle encore susceptible de nombreuses
améliorations, mais qui paraît d'ores et déjà
très performant. La tour émergée est de 65m,
le diamètre du rotor de 80m et le flotteur immergé
de 100m. L'ensemble, même soumis à des vents forts
n'oscille que de quelques degrés au sommet. Il est mouillé
à 8 miles depuis fin 2009 au large de l'ile de Karmoy, à
l'ouest de Stavanger. La puissance produite est de 50% de la puissance
potentielle qui est de 2,3 megawatts. Son poids est de 200 t. Rappelons
que l'EPR de Areva est prévue pour délivrer 1.600
megawats.
Statoil
envisage après 2 années d'essais de proposer des turbines
moitié moins lourdes, sensiblement moins coûteuses
et développant 5 megawatts. Des fermes de 15 megawatts seraient
rentables pour des pays tels que l'Espagne, le Portugal et le Japon.
Pour la Grande Bretagne qui compte réaliser 25% de son mix
énergétique avec l'éolien, le nombre de turbines
à installer sera considérable. Tout ne pourra pas
être confié à des éoliennes à
terre ou sur des plates-formes continentales. La solution des bouées
au large s'imposera.
Pour
en savoir plus
http://www.goodideas.statoil.com
Impact
d'astéroïdes sur Mars
10/03/2011 
Cette
image a été obtenue par l'orbiteur européen
Mars Express. Elle montre un cratère d'impact sur Mars, situé
à 21 degrés S / 55 degrés E., probablement
produit par un train d'astéroïdes (d'où la forme
allongée).
Les dimensions de ce cratère sont considérables :
78 km de long, 10 à 25 km de large pour une profondeur de
2 km.
Pour
en savoir plus
http://www.marsdaily.com/reports/The_Scars_Of_Impacts_
On_Mars_999.html
Ravitaillement
en vol des drones de haute altitude
10/03/2011 
«High
altitude long endurance (HALE) unmanned aircraft systems (UAS)»
: c'est le nom donné par Northrop Grumman, la Darpa et la
Nasa à une série d'essais pour ravitailler en vol
les drones destinés à réaliser des observations
à très haute altitude (plus de 15.000 m).
Il s'agira pour cela d'utiliser des drones ravitailleurs, afin de
minimiser les risques. Un premier test vient d'être réussi
en janvier.
Les appareils
utilisés sont pour le moment le Global Hawk de la Nasa et
le Northrop Grumman Proteus. On imagine les difficultés à
résoudre, même si l'opération n'est pas entièrement
automatisée. Dans l'avenir, le réseau d'observation
dont dispose déjà l'Air Force et la Nasa pourra être
densifié et rendu permanent à moindres frais.
Des
drones à voile pour démazouter la mer (par
Etienne Gernez)
10/03/2011

Le
projet Protei a été développé à
la suite de la pollution du golfe du Mexique due à la catastrophe
de la plateforme BP Deepwater Horizon. Bien d'autres zones maritimes
polluées en surface d'une façon dense pourraient bénéficier
d'un tel programme. Protei est mis au point selon la formule intéressante
de l'Open source, permettant aux développeurs de mutualiser
leurs expériences.
Il
s'agit de réaliser des drones à voiles peu coûteux
et semi-autonomes, capables de remonter au vent et de draguer les
filets de pétrole dérivant sous le vent. Ils traînent
des boudins absorbants qui peuvent en suite être collectés
et traités avec le minimum de main-d'oeuvre.
Pour
en savoir plus
Protei
: https://sites.google.com/a/opensailing.net/protei/home
Article
: http://www.good.is/post/protei-an-open-source-fleet-of-oil-spill-
cleaning-robot-drones/
Des
nanoparticules pour simuler des vaccins
28/02/2011 

On s'interroge souvent sur le rôle thérapeutique des
nanoparticules, dont on dénonce au contraire les effets toxiques.
L'exemple d'un tel rôle thérapeutique vient d'être
démontré, en réponse à une question
jusqu'ici sans réponse : comment est acquise l'immunité
post-vaccinale pouvant se prolonger pendant des décennies
dans le cas de certaines maladies virales comme la variole ou la
fièvre jaune ? On est surpris de découvrir que les
scientifiques n'en avaient pas encore une explication claire. Les
vaccins utilisent des virus atténués qui stimulent
la production d'anticorps. Mais pourquoi l'immunité demeure-t-elle
si longtemps après la vaccination initiale, c'est-à-dire
après la disparition du vaccin ?
Des biologistes
du centre de vaccination de l'Université d'Emory, Atlanta
(Emory Vaccine Center http://www.vaccines.emory.edu/)
ont réalisé des nanoparticules analogues en taille
et en propriétés au virus de la fièvre jaune.
Ces particules induisent une immunité à vie chez la
souris. Elles sont faites de polymères biodégradables
et comportent des composants qui activent deux parties différentes
du système immunitaire. Elles peuvent être utilisées
de façon polyvalente, en face de divers virus ou bactéries.
Le vaccin contre
la fièvre jaune a été développé
dans les années 1930 par le prix Nobel Max Theiller. L'équipe
de l'Université Emory avait il y a quelques années
montré que ce vaccin stimulait des récepteurs nommés
Toll-like Receptors ou TLRs (du nom de la protéine
induite par le gène Toll chez la drosophile - voir article
de Wikipedia référencé ci-dessous) dans le
système immunitaire. Ces récepteurs se trouvent aussi
bien chez les insectes que chez les mammifères et de nombreux
autres animaux. Il s'agit de molécules exprimées par
les cellules et qui sont sensibles à certains éléments
structurés des virus, bactéries et parasites. Elles
sont indispensables à l'activation du système immunitaire,
après contact avec le virus.
Les TLRs seraient ainsi l'équivalent d'un sixième
sens dont le corps serait doté. Ils disposeraient d'une sensibilité
particulière à l'égard des virus et bactéries,
dont ils détecteraient la présence afin d'informer
le système immunitaire. Mais pour obtenir la meilleure réponse
immunitaire possible, les stratégies vaccinales ont intérêt
à activer plusieurs sortes de TLRs. Or les virus et les vaccins
nécessaires ne sont pas toujours disponibles ou pas disponibles
en quantité suffisante. L'objectif était donc de créer
une particule synthétique qui puisse avoir la même
propriété. C'est ce qui vient d'être fait.
L'équipe a réalisé une particule synthétique
qui devrait pouvoir servir de plateforme pour construire des vaccins
améliorés intéressant des infections existantes
ou émergentes. Elle comporte un composant propre aux parois
cellulaires des bactéries et un autre simulant les effets
de l'ARN viral. Elle est par ailleurs biodégradable. Elle
se comporte donc en activateur du vaccin plus efficace que l'alun
jusqu'ici autorisé. Chez la souris, la particule stimule
la production d'anticorps contre le virus de la grippe ou la bactérie
de l'anthrax avec une efficacité plusieurs fois supérieure
à celle du vaccin seul. Par ailleurs les cellules ainsi immunisées
persistent dans les ganglions lymphatiques pendant au mois 18 mois,
soit la durée de vie moyenne de la souris. Des résultats
comparables seraient obtenus chez le singe.
Pour
en savoir plus
Article
de Nature: doi:10.1038/nature09737 S.P. Kasturi et al. Programming
the magnitude and persistence of antibody responses with innateimmunity.
Nature (2011).
Voir aussi:
Article
de Eurekalert :
http://www.eurekalert.org/pub_releases/2011-02/eu-vnc022111.php
Sur
les TLRs, article de Wikipedia :
http://en.wikipedia.org/wiki/Toll-like_receptor
Dernière
mission de la navette Discovery
28/02/2011 
La
navette américaine Discovery a réussi son dernier
accostage avec la Station Internationale (IST) le 26 février.
Ceci au terme d'une manoeuvre audacieuse, sinon risquée qui
a communiqué à l'IST un fort roulis long à
s'amortir. En livrant le module japonais HTV, elle a complété
la gamme des contributions internationales à l'ensemble,
qui comprennent donc les vaisseaux russes Progress et Soyouz, l'ATV
européen (voir notre brève ci-dessous) et le robot
canadien Dextre installé en 2008. L'ensemble pèse
dorénavant 540 tonnes.
La navette a par ailleurs livré un personnage très
attendu, le Robonaut 2 ou R2, robot humanoïde réalisé
par General Motors et la Nasa, qui deviendra un hôte permanent
de l'IST.
Le programme des navettes se terminera en avril avec la dernière
mission d'Endeavour et en juin avec celle d'Atlantis. Il s'écoulera
ensuite un nombre d'années indéterminé avant
que l'Amérique puisse disposer d'une liaison avec l'IST.
Tout reposera dorénavant sur les Russes et le cas échéant
aussi sur l'Esa si celle-ci décidait de transformer l'ATV
en capsule habitable. Cette véritable «démission»
de la Nasa en dit long sur le recul de l'influence des Etats-Unis
dans les grands programmes spatiaux. Beaucoup la considère
comme une véritable défaite de l'américanisme
au regard de l'influence montante des pays émergents.
* Sur Robonaut2, voir
http://robonaut.jsc.nasa.gov/default.asp
La
téléconnection globale
27/02/2011
"Téléconnection
globale" : nous pourrions traduire par ce terme le concept
de Telecoupling présenté au symposium de l'American
Association for the Advancement of Science du 18 février
par le Pr Jack Liu, directeur du Human-Nature Lab/Center for
Systems Integration and Sustainability de l'Université
du Michigan. Il ne s'agit pas de décrire des phénomènes
devenus banaux comme la multiplication des liens par Internet ou
les liaisons wi-fi à courte distance entre divers objets
communicants.
Le concept est beaucoup plus ambitieux. Il veut rendre compte de
la façon dont l'humain quelque peu branché se trouve
impliqué du fait de la multiplication et de la diversification
des processus coactivés d'échange, dans un grand nombre
d'événements proches ou distants susceptibles de déterminer
dans le détail ses comportements et ses pensées.
La
téléconnection globale ("Telecoupling of Human
and Natural Systems) décrite lors du symposium s'établit
dorénavant, selon les intervenants, entre les humains et
les systèmes naturels, systèmes biologiques, géophysiques,
climatiques. Il fait éclater les frontières et permet
à la planète tout entière de s'inter-connecter
à des échelles et selon des modes jusqu'ici impossibles.
Les systèmes peuvent se trouver reliés d'un bout du
monde à l'autre, sans considérations de temps et de
lieux. Ceci illustre bien le concept que nous avons nous-mêmes
développé de «systèmes anthropotechniques».
Ceci
entraîne des conséquences en matière de protection
de l'environnement et de la biodiversité. On pensait jusqu'alors
que les liens entre causes et effets s'établissaient à
une échelle locale, faute de vecteurs globaux de connexion.
On découvre maintenant qu'il n'en est rien. Les facteurs
locaux demeurent importants, mais ils ne sont plus prédominants.
On
estimera sans doute que le concept de Telecoupling ne paraît
guère original s'il est défini en ces termes généraux.
Tout en fait dépendra des domaines et des instruments qui
seront choisis par les chercheurs pour mettre en valeur sa pertinence.
De nouvelles dynamiques doivent alors être identifiées
et faire l'objet d'une information convenable afin qu'il en soit
tenu compte par ceux qui cherchent à comprendre l'évolution
globale.
* source
http://news.msu.edu/story/8936/&topic_id=13
Piloter
une voiture par la pensée
27/02/2011
Selon
la revue britannique New Scientist, des chercheurs de l'Université
Libre de Berlin ont développé une automobile dont
la vitesse et la direction seraient commandées directement
par le cerveau du conducteur. La voiture, une Passat, est dotée
de différents instruments de pilotage automatique, tels que
différents types de radars et des caméras stéréoscopique.
Sans intervention du conducteur, elle peut d'elle-même détecter
et éviter les obstacles dans un rayon de 200 m.
Le
conducteur est ici équipé d'un casque approprié
comportant 16 capteurs électroencéphalographiques
et peut reprendre le contrôle de façon purement mentale,
c'est-à-dire sans toucher au volant. Pour ce faire, les capteurs
utiliseraient certains patterns d'ondes cérébrales
émises par le cerveau du conducteur. Les chercheurs, semble-t-il,
n'ont pas donné de précision sur la nature de ces
patterns.
Le
casque d'une valeur de 300 $ et son logiciel ont été
réalisés par la société américaine
Emotiv . Celle-ci se propose de commercialiser de tels dispositifs
à bas prix pour de nombreuses applications ludiques ou thérapeutiques.
Il est intéressant de noter que dans ces domaines, la technologie
permet d'utiliser des mécanismes cérébraux
encore mal connus. Ils ont été observés expérimentalement
dans certaines conditions, mais leurs bases neurales précises
restent encore à explorer.
Pour
en savoir plus
Article
de New Scientist :
http://www.newscientist.com/blogs/onepercent/2011/02/
mind-control-puts-you-in-charg.html
Emotiv,
Brain-computeur interfaces : http://www.emotiv.com/
Le
décrochage prévisible de la science américaine
27/02/2011
Caroline
Wagner, chercheuse de la Penn State University (USA), a présenté
le 18 février 2011 au congrès annuel de l'American
Association for the Advancement of Science des conclusions pessimistes
concernant le développement prévisible des sciences
et des technologies aux Etats-Unis. Pour la prochaine décennie,
elle prévoit l'émergence d'un «Système
scientifique global» dans lequel l'Amérique sera certes
un des grands acteurs mais n'en sera plus le leader. Différents
indices permettent d'étayer ce jugement, notamment le nombre
des articles publiés par les chercheurs. Ce sera moins le
nombre de ces derniers qui diminuera dans l'absolu, mais l'apparition
de nombreux autres concurrents, notamment en Chine et en Inde.
La Chine devrait ainsi publier en 2015, selon la tendance actuelle,
plus d'articles que les Etats-Unis, et ceci dans tous les domaines
de la science. Leur qualité, qui laisserait encore à
désirer, devrait s'améliorer rapidement.
Caroline Wagner considère que les solutions actuellement
envisagées par l'administration Obama pour remédier
à cette perte relative de compétence (augmenter les
crédits de recherche) ne suffiront pas. Il faudrait ouvrir
davantage la recherche américaine en l'associant avec celle
des autres parties du monde. Ceci implique "partage de compétence",
c'est-à-dire encourager la constitution d'équipes
communes avec des universités concurrentes. Le développement
des échanges par Internet ne peut à cet égard
remplacer les échanges physiques. Mais pour le moment, outre
les coûts dus aux transports et à l'hébergement,
différents obstacles s'y opposent, notamment les mesures
de contrôle dites «anti-terroristes» imposées
par la National Security Agency (NSA).
Ajoutons pour notre part que vue la façon dont les services
américains en charge de la guerre économique conçoivent
les échanges internationaux entre chercheurs, on peut comprendre
que les pays émergents soient peu tentés de collaborer
avec les universités américaines.
Notons par ailleurs que le rapport n'a pas mentionné la recherche
européenne comme susceptible de représenter une quelconque
menace pour la science américaine. Nous nous demandons bien
pourquoi...
Référence
:
http://www.eurekalert.org/pub_releases/2011-02/ps-uwn020311.php
Un
robot Oiseau mouche
27/02/2011
Un
petit robot aérien, imitant à s'y méprendre
dans son vol (voir vidéo) un oiseau-mouche ou colibri vient
d'être réalisé pour le compte de la Darpa par
la société AeroVironment. Baptisé Nano
Hummingbird, le robot est doté de deux ailes battantes
à grande vitesse simulant celles d'un colibri, qui lui servent
aussi bien pour la sustentation que pour le contrôle du vol.
Il emporte avec lui sa propre source d'énergie et une vidéo
caméra. Radio-contrôlé par un opérateur
au sol, il accomplit différentes figures parfaitement comparables
à celles d'un véritable oiseau. Ceci le rend difficilement
identifiable. L'envergure du robot est de 16 cm. Il pèse
20 g.
Dans un premier temps, il est prévu des missions d'observations,
particulièrement à l'intérieur d'immeubles
disposant d'ouvertures à travers lesquelles cet oiseau-mouche
pourra pénétrer et où l'opérateur humain
se repérera grâce aux images obtenues par la caméra.
Le robot vient de passer avec succès tous les tests de réception
imposés par la Darpa à l'entreprise. On pourrait se
réjouir de cette réalisation, qui pourrait servir
de plateforme pour développer de nombreuses applications
pacifiques. Evidemment la Darpa lui assigne des finalités
militaires, notamment localiser à terme avec précision
un objectif à l'intérieur d'un immeuble, afin de guider
un tir de missile entraînant le moins de dégâts
collatéraux possibles.
* Voir http://www.avinc.com/resources/press_release/aerovironment_
develops_worlds_first_fully_operational_life-size_hummingbird
L'illusion
de posséder trois bras
26/02/2011
Des
neuro-scientifiques du Karolinska Institutet de Stockholm ont réalisé
une illusion perceptive au terme de laquelle une main droite en
caoutchouc, placée à côté de la vraie
main droite d'un sujet est ressentie par ce dernier comme un membre
surnuméraire appartenant à son propre corps. Ceci
pourrait conduire à développer des solutions non-invasives
pour l'assistance aux paralysés.
La
main artificielle doit être entièrement visible par
le sujet et proche de la sienne. Dans ce cas, des attouchements
sur la main artificielle sont transmises par la peau dans les mêmes
conditions que des attouchements sur la vraie main. La main artificielle
emprunterait certains des processus multisensoriels liés
à la main réelle, en les dupliquant. D'où l'impression
de posséder deux mains droites. Pour les scientifiques, ceci
apporte la preuve de la grande malléabilité des représentations
du corps que peut générer le cerveau, considérées
jusqu'à présent au contraire comme extrêmement
rigides.
Nous
pensons que cette découverte mériterait de nombreux
commentaires, vu son caractère quasi révolutionnaire.
On peut s'étonner d'ailleurs qu'elle n'ait pas été
faite plus tôt
*
Ref.: Guterstam A, Petkova VI, Ehrsson HH (2011) The Illusion of
Owning a Third Arm. PLoS ONE 6(2): e17208. doi:10.1371/journal.pone.0017208
(open access)
http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2F
journal.pone.0017208
Marathon
pour robots humanoïdes au Japon
26/02/2011
Organisé
par par la firme Vstone Co en coopération avec la ville d'Osaka,
le premier marathon pour robots "Robo Mara Full" s'est
déroulé au Japon le 23 février dernier àOsaka.
Le parcours était de 42 Km, à réaliser en 4
jours, la piste de 100 m étant abritée sous un hangar.
Les compétitions s'adressaient à des robots bipèdes
d'une quarantaine de cm, mus par des batteries rechargeables.
Nous n'avons
pas de détails sur le degré d'autonomie des compétiteurs.
Rappelons cependant que la marche bipède représente
à elle-seule un challenge important pour un robot.
*
Article
de Physorg et video
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