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Octobre- Novembre 2008
L'avion
Rafale mettant en orbite de petits satellites ?
Christophe Jacquemin - 09/11/2008 
L'avion
Rafale mettant sur orbite de petits satellites de 50 à 300
kg ? C'est en tous cas ce que contiendrait le projet d'études
européen "Aldebaran" initié par le CNES
et les agences spatiales allemande et espagnole.
Des sociétés telles que EADS Astrium ST, EADS CASA,
Dassault, Snecma, SPS, SME et Bertin participeraient également
à ce projet.
Si tout a pu être imaginé par les ingénieurs,
depuis un lanceur tiré d'un ballon de façon à
profiter de l'altitude acquise, ou encore depuis la soute d'un avion
gros porteur (tel l'Airbus A 380), voire même d'un drone géant
(qui resterait à construire), une solution semble être
aujourd'hui privilégiée : le MLA "Trimaran",
micro-lanceur tiré depuis une altitude de 10 km par un avion
de chasse de type Rafale..
Objectif
de cette étude: prouver le concept tester dans les conditions
particulières d'un vol spatial, des techniques innovantes
qui pourraient ensuite être utilisées sur le successeur
d'Ariane V, vers 2025.
Au menu des innovations : un moteur fonctionnant au méthane,
des structures composites ultra légères intégrant
du lithium, de nouveaux systèmes électriques ne pesant
presque rien...
Placé sur le Rafale et pour laisser suffisamment de place
aux trains d'atterrissage, le système serait composé
de trois parties : un corps central à deux étages
portant le satellite entouré de 2 boosters.

Quelles
que soient les architectures retenues par les Agences, le projet
ne serait pas proposé aux financement des Etats avant 2 ans...
Coût estimé : quelque 350 millions d'euros...
Localisation
et cartographie simultanées (SLAM) chez les animaux
Jean-Paul Baquiast - 19/10/2008 
Nous
avions voici quelques années attiré l’attention
sur la technique de navigation et de cartographie dite SLAM,
Simultaneous Localisation And Mapping(1). Elle permet
à des robots de construire des cartes dans l’environnement
au sein duquel ils se déplacent, à partir desquelles
ils pourront ultérieurement se situer avec précision,
le tout évidemment.sans GPS Nous avions expliqué
que cette technique, sur laquelle nous ne reviendrons pas
ici, n’était qu’une amélioration
de celle utilisée par les premiers navigateurs explorant
des côtes inconnues. Ils ne pouvaient alors utiliser
que le loch et le compas (boussole), ceci afin d’estimer
les distances parcourues dans tel ou tel cap magnétique
significatif.
Les
neuroscientifiques découvrent aujourd’hui que
les cerveaux de nombreux animaux disposent de cellules spécialisées
qui leur permettent de dresser des «cartes» des
territoires qu’ils explorent, afin de s’y positionner
et d’y naviguer sans erreurs. L’observation des
cerveaux de rats, par exemple, a fait apparaître l’existence
de neurones spécialisés dans les trois fonctions
indispensables à cette fin. Il s’agit des neurones
dits « place » qui sont associés à
des lieux reconnus comme significatifs par l’animal,
« head direction » qui mémorisent l’angle
que fait le regard avec l’axe principal du corps lorsque
le rat observe des points significatifs, et « grid »
qui construisent un réseau des différents lieux
et vecteurs directionnels ainsi mémorisés, afin
de construire la carte d’ensemble où le rat se
situera lorsqu’il revisitera un espace déjà
exploré.
S’appuyant
sur ces bases, les chercheurs Michael Milford et Gordon Wyeth
de l’université de Queensland ont construit un
système à base de réseaux neuronaux qui
permet à un véhicule robotisé de cartographier
un itinéraire routier au sein duquel il peut se localiser
avec une grande précision. Une communication sera faite
à ce sujet dans un prochain numéro de IEEE
Transactions in Robotics.
C’est
très bien pour les robots. Mais nous pensons que la
question des capacités de SLAM dont disposent les mammifères
et sans doute aussi les oiseaux mériterait d’être
étudiée avec encore plus d’attention qu’elle
ne semble l’être. Comment a été
acquise la spécialisation des neurones en charge de
cette fonction ? Comment le cerveau s’en sert-il pour
procéder à des positionnements et à des
navigations apparemment de grande précision ? Et par
ailleurs comment les humains utilisent-ils ces capacités
génétiquement héritées, en les
améliorant à l’usage ? Elles ont certainement
joué un grand rôle dans les premières
explorations terrestres et maritimes, en inspirant peut–être
les premiers cartographes.
Dans
une précédente chronique, nous avons indiqué
que l’hippocampe des cerveaux des chauffeurs de taxi
londoniens présentait un fort développement
des aires cérébrales comportant les neurones
«place», «head direction» et «
grid». Avant l’invention du GPS, ces professionnels
avaient été obligés de mémoriser
« de tête » un réseau de voies réputé
par sa complexité. Comme quoi l’humain peut faire
aussi bien que le rat(2).
(1)
Voir notre article "Simultaneous
Location and Mapping - Positionnement et cartographie simultanés"
(2) Voir notre actualité du 26 septembre 2008 : "Lhippocampe
comporte une centrale de navigation"
Le
prix Nobel de physiologie et de médecine attribué
à deux Français et un Allemand
Christophe Jacquemin - 06/10/2008 
Le
prix Nobel de physiologie et de médecine a été
décerné le 6 octobre à l'Allemand Harald zur
Hausen et aux Français Françoise Barré-Sinoussi
et Luc Montagnier pour leurs travaux séparés sur les
virus responsables du cancer de l'utérus et le sida.
Harald
zur Hausen, 72 ans, chercheur à l'université de Düsseldorf
et directeur scientifique pendant vingt ans du centre de recherche
allemand sur le cancer d'Heidelberg, est récompensé
pour avoir trouvé la cause du cancer de l'utérus,
le "virus du papillome humain" ou papillomavirus (VPH),
deuxième type de cancer le plus répandu chez les femmes.
"Sa découverte a permis de caractériser l'histoire
naturelle de l'infection au VPH, une compréhension des mécanismes
de la carcinogénèse induite par le VPH et le développement
de vaccins prophylactiques contre l'acquisition du VPH",
déclare le comité Nobel dans son communiqué.
Françoise
Barré-Sinoussi, 61 ans, directrice de recherche à
l'Inserm, et Luc Montagnier, 76 ans, directeur de recherche émérite
au CNRS, reçoivent quant à eux le Nobel pour la découverte
du virus immunodéficitaire HIV, responsable du sida. Grâce
à cette découverte, il a été possible
de développer rapidement une panoplie de thérapies,
donnant de nombreux espoirs aux malades. Il témoigne aussi
de l'engagement sans relâche de ces deux pionniers, depuis
1983 au sein de l'Institut Pasteur, pour identifier la présence
d'un rétrovirus chez les patients atteints d'une immunodéficience
dont on ignorait l'origine. "La découverte a été
essentielle à la compréhension actuelle de la biologie
de cette maladie et à son traitement anti-rétroviral",
souligne le comité Nobel dans son communiqué.
Suite aux premiers signalements du syndrome de l'immunodéficience
acquise en 1981 en Californie et à New York, ils avaient
réussi à isoler le virus responsable en 1983, baptisé
à l'époque "Lymphadenopathy Associated Virus
" ou LAV. Le professeur Montagnier dirigeait les recherches
au sein l'Institut Pasteur, tandis que Françoise Barré-Sinoussi
était l'auteur principal de la première publication
scientifique parue le 20 mai 1983 dans le prestigieux journal Science(1).
"La découverte a été essentielle à
la compréhension actuelle de la biologie de cette maladie
et à son traitement anti-rétroviral", souligne
le comité Nobel dans son communiqué, qui indique que
"25 ans après cette découverte, a été
acquise une remarquable connaissance de cette nouvelle pandémie".
On peut se réjouir qu'une femme soit ici couronnée,
ce qui est assez rare pour être signalé.
(1)
"Isolation of a T-lymphotropic retrovirus from a patient at
risk for acquired immune deficiency syndrome (AIDS)", par F
Barre-Sinoussi, JC Chermann, F Rey, MT Nugeyre, S Chamaret, J Gruest,
C Dauguet, C Axler-Blin, F Vezinet-Brun, C Rouzioux, W Rozenbaum,
and L Montagnier, Science - Vol 220, Issue 4599,pages 868-871, mai
1983.
Lire l'abstract :
http://www.sciencemag.org/cgi/content/abstract/220/4599/868
Pour en savoir
plus :
Communiqué
de presse du Comité Nobel (en anglais) :
http://nobelprize.org/nobel_prizes/medicine/laureates/2008/press.html
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