Automates
Intelligents utilise le logiciel
Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront
alors définitions, synonymes et expressions constituées
de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi
d'accéder à la définition du mot dans une
autre langue.
Nous avons reçu ce texte d'Alexandre Gherban, que nous publions
avec la préface ci-dessous.
Automates-Intelligents
Comme une suite à l'entretien avec Michel Bret, que vous
avez eu l'amabilité de publier,
j'aimerais vous faire connaître le travail artistique qui
m'occupe actuellement. Il s'agit de réaliser un questionnement
sur la forme numérique, ses liens avec les automates cellulaires,
les relations entre les domaines de recherche en vie artificielle
et les problèmes esthétiques de fond (car j'ai une
longue pratique artistique classique, puis informatique).
Récemment j'ai fondé avec deux collègues Philippe
Bootz et Tibor Papp (pionniers de la littérature électronique)
un groupement de recherche, nommé "transitoire observable",
dont le but est de mener une réflexion actualisée
sur la production de formes artistiques numériques réalisées
par programmation et se diversifiant dans les champs de l'image
, du son ou du langage. Nous ont rejoint: Michel Bret, Jean Pierre
Balpe, Philippe Castellin, Patrick Burgaud, Antoine Schmitt, Louis
Bec, Wilton Azevedo. Notre ambition et nos critères sont
la rigueur , la qualité dans la réflexion et les démarches
conséquentes. Vous trouverez ci-dessous le texte fondateur
de cette démarche.
Nous invitons toutes personnes intéressées à
prendre contact.
Seuil de Recherches et de Création
sur les Formes Procédurales Transitoires Observables
Les
conceptions et l'utilisation du dispositif informatique ont évolué
à travers les nombreuses démarches artistiques depuis
l'origine de l'art numérique. Plusieurs perspectives formelles
attachés à l'utilisation de ce dispositif se dégagent
aujourd'hui. Dans cet ensemble riche, nous distinguons une voie,
la mieux adaptée à notre avis pour approcher ce qui
peut être nommé sans ambages une uvre numérique.
Cette voie est la production des formes procédurales transitoires
observables, formes informatiques indépendantes, ancrées
dans la programmation et dotées d'une grande autonomie. La
matière première utilisée pour produire ces
formes n'est ni le son, ni l'image, ni le texte ni un quelconque
mixage de ces trois médias, mais un ensemble de processus
codés, supports immédiats, qui viennent et s'imposent
en tout premier lieu dans la mise en forme de nos projets créateurs.
Qu'il soit bien clair que la voie que nous suivons est tout entière
située dans le champ de l'art, même si la programmation
est un outil indispensable dans la production de nos formes, le
premier outil. Nous n'utilisons la programmation que dans la stricte
mesure où elle nous permet d'aboutir aux processus formels
qui nous intéressent. Matériau, elle ne constitue
pas une quelconque finalité artistique. Notre démarche
ne s'intéresse pas non plus à l'outil informatique
en tant que tel et de façon mécanique, mais au dispositif
procédural dans lequel il intervient, et aux circonstances
dans lesquelles des uvres transitoires observables sont partagées
par un créateur et son public.
Donc:
Nous fondons notre démarche artistique sur les caractéristiques
procédurales du dispositif informatique. C'est pourquoi les
formes que nous créons peuvent être nommées
formes procédurales. Elles ne peuvent se concevoir sans une
prise en compte de l'ensemble du dispositif.
Nous utilisons plus particulièrement la spécificité
de ce dispositif : il met en jeu tout à la fois les algorithmes
et le processus d'exécution du programme, il est logique
maîtrisée et action non maîtrisable.
Nous travaillons la pâte des uvres informatiques programmées
et l'autonomie procédurale qui les caractérise.
Nous tentons d'élaborer un outil d'analyse spécifique,
venant de l'intérieur même des formes ainsi produites
et capables d'en appréhender la singularité.
L'uvre procédurale transitoire observable est duale.
L'auteur crée un programme mais le lecteur ou le spectateur
interagit avec un processus observable qui échappe, aux volontés
et à la logique algorithmique que l'auteur a manifestées
dans ce programme. Tous deux pourtant réagissent aux éléments
observables à l'écran ou sur tout autre support, chacun
dans sa sphère, l'un dans la production, l'autre dans la
réception de l'uvre. Cette dualité signifie
que l'exécution chez le spectateur de ce programme n'est
pas la reformulation par procuration de ce programme. Ainsi donc,
l'auteur créé mais ne fixe pas obligatoirement ce
qui est observé par le spectateur/utilisateur. Les éléments
observables par l'un et l'autre diffèrent parce qu'ils ne
sont pas des objets stables et reproductibles, quand bien même
le voudrait l'auteur, mais des états transitoires du processus
d'exécution. C'est un fait. Ajoutez-y l'autonomie du processus,
cette barrière qui allonge dans nos uvres, plus encore
que dans tout autre dispositif, la distance qui sépare l'auteur
du spectateur/utilisateur, ajoutez donc des manipulations programmatiques
effectuées par l'auteur qui amplifient par une algorithmique
appropriée le caractère transitoire des événements
observables, ou qui travaillent sur des caractéristiques
non observables à l'exécution, et vous comprendrez
que de nouvelles formes peuvent être fondées sur ce
seul axiome: le résultat observé est généré
par un processus programmé, il est un état et non
un objet.
Voilà notre projet : poser la question de
l'art dans ce dispositif.
Philippe Bootz, Alexandre Gherban, Tibor Papp
Ont rejoint ce regroupement:
Wilton Azewedo, Jean-Pierre Balpe, Ambroise Barras, Patrick Burgaud,
Philippe Castellin, Michel Bret, Louis Bec, Antoine Schmitt.