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John Gribbin est un écrivain
scientifique très prolifique. C'est aussi un astronome et
un physicien confirmé. Il convient donc d'apporter la plus
grande attention à ses écrits, même lorsqu'il
aborde des thèmes qui obligent à remettre en question
les convictions les plus répandues.
Parmi celles-ci, figure celle selon
laquelle l'univers, proche ou lointain, pourrait abriter un nombre
éventuellement grand de civilisations plus ou moins intelligentes,
avec lesquelles nous pourrions communiquer. Cette hypothèse,
jusqu'ici relevant de la science fiction, reçoit de nouveaux
arguments depuis quelques années avec la découverte
présumée de centaines d'exoplanètes (extérieures
au système solaire). Les progrès rapides de l'observation
astronomique et satellitaire font espérer que dans quelques
années, il sera possible de commencer à observer directement
de telles planètes, notamment les plus intéressantes,
planètes dites rocheuses se situant dans la zone réputée
habitable entourant leur étoile. Peut-être sera-t-il
même possible de détecter sur ces planètes des
indices révélant une vie biologique, voisine de celle
présente sur Terre depuis environ 3,5 milliards d'années.
Au- delà de ces observations,
parfaitement justifiées, des crédits non négligeables
continuent d'être affectés, dans le cadre du SETI et
programmes analogues (Search for Extra-Terrestrial Intelligence),
à l'écoute de messages provenant d'éventuels
extra-terrestres, voire à l'envoi de messages à eux
destinés. Il s'agit là d'une étonnante perversion
de l'esprit scientifique, très proche de la foi religieuse.
Sauf à imaginer que toutes les lois connues de la physique
soient fausses, les distances galactiques, compte tenu des technologies
actuelles, sont telles qu'elles réduisent à néant
tout espoir d'échange dans la durée d'une vie humaine.
Ainsi l'étoile la plus proche de la Terre, Proxima du Centaure
(d'ailleurs particulièrement hostile à la vie), est
suffisamment loin (4 années-lumières) pour décourager
la communication avec elle, et a fortiori tout voyage en sa direction.
Il reste que le besoin de ne pas
se croire seul dans l'univers, y compris seul dans la galaxie, est
si profondément ancré dans les consciences que les
scientifiques les plus avertis continuent, pour d'obscures raisons,
à imaginer que les technologies et sciences de demain mettront
l'humanité, sinon en état de quitter la Terre, du
moins à prouver qu'il existe ailleurs des civilisations plus
ou moins proches de la nôtre. Il en découle que les
hypothèses scientifiques visant à démontrer
l'improbabilité très forte de telles civilisations,
que ce soit dans la galaxie ou plus largement dans l'univers connu,
sont comme le présent ouvrage de John Gribbin, très
mal reçues.
De la même façon, les
avertissements, tels ceux de James Lovelock, concernant la nécessité
de préserver une planète qui est la seule dont nous
disposions, ne sont pas prises en compte par les intérêts
politiques et économiques dominants. Les travaux de ce scientifique
exceptionnel, et d'autres analogues, sont scandaleusement présentés
comme catastrophistes(1).
Concernant l'ouvrage de John Gribbin,
présenté ici, il est suffisamment documenté
pour montrer que tous les arguments aujourd'hui disponibles confirment
bien l'hypothèse du titre : nous sommes effectivement seuls
dans l'Univers. Affirmer le contraire ne reposerait sur aucune base
solide. On notera que le cosmologiste français Christian
Magnan vient de publier un livre qui reprend la même thèse,
que nous avons récemment commenté "Le
théorème du jardin".
Les raisonnements des deux auteurs
ne se recoupent pas exactement, mais dans l'ensemble ils font appel
à des arguments convergents, de type probabiliste. Les probabilités
de trouver dans l'univers, à quelque échelle de temps
que ce soit, une civilisation proche de la nôtre sont si faibles
qu'il vaut mieux n'en pas parler. Christian Magnan raisonne à
l'échelle de l'univers entier qui pourrait comporter plus
de cent milliards de galaxies. John Gribbin se situe à l'échelle
de notre galaxie, la Voie lactée, qui pourrait comporter
plusieurs centaines de milliards d'étoiles. Mais dans l'ensemble,
les deux approches se complètent. Quelques centaines de milliards
de galaxies n'augmentent pas sensiblement, malgré les apparences,
la probabilité pour nous de trouver des systèmes planétaires
où pourraient se développer des vies intelligentes,
par rapport à ce qu'elle est dans notre galaxie.
On objecte qu'une telle affirmation
est idéologique, puisque précisément notre
présence est là pour démonter qu'une telle
circonstance s'est au moins produite une fois. Mais l'argument ne
tient pas, s'il n'existe aucune preuve que l'évènement
ait pu se produire ailleurs ou puisse se reproduire, même
sur la base de très grands nombres. On ne peut donc que récuser
le principe anthropique « faible » selon lequel
il existerait des lois naturelles pouvant encourager l'apparition
de la vie intelligente, tout au moins quand on veut l'appliquer
à l'étude de l'univers. Il n'y a pas de lois naturelles
favorables à l'apparition de l'intelligence dans les systèmes
naturels, il n'y a eu qu'un hasard heureux. Autrement dit, tout
espoir de découvrir quelque part des civilisations de près
ou de loin proches de la nôtre serait vain, voire dangereux.
Il nous permettrait de ne pas faire tous les efforts possibles pour
protéger notre civilisation supposée intelligente,
y compris à très court terme, des innombrables risques
qui la menace(2).
Or les deux ouvrages évoqués
ici, malgré les efforts tout à fait remarquables de
scientificité déployés par leurs auteurs, semblent
se heurter à un épais silence de la communauté
scientifique. Peut-être est-ce du au fait qu'ils suscitent,
chez tout lecteur fut-il scientifique, un profond malaise, confinant
au rejet. Quelle en est la raison ? L'espoir est-il si l'on peut
dire organiquement chevillé au corps de tout être vivant
un tant soit peu complexe ? Sagirait-il d'un atout (comme d'ailleurs
la croyance religieuse) indispensable à la lutte pour la
vie ? Ou bien faudrait-il rechercher des causes plus profondes à
un tel phénomène? En discuter pourrait permettre d'éclairer
avec des arguments concrets la vieille question des rapports entre
les approches se voulant scientifiques, autrement dit visant à
l'objectivité, et les convictions philosophiques ou affectives
des citoyens. C'est la raison pour laquelle nous proposons ici ce
trop bref article.
Quant au fond de la question, nous
n'avons pas la prétention de remettre en cause les arguments
de John Gribbin, d'autant plus que ceux-ci paraissent extrêmement
convaincants. Nous nous bornerons dans la première partie
de l'article, à les résumer très sommairement
pour les personnes non anglophones ou ne pouvant accéder
au livre.
Pourquoi
notre planète est elle unique ?
Le livre de John Gribbin expose
en détail les arguments selon lesquels pour la grande majorité
des scientifiques contemporains, au moins de ceux qui se tiennent
informés des observations les plus récentes de l'astronomie
et de l'exobiologie, l'extrême diversité des formes
de vie et d'intelligence terrestres résultent de séquences
d'évènements si improbables qu'il est à peu
près possible d'affirmer leur caractère unique. Autrement
dit, de telles séquences - y compris des catastrophes ayant
permis à la vie de repartir sur de nouvelles bases, ne se
seraient pas produites ailleurs dans la galaxie, durant son histoire
passée. Elles n'auraient aucune chance de se reproduire pas
dans le temps d'existence qui lui reste. Ceci vient directement
en contradiction avec la croyance populaire selon lesquelles il
existerait des lois d'organisation ou d'auto-organisation susceptibles
de provoquer l'apparition régulière de systèmes
intelligents, ici ou ailleurs.
Intéressant notre système
solaire, le plus significatif de ces évènements serait
l'impact avec le Terre d'un objet céleste de la taille de
Mars, qui se serait produit quelques temps après la formation
de notre planète, il y a 5 milliards d'années. Comme
toute hypothèse, celle-ci trouve encore des détracteurs,
mais les observations les plus récentes convergent. L'impact,
aurait-il été frontal, aurait sans doute pulvérisé
les deux astres en donnant naissance à un nuage de poussières
et de planétésimaux. S'étant produit avec une
certaine incidence, il a arraché à la Terre la matière
nécessaire à la formation de la Lune, tout en donnant
à la Terre une inclinaison et une vitesse de rotation sur
l'écliptique qui se sont dans l'ensemble conservés
jusqu'à nos jours. L'évènement a généré
les marées d'origine lunaire, la succession des saisons et
des jours, ainsi qu'un phénomène dont la pleine portée
a été longue à comprendre, la dérive
des continents. A supposer que soient déjà apparues
sur la Terre des formes de vie sous-marines primitives, ces diverses
circonstances ont permis aux premières cellules, archae,
eucaryotes, puis procaryotes, de se multiplier. La présence
stabilisatrice de la Lune reste encore indispensable aux grands
mécanismes biologiques actuels(3).
D'autres
phénomènes potentiellement catastrophiques ont failli
provoquer la disparition de la vie, mais n'étant pas allé
jusqu'au bout de leur effet destructif, ils ont relancé le
mécanisme de mutation sélection propre à celle-ci.
Sans eux, nous n'existerions pas. John Gribbin mentionne une collision
entre Vénus et une super comète, s'étant produite
il y a 600 millions d'années et ayant recouvert tout le système
solaire intérieur d'une couche de particules de glace et
de poussière. Il en est résulté une glaciation
quasi complète de la Terre (Terre « boule de neige »)
, récemment identifiée et aux conséquences
bien analysées. La plupart des organismes existants ont disparu
sous l'effet du froid, sauf dans quelques zones protégées.
Au retour de températures normales, une explosion d'animaux
aux formes étranges s'est produite (explosion du Cambrien
et faune dite du Burgess) à partir de laquelle les populations
maritimes et terrestres aujourd'hui identifiées dans les
couches fossilifères ont pu se développer. Mais là
encore, si cette comète avait impacté directement
la Terre ou si, à l'opposé, elle était restée
extérieure au système solaire, nous ne serions pas
là pour en discuter. Or les chances pour que de telles successions
d'évènements se produisent sur d'autres planètes
sont quasiment nulles.
Les
paléobiologistes ont multiplié les exemples d'autres
extinctions massives ayant atteint les populations en place, dont
ont résulté de nouveaux sauts qualitatifs de compétence
ayant profité aux espèces survivantes. La dernière
et la plus commentée concerne la suite d'évènements
ayant provoqué à la fin du crétacé l'extinction
des dinosaures. Ceci ne veut pas dire que si les dinosaures n'avaient
pas disparu, au point d'évolution atteint par certains d'entre
eux à cette époque, de petits dinosaures tels que
le peu connu troodon (image), assez proches au plan anatomique
et semble-t-il cognitif des futures primates, n'auraient pas servi
de base à ce que l'on aurait pu appeler des lignées
intelligentes d'anthroposaures. Mais en fait ce furent les primates,
dont les humains que John Gribbin voudrait à juste titre
classer parmi les "pan" (pan sapiens), qui ont profité
des nouvelles opportunités ouvertes par les changements climatiques
les ayant chassé des forêts tropicales.
John Gribbin termine son exposé
en rappelant que les civilisations humaines développées,
capables d'un minimum de représentation d'elles-mêmes
dans leur environnement, devraient mettre tous leurs soins à
éviter de disparaitre, du moins à la suite de phénomènes
dont ils seraient directement responsables. Or il constate que ce
n'est pas le cas. Pour le moment encore les forces sociales (que
nous appelons nous-mêmes anthropotechniques) sont incapables
de limiter leur croissance démographique et la surexploitation
des ressources énergétiques et minérales naturelles
découlant de leurs courses à la domination. Or, souligne-t-il,
quand ces ressources auront disparu, aucune solution de type technologique
ne permettra d'éviter l'effondrement de ces civilisations
y compris bien sûr l'impossible exode sur d'autres
planètes. Ceci pour une raison simple. De telles solutions
technologiques nécesiteraient des ressources en énergie
et matière premières qui auraient alors été
épuisées.
La Terre et nous-mêmes disparaitront
certes inexorablement,pour des raisons cosmologiques, avec la transformation
du soleil en géante rouge ou, bien avant cela, par suite
de rencontres inévitables avec des astéroïdes
de grande taille. Mais le « doomsday »
ou dernier jour pourrait survenir à bien plus proche échéance,
dans quelques décennies éventuellement, si nous n'y
prenions pas garde.
Or pourquoi, répétons
le, un message si alarmant, le plus pertinent que puisse suggérer
aujourd'hui les sciences des systèmes naturels, laisse-t-il
les opinions indifférentes ? Nous avons précédemment,
pour tenter de répondre à cette question, évoqué
un phénomène civilisationnel que nous avons nommé
le Paradoxe du sapiens (voir la version
téléchargeable de cet essai)
Oculos
habent et non videbunt
Mais avant d'aborder cette perspective,
il paraît nécessaire de préciser la définition
que l'on se donne de la vie et de l'intelligence, afin d'en rechercher
l'éventuelle présence, ou absence, dans la galaxie.
Concernant la vie, John Gribbin se contente des définitions
retenues par les paléobiologistes, qui recoupent celles données
par les exobiologistes. Il existe désormais des critères
assez généraux permettant de différencier des
systèmes que l'on qualifiera de vivant au regard de systèmes
réputés simplement matériels ou physico-chimiques.
Concernant l'intelligence, les critères
sont moins nets. Pourrait-il exister dans l'univers des formes d'intelligence
artificielle, se greffant sur des vies artificielles ou de synthèse
apparaissant spontanément dans des circonstances favorables?
On pourrait imaginer que de tels systèmes puissent émerger
spontanément, dans certains milieux physiques exotiques,
à partir par exemple de fluctuations dans le vide quantique,
mais rien de tel jusqu'à ce jour n'a été identifié
par la science. L'hypothèse n'est cependant pas à
exclure définitivement, sans en faire le support de rêveries
qui relèveraient de la science-fiction.
Ceci ne veut pas dire qu'il faille,
comme le fait John Gribbin, se contenter de définitions classiques
de la vie et de l'intelligence, que ce soit pour comprendre les
phénomènes cognitifs présents sur la Terre,
ou pour en rechercher d'équivalents éventuels dans
l'univers. Nous avons depuis longtemps, sur ce site, proposé
de prendre en considération ce que nous nommons des systèmes
anthropotechniques. Il s'agit d'entités (super-organismes
ou "complexes" associant très étroitement,
y compris en termes génétiques, des humains, individus
et groupes, et les diverses technologies aujourd'hui proliférantes
qu'ils ont développées depuis l'âge de pierre.
Ces systèmes émergent sur le mode darwinien d'une
compétition pour les pouvoirs et les ressources.
On ne peut évidemment pas
étudier les systèmes anthropotechniques comme on le
fait des systèmes physiques ou biologiques. Ils sont multi-échelles,
de l'individu à la civilisation mondiale toute entière,
en passant évidemment par les différents réseaux
de traitement et de mémorisation intéressant la production
de connaissances, qu'elles soient empiriques ou scientifiques. Ils
sont multi-domaines et multi-sites. Les humains qui en forment la
composante anthropique, bien que dotés de cerveaux et capables
de cognition, constituent à ce titre des systèmes
souvent qualifiés en Intelligence artificielle de "systèmes
cognitifs".
Le point important est qu'en leur
état actuel de développement, ces systèmes
sont insuffisamment cognitifs. Ils ne peuvent pour le moment
se donner de la Planète et des sociétes humaines elles-mêmes
une connaissance complète, faute de prendre le recul nécessaire.
Pour pleinement comprendre et prédire les déterminismes
complexes qui les entraînent, ils devraient disposer d'instruments
d'observation et de logiques englobantes, ce qui semble pour le
moment hors de leur portée.
Il faut insister sur cette question.
Pourquoi les systèmes anthropotechniques associant depuis
quelques millénaires des homo (ou pan) sapiens et des technologies
de plus en plus pertinentes, y compris dans le domaine observationnel,
se montrent-ils encore incapables de prévoir et surtout de
prévenir les catastrophes menaçant l'avenir de la
vie et de l'intelligence sur la Terre. En principe, ils devraient
conjuguer les capacités cognitives et d'action rationnelle
propres aux humains et aux technologies qui les composent. Or la
pratique montre le contraire. Les potentiels les plus pointus en
matière d'observation, de prédiction et d'action préventive
dont disposent ces systèmes servent principalement à
encourager des luttes et guerres pour le pouvoir, au mépris
des conséquences létales pouvant en résulter
pour l'avenir de nos civilisations terrestres ?
Cela tient semble-t-il au fait que
les ressorts anthropologiques les plus primitifs, de type épigénétique,
visant à dominer, continuent à l'emporter sur les
formes de coopération poussant à la prévision
et à la prudence . Les sociétés humaines anthropotechniques
ne sont à cet égard pas très différentes
des sociétés animales. Celles-ci, dans l'ensemble,
persistent à exploiter jusqu'à épuisement les
ressources dont elles bénéficient. Malthus l'avait
bien vu.
Qu'espérer ? Il faudrait
que les systèmes anthropotechniques mutent suffisamment pour
que la raison l'emporte dans la gestion des ressources planétaires.
Mais on ne voit guère comment de telles mutations pourraient
se produire, avec l'ampleur permettant de faire disparaître
les comportements suicidaires archaïques afin de laisser place
à des comportements plus prudents. Plus exactement, on ne
voit que des catastrophes de grande ampleur qui soient susceptibles
de provoquer la disparition massive des humains prédateurs
entraînant actuellement nos civilisations à leur perte.
Ce serait à cette condition que de nouvelles générations
de systèmes anthropotechniques pourraient faire durer les
sociétés intelligentes au moins aussi longtemps que
le permettront les mécanismes cosmologiques naturels.
On conçoit qu'énoncer
froidement de telles perspectives ferait passer leur auteur pour
un fou dangereux. John Gribbin ne s'y est pas risqué, sauf
peut-être sous une formes subliminale. Soyons lui gré
pourtant d'avoir pris ce risque(4).
Notes
(1) Renvoyons sur ce point le lecteur à
notre recension du dernier ouvrage de James Lovelock, intitulé
d'une façon prophétique "The
vanishing face of Gaïa, a Final Warning" On lira, dans le même esprit,
"Storms
of my Grand-Children", de James Hansen.
(2) Nous ne mentionnerons pas ici les innombrables
publications et articles qui, de nos jours encore, abordent la question
de l'intelligence dans l'univers d'une façon plus littéraire,
sinon inspirée par des croyances religieuses. C'est la cas
notamment du principe anthropique dit fort, selon lequel l'évolution
de l'univers a été organisée sous l'influence
d'une déité non-matérielle, afin de faire apparaître
des formes spirituelles à son image.
Observons que si le principe anthropique et son optimisme sous-jacent
ne nous paraissent pas relever d'une approche scientifique, il en
est de même des innombrables prophéties apocalyptiques
ayant toujours prédit pour le court terme la fin de l'univers.
John Gribbin, certes, fournit de nombreux arguments pouvant laisser
craindre la fin, éventuellement prochaine, de notre civilisation
terrestre. Mais il s'agit là de prospectives scientifiques
méritant, au contraire de leurs homologues métaphysiques,
d'être prises au sérieux.
(3) On lira sur ces sujets le travail considérable
du biochimiste Nick Lane "Life
ascending". La formulation
de Nick Lane semble sous-entendre que l'ascension vers des organismes
complexes ait correspondu à des mécanismes inévitables.
Mais Nick Lane insiste sur le caractère aléatoire
de certains des évènements fondateurs.
(4) Répétons-le, il est surprenant
de voir le nombre de gens qui réagissent très mal
à l'hypothèse selon laquelle nous serions seuls dans
l'univers. Ils veulent absolument se persuader, avec des suppositions
parfaitement hasardeuses, que ce n'est pas le cas.
* Voir sur NewScientist :
http://www.newscientist.com/blogs/culturelab/2011/12/earth-lifes-only-home.html
* Voir aussi le débat suscité par le présent
article sur Agoravox http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/alone-in-the-universe-seuls-dans-l-107641
J'ai pour ma part répondu ceci: "Selon
moi, il nest pas scientifique de considérer quun
phénomène probable, en termes scientifiques, existerait
quelque part, tant que lon ne peut pas apporter la preuve
de cette existence. Tout ce que lon pourrait scientifiquement
faire serait de le rechercher activement, jusquà le
trouver.
Jusquà ce jour, rappelons le, nul na jamais observé
de formes de vie, même loin de celles que nous définissons
comme telles, ailleurs dans lunivers. Mais rien ne vous empêche
de continuer à chercher
Par ailleurs, vous pouvez avoir une autre définition de la
science. Ce ne sera pas la mienne".