Automates
Intelligents utilise le logiciel
Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront
alors définitions, synonymes et expressions constituées
de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi
d'accéder à la définition du mot dans une
autre langue.
En parcourant de nouveau le site très stimulant
"Les Mutants" http://www.mutation-manifeste.net,
nous tombons sur un article consacré à ce qu'ils proposent
d'appeler l'auto-sélection (voir http://www.ifrance.com/mutation/autoselection.htm),
c'est-à-dire (pour reprendre d'ailleurs le sous-titre de
leur site), un "appel planétaire à la mutation consciente
et volontaire".
Dans la pratique, nous ne pouvons que souscrire à
cet appel, qui formalise en termes savants la vieille règle
de ceux qui prônent le changement et s'opposent ainsi aux
tenants de tous les conservatismes.
Ceci dit, il faut semble-t-il éviter ce qui
pourrait être une erreur méthodologique mortelle à
terme. Quelles que soient les possibilités et l'intérêt
des perspectives d'auto-sélection ouvertes aujourd'hui à
l'homme, elles ne résument en rien les possibilités
de l'évolution darwinienne. Le concept même d'auto-sélection
est en contradiction avec le processus darwinien, dont il contredit
la logique (il évacue l'"idée
dangereuse de Darwin", comme le disait Daniel Dennett). L'évolution
darwinienne pleine et entière, pour ne pas tourner en rond,
suppose d'une part que la mutation se fasse au hasard et, d'autre
part, que la sélection se produise par la confrontation de
la mutation à l'environnement global chaotique et imprévisible,
et non pas à partir de tel ou tel critère sélectif
choisi a priori.
Même si l'environnement sélectif est aujourd'hui
produit en grande partie par l'activité humaine, il ne doit
pas être encadré par des critères choisis par
ceux-la même qui ont la volonté de muter. Sinon, encore
une fois, on retrouvera à la source de la sélection
tous les arguments conservateurs contre lesquels on veut justement
s'élever. Pensons à ce que serait une auto-sélection
organisée par des fourmis... ou par un polit-buro quelconque.
La caricature cauchemardesque de l'auto-sélection serait
le clônage reproductif qui nous permettrait d'obtenir un double
exact de nous-même.
Quel pourrait être l'objectif à très
long terme qui serait recherché par la mise en place d'un
processus sélectif darwininen pur et dur, c'est-à-dire
non dirigé? Si nous admettons que l'homme, bien qu'apparu
par hasard, est en train de transformer par la science le cosmos
dont il est une des composantes, nous ne pouvons que souhaiter donner
à cette transformation toute l'ampleur possible. C'est ce
que Marceau Felden appelle le principe anthropocosmique (voir pour
éviter toute confusion avec un quelconque principe anthropique
l'analyse
que nous avons faite du travail de ce physicien). Il faut donc
que les champs de variation de la machine à inventer humaine
couvre la plus grande partie atteignable ici et maintenant de "l'espace
des possibles". On pourra peut-être ainsi voir émerger
un univers néguentropique qui se substituerait à l'univers
actuel, bêtement en route, si rien d'inattendu se produit,
vers une fin entropique. Bien sûr, il ne s'agit là
que d'une image, mais elle nous paraît loin d'être idiote.
D'où l'importance que nous devons attacher à encourager
des mutations-sélections sur un mode aléatoire, afin
précisément d'être certains de balayer en ratissant
large cet espace des possibles.
Un des espoirs des tenants que nous sommes de l'intelligence
artificielle est qu'elle fera émerger des entités
mutantes ET des critères de sélection totalement inattendus.
Ceci étant, il faut être réaliste. L'autosélection
telle que décrite par Les Mutants se fera de toute façon
(d'ores et déjà elle est pleinement à l'oeuvre)
mais on peut espérer qu'elle se fera déborder en quelques
endroits favorisés par une évolution artificielle
qui lui échappera.