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14 Mars 2002
Du nouveau dans l'édition scientifique ?
par Maurice Ronai
Source:
message diffusé dans la liste interne@temps-reels.net
et repris avec
l'autorisation de l'auteur.
Cela bouge sur le front de la propriété
intellectuelle
L 'an dernier, des milliers de chercheurs avaient lancé une
pétition pour demander aux revues scientifiques de mettre
en libre accès les articles dans un «délai raisonnable»
après publication. Coup sur coup, deux initiatives relancent
le débat.
La Budapest Open Access Initiative appelle les chercheurs
a publier en ligne leurs textes à travers un systeme d'archivage
distribué (pair à pair). www.soros.org/dev/manifesto
L'initiative de Budapest propose deux pistes.
La première passe par la création de nouvelles revues
scientifiques à comité de lecture, accessibles exclusivement
en ligne. «Elles seront financées dans un premier temps
par des fondations, annonce Stevan Harnad. Une des fondations du
financier George Soros a offert un premier financement de 3 millions
de dollars (3,3 millions d'euros). A terme, les articles seront
financés par des cotisations des institutions scientifiques.».
Un système de répartition permettra aux laboratoires
pauvres de publier leurs travaux.
Comme il semble difficile de créer rapidement des centaines
ou des milliers de revues, les signataires du texte misent sur une
seconde méthode, plus radicale et qui menace directement
le monopole des revues scientifiques. "Nous avons beaucoup travaillé
sur le plan juridique et nous avons trouvé une solution inattaquable",
avertit Stevan Harnad. Rien n'empêche en effet un chercheur
de publier sur l'Internet le manuscrit initial, dont il est seul
propriétaire, ainsi qu'un fichier de correction séparé.
Les revues n'ont de droits que sur le manuscrit définitif
qu'elles publient. «C'est moins pratique à lire qu'un
article unique, mais aujourd'hui près de 100 % de la littérature
scientifique n'est pas accessible», commente Stevan Harnad.
Son université diffuse librement le logiciel qui permettra
la mise sur pied d'une gigantesque bibliothèque scientifique
sur l'Internet.
Avant même que le texte ne soit public, près de trois
cents chercheurs et une trentaine d'institutions (universités,
bibliothèques, etc.) ont signé
l'appel.
L'autre initiative est française.
L'association HyperNietzsche a officiellement lancé mercredi
13 février 2002 une lettre ouverte intitulée : "Public
Archives of The Humanities" : Pour un accès numérique
au patrimoine culturel (http://www.hypernietzsche.org/path/).
Elle fait suite au colloque organisé les 21 et 22 janvier
2002, à l'E.N.S. de Paris, et qui portait sur L'open source
dans les sciences humaines:
modèles ouverts de recherche et de publication sur Internet
(http://www.hypernietzsche.org/events/os/index.html).
En voici le texte :
" Pour un accès public au patrimoine culturel
Avec cette lettre ouverte, nous invitons les autorités
publiques à se poser les trois objectifs suivants:
- Favoriser l'accès numérique au patrimoine culturel
en encourageant la numérisation et la mise à disposition
sur Internet des fonds documentaires conservés par des bibliothèques,
des archives ou des musées publics. Cela signifie soutenir
encore davantage les grands projets de numérisation émanant
de l'Etat, des bibliothèques, des musées et des archives,
mais également créer un cadre juridique donnant la
possibilité à tout projet de recherche, à tout
chercheur, et même à tout citoyen qui le demande, de
pouvoir numériser et diffuser des documents ou des objets
appartenant au domaine public.
- Repérer les moyens juridiques nécessaires à
garantir le travail quotidien des enseignants et des chercheurs
dans le respect du droit d'auteur. Pour ce faire, une réflexion
doit être menée concernant l'adaptation du droit de
la propriété intellectuelle aux nouvelles pratiques
dans l'enseignement et la recherche.
- Développer une sensibilité et une philosophie
publique qui prenne en compte et cherche à définir
à côté des droits des auteurs, des nécessités
des conservations et des exigences des grands projets de recherche
les droits du lecteur".
© Automates
Intelligents 2002
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