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15 octobre 2004
par Jean-Paul Baquiast
Nanotechnologies et dépollution de l'eau
Les
industriels européens s'intéressent aux nanotechnologies.
A ceux qui s'interrogent sur le rôle utile possible de celles-ci,
il semble que l'on puisse donner aujourd'hui une réponse
intéressante. Elles serviront entre autres usages à
dépolluer l'eau. La question de l'accès à l'eau,
on le sait, est vitale. Non seulement l'ensemble des pays du tiers-monde
et du monde émergent (Chine, Inde) sont concernés,
mais des pays développés comme Israël ou l'Australie.
Seul 1% des réserves mondiales d'eau est actuellement utilisable
directement par l'homme. Pour augmenter le stock disponible, il
faut engager des travaux complexes de dépollution ou dessalinisation,
dont le coût est actuellement hors de portée de la
plupart des pays. Mais les nanotechnologies offrent des perspectives
intéressantes, que ce soit pour le filtrage et la réhabilitation
des eaux usées (élimination des bactéries,
virus, matières organiques, métaux lourds) ou pour
la dessalinisation.
Le
récent congrès Nanowater 2004 qui vient de se tenir
à Amsterdam sur ce sujet a permis de faire le point sur un
secteur économique qui semble en pleine expansion. Le point
intéressant est que les Européens sont présents
dans ce secteur. Le congrès était organisé
par la firme hispano-britannique Cientifica, qui offrent des services
de conseil international et d'aide au développement intéressant
l'ensemble du champ des nanotechnologies.
Des
filtres modernes utilisant des nanocomposants ont été
réalisés par des compagnies comme Argonide ou KX Industries
et sont en cours de test dans les pays en développement.
La technique des membranes filtrantes utilisant des nanoparticules
date de quelques années. La difficulté à résoudre
est l'obstruction des filtres, qui se combat par l'osmose inverse
ou inversion du flux. La même technique est utilisée
pour la dessalinisation. La plus grande usine de dessalinisation
d'eau de mer sera celle d'Ashkelon en Israël qui ouvrira en
mars 2005.
Les
nanoparticules, contrairement aux filtres classiques, opèrent
au niveau atomique, ce qui permet une action chimique rapide. Une
grande variété de produits filtrants est aujourd'hui
proposée aux utilisateurs. Les entreprises qui innovent dans
ces techniques en espèrent de nombreuses autres retombées
dans des domaines différents.
Quand
on connaît, comme nous venons de le rappeler, le rôle
de l'eau dans la survie des populations et les enjeux politiques
qui s'attachent à un accès aux réserves, on
ne peut qu'encourager les recherches et les développements
dans ce domaine. Le fait que les nanotechnologies semblent offrir
dorénavant des solutions sûres et relativement économiques
devrait mériter l'attention de tous et en priorité
des responsables publics. Il serait indispensable que les gouvernements
européens en fassent un objectif à encourager au même
titre que la lutte contre les gaz à effets de serre. De plus,
le développement du marché devrait permettre à
nombre d'entreprises petites et moyennes de trouver leur place.
Ces techniques ne devraient pas devenir le monopole des grands mondiaux
du traitement de l'eau. On aimerait entendre les écologistes
évoquer plus souvent la question.
Pour
en savoir plus
Article
de Wired : http://www.wired.com/news/technology/...
Le
Congrès Nanowater 2004, 27/09/04, Amsterdam : http://www.nanowater.org/conf.htm
Aquatech
Trade Show : http://www.aquatechtrade.com/amsterdam/
Cientifica
- The Nanobusiness Company : http://www.cientifica.com/
Argonide
: http://www.argonide.com/
KX
Industries : http://www.kxindustries.com/
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