Automates
Intelligents utilise le logiciel
Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront
alors définitions, synonymes et expressions constituées
de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi
d'accéder à la définition du mot dans une
autre langue.
La
3ème réunion du Conseil Espace - réunion conjointe
et concomitante du Conseil ministériel de l'ESA et du Conseil
Compétitivité de l'Union européenne (Marché
intérieur/Industrie/Recherche) - s'est tenue à Bruxelles
ce lundi 28 novembre. Cette réunion a été l'occasion
pour les ministres de souligner l'importance stratégique
de l'initiative de Surveillance globale pour l'environnement et
la sécurité (GMES). L'objectif de GMES est de fournir
en temps utile et de manière durable à l'Europe les
informations sur l'environnement et la sécurité dont
elle a besoin pour conduire ses politiques.
Les
ministres ont souligné qu'il était politiquement primordial
pour l'Europe de préserver son autonomie dans le domaine
de l'observation de la Terre. Ils ont rappelé l'importance
que revêtait la dimension internationale de GMES et son rôle
de principale contribution européenne au Système des
systèmes mondiaux d'observation de la Terre (GEOSS).
La
mise en œuvre de GMES débutera par le déploiement
rapide et le lancement opérationnel en 2008 de trois services
dans le domaine des réponses aux situations d'urgence, de
la surveillance des terres émergées et des services
maritimes. D'autres services suivront, conformément au plan
de déploiement couvrant la période 2009-2013.
GMES est une initiative de l'Union européenne. Sa composante
spatiale doit être réalisée par l'ESA (*). Les
États membres de l'ESA souscriront au programme de l'Agence
couvrant le développement de la composante spatiale GMES
lors du Conseil de l'ESA au niveau ministériel qui se tiendra
la semaine prochaine, les 5 et 6 décembre. Parallèlement,
la Commission européenne entend consacrer au financement
de GMES la plus grande part des crédits du 7ème Programme-cadre
destinés à l'espace. Cette allocation servira tout
à la fois à financer les services GMES et à
couvrir un partie significative du budget consacré à
la composante spatiale GMES jusqu'en 2013.
Les
ministres ont demandé que l'on utilise au mieux les satellites
et les systèmes sols existants ou déjà planifiés
au niveau national ou européen, afin d'assurer la continuité
des données nécessaires à la mise en œuvre
de services GMES opérationnels et éviter les doubles
emplois. Ils ont invité à cet effet les agences nationales
et les organisations européennes (comme EUMETSAT) qui possèdent
déjà ou sont sur le point de développer des
moyens susceptibles d'être utiles au projet GMES de les mettre
à la disposition de celui-ci à des conditions appropriées.
Un groupe d'experts a été créé pour
étudier la structure la mieux à même d'assurer
la mise en œuvre et la gouvernance à long-terme de GMES.
M.
Günter Verheugen, Vice-président de la Commission européenne,
chargé des entreprises, de l'industrie, de la compétitivité
et des questions spatiales et M. Jean-Jacques Dordain, Directeur
général de l'Agence spatiale européenne, ont
également participé à ce troisième Conseil
Espace.
Le
ministre britannique, Lord Sainsbury, a déclaré :
"La surveillance de l'environnement est plus importante que
jamais. GMES nous ouvre la possibilité de conjuguer les techniques
actuelles et les nouvelles technologies pour mieux comprendre et
mieux protéger notre planète. Les ministres européens
de l'espace ont accompli aujourd'hui un pas important pour nous
permettre d'atteindre cet objectif."
Le
secrétaire d'état allemand, M.Georg-Wilhelm Adamowitsch,
a affirmé : "Avec l'initiative de Surveillance globale
pour l'environnement et la sécurité (GMES), second
programme-phare de l'UE après le système de navigation
par satellite Galileo, l'Europe est en train de se doter d'une capacité
stratégique de surveillance du globe. Cela doit lui permettre
de disposer d'informations indépendantes pour prendre ses
décisions sur des questions telles que l'environnement, le
développement durable, les ressources naturelles et la sécurité
de ses citoyens. L'Allemagne contribuera à GMES non seulement
par le biais de l'UE et de l'ESA, mais également aux travers
de ses propres satellites et structures de traitement de données
nationales".
Le
Vice-président de la Commission européenne, M. Günter
Verheugen, a affirmé : "Je suis très satisfait
que ce Conseil Espace ait avalisé les orientations proposées
par la Commission pour le système de surveillance à
l'échelle du globe GMES. Le système GMES est le fruit
d'une collaboration exemplaire entre la Commission et l'ESA. Il
démontre notre capacité à élaborer une
politique spatiale européenne efficace".
Le
Directeur général de l'Agence spatiale européenne,
M. Jean-Jacques Dordain a souligné pour sa part : "Je
suis heureux que ce 3ème Conseil Espace ait confirmé
l'initiative GMES comme projet-phare de l'Europe spatiale. En développant
la composante spatiale GMES, l'ESA et l'industrie européenne
mettront une fois de plus leur savoir-faire au service de l'Europe
et de ses États membres, pour leur permettre de développer
leurs politiques en matière d'environnement et de sécurité.
Grâce à une coopération étroite entre
la Commission et l'ESA, l'Europe aura bientôt ses "Sentinelles"
spatiales qui contribueront à améliorer la sécurité
et le bien-être de tous ses citoyens."
(*)
La proposition de l'ESA pour le développement de la composante
spatiale GMES s'articule autour de cinq concepts de mission, ou
"Sentinelles", auxquelles s'ajoute l'accès à
des missions complémentaires exploitées par les États
membres de l'Agence, Eumetsat, le Canada et des tiers. La mise en
œuvre du projet prévoit le déploiement rapide
d'un premier satellite (GMES-1), combinant une mission d'interférométrie
radar en bande C (Sentinelle-1) et une mission de surveillance terrestre
et océanique (Sentinelle-3), équipée d'un altimètre,
d'un imageur multispectral et d'un détecteur de température
de surface des océans. Sentinelle-2 sera une mission d'imagerie
optique multispectrale destinée à assurer la continuité
des données Landsat. Sentinelle-4 et Sentinelle-5 seront
deux missions de surveillance de la chimie atmosphérique,
la première sur orbite géostationnaire et la seconde
sur orbite terrestre basse. L'architecture de ces missions sera
souple et pourra permettre de grouper certaines d'entre elles, comme
dans le cas de GMES-1.
Il ne fait aucun doute qu'à un moment où l'Europe
s'interroge sur son avenir scientifique à long terme et sa
volonté de faire prévaloir le thème de la souveraineté
technologique,, l'Agence Spatiale Européenne (ici dénommée
Esa) fait preuve d'une audace et d'une excellence qu'il faut absolument
reconnaître. Ce rôle vraiment fondateur de l'Esa mériterait
en particulier d'être mieux connu du grand public français,
et soutenu, évidemment par les instances gouvernementales
de ce pays.
Le
Colloque
du Sénat consacré aux stratégies spatiales
de l'Europe a mis en évidence à cet égard
l'importance de la réunion qui se tiendra à Berlin
les 5 et 6 décembre 2005 entre les ministres européens
de l'Espace et les représentants des Etats membres de l'Esa.
Il est trop tôt, à la date où cette note est
écrite, pour connaître ce qui sera retenu des propositions
de l'Esa pour ce sommet, propositions résumées sur
le site de l'Esa indiqué ci-dessus. Nous y reviendrons dans
quelques jours.
Cependant,
la réunion du 28 novembre a permis de faire progresser un
point important de ces propositions, le programme GMES. Nous avions
déjà indiqué à quel point il était
important pour l'Europe de participer au recueil, au traitement
et à la rediffusion des nombreuses données relatives
à l'environnement (terrestre, marin et atmosphérique)
que les satellites modernes permettent d'obtenir. Si l'Europe ne
jouait pas joué son rôle dans l'effort mondial nécessaire,
elle se disqualifierait réellement face aux apports non seulement
américains mais émanant désormais de tous les
grands pays spatiaux.
L'Europe
qui s'implique dans le programme GMES n'est pas seulement limitée
aux Etats membres de l'Esa. Elle est représentée tout
à fait officiellement par la Commission européenne,
qui a convenu d'affecter au programme une grande partie du budget
spatial communautaire. Ces actions découlent des décisions
du Conseil européen de l'espace, qui fut créé
pour coordonner la coopération entre l'Union et l'Esa, à
travers un Accord-cadre (Framework Agreement) adopté en 2003
et entré en vigueur en mai 2004.
Deux
Conseils de l'espace se sont déjà tenus, le 25 novembre
2004 et le 7 juin 2005, ce dernier à Luxembourg. L'Accord-cadre
a deux objectifs. Le premier concerne le développement progressif
d'une stratégie spatiale européenne dans le domaine
des services et des applications spatiaux. Il s'agit de rapprocher
les besoins tels que ressentis et les ressources en systèmes
et infrastructures offertes par l'Esa, celle-ci se comportant de
facto en agence de services pour l'Europe. Le second objectif vise,
dans le respect des compétences respectives de la Commission
et de l'Esa, à définir les modalités d'initiatives
communes sur une base institutionnelle et budgétaire stable.
Le
programme spatial européen vise à mettre en oeuvre
les objectifs et les priorités définis par le Livre
Blanc sur l'espace adopté par la Commission européenne
en novembre 2003. On trouvera sur le site de la Commission (http://europa.eu.int/comm/space/index_en.html)
une liste des principaux évènements survenus en 2005
concernant la mise en route de ce programme.
Pas
d'excès d'optimisme
Mais
on prendra garde à éviter l'excès d'optimisme.
De nombreux pays européens, tant au niveau des gouvernements
que des opinons publiques, continuent à ne pas s'intéresserr
à l'espace, ni comme moyen d'affirmer la souveraineté
européenne, ni même comme moyen de déployer
des services utiles à l'intérêt général.
Au mieux, ils pensent trouver les données et services nécessaires
à partir de ce que voudront bien fournir la Nasa et les nombreux
industriels américains développant dorénavant,
tel Google ou Microsoft, une offre commercial spatio-centrée.
Il est évident qu'ils se font des illusions. il ne s'agira
jamais que d'offres de seconde main.
Par
ailleurs, derrière les accords officiels des Etats les plus
mobilisés, les crédits ne sont que décidés
lentement, sur de faibles montants et sans une visibilité
à moyen terme suffisante pour entraîner des investissements
conséquents de la part aussi bien des industriels du spatial
que de ceux pouvant développer des applications à
valeur ajoutée. Comment en effet une PME européenne
de haute technologie pourrait-elle aujourd'hui commencer à
développer des produits utilisant les données de Galiléo
et du GMES vu les retards et les incertitudes pesant encore sur
ces deux projets-phares. Tout naturellement, elle se tournera vers
le GPS américain ou vers d'autres sources non-européennes.
On
ajoutera enfin que l'offre des grands pays concurrents, Etats-Unis,
Inde, Chine, combine les données d'origines civiles et militaires,
celles-ci déclassifiées. Il n'est pas pour le moment
question de procéder de cette façon au sein de l'Esa,
vu les résistances de la plupart des membres à travailler
sur le mode dual pourtant indispensable aujourd'hui, fut-ce pour
des raisons d'économie globale.
Pour
en savoir plus
Voir notre article
consacré aux résultats du Conseil européen
de l'espace des 5 et 7 décembre à Berlin