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Un
consensus semble progressivement s'établir, en Europe comme
dans le reste du monde, sur la nécessité de définir
dès maintenant les phases scientifiques et industrielles
permettant d'assurer le remplacement des réacteurs installés
depuis une quarantaine d'années et arrivant dans leurs dernières
années ou décennies de fonctionnement. Il s'agit d'un
élément politique, économique et scientifique
majeur, dont on n'a pas suffisamment, en France non plus qu'en Europe,
noté l'importance, ni envisagé en pleine transparence
les conséquences à en tirer. Nous examinerons dans
cette note les bases de ce consensus, ainsi que les propositions
des experts français et américains (ces derniers soutenus
pleinement par leur gouvernement) pour en tirer parti.
Consensus
sur les 50 prochaines années
Ce
consensus repose sur les bases suivantes :
- L'énergie nucléaire est indispensable pour faire
face à ce qui est désormais présenté
comme le plus grand risque que courra l'humanité durant les
prochains siècles, c'est-à-dire le réchauffement
de la température du globe lié à l'émission
de gaz à effet de serre. Il s'agit d'un changement majeur
dans l'approche des "conservationnistes", c'est-à-dire
des protecteurs des équilibres naturels. Il oblige à
remettre radicalement en cause les mots d'ordre des lobbies anti-nucléaires,
sauf lorsque ceux-ci insistent sur la nécessité de
veiller plus que jamais à la sécurité des exploitations.
Les risques présentés par l'énergie nucléaire,
que personne ne nie, sont sans communes mesures avec ceux découlant
de l'usage toujours accru de carburants fossiles. Ils sont par ailleurs(
sauf détérioration complètes des organisations
sociétales) bien plus facilement maîtrisables. Ceci
veut dire que face au slogan traditionnel de certains Verts, «
Sortir du nucléaire », il faut substituer celui de
« Sortir au plus vite du pétrole et du charbon ».
- Mais investir dans le nucléaire ne signifiera pas renoncer
aux énergies dites douces non plus qu'aux économies
d'énergie. La crise de l'énergie devient telle, au
niveau mondial, que ces dernières doivent aussi faire l'objet
d'investissements, en faisant appel aux technologies émergentes
susceptibles de rendre enfin rentables les sources alternatives.
On peut penser que dans l'avenir (sans prendre en compte les apports
éventuels de l'énergie de fusion) le nucléaire
pourra satisfaire 40 à 50% des besoins, les énergies
renouvelables 30 à 40% de ceux-ci, le reste étant
assuré par ce qui restera du pétrole et du charbon.
- Il n'est pas souhaitable, même dans l'immédiat, de
renouveler les tranches existantes ou d'en mettre en place de nouvelles
en utilisant la technologie actuelle, même optimisée.
Il faut envisager des solutions innovantes. En simplifiant beaucoup,
on dira que pour les 10 à 20 prochaines années, il
s'agira de remplacer les réacteurs à eau légère
anciens ou récents (tels les modèles N4 français
et KONVOI allemands) par des réacteurs à eau pressurisée
(REP) tels que ceux étudiés en coopération
par Framatome (FR) et Siemens (DE) et présenté sous
le nom de EPR aux autorités nucléaires mondiales.
Ce type de réacteur de la classe des 1600 MWe. bénéficie
du retour d'expérience de plusieurs milliers d'années/réacteur
d'exploitation des réacteurs à eau légère
en service dans le monde, Il présente de nombreuses améliorations
que nous ne détaillerons pas ici.
- A partir de 2015, il conviendra cependant d'envisager le passage
à des matériels sensiblement différents, capables
notamment de produire non seulement de l'électricité
mais de l'hydrogène destiné aux transports et à
la consommation domestique. Ces réacteurs devront de plus
assurer une réduction considérable de la production
de déchets non retraitables. Mais les technologies actuelles
ne permettent pas, notamment, de disposer de matériaux capables
de résister aux hautes températures, hautes pressions,
hauts niveaux de radiation et réactions chimiques mal maîtrisées
régnant dans le cœur. Il a donc été décidé
de lancer dès maintenant un programme de recherche qualifié
de Programme pour la Génération IV. Un Forum international
a été mis en place rassemblant les Etats dotés
d'une industrie nucléaire afin de s'y attaquer en coopération.
- Enfin, à partir de 2050, si le réacteur expérimental
à fusion Iter tient ses promesses, on pourra progressivement
envisager la réalisation de centrales utilisant cette technologie.
On notera que les difficultés, concernant notamment la résistance
des matériaux, qui auront été résolues,
comme on doit l'espérer, dans le Programme IVe Génération,
serviront à résoudre celles déjà pressenties
pour le confinement du processus de fusion. Iter, vu son coût,
sera lui aussi développé très largement en
coopération avec les Etats soucieux de rester dans la course
aux énergies de remplacement du pétrole.
- Enfin, même si cela n'est pas dit clairement dans les communications
destinées au grand public, les experts s'accordent à
reconnaître que la coopération scientifique entre pays
dotés d'une industrie nucléaire pour réaliser
la Génération IV et Iter ne signifiera pas absence
de compétition. Même si cette coopération s'établit
dans des conditions loyales, comme il faut l'espérer, une
guerre industrielle et économique jamais rencontrée,
y compris dans le domaine de l'accès au pétrole, est
déjà engagée pour tirer profit des nouveaux
besoins et des nouveaux marchés. Ces marchés consisteront
d'abord à rééquiper ou à compléter
l'équipement des pays déjà fortement nucléarisés,
notamment les Etats-Unis et les pays européens, France en
tête, sans oublier la Russie. Mais il s'agira surtout d'assurer
l'équipement des pays grands consommateurs d'énergie
fossile et désireux d'y substituer l'énergie de l'atome,
Chine, Inde, Corée du Sud, pays d'Amérique Latine
et autres pays émergents. Ceux-ci voudront maîtriser
l'essentiel de la satisfaction de leurs besoins, voire se donner
la possibilité d'exporter. Cependant, dans l'immédiat
et ce sans doute pendant plusieurs décennies, ils seront
obligés de passer des commandes aux pays occidentaux et au
Japon, avec transfert de technologie à la clef.
Ce n'est pas faire preuve de cynisme qu'affirmer que le lobby politico-nucléaire
américain est d'ores et déjà décidé
à éliminer ou réduire à la portion congrue
l'offre pourtant hautement qualifiée que la France, alliée
si possible à d'autres Etats de l'Union, pourra faire dans
le domaine des nouvelles générations de centrales.
Inutile de dire que les affrontements se régleront, non pas
en fonction des principes du libéralisme concurrentiel, mais
en fonction de luttes stratégiques où les Etats auront
le rôle essentiel à jouer.
Le
point de vue de la Société française de l'Energie
Nucléaire (SFEN, www.sfen.org/)
Pour
préciser ce que pourront être dans l'avenir les perspectives
ouvertes à l'industrie et au gouvernement français
(perspectives d'ailleurs peu différentes de celles s'offrant
aux pays européens acceptant d'investir dans le nucléaire),
il est intéressant de se référer aux
conclusions d'une conférence tenue par la SFEN en avril 2004
sur le thème Nucléaire du XXIe siècle,
Réacteurs et cycles du combustible de 4e génération.
Constatons que l'industrie nucléaire française, sans
doute soucieuse de ne pas s'attirer les critiques des écologistes,
n'a pas donné beaucoup de publicité à ces propos,
pourtant du plus haut intérêt et méritant d'être
discutés avec objectivité. Ces conclusions étaient
les suivantes, telles que nous les ré-interprétons
ici pour une meilleure information du lecteur:
-
Dans un contexte de forte demande énergétique, où
toutes les sources d'énergie seront nécessaires pour
satisfaire les besoins en énergie primaire à l'échelle
mondiale, le Forum Generation IV (précité ci-dessus)
constitue le cercle de réflexion international le plus actif
pour définir le cahier des charges du nucléaire après
2030, et pour sélectionner les technologies les mieux à
même de satisfaire ce cahier des charges.
- Les critères de la sélection des réacteurs
nucléaires ne sont plus les mêmes que ceux qui ont
prévalu lors de leur grand déploiement dans les années
70. Il s'agissait alors de fournir en urgence de l'énergie
électrique pour faire face aux chocs pétroliers. Cette
urgence n'avait pas conduit à sous-estimer comme en URSS
les risques, mais néanmoins différentes options prises
alors ne sont plus reconductibles, tant au plan technique qu'économique,
ou en ce qui concerne les déchets. Les enjeux du nucléaire
de 4e génération sont différents et seuls à
même de permettre un développement énergétique
durable à l'échelle de la planète.
-
Il faut aujourd'hui rechercher un nucléaire qui s'inscrive
dans une durée séculaire (non exclusive cependant
de l'arrivée de la fusion en fin de période), avec
des cycles du combustible utilisant au mieux les ressources fissiles,
et produisant un minimum de déchets. La sécurité
des réacteurs doit être encore accrue, notamment pour
faire face aux nouveaux risques (attentats par voie aérienne
notamment). Enfin le
champ des applications doit être élargi au-delà
de la production d'électricité et permettre notamment
la production d'hydrogène. On rappellera à cet égard
que l'énergie-Hydrogène prônée par certains
économistes (notamment Jeremy Rifkin) n'a pas de sens si
ce gaz est obtenu à partir de l'énergie pétrole.
Seul le nucléaire offre une solution acceptable.
-
Les futurs réacteurs seront en rupture avec les réacteurs
à eau de 2e et de 3e génération. Il s'agira
de fonctionner à des conditions encore considérées
aujourd'hui comme extrèmes: production de neutrons rapides
(hautement énergétiques), haute température,
recyclage de tout le combustible. Ces difficultés doivent
être considérées non pas comme des obstacles
mais comme un enjeu de première grandeur pour des organismes
de recherche comme le CEA et le CNRS en France. Elles exigent aussi
de coopérer au plan international pour partager l'effort
de recherchedéveloppement en vue de réaliser les ruptures
technologiques nécessaires.
Dans ces conditions, que sera la participation française
au Forum Génération IV?
Toujours
selon la SFEN, en conclusion d'une analyse stratégique réalisée
fin 2000, qui prend en compte l'expérience acquise en France
et en Europe sur les filières (neutrons rapides, réacteurs
à haute température), ainsi que les objectifs stratégiques
des partenaires industriels, la participation française au
Forum Generation IV se situera principalement dans trois domaines
:
-
Le développement d'une gamme technologique gaz avec le VHTR
(Very High Temperature Reactor) et le GFR (Gas-cooled Fast Reactor)(1)
-
le soutien au développement d'une nouvelle génération
de systèmes à neutrons rapides refroidis au sodium
(ce qui supposera que les problèmes de fuite du coolant,
qui avaient servi de prétexte à la fermeture de Super-Phoenix,
soient résolus),
-
le développement de nouveaux procédés pour
le cycle du combustible permettant le recyclage de tous les actinides(2)
avec une résistance suffisante aux risques de prolifération.
Par
ailleurs, les industriels et laboratoires français participeront
en réseau à une activité d'évaluation
de filières plus prospectives : systèmes refroidis
à l'eau supercritique (SCWR) et réacteurs à
sels fondus (MSR).
Les
grands enjeux à l'international pour les prochaines années
seront :
-
d'être des partenaires majeurs du consortium qui développera
le VHTR dans le cadre du Forum, et le Next Generation Nuclear Plant
qui devrait en être un premier démonstrateur vers 2015,
-
de lever les verrous technologiques du GFR en coopération
avec les partenaires européens, américains et japonais,
-
de valoriser l'expertise acquise sur les réacteurs rapides
au sodium à travers le développement avec le Japon
d'une nouvelle génération de SFR,
-
de valoriser également l'expérience acquise sur les
combustibles pour la transmutation et les procédés
du cycle, afin notamment de gérer globalement les actinides
dans le système Génération IV.
Notes
: (1)
Les six concepts de réacteurs Generation IV actuellement
sélectionnés par le Forum International
sont les suivants (source SFEN) :
1. VHTR (Very High Temperature Reactor) : réacteurs
à neutrons thermiques de petite taille, refroidis
à l'hélium à très haute température
(1000/1200 °C), dédiés à la production
d'hydrogène ou à la cogénération
hydrogène-électricité. Framatome
développe dans ce sens un projet décrit
par la note Antares http://www.iaea.org/inis/aws/htgr/fulltext/htr2004_a10.pdf
2. GFR (Gas-cooled Fast Reactor) : réacteurs à
neutrons rapides de petite taille, refroidis à
l'hélium, surgénérateurs
3. SFR (Sodium-cooled Fast Reactor) : réacteurs
à neutrons rapides, refroidis au sodium, surgénérateurs.
Deux options sont développées : puissance
unitaire de 150 à 500 MWe d'une part, de 500 à
1200 MWe d'autre part.
4. SCWR (SuperCritical Water-cooled Reactor) : réacteurs
à eau supercritique de grande puissance. Deux versions
sont développées, l'une à neutrons
thermiques, l'autre à neutrons rapides.
5. LFR (Lead-cooled Fast Reactor) : réacteurs à
neutrons rapides refroidis au plomb (ou alliage eutectique
PbBi), surgénérateurs. De nombreuses variantes
quant à la puissance unitaire sont envisagées,
de 50 à 1200 MWe.
6. MSR (Molten Salt Reactor) : réacteurs de petite
taille à neutrons épithermiques, utilisant
le sel fondu à la fois comme combustible et comme
caloporteur.
De tous ces concepts, seul le VHTR propose dans sa version
de base, un cycle de combustible ouvert (avec apport de
combustible extérieur), les cinq autres concepts
visant prioritairement un développement énergétique
durable avec recyclage du combustible.
La validation de ces concepts demandera du temps : la
décennie 2030 est généralement reconnue
comme celle de la réalisation de prototype(s).
Celle de la mise en oeuvre à l'échelle industrielle
est plus éloignée encore; c'est ainsi que
le « Livre Blanc sur les Energies » estime
que ces réacteurs de la génération
IV ne seront pas disponibles pour un déploiement
industriel avant 2040.
On reconnaîtra dans la filière SFR (n°3)
celle qui a été développée
en France à travers Rapsodie, Phoenix et Superphoenix.
L'arrêt prématuré et intempestif de
Superphoenix a malheureusement fait perdre à notre
pays l'avance qu'il avait acquise sur la voie de cette
filière Génération IV. La plupart
des pays industriels s'intéressant au nucléaire
risquent désormais de devancer la France dans cette
voie.
(2)
Actinides: série de 15 éléments radioactifs
métalliques dont le nombre atomique se situe entre
89 (actinium) et 103 (lawrencium) dans la table des éléments
périodiques. Ils sont produits dans les processus
de fission.
La
politique américaine en matière de 4e génération
Le
gouvernement américain a dès Mai 2001 clairement affiché
son soutien à une politique d'expansion de l'énergie
nucléaire. Le National Energy Policy Development Group, présidé
par le vice-président Dick Cheyney, a publié à
cette date un rapport intitulé « Une énergie
fiable, accessible et environnementalement saine pour l'Amérique
de demain » (Reliable, Affordable and Environmentally Sound
Energy for America's Future, http://www.whitehouse.gov/energy/).
Ce rapport demande au gouvernement de développer une stratégie
à long terme qui s'appuie sur les technologies les plus récentes
afin de mettre en œuvre une politique énergétique
intégrée. Le rapport recommande en tout premier lieu
que le président soutienne l'expansion de l'énergie
nucléaire aux Etats-Unis, qui doit devenir le composant majeur
de cette politique.,
Ces
recommandations ont été pleinement prises en compte.
Il en est résulté une série de décisions
résumées dans le document Government Programs Supporting
the Building of New Nuclear Plants (http://www.nei.org/index.asp?catnum=3&catid=696)
définisant une feuille de route pour le demi-siècle,
dont nous résumons ici les principales étapes:
-
Lancement par le Département de l'Energie (DOE) du Nuclear
Power 2010, "partenariat public-privé en vue de produire
une énergie accessible et propre » (public private
partnership on clean, affordable energy) . Il s'agit dans le cadre
du programme Nuclear Energy 2010 lancé en 2002 d'explorer
et de préparer les sites susceptibles d'héberger de
nouveaux réacteurs, ainsi que de définir des procédures
de sélection et d'agréments plus efficaces tout en
renforçant la sureté des installations. Trois accords
gouvernement-industrie ont suivi, avec les groupes Dominion Resources,
Entergy et Exelon, pour licencier de nouveaux sites industriels.
Des consortiums ont été créés et ont
reçu un financement public de 50% pour préparer des
sites supplémentaires.
-
Définition par le DOE, dans le cadre d'un groupe de travail
formé en 2001, le Near-Term Deployment Group, de nouveaux
concepts de réacteurs susceptibles d'être commandés
après 2010/2030, Un rapport, New Reactor Designs (http://www.eia.doe.gov/cneaf/nuclear/page/analysis/nucenviss2.html)
a été élaboré précisant ces options.
Ce rapport distingue des générations successives de
machines, notamment celles encore théoriques faisant partie
de ce qui a été nommé la Generation IV.
-
Désignation par le DOE du Idaho National Laboratory (INL,
http://www.inel.gov/)
comme responsable du Nuclear Power 2010 et des programmes Generation
IV . Cette désignation a été présentée
comme le premier pas pour "reconstruire des capacités
de recherche avancée dans le domaine du nucléaire",
capacités précédemment mises à mal,
on peut le supposer, par les campagnes anti-nucléaires, y
compris celles venant des pétroliers. L'INL, plus généralement,
se chargera de l'ensemble des recherches amont et négociations
aval permettant de progresser dans la voie de nouveaux réacteurs
et de nouveaux processus de gestion des déchets.
- Création en 2004 du concept de Next Generation Nuclear
Plant auprès du Idaho National Laboratory. Il s'agira de
développer à la fois la production d'énergie
électrique et celle d'hydrogène, afin de fabriquer
ce dernier à bon marché et en grandes quantités.
Ainsi la validité du thème de l'économie-hydrogène
est-elle reconnue. Il s'agira on ne peut en douter d'un élément
essentiel de la nouvelle faveur que pourra acquérir le nucléaire,
tant en interne aux Etats-Unis qu'à l'exportation.
-
Spécification détaillée du concept de Next
Generation Nuclear Plant, Centrale nucléaire de nouvelle
génération. Le système reposera sur un réacteur
à gaz à très haute température, couplé
avec des turbines et des systèmes thermo-chimiques de production
de l'hydrogène technologiquement très évoluées.
Ultérieurement viendront des réacteurs de type surrégénérateurs.
-
Lancement par le DOE, à la demande du Congrès, de
l'Initiative pour la IV Génération (Generation IV
Nuclear Energy Systems Initiative). Parallèlement, un Forum
international, le Generation IV International Forum (GIF) a été
créé à l'initiative des Etats-Unis, associant
l'Argentine, le Brésil, le Canada, la France, le Japon, la
Corée, l'Afrique du Sud, la Suisse et le Royaume Uni.
Ce Forum est destiné à coordonner les travaux des
gouvernements, des industriels et des laboratoires de recherche
afin de déterminer les conditions permettant de mettre sur
le marché commercial international, à partir de 2030
ou plus tôt le cas échéant, les réacteurs
de 4e Génération. Pour ce faire, il identifiera les
domaines de coopération multilatérale possibles et
produira des recommandations pour mener et évaluer les projets
communs de recherche et de développement.
-
Une feuille de route ( Overview of Generation IV Technology Roadmap)
a été élaborée à l'intention
des membres du Forum, définissant les étapes et les
procédures. Cette feuille de route, notamment, décrit
les différents types de réacteurs du futur susceptibles
de répondre aux spécifications attendues http://www.nei.org/documents/DOE_Gen_IV_Diagrams.pdf
(voir ci-dessus notre note).
Conclusion
Les
Etats-Unis, comme nous l'avons indiqué, sont décidés
à prendre la tête des programmes visant à développer
le nucléaire de 4e génération. Ils mettent
en avant leur volonté de coopérer au plan international.
On ne saurait légitimement douter de celle-ci. Néanmoins
cette coopération n'apportera certainement que des mécomptes
aux industriels et aux gouvernements qui y participeraient sans
avoir défini eux-mêmes une stratégie en propre
et sans s'être donné les moyens humains et budgétaires
de mener celle-ci à bien, en pleine autonomie si cela s'avérait
nécessaire.
La question est aujourd'hui posée de savoir si la France,
en ce qui la concerne, ou l'Union Européenne, à son
niveau, ont pleinement pris conscience de l'importance de ces enjeux,
ont accepté d'afficher clairement auprès de l'opinion
des objectifs suffisamment ambitieux et ont, finalement, décidé
d'y consacrer les moyens nécessaires sans compter sur d'hypothétiques
"ressources du marché" pour mobiliser les fonds
indispensables. Ces moyens seront de moins en moins importants relativement,
au fur et à mesure qu'augmenteront les coûts de la
recherche et de l'exploitation pétrolière et que seront
pris en compte les coûts induits imposés par ces dernières
à l'environnement terrestre;
Ajoutons
que la décision récente d'implanter Iter à
Cadarache et au Japon ( machine Ifmif, International Fusion Materials
Irradiation Facility et machine DEMO) donneront encore plus d'actualité
au besoin d'une mobilisation industrielle et scientifique en France
et en Europe. Beaucoup de développements se révéleront
en effet, contrairement à ce qui a été dit
par les détracteurs d'Iter, susceptibles d'utilisation commune.