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Si parler des devoirs des scientifiques semble sous-entendre
qu'ils ont une responsabilité morale particulière
face à la Crise qui s'annonce, alors c'est effectivement
ce que nous pensons !
La communauté scientifique dispose du savoir ; certes relatif,
souvent biaisé. Néanmoins il est là et les
scientifiques sont les seuls capables d'en faire bénéficier
le reste de l'humanité. Face à une crise qui mettra
sans doute en danger l'avenir même des civilisations, ils
ne peuvent s'isoler dans leur tour d'ivoire et doivent au contraire
se mobiliser au service du bien commun. Certains diront ici que
les scientifiques ne sont pas particulièrement qualifiés
car beaucoup sont aussi ceux par qui la Crise est arrivée.
Ce sont en effet leurs compétences qui ont permis le développement
de technologies dont nombre d'hommes ont fait mauvais usage. Nous
ne reprendrons pas cet argument qui aboutirait à réveiller
le fantasme selon laquelle la science est globalement nuisible.
Néanmoins, comme un grand nombre de scientifiques collaborent
à des programmes civils et militaires dits de souveraineté
qui ne sont pas destinés à être publiés
et qui pourraient en principe être détournés
par des utilisateurs malveillants, ils se doivent de rester vigilants
quant aux retombées néfastes possibles de ces programmes.
Leur devoir est d'expliquer à la société tout
entière les risques qu'ils peuvent entraîner. Dans
les cas graves, ils ne doivent pas hésiter à démissionner
quittes à compromettre leur carrière. C'est ce que
l'on appelle dans d'autres circonstances le devoir de retrait.
Les
scientifiques ont donc un rôle essentiel à jouer pour
prévoir et diagnostiquer la Crise, étudier ses effets,
proposer des remèdes. Mais il ne faut pas se bercer d'illusions.
A elle seule, la communauté scientifique ne pourra pas étudier
en profondeur les différents aspects de la Crise. Elle ne
pourra pas davantage l'empêcher de se produire ou porter remède
à ses conséquences. Il n'existe pas dans le monde
actuel de Pouvoir scientifique suffisamment indépendant et
suffisamment fort pour lutter efficacement contre les forces économiques
et politiques qui provoquent la Crise(1).
Il faudra donc que les scientifiques s'allient avec les mouvements
réformateurs et d'opinions qui voudront s'opposer aux effets
destructeurs du libéralisme sans contrôle et de l'impérialisme.
Les scientifiques devront jouer notamment à cette fin le
rôle de conseillers techniques au service des politiques publiques
de lutte contre la crise.
Dans
cet article, nous préciserons les catégories de scientifiques
particulièrement concernés par la lutte contre la
crise environnementale, les valeurs qui devraient les animer et
les modes d'action dans lesquels ils devraient s'engager. Il ne
s'agit évidemment que de propositions, sachant bien que nous
ne disposons pas de titre particulier pour nous ériger en
autorité morale. Mais il faut bien amorcer les discussions.
Les
scientifiques concernés par la crise
On
mentionnera en premier ceux qui sont, si l'on peut dire, à
la pointe du combat :
Les quelques milliers de climatologues, météorologues,
océanologues, géologues qui étudient l'évolution
globale de la Terre et les conséquences qu'entraîne
la production de GES et le réchauffement qui en résulte
sur les paramètres physiques. Ce sont eux dont les porte-parole
constituent les effectifs du GIEC lequel, rappelons-le, s'inscrit
dans la démarche internationale des Nations Unies pour
l'étude et la prévention de la crise climatique.
Ce rapport n'est que le début du combat, amorcé
voici bientôt 15 ans dans l'indifférence et l'hostilité
générale. Il faudra étendre ce travail,
l'approfondir et surtout vérifier les suites pratiques
qui lui seront données. (image ESA, satellite
MetOp)
Les
dizaines de milliers de biologistes qui étudient la vie
et la répartition des espèces vivantes, leur évolution
dans le temps et, aujourd'hui, les risques de disparition plus
ou moins rapide menaçant beaucoup d'entre elles.
Les
dizaines de milliers de géographes, anthropologues, médecins,
économistes qui étudient la répercussion
des phénomènes climatiques et environnementaux
sur la vie des sociétés humaines, notamment celles
du tiers-monde qui sont les plus menacées.
Mais
l'action des précédents n'aurait pas beaucoup
d'efficacité si elle n'était pas relayée
et soutenue par celle de tous les autres scientifiques, ingénieurs
et techniciens qui participent aux recherches, développements
et applications intéressant les sciences ayant de près
ou de loin des impacts sur les équilibres climatiques,
la biodiversité, la santé animale et humaine.
On citera les sciences et techniques de l'énergie sous
ses diverses formes, la chimie et les sciences émergentes
des biotechnologies et des nanotechnologies, les technologies
du transport et bien d'autres.
Il
faudra ajouter à ces listes les spécialistes des sciences
économiques, politiques, administratives et humaines dont
les compétences sont indispensables pour mesurer les impacts
de la crise et proposer les remèdes appropriés. Dans
la suite du rapport
Stern, on constate qu'il faut désormais mener
des actions politiques et administratives «dirigistes»
pour revenir sur le libéralisme absolu et l'impérialisme
des grandes puissances dont la protection de l'environnement n'est
pas encore le premier souci. Pour cela, il faudra l'engagement de
fonctionnaires publics, d'hommes politiques et, bien évidemment,
de consultants privés pour qui ce combat devra devenir une
véritable activité professionnelle. Il n'y a pas lieu
de s'en inquiéter, pourvu que ces consultants veillent à
ne pas déformer le discours des scientifiques, mais plutôt
à lui permettre de se traduire en données accessibles
au grand public et par conséquent en décisions économiques
et politiques(2).
Plus
généralement encore, toutes les personnes ayant des
compétences dans le domaine scientifique et technique, comme
dans l'enseignement et la communication intéressant les sciences
et les technologies, devraient désormais se considérer
comme impliquées par les débats entre intérêts
économiques, citoyens et forces politiques concernant le
sujet. Ceci veut dire que l'environnement, du fait de l'émergence
de la crise climatique, loin de rester confiné à quelques
spécialistes et militants comme il l'était jusqu'à
présent, doit devenir une préoccupation majeure de
tous.
Les valeurs
Quelles valeurs
doivent animer l'engagement des scientifiques énumérés
ci-dessus afin de le transformer en un devoir aussi bien moral que
politique ?
C'est
d'abord au nom de l'objectivité et de l'universalité
de la recherche (notamment universitaire) et du savoir en découlant
que les scientifiques de tous pays doivent se sentir mobilisés.
Ils sont les seuls à disposer de la compétence
d'expertise nécessaire à l'évaluation de
la crise et à la proposition de solutions techniques
permettant de lutter contre elle. L'opinion, souvent trompée
par ceux qui voudraient continuer à exploiter sans contradicteurs
l'ignorance des citoyens, tend à se méfier des
experts, dont on dénonce volontiers les contradictions,
les erreurs ou le manque de neutralité. Mais il s'agit
d'une erreur profonde. Les méthodes scientifiques expérimentales
sont les seules à fournir des descriptions du monde aussi
objectives que possible, et dont irremplaçables. Ni les
incantations ni les vœux pieux ne pourront les remplacer.
Mais
il ne suffit pas qu'existe un savoir scientifique. Le savoir
conservé par-devers soi devient élitiste et inefficace.
Il faut le partager, c'est-à-dire le communiquer et le
discuter. On doit considérer la recherche, comme il est
d'ailleurs de règle dans la tradition républicaine,
comme liée à l'enseignement et à la démocratie
politique et sociale. Selon le mot à la mode, il est
donc important que dans une société démocratique
soient organisés de véritables dialogues participatifs
entre les experts, les médias dont le rôle est
également essentiel et tous ceux qui sous diverses formes
peuvent représenter les citoyens.
.
Les
dialogues deviennent difficiles quand ils mettent en contact
des interlocuteurs défendant des intérêts
très différents, même lorsqu'en apparence
ils convergent vers le même but. C'est ce que l'on constate
entre experts du monde dit développé et experts
provenant du tiers-monde. Les dialogues tournent vite aux accusations
réciproques. Il faut donc qu'au-delà de la démocratie,
les scientifiques soient animés d'un sens aigu de la
fraternité et de la nécessaire égalité
devant être assurée à terme entre tous les
citoyens du monde. On retrouve là les grandes valeurs
de la république, mais elles devront être traduites
en comportements réels et en actes, plutôt que
rester des proclamations d'intention.
Comment
agir ?
Au-delà
du dialogue, des décisions doivent être prises. Dans
les démocraties, ces décisions sont de la compétence
des représentants politiques, au niveau des institutions
internationales, des organisations étatiques et des collectivités
locales. En Europe, où les institutions européennes
partagent désormais la responsabilité des grandes
politiques avec les gouvernements nationaux, le rôle de Parlement
européen et de la Commission est également essentiel.
Là encore, les scientifiques ont un devoir d'ingérence
vis-à-vis des décideurs, que nul ne pourrait tenir
à leur place. Ils doivent évidemment tout faire pour
que leurs diagnostics remontent les «allées du pouvoir»
afin de toucher les décideurs finaux, ministres, chefs d'Etat
et aussi chefs d'entreprises(3).
Si
nécessaire, ils se doivent de dénoncer les non-décisions,
les faux-fuyants ou les décisions contraires à l'intérêt
général caractérisant beaucoup de gouvernements
confrontés à la nécessité d'affronter
directement les grands intérêts économiques
ou les résistances de certaines catégories d'électeurs.
On
devine que cela n'est pas sans risques. Affronter les forces économiques
dominantes et les pouvoirs politiques qui les soutiennent peut se
traduire par des suppressions de moyens de recherche, des sanctions
relative aux déroulements de carrière et même
des menaces physiques.
Face
à des enjeux mettant en cause des milliards de dollars et
des stratégies géopolitiques impitoyables, la nécessaire
indépendance que l'on attend des scientifiques n'est pas
à prendre à la légère. Elle doit s'exercer
sur de nombreux plans : vis-à-vis des idéologies,
qu'elles soient politiques ou religieuses ; vis-à-vis des
intérêts financiers et de la monétarisation
de la société ; vis-à-vis des partis politiques
et des gouvernements ; vis-à-vis des nationalismes et des
ethno-centrismes divers.
Face
à la crise, nous distinguons deux grandes catégories
de devoirs adressés aux scientifiques :
Le
devoir d'alerter
Celui-ci, face aux développements de la crise pourra se
traduire par des engagements personnels de plus en plus importants.
On distinguera :
L'alerte
face aux phénomènes géo-climatiques et
biologiques traduisant le développement de la crise.
On a vu récemment le rôle essentiel qu'ont joué
les climatologues dénonçant le refus de voir et
d'étudier le réchauffement climatique. Mais d'innombrables
communications de même nature sont produites par des scientifiques
étudiant des aspects particuliers de la crise, en s'opposant
le plus souvent aux intérêts économiques
qui nient ces aspects. Malheureusement, leurs travaux et leurs
mises en garde ne sont pas assez connus du public ni des décideurs.
Ils restent confinée dans les publications scientifiques.
Si les médias les évoquent, c'est de façon
superficielle et vite effacée par d'autres actualités.
Il
ne s'agit pas seulement de la crise climatique mais des multiples
formes par lesquelles l'homme exploite jusqu'à la destruction
les milieux naturels. On citera ici l'exemple navrant de la
surexploitation des ressources marines. L'annonce faite par
les experts concernant la disparition prochaine des espèces
nobles, du fait de la surpêche, n'a toujours pas entraîné
de réaction efficace. L'Europe est la première
coupable, car ses Etats sont avec quelques autres dont le Japon
(sans parler de ceux qui encouragent le braconnage industriel),
principalement responsable du désastre annoncé.
Mais que sera un monde sans poissons ?
L'alerte face aux risques chimiques, biologiques et sanitaires
provenant de recherches ou de production guidées par
la recherche d'un profit immédiat. C'est ce qui s'est
passé lors de la mobilisation contre la mise sur le marché
de produits chimiques dont la dangerosité n'était
pas évaluée suffisamment (programme européen
REACH). Mais on sait que l'envahissement des marchés
de consommation par des produits dangereux, mal expertisés
et parfois volontairement non identifiés, se poursuit
à un rythme toujours accru.
L'alerte
face aux programmes de recherche militaire développés
dans le secret et refusant généralement de façon
systématique la prise en compte des risques collatéraux
ou des retombées mortelles. Il s‘agit de ce que
l'on nomme traditionnellement les armes Atomiques, Bactériologiques
et Chimiques. Mais leur panoplie, avec le développement
des sciences dites NanoBioInfoCogno, ne cesse de s'étendre.
L'action des scientifiques est dans ce domaine particulièrement
difficile, cependant nul chercheur, même pour protéger
ses intérêts de carrière ou par devoir patriotique,
ne devrait pouvoir s'autoriser à la complicité
aveugle. Il serait irréaliste de prétendre proscrire
de telles recherches, mais un minimum de transparence à
leur égard devrait être assurée(4).
Le devoir d'action engagée
Au-delà
de la mise en alerte, qui est déjà une forme d'action
que certains n'osent pas entreprendre, l'aggravation de la crise
environnementale devra susciter l'engagement dans l'action concrète
de la part de scientifiques impatients de faire bouger les multiples
pesanteurs. Les formes d'action engagée sont multiples.
Les organisations, ONG et associations, prolifèrent, notamment
dans le monde dit « altermondialiste ». Les scientifiques,
pour se faire entendre, ont intérêt à les
rejoindre, en choisissant celles les plus adaptées aux
objectifs recherchés. Mais une difficulté, pour
les scientifiques sérieux, consiste à ne pas se
faire manipuler par des groupes extrémistes recherchant
l'agitation et le désordre des esprits pour l'intérêt
personnel de leurs membres. Comme dans toutes les affaires humaines,
de tels opportunistes sont nombreux et font du tort aux meilleures
causes. La défense de l'environnement est riche en excités
divers plus dangereux qu'utiles. On citera les activistes, fréquents
en Grande Bretagne, qui détruisent les laboratoires ou
agressent les chercheurs se livrant à l'expérimentation
animale. Cette cause peut être défendue mais pas
par de tels moyens(5).
En
priorité viendront des actions permettant d'approfondir
et d'évaluer les politiques et les produits nuisibles
à l'environnement.
Graphique
par lequel Exxon Mobile justifie l'expansion de la consommation,
de la production de brut et des capacités de raffinage
aux Etats-Unis, dont la firmeespère de nouveaux profits.
Rappelons qu'Exxon vient d'annoncer à la fois des bénéfices
considérables (plusieurs dizaines de $milliards) et
l'offre de récompenses aux scientifiques qui fourniront
les arguments les meilleurs pour remettre en question le rapport
du GIEC qui vient d'être déposé à
l'Unesco.
A l'inverse, il conviendra d'évaluer les politiques et
produits pouvant avoir l'effet contraire. Il s'agira de procéder
à des études approfondies, supposant aussi bien
la référence aux technologies que des estimations
économiques, budgétaires (fiscales) et sociologiques.
Nous en avons donné des exemples dans un article précédent,
consacré au calcul du coefficient d'empreinte écologique.
Plus généralement, toutes les politiques, qu'elles
soient déjà mises en œuvre ou seulement proposées,
devraient faire l'objet d'évaluations contradictoires de
cette nature. Les conclusions n'en seront jamais simples, mais
elles permettront cependant de conduire la discussion sur des
bases relativement objectives et non sur des a priori ou des arguments
volontairement faussés. Ce genre de travail pourra être
fait par des scientifiques et experts de façon bénévole,
en dehors de leurs activités professionnelles principales(6).
Pour
beaucoup viendra la tentation de s'engager professionnellement
dans des recherches ou au service d'entreprises développant
des solutions susceptibles d'apporter des remèdes à
la crise. Les prochaines années verront se développer
un large appel à la réalisation de solutions multiples,
petites ou grandes, en matière d'énergies renouvelables,
de matériaux, de produits de consommation intégrant
les nouvelles technologies propres. Beaucoup de carrières
déjà entreprises pourront sans doute être
reconverties pour servir de telles recherches et développement.
Les jeunes chercheurs seront aussi sans doute fortement tentés
de s'y intéresser. Il y aura là des champs d'action
concrète considérables.
Nombre
de chercheurs souhaiteront également participer aux échanges
de compétences et d'expériences avec les pays
du tiers monde. Là encore, les occasions de s'employer
seront innombrables.
Dans toutes
ces actions, la communication sera indispensable, utilisant les
multiples ressources du web (web 2.0 et web 3.0). Les outils disponibles
sont et seront nombreux. Encore faudra-t-il savoir les maîtriser,
comme le montrent les ONG anglo-saxonnes. Selon l'expression traditionnelle,
le faire-savoir comptera autant que le savoir-faire.
Notes
(1) Encore que... On sait qu'après 1946
le mouvement Pugwash a eu un rôle important pour décourager
l'utilisation des armes atomiques. Il poursuit d'ailleurs son action
en l'étendant aux autres risques http://www.pugwash.org/
(2) Citons en exemple le site de Jean-Marc Jancovici,
Manicore, qui nous parait une bonne référence à
cet égard http://www.manicore.com/
(3) Sur ce point l'action de Nicolas Hulot en
France a paru très utile. Mais elle ne peut à elle
seule résumer toutes les actions concrètes qui seraient
nécessaires. Aux Etats-Unis, pays du libéralisme et
de l'impérialisme exacerbés, de nombreux scientifiques
ont su conseiller des hommes politiques contestataires, notamment
Al Gore, dont le film « Une vérité qui dérange
» a joué un rôle important pour la prise de conscience
qui commence à se faire dans ce pays et dans les autres.
(4) Voir le bon exemple donné par une
association de scientifiques britanniques travaillant pour la défense,
intitulée "Scientists for Global Responsability"
http://www.sgr.org.uk/ (5) Le roman "Le parfum d'Adam",
de Jean-Christophe Ruffin, décrit de façon il est
vrai caricaturale l'action de groupes terroristes s'inscrivant dans
la tradition américaine ancienne de la Deep Ecology (voir
notre
chroniquedans
ce numéro).
(6) Ne soyons pas naïfs. Comme les humains
mêlent inextricablement les comportements agressifs et le
sens de l'intérêt général, nous verrons,
avec le développement souhaitable des notes attribuées
par les experts aux objets et usages au regard de leur "poids
en CO2", se multiplier les accusations et procès en
sorcellerie, fondés ou pas. Ce sera inévitable et
d'ailleurs sain. Mais il faudra raison garder. On peut trouver utile
de donner mauvaise conscience aux possesseurs de 4/4 en ville. Non
seulement ils devraient être imposés sévèrement
mais aussi sentir qu'ils sont considérés comme inciviques.
Par contre, lorsqu'on reproche à Ségolène Royal
de préconiser l'attribution gratuite d'un permis de conduire
aux jeunes, de façon à faciliter leur entrée
dans la vie professionnelle, on ne peut lui reprocher d'encourager
l'usage immodéré de la voiture. Ceux qui lui font
ce procès voudraient en fait se réserver le droit
aux voitures (et aux 4/4) mais en priver les pauvres. C'est là
le prototype de l'attitude des riches qui ne veulent faire aucune
économie d'énergie, mais demandent aux pays sous-développés
ou au prolétariat de faire tout l'effort.