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Pourquoi les lois fondamentales de la physique paraissent-elles
ajustées pour permettre la vie et la conscience ?
Résumé.
Une série d'articles publiés indépendamment
les uns des autres par la revue NewScientist du mois de juin 2007
signale des recherches récentes permettant d'entrevoir quelques
pistes en réponse à la question fondamentale posée
par le principe anthropique : pourquoi les lois de la physique paraissent-elles
favorables à la vie (telle que nous la connaissons) ? Ces
pistes font appel aux interprétations de la physique quantique
selon lesquelles - pour simplifier - c'est l'observateur macroscopique
qui crée l'univers observé à partir d'un indéterminisme
quantique primordial. La plus fructueuse, en termes scientifiques
comme philosophiques, a été baptisé le "Darwinisme
quantique".
La
question donnant son titre à cet article est posée
aujourd'hui avec de plus en plus d'insistance. Par lois fondamentales,
on entend les lois, découvertes progressivement par les physiciens,
qui définissent les conditions nécessaires à
la construction des particules matérielles. Elles régulent
l'organisation de la matière aussi bien en vastes structures
cosmologiques qu'en organismes vivants de type terrestre, y compris
ceux qui, comme nous, dotés de conscience, peuvent se donner
des représentations d'eux-mêmes dans l'univers et modifier
l'ordonnancement de cet univers en faisant appel à la science.
On dit que les lois fondamentales sont « bio-friendly
». Elles sont réglées à quelques millièmes
d'unités près (fine-tuned) d'une façon
telle qu'elles sont compatibles les unes avec les autres et, finalement,
avec la vie telle que nous la connaissons sur Terre. Ainsi, si le
proton était plus lourd que le neutron de 0,1%, tous les
protons produits dans les suites du Big bang n'auraient pu acquérir
de charge électrique et auraient dégénéré
en neutrons. De ce fait les atomes n'auraient pas existé
et la chimie aurait été rendue impossible.
Cette
propriété des lois fondamentales a été
exploitée par les tenants du principe anthropique fort qui
en déduisent que l'univers aurait pu, dès le début,
avoir été conçu par une super-intelligence
voulant faire apparaître la vie et l'homme. Inutile de dire
que cette hypothèse d'une super-intelligence n'a aucun intérêt
scientifique puisqu'elle n'est pas démontrable. Elle permet
seulement aux spiritualistes de justifier la création telle
que racontée dans les Ecritures. Le principe anthropique
faible est plus modeste. Il se borne à constater que, dans
l'univers tel qu'il est défini par les lois de la physique,
des organismes vivants tels que nous ont pu se développer.
Il n'exclut d'ailleurs pas que dans d'autres cantons de l'univers,
à partir des mêmes lois fondamentales, d'autres formes
de vie et de conscience soient possibles. Mais là encore,
le principe anthropique faible n'a guère d'intérêt
scientifique. Il n'ouvre pas de pistes pour rechercher derrière
l'ensemble des lois fondamentales de la physique un principe explicatif
unique qui permettrait de comprendre pourquoi ces lois sont ce qu'elles
sont et grâce auquel la science, le cas échéant,
pourrait imaginer ou construire des univers différents.
Faut-il
alors que les scientifiques matérialistes – ceux qui
excluent le recours à la divinité comme principe explicatif
- ne puissent faire autre chose que constater l'existence des lois
fondamentales, aux origines inexpliquées, flottant si l'on
peut dire comme autant de principes organisateurs au-delà
(ou au-dessus) du monde matériel et du monde biologique.
On retrouverait là une sorte d'idéalisme ou réalisme
des essences, de type platonicien, qui inspire aujourd'hui encore,
dans un domaine voisin, beaucoup de mathématiciens. Pour
certains de ces derniers, les lois mathématiques constituent
un univers situé en dehors du nôtre, qu'ils découvrent
peu à peu et dont d'ailleurs ils retrouvent les grandes règles
logiques à l'œuvre dans les lois de la physique. Au
contraire, pour d'autres mathématiciens, que nous qualifierions
d'évolutionnaires ou darwinistes, les lois mathématiques
sont des produits de l'architecture des cerveaux. Ceux-ci auraient
progressivement acquis, dès le règne animal, la capacité
de qualifier et quantifier des « objets » à partir
d'un continuum de signaux physiques émanant du monde extérieur.
Une
variante du principe anthropique faible vise à expliquer
pourquoi nous nous trouvons dans un univers favorable à la
vie, sans faire appel à la simple lapalissade selon laquelle
si nous sommes là, c'est parce que nous sommes là.
Il s'agit de l'hypothèse bien connue du multivers. Selon
cette dernière, le monde quantique fondamental générerait
en permanence des bulles d'univers qui s'organiseraient en évoluant
selon des modes différents, intégrant plus ou moins
de complexité. Le monde quantique n'étant pas limité
par des facteurs temporels ni par le nombre des combinaisons que
peut produire l'émergence de particules physiques à
partir des entités quantiques, un nombre infini d'univers,
présentant un nombre infini d'organisations différentes,
pourrait résulter des fluctuations quantiques produites par
la supposée énergie du vide. De cette infinité
de tirages de la loterie quantique, rien n'interdit de penser qu'un
bon numéro, celui d'un univers permettant la vie, ait pu
apparaître. Mais à nouveau cette explication n'est
pas satisfaisante. Non seulement parce qu'il n'a pas été
à ce jour possible de prouver l'existence d'univers multiples,
mais surtout parce que les lois primordiales ou méta-lois,
autrement dit le mécanisme générateur permettant
aux multi-univers d'apparaître, y compris en comportant de
« bons numéros » favorables à la vie,
ne sont pas plus connaissables ni explicables, dans cette hypothèse,
que dans les précédentes.
Cependant,
aujourd'hui, une série d'articles publiés indépendamment
les uns des autres par la revue NewScientist du mois de juin
2007 permettent d'entrevoir quelques réponses à la
question fondamentale posée par le principe anthropique :
pourquoi les lois de la physique paraissent-elles favorables à
la vie (telle que nous la connaissons) ? Ces réponses font
appel, comme l'on pouvait s'en douter, aux interprétations
de la physique quantique selon lesquelles - pour simplifier - c'est
l'observateur macroscopique qui crée l'univers observé
à partir d'un indéterminisme quantique primordial.
La
post-sélection quantique
Une
première de ces réponses(1)
a été baptisée du terme de post-sélection
quantique (quantum post-selection). Elle repose sur une
expérience proposée il y a une vingtaine d'années
par le physicien John Wheeler reprenant le fameux dispositif des
fentes de Young. Cependant la création du réel par
l'observateur, dans l'expérience de Wheeler, ne concerne
pas le réel d'aujourd'hui, mais celui du passé. On
sait que dans le système de Young classique, le fait de placer
un détecteur derrière une des fentes détruit
la nature quantique des micro-états (par exemple des photons)
envoyés sur ces fentes. Autrement dit, au lieu de se comporter
en onde et de générer des franges d'interférences
sur un écran, les photons se comportent en particules et
génèrent des points d'impacts ponctuels. On dit aussi
que l'observation réduit leur fonction d'onde ou les oblige
à décohérer. Dans l'expérience de Wheeler,
des télescopes placés derrière l'écran
et observant les photons une fois qu'ils ont interféré
et produit des franges sur l'écran détruit ces franges.
Autrement dit, l'observation remonte dans le temps et modifie rétroactivement
le résultat de l'expérience. Stephen Hawking et Thomas
Hertog en ont conclu, dans un article de février 2006(2)
que « l'histoire de l'univers – autrement dit (c'est
nous qui le disons) les phénomènes par lesquels cette
histoire se manifeste – dépend des questions qu'on
lui pose ». L'existence des observateurs et de la vie aujourd'hui
a un effet sur le passé. En formulant la chose autrement,
avec un peu d'extrapolation, on pourrait dire que si les lois de
la physique nous paraissent favorables à la vie, c'est parce
que ce sont des êtres vivants qui observent le monde quantique
primordial et y ont vu, ou plutôt créé, des
lois favorables à la vie.
Les
lois de la physique seraient donc flexibles. Elles dépendent
des observateurs. On parle de « flexi-laws ».
Paul Davies, auteur de l'article, et des collègues tentent
actuellement de donner une base mathématique cohérente
au concept de lois flexibles et de sélection post quantique.
Il faut en effet tenter d'expliquer pourquoi le processus ainsi
décrit produit des résultats déterminés
au lieu de générer un désordre total. La question
est encore à l'étude(3).
Le
darwinisme quantique
L'hypothèse
selon laquelle l'observateur d'aujourd'hui définirait ce
qu'était l'univers avant lui paraît cependant assez
« tirée par les cheveux ». Une hypothèse
plus simple est présentée dans ce même numéro
du NewScientist(4). Elle fait appel au
principe bien connu de la superposition, selon lequel une particule
ne peut être décrite que par sa fonction d'onde, tant
du moins que celle-ci n'a pas été réduite par
un observateur. La particule, de quantique et indéterminée,
devient alors, une fois observée, physique (on dit aussi
macroscopique) et sujette aux lois physiques que nous connaissons.
Mais qui observe ? S'agit-il seulement d'un physicien armé
d'un instrument adéquat ?
Les
chercheurs Robin Blume-Kohout et Wojciech Zurek ont proposé
récemment d'admettre que ce serait l'environnement de la
particule qui jouerait le rôle d'observateur. Ils ont nommé
ce phénomène le darwinisme quantique. Les physiciens
quantiques, quand ils isolent des bits quantiques, pour faire notamment
de la cryptologie quantique, les maintiennent à l'abri de
l'environnement, composé de particules macroscopiques, car
celles-ci provoqueraient la décohérence des q.bits.
Mais au lieu de considérer l'environnement comme exerçant
un effet négatif, les auteurs proposent de voir dans celui-ci
un agent de sélection permettant de stabiliser dans un sens
favorable à la « survie » de cet environnement
les propriétés quantiques des particules avec lesquelles
il interfère. Ainsi, progressivement, les produits de ces
interactions, c'est-à-dire des particules quantiques décohérées
(dont la fonction d'onde aura été réduite),
seront intégrés aux systèmes macroscopiques
et copiés en grand nombre, avec leurs nouvelles caractéristiques
physiques et chimiques, s'ils sont favorables à la survie
de ces systèmes. Les auteurs de l'hypothèse ont construit
un dispositif expérimental utilisant un objet quantique oscillant
interagissant avec son environnement, que nous ne décrirons
pas ici en détail et qui illustre ce processus(5).
On
voit le grand intérêt de cette approche. Si nous nous
appuyons sur elle, nous n'aurions plus à nous étonner
du fait que l'univers physique tel qu'il nous apparaît (au
niveau des lois macroscopiques que nous y observons) soit favorable
à la vie et à la pensée, puisque c'est cet
univers qui, à partir des multiples possibilités permises
depuis son origine par l'interaction avec le réservoir infini
de possibles propre au monde quantique, a provoqué la décohérence
dans le sens favorable à sa croissance des particules quantiques
avec lesquelles il interagissait (qu'il « observait »).
Nos lecteurs se souviennent peut-être que le biologiste quantique
John John MacFadden avait suggéré une hypothèse
voisine pour expliquer l'introduction d'une variation orientée
dans les mutations, à l'occasion d'interaction entre des
particules quantiques et les atomes du génome(6).
Bien évidemment, une telle approche est strictement darwinienne.
Elle exclue tout finalisme. Elle postule seulement que les systèmes
macroscopiques, qu'ils soient physiques, biologiques ou mentaux,
se construisent par des variations au hasard résultant des
décohérences favorables à la survie qu'ils
provoquent en interagissant avec le monde quantique. Ne sont conservées
que les variations physiques, chimiques ...et biologiques... favorables
au développement de ces systèmes.
Mais
les auteurs de l'hypothèse du darwinisme quantique ne semblent
pas encore s'être posés la question des origines tout
à fait première de la construction de l'univers macroscopique
et des lois que nous y observons. Pour cela, il faudrait remonter
au niveau de la première des particules quantiques décohérée
à partir de laquelle le Big Bang se serait déchaîné.
Pourquoi cette particule primitive supposée a-t-elle adopté
tel état macroscopique et non tel autre, alors qu'aucun "observateur"
ne l'observait. On peut penser qu'il s'est agi d'un simple hasard,
parmi de nombreux autres choix surgissant en permanence du vide
quantique - et pouvant donner naissance à d'autres bulles
d'univers que nous ne connaîtront jamais. Pour comprendre
cela, il semble que les hypothèses proposées par Seth
Lloyd concernant les origines de l'univers à partir du vide
quantique peuvent alors être appelées à la rescousse.
Le postulat retenu par Seth Lloyd, qui ne se distingue pas en ceci
de la grande majorité des cosmologistes contemporains, est
que notre univers serait né, au sein d'une infinité
d'autres, d'une fluctuation dans l'énergie du vide quantique
(ou énergie de point zéro).
Ce
terme d'énergie du vide désigne un univers sous-jacent
à tous les univers possibles, notamment à notre univers.
Il est dénué de temps, d'espace et de masse. Son entropie
est maximum (infinie ?) dans la mesure où il est impossible
de donner la moindre information concernant ce qui s'y trouve. Mais
cet univers sous-jacent se manifeste en permanence au niveau de
notre univers. D'abord par l'existence des trous noirs, si on conserve
l'hypothèse de l'existence de ceux-ci. Mais aussi simplement
parce que toutes les particules matérielles qu'étudie
notre physique doivent être considérées comme
résultant de la décohérence de processus ondes-particules
quantiques appartenant au monde quantique. Selon
certaines hypothèses de la physique quantique, l'énergie
du vide n'est pas statique. Elle est bouillonnante. A grande échelle,
elle manifeste des fluctuations imprévisibles (création
de paires particules-anti-particules). En permanence, des particules
ou bouffées d'énergie sont créées et
d'autres annihilées. Autrement dit, des «bulles d'univers»,
dotées de temps et d'espace locaux, sont aléatoirement
créées. Certaines sont annihilées, d'autres
se développent. On peut faire l'hypothèse que notre
univers a été le produit d'une de ces fluctuations.
Une particule quantique aurait vu sa fonction d'onde réduite
et se serait retrouvée sous la forme d'une particule matérielle
ou macroscopique dont les propriétés auraient été
favorables à la création de particules plus complexes
par « observation » du monde quantique environnant.
Des décohérences et des computations en chaîne
en auraient résulté, d'où seraient sortis le
monde que nous connaissons et les lois d'organisation des objets
physiques, biologiques et même mentaux qui régulent
son développement.
L'apport
de Seth Lloyd à ce schéma est que l'univers primordial
se serait comporté comme un ordinateur quantique et aurait
calculé son propre développement, ce qui expliquerait
la vitesse avec laquelle il aurait exploré toutes les possibilités
physiques, chimiques puis biologiques macroscopiques offertes par
la décohérence de la particule initiale(7).
Quoiqu'il
en soit, la réponse à la question posée en
titre: " Pourquoi les lois fondamentales de la physique paraissent-elles
ajustées pour permettre la vie et la conscience? " serait
donc assez simple. L'univers qui est le nôtre se serait construit,
dès la décohérence de la première particule,
en même temps qu'il construisait ses lois. L'état physique
affecté, suite à un évènement aléatoire,
par cette première particule, aurait déterminé
la suite. Les particules ultérieures ont obligatoirement
adopté, lors de l' "observation" qu'exerçait
sur elle cette première particule, un état physique
compatible avec l'état de celle-ci. Par la suite, lors de
la réduction de la fonction d'onde des particules quantiques
ultérieures, seuls ont été sélectionnés
les états compatibles avec l'amorce d'univers en train de
se construire. Mais ceci ne veut pas dire que les lois de la physiques
ont été "ajustées", par une force
inconnue, pour permettre la vie. Cela veut seulement dire que les
différentes organisations matérielles, physiques et
chimiques qui sont nées de la décohérence initiale
se sont édifiées selon certaines lois constructales
qui ont permis l'apparition des grandes et petites structures de
l'univers, et éventuellement des atomes nécessaires
à l'auto-synthèse de la vie. Mais on peut penser que
le vide quantique initial produit en permanence un nombre infini
de solutions différentes, dont nous n'aurons jamais connaissance.
L'observateur
crée-t-il la réalité ?
Peut-on
déduire de ce qui précède que l'observateur
humain crée la réalité et que le monde n'a
pas d'existence en dehors de lui ?(8) Nous pensons
qu'il faut distinguer selon les temps de l' "observation".
Les objets du monde macroscopique, ceux avec lesquels nous sommes
en contact tous les jours, n'ont pas été créés
en premier lieu par des observateurs humains. Dans l'hypothèse
de la décohérence en chaîne à partir
d'une particule quantique matérialisée, l' «
observation » a été provoquée par les
ensembles macroscopiques apparus progressivement. Il s'agissait
d'abord de systèmes matériels, puis, sur Terre, de
systèmes biologiques et d'objets mentaux. Ce sont tous ces
systèmes qui ont créé le monde matériel
et ses lois par interactions et sélections croisées.
Aujourd'hui
cependant, au moins sur Terre, le processus se poursuit et s'amplifie
du fait de l'apparition d'observateurs humains qui observent aussi
bien les objets macroscopiques que le monde quantique. On notera
là une intéressante boucle étrange
(pour reprendre le terme de Douglas
Hofstadter) puisque ces observateurs sont les produits
d'un processus physique d'observation antérieur et qu'ils
se retournent sur ce processus pour l'étudier. Ceci notamment
dans le cadre de la recherche scientifique expérimentale.
Nous avons indiqué à d'autres occasions, dans cette
revue, qu'il s'agit d'un mécanisme constructiviste. La science,
les technologies, les idées créent de la complexité
dans le monde macroscopique, à partir de leurs activités
quotidiennes. Cette complexité, comme l'on sait, n'est d'ailleurs
pas toujours intelligible par cette même science. Il
nous semble que Miora Mugur-Schächter ne dise pas autre chose
lorsqu'elle analyse la façon dont l'observateur humain isole
et qualifie de micro-états quantiques afin d'en faire des
réalités matérielles(9).
Mais
peut-on pour autant dire que l'interaction des particules quantiques
avec des particules matérielles et à plus forte raison
des observateurs humains puisse créer le monde quantique
? Ceci supposerait que notre univers matériel et plus précisément
que les observateurs humains qui s'y trouvent, soient capables d'imposer
leurs lois au monde quantique. Il s'agirait évidemment d'une
erreur. Tout au plus peuvent-ils constater quelques régularités
dans le monde quantique, exploitées dans les technologies
récentes. Mais ils ne créent pas d'hypothétiques
lois quantiques fondamentales, à supposer qu'il en existe.
Ou tout au moins ils n'en sont pas encore capables.
Aujourd'hui
la physique, qu'elle soit simplement quantique ou qu'elle s'inspire
des hypothèses nouvelles de la gravitation quantique,
ne peut produire des hypothèses testables relativement à
de telles lois. Les expériences actuelles sur l'intrication,
notamment, ne permettent pas de comprendre ce qui se cache derrière
les phénomènes observés(10).
L'esprit humain y arrivera-t-il un jour ? Beaucoup de physiciens
sont confiants et pensent que la physique fondamentale est aujourd'hui
à un tournant. Elle devrait enregistrer tôt ou tard
un changement important de paradigme. Peut-être pourra-t-on
mieux comprendre la logique profonde du monde quantique, notamment
le mécanisme permettant de générer des univers,
semblables ou différents du nôtre. Certains comptent
pour cela sur ce que révélera le Large Hadron Collider
du Cern quand il entrera en service, mais pour le moment il s'agit
de simples vœux de leur part. Il n'est pas exclu non plus,
autre possibilité, qu'une illumination vienne un jour d'une
direction totalement inattendue. Quand on dit que la science ne
fait pas rêver…