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Nous présentons ici quelques informations communiquées
par les Brights de France concernant les nouveaux musées
créationnistes qui viennent de s'ouvrir aux Etats-Unis et
au Canada. Nous nous interrogerons ensuite sur l'étrange
complicité des scientifiques qui cautionnent de telles entreprises.
Les
nouveaux musées créationnistes
Au
Canada. Source Radio Canada 04/06/07
Les
curieux pourront visiter dès mardi 5 juin le premier musée
canadien basé sur la théorie du créationnisme,
à Big Valley, dans le sud-est de l'Alberta.
Le promoteur, Harry Nibourg, a réuni des fossiles, des tableaux
interactifs et des dessins de dinosaures pour démontrer,
avance-t-il, que Dieu a créé la Terre il y a moins
de 10 000 ans. L'exposition du Big Valley Creation Science Museum
soutient que les humains ont vécu à la même
époque que les dinosaures et que la technologie utilisée
pour déterminer l'âge des fossiles est erronée.
Harry Nibourg affirme qu'une centaine de scientifiques
de partout dans le monde ont participé au projet qui remet
en question les fondements de la théorie de l'évolution.
Il souligne que les présentations de son établissement
sont davantage basées sur la science que sur la Bible. Le
musée qui a été construit au coût de
300 000 $ a été entièrement financé
par des dons privés.
Le
paléontologue Micheal Caldwell de l'Université de
l'Alberta affirme que toutes les informations présentées
dans le musée sont fausses. Il précise que les fondements
scientifiques selon lesquels la Terre a vu le jour il y a près
de 4 milliards d'années sont fiables.
Etait-ce
la peine de le réaffirmer? Sans doute oui.
Saviez-vous
qu'Adam et Eve aimaient à contempler les dinosaures, dans
le jardin d'Eden ? C'est ce que vous apprendrez au nouveau musée
créationniste de Cincinnati.
Selon
les théories soutenues par le nouveau musée créationniste
de Cincinnati, qui défend une interprétation littérale
de la Bible, Dieu a créé le monde, tel que nous le
connaissons, en sept jours.
Elaboré
pour contrer la "théorie", communément admise,
de l'évolution, le musée entend démontrer à
ses visiteurs que la Terre n'a que 6000 ans et que les dinosaures
côtoyaient les êtres humains avant de disparaître
lors du déluge, il y a 4300 ans.
Pour
faire passer le message, le musée ne lésine pas sur
les moyens -sa construction, intégralement financée
par des dons, aura coûté la coquette somme de 27 millions
de dollars- : dans le vaste hall d'entrée, une petite fille
donne à manger à des écureuils alors que deux
bébés tyrannosaures rex jouent à quelques mètres.
Un planétarium projette des films prouvant que "les
cieux déclarent la gloire de Dieu", et une salle de
spectacle bourrée d'effets spéciaux plonge le visiteur
au coeur des 40 jours et 40 nuits de déluge, voulus par Dieu.
Puis, les fidèles peuvent poursuivre leur visite à
travers le jardin d'Eden, l'arche de Noé, la tour de Babel
ou suivre les grandes étapes de la vie de Jésus-Christ.
A
la tête du musée, Ken Ham, un ancien professeur de
sciences naturelles australien. Il dirige parallèlement "Les
réponses sont dans la genèse", qui publie chaque
année des dizaines de livres et DVD très attrayants
pour apprendre aux chrétiens à défendre leur
foi en réfutant l'évolution.
Selon
les théories de Ham, le péché est apparu sur
la Terre quand Adam et Eve ont croqué la pomme, 5 700 ans
avant que Charles Darwin n'énonce sa théorie de l'évolution
des espèces, qui aurait jeté le monde dans une ère
de relativisme moral extrêmement subversif. Ainsi, une scène
du musée montre une église frappée de plein
fouet par une énorme boulet de démolition, baptisé
"Evolution".
Il
est sans doute inutile de s'étonner de voir les églises
et les organisations confessionnelles mobiliser des sommes considérables
pour créer de tels musées. Ce n'est qu'un petit aspect
de leur prosélytisme. Les églises, aux Etats-Unis,
ne reçoivent aucun subside de l'Etat et sont donc financées
intégralement par des donateurs privés (personnes
physiques ou morales). Ces églises sont riches principalement
parce que les fidèles sont nombreux et prêts à
donner du temps et de l'argent pour soutenir leur foi. On retrouve
ceci dans tous les groupes sectaires, y compris dans le domaine
non religieux, politique ou environnementaliste (Cf. Greenpeace)
qui fonctionnent avec la même dévotion. Comme disait
Jean-Paul
Gouteux «seuls se reproduisent les systèmes développant
d’efficaces moyens de reproduction : le prosélytisme,
le totalitarisme intellectuel, l’intolérance, l’absolutisme
des convictions.».
Faut-il
alors mettre sur le compte du prosélytisme totalitaire l'adhésion
d'un certain nombre de scientifiques au créationnisme? La
même question peut-être posée aux enseignants
qui font visiter de tels constructions délirantes à
leurs élèves, en déformant sans doute durablement
leur jugement. Comment les uns et les autres peuvent-ils en arriver
à nier les bases mêmes de ce qui avait fait jusque
là leur déontologie professionnelle? Certains d'entre
eux ne sont peut-être pas sincères et s'engagent pour
le compte d'intérêts personnels qu'ils n'avouent pas.
Mais ceux qui le sont? Pour les comprendre, il faudrait les interroger
en détail, voire les analyser (les psychanalyser?), pour
ne pas dire leur proposer de scanner les aires cérébrales
que dans leur cerveau déterminent l'adhésion...
Le
point à retenir, c'est que les autorités officiellement
reconnues, comme le sont les experts scientifiques, peuvent toujours
être individuellement victimes de déviances. Il pourrait
même arriver qu'une communauté scientifique dans son
ensemble, sous la pression de circonstances exceptionnelles, se
mette à renier les bases jusque là les mieux admises
de leurs connaissances.
Les
croyances en astrologie et en voyance, très répandues
aussi bien chez des scientifiques que chez beaucoup de décideurs,
posent des questions analogues.