Automates
Intelligents utilise le logiciel
Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront
alors définitions, synonymes et expressions constituées
de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi
d'accéder à la définition du mot dans une
autre langue.
Carbon tax and 100% dividend (taxe carbone et redistribution
intégrale de son produit)
Sans attendre les conclusions de la 14e conférence
des Nations Unies sur le climat qui se tient jusqu'au 12 décembre
à Poznan, non plus que celles du Conseil Européen
des 11 et 12 décembre à Gdansk concernant la contribution
européenne à ce programme, dit « paquet énergie-climat
» (PEC), il faut noter que la principale des solutions mise
en oeuvre pour inciter à la réduction de la production
des gaz à effet de serre, le système dit « Cap
and Trade » ou « marché du carbone » est
de plus en plus contestée par les experts sérieux.
Une solution bien préférable est désormais
proposée.
Que
signifie le terme de Cap and Trade ? On fixe un plafond ("cap")
aux émissions, plafond à ne pas dépasser et
susceptible d'être réduit d'une année sur l'autre.
Les entreprises et autres sources productrices de gaz à effet
de serre reçoivent des certificats pour leurs émissions
polluantes, le nombre de ces certificats étant limité
par le plafond global. Chaque participant détermine librement
sa stratégie pour baisser ses émissions. Il peut investir
dans des installations moins polluantes, optimiser ses processus...
ou ne rien faire, auquel cas il devra acheter davantage de certificats
(on parle de « permis de polluer) sur un marché ad
hoc. Les prix de ce marché évoluent en fonction de
l'offre et de la demande. Plus on pollue, plus on paie.
Pierre
angulaire de ce marché international du carbone, le «
Mécanisme de Développement Propre » MDP élaboré
dans le cadre du Protocole de Kyoto, vise plus particulièrement
à réduire les émissions de gaz à effet
de serre dans les pays en développement. Il encourage la
mise en place dans ces pays de technologies de réduction
d'émissions dont la valeur est monétarisée
en unités d'équivalent d'une tonne de CO2. Une entreprise
d'un pays développé investit pour une amélioration
technologique dans un pays en voie de développement et rapatrie
la valeur financière des réductions d'émissions
de CO2 en résultant. Dès 2007, ce système a
représenté un marché de 10 milliards d'euros
pour 1.000 projets, acceptés par le Bureau exécutif
basé à Bonn.
Les
critiques sont nombreuses. La principale est que le processus génère
des fraudes invérifiables, faute de personnel. La 13e conférence
internationale sur la lutte contre la corruption, qui s'est terminée
à Athènes le 2 décembre 2008, a signalé
qu'il se produit dorénavant des phénomènes
de corruption à tous les étages du processus. La plus
banale consiste pour une entreprise pollueuse à obtenir grâce
à des complicités locales des indemnités pour
de fausses opérations dans un pays pauvre (par exemple des
plantations d'arbres symboliques). Une autre critique, toute différente,
provient des pays dits développés disposant de vieilles
industries fortement productrices de CO2. Celles-ci se trouvent
obligées selon ce dispositif à se procurer d'importants
droits à polluer qu'elles prétendent ne pas être
en état de payer. C'est sur ce point principal qu'achoppe
pour le moment le paquet énergie-climat européen,
devant les résistances de l'Allemagne, de la Pologne et autres
Etats-membres qui utilisent encore principalement des centrales
à charbon pour fabriquer de l'électricité.
Faut-il
conserver ce système du Cap and Trade ? Le choix sera particulièrement
lourd de conséquence lorsque se réunira, après
Poznan, la Conférence de Copenhague qui devra décider
en 2009 de la suite à donner au Protocole de Kyoto. On espère
que le nouveau Président américain Barack Obama y
participera et se montrera plus ouvert que son prédécesseur
concernant les objectifs à fixer. Mais lui aussi se heurtera
aux résistances des industries américaines fortement
consommatrices de charbon et de pétrole. Va-t-il entériner
le Cap and Trade ? Nombre d'experts en doutent. Mais que mettre
à la place ?
Un
système alternatif, le « Carbon Tax and 100% dividend
»
Notons
que James Hansen de la Nasa (souvent cité sur notre site),
expert international le plus incontesté tant pour sa compétence
que pour son intégrité, propose la généralisation
de la taxe carbone dans le cadre d'un dispositif dit " Carbon
Tax and 100% dividend ", que nous pourrions traduire par "
taxe carbone et redistribution intégrale de son produit ".
Adapté à la crise sociale qui se superpose dorénavant
à la crise économique et climatique, ce dispositif
vise à redistribuer intégralement et équitablement
les revenus de la taxe carbone à l'ensemble des citoyens.
Ainsi les particuliers gros consommateurs de carbone (par leur parc
automobile et leur logement, notamment) recevront un dividende inférieur
à la taxe qu'ils payent, tandis que les consommateurs modestes
bénéficieront d'un dividende qu'ils pourront affecter
à des activités non productrices de carbone. Le dispositif
s'appliquera aussi aux entreprises, la redistribution des dividendes
se faisant selon des modalités spécifiques.
Le
système ne sera pas simple à mettre en œuvre,
évidemment. Il aura de multiples conséquences non
prévues au départ, en termes de ce que les spécialistes
nomment des «détournements de processus productifs».
Il générera lui aussi des fraudes, mais, dans l'ensemble,
il sera bien plus facile à appliquer et bien plus acceptable
par l'opinion publique que le Cap and Trade. Chacun, grand ou petit,
entreprise ou particulier, sera incité à économiser
et investira en ce sens quotidiennement.
Au
niveau des Etats, les plus volontaires en termes de lutte contre
l'usage du carbone pourront fixer dans le cadre d'un Traité
international des objectifs de taxation s'élevant progressivement
au fur et à mesure des années. Ils pourront convenir
que des transferts de produits de la taxe seraient consentis en
faveur des pays pauvres pour les aider à s'équiper.
A l'inverse, ils pourront décider d'applique un « tarif
extérieur douanier carbone » aux pays ou aux entreprises
internationales qui refuseront de cosigner le traité.
Sans
remettre en cause du jour au lendemain le système Cap and
Trade, nous aimerions que les Européens, d'ici la fin de
l'année, étudient voire décident d'adopter
un tel système dans les prochains mois. Indiquons qu'au sein
de l'Union Européenne, il serait toujours possible d'alléger
la taxe, contre garanties, au profit d'industries s'étant
révélées incapables de diminuer à court
terme leur consommation de combustibles fossiles.