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9 juillet 2008
par Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin
Actualité de la Cognition Artificielle
Le
terme de Cognition Artificielle, dit aussi de Conscience artificielle,
étend considérablement l'ancien concept de robotique.
Le présent dossier collationne, entre autres, un certain
nombre d'informations communiquées par notre ami Jacques
Maudoux, que nous remercions. AI
Financements
de la robotique par la Commission européenne
La
Commission européenne vient d'annoncer qu'elle va doubler
ses investissements de recherche en robotique entre 2007 et 2010.
L'annonce a été faite au salon AUTOMATICA 2008 à
Munich. Le programme sera financé à hauteur de 400
millions d'euros. Il visera à encourager notamment les partenariats
entre laboratoires de recherche et industrie.
Selon
Viviane Reding, Commissaire pour la Société de l'Iinformation
, le secteur robotique européen dispose d'importants potentiels
inexploités. Il s'agit notamment pour l'industrie d'augmenter
ses apports en valeur ajoutée. Elle doit aussi augmenter
sa part de production des composants mécaniques nécessaires
au secteur.
Environ
1/3 des robots industriels sont produits en Europe. Le continent
a réussi à maintenir une position forte dans ce domaine
malgré la concurrence. Selon l'International Federation of
Robotics (IFR), le marché mondial des robots industriels
est de 4 milliards d'euros et devrait croître de 4,2% par
an jusqu'à 2010. La croissance sur ce marché augmentera
de 10 à 15% par an. Le nombre des robots professionnels en
service dans le monde passera de 40.000 en 2006 à 75.000
en 2010.
Les robots industriels et de services sont affectés à
de nombreuses tâches : commerce et distribution, nettoyage,
agriculture, soins médicaux.
En Europe, les robots devraient aider à lutter contre les
gaspillages de matières premières et contre la perte
de force de travail dans certains secteurs.
Notre
analyse : aussi intéressants que soient les robots industriels,
ils ne permettent pas de développer des recherches avancées
en robotique autonome. Néanmoins, ils en fournissent des
bases utiles.
analyse
de Mike Dillinger, President de l' Association for Machine Translation
in the Americas et Professeur au Department of Psychology, San José
State University
Comme toutes les technologies, la traduction automatique (TA) a
ses limites. En l'absence de textes sans ambiguïtés,
les traducteurs humains seront toujours nécessaires pour
compléter les ordinateurs. C'est le cas notamment dans le
domaine juridique et littéraire. La TA devrait s'attacher
en priorité aux textes destinés à Internet
et aux textes techniques. Pour cela les rédacteurs dans ces
deux domaines doivent être formés à la production
de documents facilement traduisibles.
L'état de l'art dans la TA a changé rapidement depuis
15 à 20 ans. Auparavant, beaucoup de moyens avaient été
dépensés afin d'établir les règles grammaticales
nécessaires à l'analyse des textes originaux et les
règles de traduction correspondantes. Il avait été
cependant jugé impossible de prendre en compte manuellement
l'énorme quantité de mots et de phrases utilisés
dans ces documents. La nouvelle approche utilise des techniques
statistiques pour identifier des règles qualitativement plus
simples. Ceci est fait désormais automatiquement et à
grande échelle, couvrant une grande partie du spectre du
langage. La même démarche est appliquée en ce
qui concerne l'identification des mots et de leurs traductions possibles.
Aujourd'hui, la recherche cherche à accroître la complexité
des règles de façon à mieux s'adapter aux structures
syntaxiques et à la variété des significations.
On peut considérer que la TA est aujourd'hui une industrie
mature. Elle est utilisée couramment par les institutions
militaires et industrielles depuis 30 ans : Commission européenne.
Ford, Symantec, les forces armées américaines, etc.
Par contre, elle n'est pas suffisamment mûre pour être
utilisée par le public généraliste et au hasard
des textes rencontrés. Tant que ceux-ci ne seront pas purgés
de leurs impuretés diverses, elle donnera de mauvais résultats.
Or le public voudrait obtenir des traductions parfaites.
La
société dans son ensemble, en fait, ne comprend pas
ce qu'est la TA. On attend d'elle qu'elle éclaire ce que
l'auteur avait voulu dire, même si celui-ci ne s'était
pas exprimé clairement. Il y a des éducations réciproques
à mener à bien.
Par ailleurs la TA implique différents secteurs technologiques
: la programmation, les systèmes de traduction, les dictionnaires
électroniques. Ceci implique de réaliser des lexiques
électroniques, des grammaires, des bases de données
répertoriant les co-occurrences de mots et d'autres ressources
linguistiques. Il faut aussi développer l'évaluation
des processus de traduction, le « nettoyage » automatique
des textes, les procédures de gestion de documents nécessaire
pour traiter des commandes de traduction pouvant atteindre 300.000
pages. La coopération entre linguistes, programmeurs et ingénieurs
est indispensable.
Les phases de la traduction sont les suivantes:
1. Préparation du document, en veillant à ce que chaque
phrase soit compréhensible et correct. C'est la phase la
plus importante.
2. Ajustement du système de traduction au domaine professionnel
concerné, notamment au regard des concepts spécialisés
utilisés.
3. Traduction, adaptée aux formats électroniques du
texte. Le contenu doit être séparé de ses mises
en forme.
4. Vérification et contrôle de qualité, avec
résolution des ambiguïtés.
5. Distribution des documents traduits à leurs destinataires.
La tâche n'est pas simple quand le service de traduction reçoit
10.000 pages à traduire en 10 langues et à router
vers une cinquantaine de bureaux.
La TA ne représente en rien une menace pour les interprètes
et traducteurs humains. Comme toujours, la machine accomlira les
tâches de routine, laissant les tâches nobles aux humains.
Même si la qualité de la TA augmente, l'intelligence
globale des textes nécessitera des compétences humaines
s'élevant en proportion.
Ceci étant, un énorme effort d'adaptation sera requis
des humains pour faire face aux nouvelles techniques et à
l'accroissement corrélatif du nombre et de la difficulté
des textes à traduire. On retrouve le même problème
dans toutes les technologies en croissance, à quelques différences
près. Le contrôle de l'exactitude des significations
demandera un effort considérable, la machine pouvant fournir
des traductions apparemment fidèles qui induiront en fait
des malentendus graves. Il faut disposer de systèmes d'IA
très évolués pour les détecter. La traduction
porte souvent par ailleurs sur des documents déjà
traduits, avec risque de pertes de sens en série.
Le British National Corpus comprend 15 millions de termes caractéristiques
de la langue anglaise. Les dictionnaires de TA les plus riches se
limitent à 300.00 entrées. Comment les sociétés
de demain pourront-elles faire face à ces différences
? Il faut voir en fait que sur 15 millions de mots, 70% sont rarement
utilisés. Il convient donc de se limiter à un cœur
plus réduit, auquel s'ajouteront de 5.000 à 10.000
termes hautement spécifiques. Mais cette technique ne peut
s'appliquer qu'aux documents professionnels. Pour des traductions
en ligne sur le web, elle sera inutilisable. Il faudra donc généraliser
des solutions déjà existantes, telles que le «
try again » : demander à l'interlocuteur de formuler
autrement sa question. L'auteur comme le destinataire devront coopérer
avec le système, s'ils veulent communiquer.
Notre
analyse. Ce texte (traduction-adaptation libre de notre part) montre
plusieurs choses : 1. La TA reste ; comme elle le fut aux origines
de l'IA, un défi pour l'intelligence appliquée aux
machines. Il est donc intéressant d'investir pour enrichir
ses techniques.
2. la communication écrite et parlée avec les robots
multipliera les problèmes d'interprétation du genre
de ceux rencontrés par la traduction, ceci même si
les interlocuteurs utilisent en principe la même langue, en
émission comme en réception. Il ne faut pas croire
que les logiciels simplistes actuels de reconnaissance ou de synthèse
de la parole utilisés par les automates ont résolu
tous les problèmes, même en se plaçant à
un très bas niveau d'exigence. Si par contre la communication
entre humains et robots s'améliorait sensiblement, en empruntant
aux méthodes de la TA évoquées dans cet article,
la convergence entre les deux formes d'intelligence pourrait croître
rapidement.
La mathématicienne américaine Daphne Koller semble
sur le point de doter l'IA de nouveaux outils permettant de gérer
des situations complexes évolutives. Son travail exploite
les possibilités offertes par les réseaux Bayésiens
(object-oriented Bayesian networks, probabilistic relational models,
dynamic Bayesian networks, hybrid Bayesian networks
Les applications actuelles concernent l'amélioration de la
vision artificielle, la compréhension du langage naturel,
la réalisation de moteurs de recherche améliorés.
Daphne
Koller, à 39 ans, vient de recevoir un prix d'informatique
de l'Association for Computing Machinery et la Fondation Infosys.
Notre analyse :
Le calcul et les réseaux bayésiens sont de plus en
plus considérés comme indispensables pour modéliser
un monde qui ne serait connaissable qu'en termes de probabilités.
Nous avons noté
dans un de nos articles que certains neurologues avancent
l'hypothèse que le calcul bayésien serait le mode
par défaut systématique de fonctionnement des diverses
unités du cerveau.
Le
3e Challenge organisé par la Darpa (agence de recherche militaire
américaine) pour encourager la réalisation de véhicules
complètement autonomes a été gagné le
1e novembre 2007 par une équipe de Carnegie Mellon University,
le Tartan Racing, avec une Chevrolet Tahoe spécialement équipée
baptisée Boss. Contrairement aux précédentes
compétitions, qui se déroulaient dans la nature, ce
dernier, dit Urban Challenge, obligeait les compétiteurs
à naviguer dans une ville reconstituée en vraie grandeur
sur l'ancienne base aérienne George de Victorville, située
au nord-est de Los Angelès. Un trafic correspondant à
celui d'une ville moyennement fréquentée a été
reconstitué dans ce cadre, avec de vrais véhicules
et de vrais piétons, des parkings, des feux de circulation
et des agents de police. Les robots devaient s'intégrer au
trafic urbain, éviter toutes les embûches et mauvais
conducteurs tout en respectant le code de la route et les feux rouges,
chaque infraction étant pénalisée par des points
départageant les candidats.
Les quelque 60 miles du parcours ont été exécutés
en 6 heures par les premiers gagnants, soit une vitesse d'environ
15 km /h de moyenne, qui constitue un vrai défi en ville.
Il faut constater ici les progrès fulgurant enregistrés
en quelques années en matière de véhicules
autonomes : lors de la première compétition de 2004,
aucun des 15 robots candidats n'avait été capable
de finir le parcours de 230 kilomètres dans le désert
californien. Un an après, cinq véhicules sans pilote
ont réussi à parcourir la même distance en moins
de dix heures, après 50 virages, des pistes de sable, des
tunnels ou des pentes inclinées.
Cette nouvelle compétition de 2007, mettant la barre vraiment
très haut, montre tous le chemin parcouru et toute l'ingéniosité
de la Darpa, trouvant ainsi avec de tels challenge un formidable
moyen de mobiliser les meilleurs cerveaux du pays, voire internationaux
: 4 équipes allemandes étaient cette année
de la partie, deux d'entre elles restant parmi les 11 concurrents
finalistes. A peu de frais, l'agence militaire réussit ainsi
à faire un comparatif des meilleures technologies (ceci ayant
été chiffré à moins de 10 millions de
dollars pour la compétition de 2005).
C'est
aussi pour les chercheurs de la Darpa un bon moyen de pousser l'innovation
chez les militaires, naturellement peu enclins à céder
leur place à un automatisme. L'agence se fonde en effet sur
la demande du Congrès américain d'intégrer
d'ici 2015 un tiers de véhicules sans conducteurs dans le
parc opérationnel de l'US Army. Les participants y trouvent
de leur côté un financement et une vitrine pour mettre
en valeur leurs innovations et de valoriser leurs technologies.
Notre analyse. Nous ne pouvons que répéter
notre propos habituel : sans de telles incitations mobilisant beaucoup
de laboratoires et d'entreprises, intéressant un large public
et aux retombées civiles multiples, la robotique européenne
ne décollera pas facilement. Les constructeurs européens,
pour leur part, ne disposeront pas des composants leur permettant
de faire face aux nouvelles générations de véhicules
qui seront commercialisés par leurs concurrents.
En
juin 2008, un Challenge du même genre a été
organisée par la Mars Society, organisation non-profit destine
à promouvoir l'exploration spatiale. La Mars Society dispose
de beaucoup d'argents car elle est soutenue par la Nasa et divers
industriels américain du secteur spatial. Le 2 Rover Challenge
universitaire visait à encourager la conception et la fabrication
de véhicules robotiques destinés à l'exploration
de Mars. Les tests se sont tenus dans le désert proche de
Hanksville, dans l'Utah.
Une
première épreuve consistait en une navigation destinée
à livrer un réservoir d'oxygène à des
astronautes en difficulté situés à une centaine
de mètres du point de départ. Les autres épreuves
consistait à recueillir des échantillons du sol et
procéder à des études géologiques avec
analyse spectrale en lumière visible et en infra rouge. C'est
le rover construit par l'université d'Etat d el'Oregon qui
a emporté le prix. Six collèges américains
et un canadien s'étaient inscrits.
Notre
analyse. Les robots autonomes d'exploration spatiale ou simplement
de maintenance (voir ci-dessous: Trois ingénieurs...) représenteront
un enjeu considérable dans la «conquête»
pacifique voire militaire des astres voisins de la Terre ou des
orbites stratégiques. L'Amérique, activement suivie
par la Chine, y consacre des moyens importants, afin de maintenir
sa supériorité spatiale.
Le tournoi mondial de voiliers robotisés en est déjà
à sa troisième édition, qui s'ouvrira fin mai
en Autriche. Mais ses compétiteurs voient plus loin : au
mois d'octobre, leurs champions s'élanceront pour le Microtransat
Challenge à l'assaut de l'Atlantique. Cette joute entre ingénieurs
intéresse aussi les océanographes...
Ils pilotent déjà des voitures, des avions, des fusées,
alors pourquoi pas des voiliers ? Les robots peuvent parfaitement
commander les voiles d'un navire pour suivre une route en tenant
compte du vent, de la position donnée par le GPS et de la
dérive constatée. La preuve en est brillamment donnée
depuis plusieurs années par une série de compétitions.
En France, débutait en 2003 le Défi SGM, organisé
par les IUT SGM (Science et Génie des Matériaux) pour
des bateaux de 2,40 mètres. Prise au jeu, la communauté
des roboticiens est montée d'un cran avec une compétition
plus ambitieuse, le Challenge Microtransat, qui a pour but ultime
la traversée de l'Atlantique.
Les navires devront mesurer moins de quatre mètres et n'utiliser
comme sources d'énergie que le soleil et le vent. La troisième
condition est un faible coût, l'idée n'étant
pas d'organiser une compétition technologique avec des moyens
lourds mais de privilégier les équipes issues d'universités.
La première édition, en 2006, s'était tenue
près de Toulouse en juin 2006. L'année suivante, les
compétiteurs se sont confrontés à Aberystwyth,
au Royaume-Uni. Et ce petit monde se retrouvera pour le World Robotic
Sailing Championship 2008, du 20 au 25 mai en Autriche, à
Breitenbrunn, dans les environs de Vienne et lanceront leurs embarcations
sur le lac Neusiedl.
La compétition s'accélère car c'est au mois
d'octobre 2008 que ces voiliers sans équipage quitteront
les côtes du Portugal (le lieu de départ n'est pas
encore déterminé) pour partir vers l'ouest, avec l'Atlantique
à traverser. Le point d'arrivée sera situé
entre 10 et 25 degrés de latitude nord, soit aux Antilles
ou aux Bahamas.
Une équipe de l'IUT de Nantes s'est lancée dans cette
aventure, avec l'assistance de l'Ensica (Ecole nationale supérieure
d'ingénieurs de constructions aéronautiques, aujourd'hui
regroupée avec Supaéro au sein de l'ISAE, Institut
Supérieur de l'Aéronautique et de l'Espace). Leur
second prototype, Iboat, est en cours de construction, reprenant
les principes du premier, baptisé Microtransat. La description
de Iboat est détaillée sur le site de l'Ensica. Ses
160 cellules solaires alimentent l'électronique de bord et
chargent une batterie au plomb. L'ensemble assure une puissance
moyenne de 35 watts sur 24 heures (donc compte tenu de la période
nocturne). L'équipe précise que cette valeur a été
déterminée à Toulouse, donc à 44 degrés
de latitude.
Notre analyse. Ce
concours est intéressant à plusieurs titres. D'une
part il permet d'expérimenter différentes techniques
de pilotage automatique utilisant les éléments marins
naturels, vents et courants. D'autre part, il s'inscrit dans la
direction de recherche consistant à utiliser pour le transport
maritime des navires à voiles de différentes formes,
destinés à relayer les moteurs à combustion
quand les vents le permettent. On peut penser que pour certains
frets n'ayant pas d'exigence de vitesse, cette solution présente
un certain avenir. Il est bon que des chercheurs s'y intéressent
en France. Dans l'expérience relatée ci-dessus, les
autorités maritimes ont évoqué des risques
de perte de contrôle du voilier susceptibles de provoquer
des abordages. Nous doutons pour notre part que le voilier témoin
arrive un jour à bon port, connaissant le caractère
corrosif du milieu marin. Mais qui n'essaye pas n'obtient rien.
Trois
ingénieurs aérospatiaux européens demandent
que l'on investisse pour réaliser des robots autonomes de
maintenance des équipements en orbite
Les centaines de satellites en orbite basse ou géostationnaire
autour de la Terre sont pratiquement irréparables en cas
de pannes ou incidents. Seuls à ce jour la Station Spatiale
Internationale et le télescope orbital Hubble ont paru justifier
l'envoi d'équipes de maintenance spécifiques. La Nasa
a d'ailleurs annoncé qu'elle ne pourrait plus assurer le
renouvellement de telles missions.
Trois
ingénieurs européens du secteur aérospatial,
Alex Ellery, Joerg Kreidsel et Berndt Sommer vienne de demander
dans le journal Acta Astronomica que les opérateurs de satellites
prévoient dorénavant des robots autonomes capables
d'accomplir seuls les opérations de détection de pannes
et de dépannage, voire de maintenance préventive.
De telles opérations sont désormais à la portée
des robots modernes, portés par des satellites spécialisés.
L'industrie spatiale est la seule qui n'assurent pas la maintenance
de matériels pourtant particulièrement coûteux.
La solution robotique permettrait de faire faire aux opérateurs
des économies considérables
Notre
analyse. Ceux qui connaissent les milieux spatiaux savent que les
astronautes ou leurs agences éprouvent une véritable
répulsion à l'idée que des robots, pourtant
plus sûrs que les humains, puissent se substituer à
ces derniers. Si pourtant l'aventure spatiale se poursuit, l'emploi
de robots précurseurs des hommes ou se substituant purement
et simplement à eux là où ces derniers ne pourront
aller, représentera un objectif stratégique de première
importance.
Des jumelles
de vue en relation directe avec le cerveau
Les neurosciences admettent que notre cerveau, grâce aux organes
sensoriels, observe beaucoup d'évènements échappant
directement à notre conscience. Autrement dit, il repère
des patterns, des structures dans l'environnement, avant même
que nous ne soyons capable de traduire ces observations et de les
communiquer par le langage. Souvent même le cerveau conscient
refuse de les prendre en compte. On pourrait exprimer cela en disant
que le cerveau génère une connaissance intuitive de
l'environnement qui peut provoquer des réponses du corps
que le cerveau conscient ne s'explique pas ou ne veut pas s'expliquer.
Pour exploiter cette propriété, la Darpa vient de
réaliser une paire de jumelles de haute qualité associée
à un électroencéphalogramme. Lorsqu'un combattant
observera le champ de bataille avec cet appareil, celui-ci sera
en mesure de signaler les éléments du décor
qui ont alerté son cerveau à son insu, révélant
ainsi peut-être un danger imminent. Autrement dit, plutôt
qu'interpréter l'environnement par lui-même à
l'aide de capteurs et d'algorithmes, cet instrument d'observation
laissera l'inconscient du soldat faire le travail.
Les concepteurs d'un tel système exploitent le fait que l'être
humain a largement développé le cortex préfrontal
qui permet de repérer plus aisément les structures
et les modèles, mais qui possède aussi une forte capacité
d'inhibition, susceptible aussi bien d'éliminer les données
sans importance que bloquer des informations importantes. Le rôle
de l'électroencéphalogramme permettrait donc de court-circuiter
ces fonctions inhibitrices.
Le soldat serait équipé d'un casque comportant, outre
les jumelles et les électrodes d'EEG, un écran lui
renvoyant les états de son cortex préfrontal. (Ceux-ci
pourraient éventuellement aussi être transmis par radio
à un supérieur). Rien n'empêcherait alors d'interpréter
ces états avec une couche ajoutée d'IA. On peut douter
que le dispositif soit d'emploi très pratique au combat,
le système générant certainement de nombreuses
fausses alertes difficiles à interpréter. On y verra
une des tendances du lobby militaro-industriel pour fuir dans la
technologies les conditions du combat réel.
Notre analyse. Même
si ces jumelles se révèlent inutilisables, l'idée
de capter les informations reçues par le cerveau et restées
inconscientes, afin de les rendre conscientes et de les faire interpréter
avec des logiciels d'IA, suscitera beaucoup d'intérêt
chez les cogniticiens. On créerait alors un double circuit
de traitement, celui spontané du cortex et celui réalisé
par l'appareil. Les résultats du traitement automatique étant
à leur tour soumis au cerveau conscient, une suite d'interprétations
en boucle sinon de courts circuits pourrait en résulter.
On peut craindre que le sujet perde alors tout sens du monde réel.
Mais n'est-ce pas ce qui se produit sous d'autres formes dans l'interaction
avec la réalité virtuelle ?
A l'occasion de la 4eme édition du salon de l'innovation (Seri
2008), qui a eu lieu du 5 au 7 juin 2008 au Parc des Exposition de
Paris, une équipe de chercheurs français du CNRS a présenté
une démonstration de son robot humanoïde HRP-2.
HRP-2 (Human Robotic Project) est un robot de forme humaine qui pèse
58 kg et mesure 1m57. Cette plate-forme robotique humanoïde,
conçue et fabriquée au Japon depuis 2003, a été
acquise pour 400.000 € en 2006 par l'équipe du Laas-CNRS
de Toulouse afin de compléter ses capacités physiques
par des capacités de calcul et de raisonnement lui conférant
plus d'autonomie.
En plus de ses deux jambes et de ses deux bras qui lui permettent
de se déplacer et d'agir sur les objets alentour, HRP-2 a été
équipé de caméras pour la vision et de capteurs
d'effort et de posture pour la gestion et la coordination de ses déplacements.
Les chercheurs du Laas ont ensuite amélioré la planification
et le contrôle fin des mouvements, indispensables dans la locomotion
bipède.
Selon Jean-Paul Laumond, directeur de recherche au Laas, « les
robot humanoïdes constituent un nouvel objet de recherche qui
permet d'ouvrir de nouvelles thématiques à l'interface
de la robotique et des sciences de l'homme » : maîtrise
des systèmes mécaniques complexes, robotique d'assistance
personnelle, bio-mécanique, réalité virtuelle,
interfaces homme-machine, etc.
Notre observation
: Ce robot est moins performant que beaucoup de ceux développés
aux Etats-Unis et au Japon. Il présente cependant beaucoup
d'intérêt pour la recherche française, car celle-ci
a pris un très grand retard par rapport à ces pays. Voir
notre actualité du 09/06/06
Signalons aussi un autre robot français, NAO, réalisé
par une jeune entreprise, Aldebaran Robotics,(voir
notre actualité du 20/01/07)
qui ambitionne de remplacer, avec beaucoup d'intelligence en plus,
le chien Aibo de Sony.
Roboworld
à Pittsburgh
Au
printemps 2009, la nouvelle version permanente de l'exposition Roboworld
hébergée à Pittsburgh par le Robot Hall of
Fame (Carnegie Mellon University) sera entièrement consacrée
aux robots et aux applications d'IA. Pour un budget de $3.4 million
, ce sera la plus ambitieuse des Etats-Unis. Elle présentera
plus de 30 démonstrations interactives où l'on verra
les robots marcher, rouler, grimper, voler, saisir et utiliser des
outils, rassembler des objets et construire des structures.
Afin
d'intéresser les étudiants, un atelier robotique permettra
de réaliser des expériences et des prototypes originaux.
Notre
analyse. Il ne faut pas s'étonner des retards conceptuels
qui affectent ce thème en France, vu le peu d'intérêt
qui lui manifestent les laboratoires publics et les industriels.
Des manifestations permanentes de cette ampleur sont encore inimaginables.
La
marche est un exercice difficile pour les robots bipèdes.
Il s'agit d'une activité complexe, impliquant chez les humains
de nombreux centres nerveux de contrôle, et une grande coordination
sensorielle et musculaire. Les roboticiens l'ont abordé de
deux façons. La première, dérivée du
mode de contrôle des robots industriels, consiste à
programmer à l'avance les différents phases de la
marche, dans le cadre de routines invariables. La sécurité
peut être excellente, si le terrain s'y prête. Mais
elle ne permet aucune adaptation. De plus elle est coûteuse
et dépense beaucoup d'énergie, ce qui limite l'autonomie
du robot.
La
seconde méthode consiste à s'inspirer de la marche
chez les humains, qui peut être comparée à une
suite de chutes en avant contrôlées. L'Université
de Delft est pionnière dans cette seconde méthode.
Le chercheur Daan Hobbelen a présenté en mai 2008
un robot baptise Flame qui serait le démonstrateur le plus
avancé au monde en la matière. Flame comporte 7 moteurs,
un centre d'équilibration et les algorithmes adéquats.
L'Université, en dehors des autres domaines où la
bipédie est utile aux robots, espère en faire le prototype
d'aides aux personnes handicapées qui soient relativement
légères et économiques,
L'université
de Delft s'inscrit aussi par ces travaux dans la réalisation
de robots marcheurs capables de voir, apprendre et courir. Conjointement
avec les universités de Twente, Eindhoven et la firme Philips,
elle a présenté l'équipe hollandaise pour la
RoboCup qui participera durant l'été 2008 à
la 2008 RoboCup Soccer en Chine.
Le
programme européen Italk vise à développer
des agents incorporés (autrement dit des robots) capables
d'acquérir des compétences cognitives et linguistiques
complexes à travers des apprentissages individuels et collectifs.
Les chercheurs utiliseront pour leurs expériences le robot
humanoïde iCub. Celui-ci devra apprendre à manipuler
des objets et des outils de façon autonome, à coopérer
et à communiquer ce faisant avec d'autres humains et robots.
Il devra aussi s'adapter à des changements de son environnement
interne et externe.
L'objectif
du programme est de proposer de nouveaux modèles théoriques
permettant de comprendre l'intégration de l'action, du langage
et de la connaissance dans le développement des capacités
cognitives. Il proposera également de nouvelles méthodes
d'ingénierie pour la réalisation de robots disposant
de ces compétences ou capables de les acquérir.
Notre
analyse. Ce projet européen entraînera d'importants
progrès dans le rapprochement conceptuel entre robots et
humains qui devient le défi du siècle. Il n'existe
malheureusement pas, à la date où ceci est écrit,
d'université française parmi les responsables du projet.
Qui dira pourquoi ?
Rappelons
que nous avons précédemment, dans divers articles,
mentionné le très intéressant programme européen
ECAgents
http://www.ecagents.org/, plus
ancien mais encore en cours, sur le site duquel nous conseillons
à nos lecteurs de se rendre.
Le programme
européen MACS. Le robot apprend à comprendre à
quoi les objets peuvent servir
La
nouvelle approche proposée par ce programme vise à
rendre les robots et les logiciels d'IA capable, non seulement d'identifier
des objets ou des outils, mais de comprendre à quoi ils peuvent
servir. La vision assistée peut permettre en moyenne de distinguer
une centaine d'objets. Mais le projet MACS (multi-sensory autonomous
cognitive systems ) vise un tout autre objectif. Il est basé
sur la théorie cognitive des « affordances »
ou « usages » développée par le psychologue
américain James J. Gibson entre 1959 et 1979. Celui-ci a
rejeté le behaviourisme et a proposé la théorie
qu'il a baptisé de ce nom, théorie des « affordances
». Ce terme désigne la série des interactions
possibles entre un individu et un objet particulier de son environnement.
La théorie se focalise sur ce qu'un objet ou un environnement
défini permet à un individu d'accomplir.
Dans
cette perspective, il est ne suffit pas que le robot identifie la
« chaise » telle que définie par ses propriétés
propres. Il doit aussi l'identifier comme objet servant à
s'asseoir. Dès lors qu'il aura repéré un objet
doté d'une surface plane et disposant d'une certaine hauteur
et rigidité, il retiendra qu'il pourra s'y asseoir. Mais
cela ne suffira pas. Le robot devra aussi comprendre qu'un tel objet
peut être trop lourd à soulever, doit être déplacé
pour lui donner passage ou peut servir à maintenir une porte
ouverte. Au terme du processus, le robot doit pouvoir utiliser tous
les objets de son environnement en fonction des tâches particulières
qu'il cherche à accomplir.
Le
projet, commencé en 2004, s'est fixé plusieurs tâches
: 1. Créer une nouvelle architecture logicielle permettant
à un robot d'exécuter des tâches reposant sur
l'exploitation des «usages». 2. Entraîner le robot
à l'exécution de tâches orientées vers
des buts et 3. Etablir des méthodes permettant de percevoir,
acquérir des compétences et raisonner à propos
des «usages». Un véritable robot, le Kurt3D,
a été réalisé pour servir de démonstrateur.
Les premiers essais ont donné toute satisfaction.
Un
nouveau paradigme s'est ouvert pour la robotique, apprendre aux
robots à identifier ce qu'ils peuvent faire en fonction de
buts donnés.
Projet européen
Icub. Les robots apprennent à jouer comme des enfants
Ce projet récent et tout à fait novateur inclut six
universités européennes dont deux françaises.
Une plateforme dite iCub a été réalisée
en 6 exemplaires et envoyée aux six universités partenaires.
Elle a été conçue dans le cadre d'un autre
programme européen, le projet Robotcup. Les universités
vont concourir pour montrer que des robots peuvent s'éduquer
en interagissant avec leur environnement, comme le font les jeunes
enfants.
Un
des projets, confié à l'Imperial College London va
étudier la façon dont les neurones miroirs découverts
dans les cerveaux humains au début des années 1990
peuvent être simulés informatiquement chez les robots.
On sait que ces neurones suscitent le rappel en mémoire d'expériences
précédentes lorsque un humain observe (essaie de comprendre)
les actions accomplies par un autre. Les autres équipes vont
explorer les diverses facultés permettant le contrôle
des activités locomotrices et sensorielles dans le cadre
de stimulations ressemblant aux jeux auxquels se livrent les jeunes
animaux et les enfants.
Les
six robots ont la taille d'enfants de 3 ans et disposent de très
nombreuses capacités sensori-motrices et de coordination.
Le travail coopératif ainsi réalisé permettra
de répartir les efforts en multipliant les développeurs.
Après les 18 mois du travail initial, d'autres robots enrichis
de leurs nouvelles capacités seront adressés à
15 ou 20 autres partenaires européens, pour étendre
le champ des recherches et impliquer de plus en plus de chercheurs.
Notre
analyse. Ce projet, outre son intérêt intrinsèque,
présente l'avantage d'associer plusieurs partenaires autour
d'une même plate-forme qu'ils enrichiront.
Comme
les robots seront de plus en plus appelés à partager
les mêmes lieux que les humains, il est souhaitable qu'ils
se présentent de la façon la plus attractive possible.
Le besoin est déjà ressenti pour les interactions
avec les robots dits de compagnie, aides familiales ou assistance
aux personnes âgées. Mais on le retrouve aussi dans
les entreprises et dans l'enseignement, ou de plus en plus de robots
accompliront des tâches jusqu'ici conduites exclusivement
par les humains.
A terme, les relations affectives voire sexuelles avec des robots
nécessiteront que les partenaires des humains développent
des réactions analogues à celles que l'on attend d'un
humain.
D'ores
et déjà, les avatars virtuels utilisés par
exemple dans l'enseignement à distance doivent non seulement
être capables d'être « confondus » par les
élèves avec un enseignant réel mais pouvoir
interpréter les réactions de ceux-ci comme le ferait
cet enseignant.
C'est
l'objet du programme de Tutorat affectif (Affective Tutoring System,
ATS) conduit par le Dr Abdolhossein Sarrafzadeh, chercheur à
l'université Massey d'Auckland (Nouvelle-Zélande).
Conçu pour les classes d'école primaire, ce système
fonctionne grâce à une base de données d'environ
3 000 vidéos, réalisées auprès de trois
professeurs dispensant leurs cours à des élèves
âgés de 8 à 9 ans. Gestuelle, paroles et expressions
de ces derniers ont été soigneusement décryptées
et décodées. Résultat , l'enseignant virtuel,
Eve, peut savoir si son élève est angoissé,
perdu, en colère... et même s'il triche en comptant
sur ses doigts ! La professeur virtuelle réagit en conséquence
en s'adressant à l'élève avec une voix humaine,
agrémentée d'un sourire, d'un geste ou d'une attitude
adéquats. Sans prendre véritablement de décisions,
elle reproduit ce qu'auraient fait des humains dans une même
situation.
Aboutissement d'un travail de sept ans, ce nouveau système
en est pour l'instant au stade du prototype. Mais, selon son créateur,
Eve pourrait intervenir dans certaines écoles de Nouvelle-Zélande
d'ici un an ou deux, dans une version améliorée. L'équipe
du docteur Sarrafzadeh travaille en effet à étendre
son système de reconnaissance émotionnelle à
de nouveaux gestes, ainsi qu'à la voix de l'élève,
à son regard... et même à son pouls, qui pourrait
être mesuré grâce à une souris intelligente.
Eve devrait également élargir ses compétences
à d'autres disciplines que les mathématiques. Et peut-être
apprendre à améliorer son savoir-faire professionnel
au fil des cours. A l'heure où la formation à distance
et le tutorat en ligne sont en plein essor, les perspectives du
système ATS pourraient donc être multiples. Y compris
dans des domaines tels que la sécurité, la santé
ou le commerce électronique.
Notre
analyse. Ce projet est intéressant, mais il faut bien voir
qu'il ne s'attache qu'à une petite partie du problème,
puisque le professeur virtuel n'est pas autre chose qu'un programme
d'IA. Beaucoup plus complexe est l'enjeu visant à doter des
robots autonomes de telles capacités. Voir ci-dessous Des
robots de bonne compagnie (2)
Des
robots de bonne compagnie (2)
Beaucoup
plus ambitieux est le projet LIREC (Living with Robots and Interactive
Companions) lancé par un groupe de chercheurs à l'université
de Londres et doté d'un budget de $13 millions. Il s'agit
de construire des robots compagnons capables d'interagir avec les
humains dans de nombreuses activités professionnelles ou
sociales. Pour cela, ils doivent être capables de provoquer
des émotions chez leurs interlocuteurs afin que se construisent
par interaction des relations individuelles intégrant ces
émotions.
Notre
anayse. On voit la différence entre de tels robots et des
robots qui ressentiraient vraiment des émotions. Ce dernier
objectif, qui est certes souhaitable, est beaucoup plus difficile
à atteindre directement. Le projet LIREC le vise de façon
indirecte, en réalisant des robots dont les mimiques et attitudes,
adaptées à des situations différentes, provoqueraient
de la part des humains des réactions anthropomorphiques qui
enrichiraient progressivement la personnalité du robot de
façon à le rendre de plus en plus sociable. Comme
les réactions des humains ne seraient pas strictement identiques,
les robots pourraient acquérir des personnalités différentes
en fonction du groupe social dans lequel ils interagiraient.
Projet européen
COSY (cognitive systems for cognitive assistants)
Le projet COSY vise à intégrer les travaux de différentes
équipes ayant développé des modules spécialisés
destinés à améliorer la cognition artificielle
(Artificial Cognitive Systems) : reconnaissance des images, des
sons, interactions hommes-machines, etc.
L'objectif
consiste à obtenir des robots capables d'exercer de véritables
tâches en relation avec les humains, grâce à
l'intégration de ces différentes fonctions, jusqu'à
présent trop dispersées entre laboratoires et projets
qui ne communiquent pas nécessairement entre eux. En intégrant
ces différentes capacités, le projet vise, selon les
lois classiques de l'émergence selon lesquelles le tout est
plus que la somme des parties, à faire apparaître de
véritables personnalités robotiques complexes.
Le
projet COSY est conduit par Geert-Jan Kruijff, du German Research
Centre for Artificial Intelligence. Il fait appel à la coopération
d'équipes jusqu'ici séparées. Son caractère
le plus intéressant est qu'il vise à développer
une plate-forme ou boite à outils sous le régime de
l'Open Source, qui sera mise à disposition
de ces équipes afin qu'elles puissent, toujours sur le mode
de l'Open Source, y apporter leurs contributions. Plusieurs initiatives
différentes ont déjà été enregistrées.
Les
premiers résultats sont encourageants. Au lieu de réagir
simplement aux stimulations externes, les robots tendent à
s'y adapter activement, en reconfigurant leurs stratégies
et même en communiquant à ce sujet. C'est ainsi qu'un
robot démonstrateur nommé Explorer peut décrire
son environnement à un humain et s'adapter en fonction des
réponses reçues.
Notre
analyse. Ce projet met en évidence le grand défi de
la Cognition artificelle : mettre ensemble et faire interagir les
multiples composants développés séparément
en IA et en robotique depuis quelques années, afin d'obtenir
une entité multi-fonctions analogue à celles que la
vie a su construire depuis des centaines de millions d'années
dans la nature.