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21 février
2007
Jean-Paul
Baquiast et Christophe Jacquemin
Les experts
du climat (GIEC/IPCC) doivent signaler les risques dépassant
la moyenne, même si cela déplaît à certains
gouvernements
Le grand combat du monde, de l'Europe et de la France dans les prochaines
décennies sera la lutte contre les conséquences catastrophiques
du changement climatique et de la destruction des écosystèmes.
Notre revue doit s'y impliquer systématiquement. Nous avons
déjà inauguré ce thème dans les numéros
précédents. Il sera repris et décliné
dans les numéros futurs.
L'urgence est d'autant plus grande que les experts nous avertissent.
Les prévisions déjà pessimistes du GIEC/IPCC,
présentées à la conférence de Paris
début février, sont le résultats de compromis
inévitables avec les Etats qui ne voulaient pas que l'accent
soit mis sur les risques, de peur de devoir changer trop vite leurs
comportements. En fait, il ne s'agit que de prévisions moyennes,
qui ne mentionnent pas des risques bien réels mais qui sont
estimés, selon le langage des experts, comme relevant du
« very likely » et non du « extremely
likely ». Autrement dit, du très probable et non
du quasi-certain.
Or
ce sont les extrêmes et leurs probabilités d'occurrence
qui doivent intéresser les gouvernements et les peuples.
Les Londoniens, comme l'expose l'éditorial du New Scientist
daté du 10 février, ne seront pas seulement intéressés
par l'élévation du niveau moyen des mers. Ce qui les
préoccupera sera la conjonction de cette élévation,
d'une marée haute et d'une tempête de Nord Est en mer
du Nord. Alors, Londres sera noyé, avec des centaines de
milliers de morts, comme le montre très justement le roman
Flood de Richard Doyle http://www.floodlondon.com/
On attend donc des experts les plus indépendants du GIEC,
si celui-ci ne peut le faire lui-même, une évaluation
sans complaisance des catastrophes à venir, même si
certaines sont moyennement probables. Ce sera seulement sur cette
base que les gouvernements et les opinions pourront accepter les
mesures préventives nécessaires, à supposer
que celles-ci soient du domaine du possible.