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21 septembre 2010
Jean-Paul
Baquiast et Christophe Jacquemin
Course à
l'Espace
entre la Chine et l'Inde
Selon le journal chinois Global Times, Ye Peijian, responsable
du programme Chang'e (alunissage) et membre de l'académie
chinoise des sciences, vient de présenter un programme d'exploration
de l'espace profond devant une assemblée de scientifiques.
Celui-ci veut mettre la Chine en tête de la course à
la Lune et à Mars, notamment par rapport à l'Inde.
Une
première mission lunaire habitée devrait être
envoyée en 2025, une sonde (probe) vers Mars en 2013 et une
autre vers Vénus en 2015.
Concernant l'homme dans l'espace, la Chine avait mis un équipage
en orbite en 2003 et la mission Chang'e 1 lancée en 2007
avait permis la mise en orbite lunaire d'un satellite (photo
ci-dessus) qui a observé la Lune.
Une
mission Chang'e 2 est prévue pour la fin de l'année.
Elle comporte un orbiteur lunaire qui subit actuellement ses derniers
essais de pré-lancement. Il comporte un module de test pour
un alunisseur en douceur qui devrait servir à une 3e mission,
Chang'e 3, prévue pour 2013. http://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_chinois_d%27exploration_lunaire.
Par
ailleurs, la Chine a confirmé son intention d'installer vers
2020 sa propre station spatiale en orbite basse terrestre. En matière
de missions spatiales, elle affirme donc ne pas vouloir laisser
l'Inde en vedette
Mais
celle-ci n'a pas l'intention de rester à la traîne.
Rappelons que l'ISRO (Indian Space Research Organization) avait
envoyé vers la Lune en octobre 2008 le satellite Chandrayan-1.
Après avoir procédé à diverses observations,
l'engin a échappé au contrôle de la Terre et
s'est écrasé sur la Lune en août 2009. Ainsi,
après les Etats-Unis, la Russie et le Japon, l'Inde est devenue
la 4e puissance spatiale à avoir déposé un
objet sur la Lune http://fr.wikipedia.org/wiki/Chandrayaan-1
L'inde
compte poursuivre ce programme par le lancement de la mission Chandrayan-II
en 2012-2013. Celle-ci utilisera le lanceur GSLV (Geosynchronous
Satellite Launch Vehicle) pour mettre en place un orbiteur lunaire
qui recueillera des données géologique et recherchera
la présence du mythique hélium 3 supposé fournir
des réserves abondantes de carburant http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9lium_3.
[à propos de l'hélium 3, voir notre interview
de Jean-Paul Goux, auteur du roman "Le siècle
bleu"].
L'ISRO
prévoit par ailleurs un vol habité circumterrestre
vers 2015 et une mission lunaire humaine vers 2025. Dans le même
temps, elle améliorera les GSLV et enverra le satellite Aditaya
pour étudier la couronne solaire.
Rappelons
que, dans le même temps, la Nasa ne sait toujours pas clairement
sur quel pied danser en matière d'explorations planétaires.
Entre les réductions de crédit et l'appel au privé
pour les vols en orbite basse, les équipes sont manifestement
démobilisées et les récentes annonces de Barack
Obama destinées à fixer un horizon crédible
semblent n'avoir pas dégagé les perspectives pour
le moyen et long terme.
Et
l'Europe?
L'Europe
pour sa part continue à souffrir d'un manque d'ambitions
et donc d'un manque de crédits chroniques. L'Esa vient d'annoncer
le 16 septembre la signature avec EADS-Astrium d'un contrat d'étude
pour la mise au point d'un alunisseur robotisé reprenant
l'expérience acquise avec le Véhicule de Transfert
Automatique ATV). Celui-ci avait été précédemment
utilisé avec succès lors d'une mission de ravitaillement
de la station internationale. On ne peut que se réjouir de
cette annonce, mais les dates prévues pour cette mission
(vers 2020 ou au-delà) ne paraissent pas susceptibles de
rendre l'Europe crédible dans la course vers la Lune et Mars.
http://www.esa.int/esaCP/SEMUV2KOXDG_index_0.html
L'exemple
de la Chine et de l'Inde, sans mentionner le Japon, qui sont en
train de forcer les feux en matière d'exploration spatiale,
montre bien que le centre de gravité de l'exploration planétaire
est en train de se reporter vers l'Asie. Comme il s'agit de projets
à dimensions stratégiques et géostratégiques
considérables, qui par ailleurs n'entraînent pas de
retombées nuisibles sur l'environnement, au contraire de
bien d'autres, on ne peut que déplorer l'indifférence
profonde manifesté à leur égard au sein des
populations européennes ou russes.