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Marc
Merger, lors d'une séance de rééducation
après l'opération
Le stimulateur,
avant implatation 
sous
l'abdomen Après
implantation
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Marc Merger, professeur d'université français
âgé de 38 ans, paralysé des deux jambes
depuis 10 ans à la suite d'un accident de voiture,
s'est vu implanter une puce électronique dans le
corps en décembre1999* par l'équipe du professeur
Pierre Rabischong (unité 103 de l'INSERM), au centre
de traitement et de réadaptation pour tétraplégique
Propara à Montpellier. L'objectif est de lui permettre
de retrouver une marche à peu près normale,
à l'aide d'une canne, d'un déambulateur ou
de béquilles.
Au terme d'une intervention de 10 heures, les chirurgiens
ont placé sous l'abdomen du patient un stimulateur,
minuscule boîtier électronique de 4 centimètres
de diamètre (contenu dans un cylindre en céramique)
d'où partent, toujours à l'intérieur
du corps, 10 fils, soit 5 vers chaque jambe. Situées
au bout de ces cables en acier recouvert de Téflon,
des électrodes rondes de la taille de pièces
de 10 centimes sont en contact avec divers muscles de ses
jambes, grand fessier, moyen fessier, quadriceps...
* A la suite d'un problème technique (interférence
entre deux types d'électrodes, une seconde opération
a eu lieu le 14 février 2000
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Le stimulateur envoie des impulsions électriques de 20 mA vers les
électrodes des jambes, excitant les muscles de façon à
produire la marche en déplaçant hanche et genou. Grâce
à cet implant, qui commande aux muscles et aux nerfs des jambes de
bouger, d'avancer à telle vitesse, de tourner, on réalise le
travail que la moelle épinière ne peut plus faire chez un
paraplégique. Précisons que cette technique ne peut fonctionner
que sur des gens dont les centres de commandement des muscles dans la moelle
épinière n'ont pas été détruits (un
procédé américain similaire existe pour les membres
supérieurs).
Un programme informatique décide de la durée des impulsions,
de leur distribution temporelle... Géré dans un boîtier
situé à l'extérieur du corps sur une ceinture, il pilote
le stimulateur implanté, auquel il envoie ses ordres par
radiofréquences, via une antenne. Le programme est écrit en
langage C+ et pourrait prendre dans l'avenir la forme d'un réseau
de neurones artificiels pour mieux s'adapter aux spécificités
de chaque patient, telles que la fatigabilité ou la sensibilité
aux impulsions.
Ce projet de démonstration baptisé "Stand up and Walk" (SUAW)
et coordonné par Pierre Rabischong, a reçu en 1996 un financement
de la Commisson européenne dans le cadre du programme BIOMED
II . Le projet implique un consortium groupant des instituts de recherche
danois, français (CNRS, unité 103 de l'INSERM -laboratoire
d'anatomie et de biomécanique humaine de la faculté de Montpellier)
, allemand, italien, néerlandais et britannique et des des industriels
européens**: IBM pour le
développement du microprocesseur du stimulateur, Thomson-CSF pour
la transmission, Neuromedics pour le stimulateur extérieur et l'implant
complet ( les dix électrodes ayant été réalisées
par l'Institut Fraunhofer de technologie biomédicale)et MXM pour
l'assemblage.
** Ayant investi neuf
millions de francs dans la mise au point du dispositif
Grâce à cette avancée technologique, Marc Merger
était en mesure de faire ses premiers pas (mal assurés), le
3 mars dernier, à l'aide d'une canne. Si il ne pourra jamais marcher
comme il le faisait avant son accident, il a cependant aujourd'hui
l'opportunité d'acquérir une nouvelle autonomie. Six autres
paraplégiques (italien, allemand, britannique et danois...) doivent
bénéficier très prochainement de cette implantation
.
Ce projet européen, qui s'est terminé le 30 mars 2000, vient
ainsi montrer la voie au projet "Free hand" (main libre) à Cleveland
(États-Unis), où des chercheurs tentent d'aider des patients
tétraplégiques à mouvoir la partie supérieure
de leur corps.
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On dénombre aujourd'hui en France quelque 30000
paraplégiques (paralysie des membres inférieurs),
et 6000 personnes dont les quatre membres ne fonctionnent
plus (tétraplégiques). Leur moyenne d'âge
est de 31 ans. Plus de 60% d'entre eux ont eu un accident
de la circulation. En Europe, on estime à plus de
300 000 le nombre des paralysés. Dans tous les cas,
la moelle épinière est plus ou moins gravement
endommagée. Il n'y a donc plus de voies de communication
entre le cerveau et les muscles ce qui se traduit par une
paralysie plus ou moins invalidante.
Pour réparer ces voies de communication, plusieurs
solutions font actuellement l'objet de multiples travaux.
Les techniques dites "bioélectroniques", comme celle-décrit
ci-dessus, semblent avoir un bel avenir devant elles, les
axes de recherche purement biologiques, n'ayant pour leur
part pas encore donné de résultats probants.
Précisons qu'il n'est pas possible d'effectuer cette
opération sur tout les paralysés car de nombreux
malades n'ont plus de muscles. De plus, le patient doit
être en bonne santé d'un point de vue général,
la lésion doit se trouver entre la quatrième
et la onzième vertèbre et le reste du système
nerveux doit être intact.
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