Je
suis resté un grand enfant. Alors, imaginez ma tête
le soir de Noël, déballant de cette boîte
une espèce d'insecte argent et jaune d'une quarantaine
de centimètres de long...
Me voici en présence de l'un des quatre B.I.O-Bugs, nouvelle
génération de "jouets intelligents"
de WowWee (division jouet de Hasbro), distribué en France
par la firme Meccano depuis mai dernier. B.I.O pour "Bio-mechanical
Integrated Organisms", et Bug pour cafard.
Poussez le bouton situé sous la carapace
sur "on" et vous verrez ce truc commencer à
déambuler et à mener sa vie sans rien demander
à personne. Enfin presque, parce qu'au départ,
il s'agit d'un bébé B.I.O-Bug, émettant
des "pépiements" particuliers pour
réclamer
sa nourriture, baguenaudant lentement, encore trop jeune pour
combattre d'autres B.I.O-Bugs. Laissez-le découvrir son
monde, avec sa démarche au début un peu claudiquante,
mais qui rapidement prend de l'assurance, capable d'escalader
ou de contourner les obstacles. Buttant tout à coup ses
antennes tactiles contre un mur, il reculera pour se dégager.
Au bout de dix minutes, le robot atteindra déjà
un âge plus mûr et sera au niveau d'aptitude 2 (niveau
qui monte jusqu'à 12). Donnez-lui (virtuellement) de
la nourriture grâce à la télécommande,
il en frémira de plaisir, caressez ses antennes et vous
le ferez encore monter de niveau. A chaque fois, il émettra
un cri de victoire, sorte de grognement de guerre. Car voilà,
plus le niveau est élevé et plus le B.I.O-Bug
est débrouillard et plus il est combatif, s'adaptant
aux changements étonnants des situations et de l'environnement.
Si
vous mettez deux B.I.O-Bugs dans une pièce (je n'ai pas
pu résister, je suis allé en racheter un autre,
un rouge baptisé "Le prédateur"), ils
échangeront des informations à travers des signaux
infrarouges et en se palpant mutuellement les antennes. Et là,
attention : selon l'espèce (même espèce
ou espèce différente) et le niveau d'aptitude,
chaque B.I.O-Bug répondra amicalement, craintivement
ou agressivement.
Il existe quatre modèles de B.I.O-Bugs, chacun ayant
ses propres caractéristiques : jaune ("l'acceleraider",
très rapide), rouge ("le prédateur",
agressif, peut même attaquer sa propre espèce),
vert ("le destructeur", défensif dans l'âme)
et bleu ("l'écraseur", escalade et saute les
obstacles).
Mon "prédateur" est un combattant. Bien
qu'encore à un niveau inférieur à mon "acceleraider",
il fonce franchement sur lui et décide d'un combat.
Chacun pousse de véritables cris deguerre, essayant de
monter sur la tête de l'autre, de le repousser, de le
faire
reculer. Pour cette fois, c'est le "prédateur"
qui abandonne, et s'enfuit, piteux, régressant de deux
niveaux d'aptitude. Le vainqueur, lui, a encore gravi un niveau.
Les combats à plus de deux B.I.O-Bugs sont aussi possibles.
Ainsi, si j'avais eu deux "prédateurs", celui
qui tout à l'heure avait perdu aurait pu envoyer des
signaux de panique à son congénère pour
qu'il lui vienne en aide... C'est bien connu : l'union fait
la force.
Au-delà
du jouet, nous voici en présence d'une technologie inspirée
des travaux de Mark Tilden, chercheur au Laboratoire national de Los Alamos,
au Nouveau Mexique. Mark Tilden travaille depuis plus de 10 ans sur ce qu'il
appelle les robots "biomorphiques". Il les fabrique à partir
de transistors, moteurs, capteurs (matériel souvent de récupération)
et les équipe de "circuits nerveux". A la différence
des robots classiques qui reposent généralement sur une technologie
numérique (à base de 0 et de 1) et qui donc suppose un "cerveau"
numérique, Tilden utilise ici une technologie analogique. Ainsi, loin
d'avoir à rédiger des programmes sophistiqués, il conçoit
des circuits qui recherchent automatiquement l'état voulu : utiliser
des transistors plutôt que des microprocesseurs pour commander les actions
du robot (il suffit de 12 transistors pour composer un "système
nerveux" de B.I.O-Bug, les différents câblage leur donnant
des aptitudes différentes). En quelque sorte, le génie plus
ici situé dans le corps que dans le cerveau. Système simple
et très performant.
"Les machines numériques requièrent un gros travail de
programmation pour négocier les variations d'environnement, alors que
les machines analogiques peuvent y faire face avec des moyens restreints",
explique Mark Tilden. Pour lui, "Rien dans la nature n'est numérique".
Si ses travaux font l'objet de programmes liés à
la recherche militaire depuis 10 ans (notamment pour le développement
de robots anti-mines), Tilden n'a eu la faveur des médias que bien
après. Des émissions de télévision Outre-atlantique
ont ainsi montré les robots que le chercheur a fabriqué chez
lui pour nettoyer le plancher ou laver les fenêtres...
Remarqué alors par le distributeur de jouets Hasbro, pour qui il est
maintenant consultant, Tilden a pu ainsi donner naissance au B.I.O-Bugs :
un jouet génial imitant le comportement d'un insecte, jouet autonome
et imprévisible pour le plus grand plaisir des enfants... et des plus
grands enfants.
Prix conseillé : 49 euros 99
En savoir plus :
Sur les B.I.O-Bugs : http://www.solarbotics.net/BIOBugs/
; voir aussi les vidéos : http://www.solarbotics.net/BIOBugs/BIOBug_Video.htm
Sur Mark Tilden :
- site Solarbotics (BEAM robotic's : Biology, Electronics, Aesthetics,
Mechanics) : http://www.solarbotics.com
et, notamment, la galerie de photos des robots de Mark Tilden
: http://www.solarbotics.com/gallery/
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