Plan du site Aide Abonnement Nous Contacter


Actualité
Editorial
Interviews
Démocratie
Visites virtuelles
Art. Imaginaire
Du côté des labos
Le feuilleton
Manifestations
Biblionet
CD Rom
Echanges
Liens Utiles

 

Accueil > Du côté des labos
Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront alors définitions, synonymes et expressions constituées de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi d'accéder à la définition du mot dans une autre langue.
 
Archives
2010-2011
2009
2008
2007
2006
2005
2004
2003
2002
2001
2000
1999
En guise d'introduction

13 décembre 2005

Le Cerveau dans une assiette
par Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin

Thomas DeMarse  et son "Brain-in-a-dish", boîte de Pétri contenant quelque 25000 neurones de rat vivants  © Ray Carson Brain-in-a-dish, le cerveau dans une assiette... Ainsi a été nommé le "cerveau" mixte réalisé par Thomas DeMarse, 39 ans, professeur assistant au département d'ingénierie biomédicale à l'Université de Floride et directeur du laboratoire de robotique et de comuputation neurales (Neural Robotics and Neural Computation Laboratory). Un grand nombre d'articles ont été écrits ces jours-ci sur cet exploit, car le scientifique, avec un sens aigu de la communication, a réussi à faire piloter le simulateur de vol d'un avion de chasse (F-22 ) par ledit cerveau.

Le dispositf comprend quelque 25.000 neurones vivants prélevés dans un cerveau de rat et cultivés dans une boîte de Pétri, laquelle contient aussi une grille de 60 microélectrodes reliées à un micro-ordinateur. Les neurones placés en désordre dans la boîte ont rapidement appris à se reconnaître eux-mêmes et à s'interconnecter, formant un réseau neuronal vivant, ceci jusqu'à devenir une unité logique de calcul. Les électrodes permettent d'adresser des informations venant de l'extérieur à ce système de neurones formels et de recevoir les informations provenant de son activité, le tout en relation avec les programmes de l'ordinateur.

Lorsque le simulateur de vol(1) a été connecté via ce dispositif au réseau de neurones, il a envoyé des informations sur les conditions de vol de l'avion, lesquelles, soumises à un humain dans les conditions d'emploi normales du simulateur, appellent de sa part des mesures de correction en cas de modifications anormales des paramètres du vol horizontal. Or, selon Thomas DeMarse, le cerveau de rat a progressivement appris à contrôler le vol comme l'aurait fait un humain, en analysant les données reçues et en corrigeant les ordres de vol dans un processus en feed-back constamment amélioré.

Pour les scientifiques, le contrôle de l'avion n'est évidemment pas assuré par un seul neurone, mais par l'ensemble. Il s'agit d'une "propriété émergente" de milliers de neurones connectés à un "corps" extérieur composé de l'ordinateur et du simulateur. On peut penser que les milliards de neurones du cerveau d'un animal vivant ont pu au cours de l'évolution de chaque espèce faire émerger les capacités de calcul permettant à cette espèce de contrôler son comportement dans son environnement. Des câblages ont été sélectionnés et transmis par l'hérédité. D'autres complètent les précédents au cours de l'apprentissage du jeune.

Ajoutons ici qu'il s'agit dans cette expérience de reconstituer des contrôles moteurs simples réalisés par un tissu nerveux lui-même extrêmement simplifié. Tout laisse à penser que sur un tel modèle, les "représentations" qui dans les organisations corticales à plusieurs étages sont générées, "émergent" elles-aussi, en accompagnement de l'activité des neurones sensori-moteurs n'ont pas pu se former dans le cerveau de rat étudié. Mais est-ce bien certain? Certains "neurones-miroirs" ne seraient-ils pas apparu, observant l'activité des autres? Il faudra certainement, dans des expériences futures, étudier de telles possibilités, avec la formation de structures hiérarchiques.

On voit en tous cas l'intérêt de ces expérimentations, qui ne demandent pas des moyens budgétaires énormes. Le laboratoire de Thomas DeMarse a reçu un contrat de 500.000 dollars de la NSF, ce qui serait à la portée du CNRS, si l'on s'intéressait en France à de telles questions fondamentales. On devine les multiples suites possibles qui vont être données à l'expérience relatée.

(1) L'avion virtuel est équipé d'une caméra à bord qui fournit des informations visuelles par l'intermédiaire de stimulation dans le réseau neurologique, alimentant dans celui-ci des informations sur l'horizon créé par le simulateur. Les neurones analysent et traitent les données, envoyant alors des signaux aux gouvernes de l'avion. Le défi est ici de déterminer un algorithme qui traduisent constamment ces signaux de manière à assurer un vol stable.

Pour en savoir plus
Page de Thomas DeMarse : http://www.bme.ufl.edu/people/detailperson.php?PEOPLE_id=2
Article de Virtual Medical Worlds http://www.hoise.com/vmw/04/articles/vmw/LV-VM-11-04-29.html



© Automates Intelligents 2005

 

   Sur le site
Sur le web   





 

 

 

Qui sommes nous ? Partenaires Abonnement Nous Contacter

© Association Automates Intelligents
Mention légale CNIL : 1134148