Automates
Intelligents s'enrichit du logiciel
Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront
alors définitions, synonymes et expressions constituées
de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi
d'accéder à la définition du mot dans une
autre langue.
12 juin 2011
par Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin
La Z machine,
beaucoup de raisons de s'y intéresser
Un
article du physicien Jean-Pierre Petit dans le n° 74 (mai-juin)
de la parfois controversée mais néanmoins fort utile
revue Nexus, relance l'intérêt porté
à la Z machine, alors que beaucoup s'interrogent sur la possibilité
de trouver des substituts au nucléaire de fission pour produire
de l'énergie utilisable.
Si Jean-Pierre Petit est un scientifique controversé, pour
des raisons complexes dont son intérêt pour les Ovni,
ses compétences dans le domaine des plasmas à haute
température et plus généralement en physique
atomique devraient le rendre incontournable sur ces questions.
Quoi
qu'il en soit, la Z machine n'est pas un produit inventé
par Jean-Pierre Petit, mais un dispositif expérimental auquel
s'intéressent de nombreux Etats et des laboratoires renommés.
On en trouve notamment une description sur Wikipedia,
l'article fournissant un grand nombre de liens et de références
que nous ne reproduisons pas ici.
La
Z machine est le plus puissant générateur de rayons
X au monde. Les rayons X sont des rayonnements électromagnétiques
constitués de photons. Ils sont connus et utilisés,
notamment en médecine, depuis plus d'un siècle. Il
s'agit de rayonnements ionisants, c'est-à-dire qu'ils ajoutent
ou enlèvent des charges électriques aux atomes traversés,
les transformant en ions, particules qui ne sont pas neutres électriquement.
Pour les organismes vivants, ils sont potentiellement nocifs.
Installée
dans les laboratoires Sandia à Albuquerque au Nouveau-Mexique,
la Z machine a été conçue vers 1975 à
partir d'une idée relativement simple du russe Valentin Smirnov.
Celle-ci consiste à envoyer de puissants courants électriques
dans une bobine de fils très fins, provoquant alors la fusion
de certains des fils sous la forme d'un plasma à très
haute température. Le procédé a été
développé par les militaires américains à
partir de 1996 pour contrôler des matériaux soumis
à des conditions extrêmes de température et
de pression. Notamment pour tester la résistance des enceintes
à de fortes émissions irradiantes, par exemple les
ogives nucléaires soumises à des armes anti-missiles
susceptibles de rendre inopérants leurs circuits électroniques.
A
la suite de plusieurs essais, il a été découvert,
un peu par hasard semble-t-il, que l'on pouvait obtenir pendant
quelques nanosecondes des cordons de plasma pouvant atteindre quelques
milliards de degré, soit des centaines de fois la chaleur
régnant au coeur du soleil et dix fois celle d'une bombe
thermonucléaire. Différents perfectionnement permettent
désormais à la machine de se comporter comme un générateur
de fusion nucléaire appliqué notamment au deutérium
(isotope de l'hydrogène).
Hors
les bombes H, la fusion nucléaire, en laboratoire, est obtenue
par deux grands procédés : le confinement magnétique
(tokamak) ou le confinement inertiel (laser). Elle sera recherchée
à grande échelle par les programmes ITER-DEMO. D'où
l'intérêt de la Z machine qui propose une sorte de
mix entre confinement magnétique et confinement inertiel
susceptible d'être mis en oeuvre avec des moyens relativement
légers.
D'autres
prototypes de Z machines ont été développés
par diverses nations s'intéressant à la fusion nucléaire,
dans le but notamment de rassembler les données nécessaires
à la simulation informatique des armes nucléaires.
Mais, assez curieusement, les processus mis en oeuvre pour atteindre
les températures extrêmes dont on crédite le
plasma produit pas la Z machine font encore l'objet de discussions
très techniques entre scientifiques. Les recherches correspondantes
ne semblent pas être encouragées par les militaires.
Ces derniers, notamment aux Etats-Unis, et pour diverses raisons,
ne souhaitent pas que toute la lumière soit faite sur ces
processus.
Selon Jean-Pierre Petit, une Z machine "de poche", si
l'on peut dire, assez facile à fabriquer, pourrait permettre
à des organisations terroristes de fabriquer des bombes au
plutonium sans passer par le déclencheur actuel qu'est la
bombe A. L'énergie obtenue serait en effet suffisante pour
déclencher la réaction en chaîne.
Cependant,
les températures extrêmes produites par une Z machine,
soit dans un espace de quelques millisecondes à quelques
secondes jusqu'à deux milliards de degrés, seraient
en principe suffisantes pour amorcer n'importe quel processus de
fusion, réutilisable pour la production industrielle d'énergie.
On pourrait donc éviter les investissements coûteux
et les processus non encore maîtrisés liés au
programme
ITER.
Un centre d'étude
internationale pourrait être mis en place pour étudier
ces phénomènes, dont les conséquences dans
la compréhension scientifiques des états encore peu
connus de la physique du cosmos pourraient être considérables.
Mais les résistances de ceux qui veulent éviter la
prolifération de "bombes H du pauvre", comme celle
des organismes impliqués dans ITER, rendraient aujourd'hui
cette perspective peu crédible. S'y ajoutent dorénavant
l'opposition de principe des anti-nucléaires.
Devant ces enjeux,
il ne faudrait pas que Les Européens laissent aux Américains
et aux Russes, toujours très intéressés, le
monopole de recherches futures sur la Z machine.