|
- "Femme bcbg (belles
connexions, bionique génération), se brancherait
sur machine puissante et très intelligente" ;
- "Machine lucide, épouserait humain électronique"
(Annonces tirées du Nouvel Observateur, juin
2012, page 122, Rubrique "Rencontres branchées")
Pure science-fiction ? Sûrement. Mais savez-vous que la
connexion homme-machine existe déjà ! Et ce
n'est pas vraiment nouveau : c'est au niveau de la médecine
pour les personnes handicapées (micro-chirurgie réparatrice)
que commence à se jouer la création du cybionte.
Par la simple force de la pensée, et grâce
à des implants greffés dans le cerveau, l'américain
Johnny Ray déplace le curseur de son écran
d'ordinateur. Totalement paralysé, ne pouvant parler,
cet homme a retrouvé la faculté de communiquer.
Des logiciels adaptés au simple déplacement
du curseur lui permettent d'écrire, d'allumer ou
d'éteindre des appareils, d'envoyer des mails sur
internet...
Est-il totalement incongru de prédire que les biens
portants voudront aussi, tôt ou tard, posséder
ce genre d'implants dans le cortex ? Pas forcément,
si de cette connexion directe avec la machine résulte
un accroissement phénoménal de nos potentialités.
Autre rêve mythique : somme-nous capables de construire
un être totalement artificiel, machine humanoïde
ressemblant parfaitement à un humain...
Délire futuriste ? Peut-être...mais depuis
quelques années, les travaux les plus aboutis dans
le domaine de la robotique et de l'intelligence artificielle
vont dans le sens de cette quête anthropomorphique.
On dénombre aujourd'hui quatorze projets majeurs
de ce type dans différents laboratoires de la planète. Le
Japon, en particulier, a débloqué la bagatelle
de cinq milliards de yens en 1997 afin d'accélérer
le développement de la recherche en ce domaine. La
population nippone est vieillissante. Les personnes âgées
auront besoin d'être aidées... par les humanoïdes.
Improbable ? Le monde du jouet est déjà
transformé, peuplé de peluches dopées
à l'intelligence artificielle. Bourrées de
circuits, ces créatures savent chanter, parler, grimacer,
communiquer et adapter leur comportement à l'attitude
de leur propriétaire. Aïbo, premier robot-chien
artificiel commercialisé l'année dernière,
apprend et devient mature, sensible au comportement
que vous adoptez à son égard. Au départ
la même "machine" mais autant de familles d'accueil,
autant d'Aibo différents. Et nous n'avons encore
rien vu puisque, selon les experts en intelligence artificielle,
les capacités d'Aibo n'ont vraiment rien d'extraordinaire.
Les robots utilisés dans l'industrie sont largement
aussi "intelligents", voire beaucoup plus.
Nous n'en sommes qu'au début : des animats savent
aujourd'hui générer le programme approprié
qui leur permet de remplir au mieux une fonction. C'est
le cas par exemple de cet insectoïde à six pattes
réalisé à Paris au laboratoire d'informatique
(LIP6) de l'université Pierre et Marie Curie, dont
le "système nerveux" s'est parfaitement adapté
à la locomotion sans qu'aucun expérimentateur
ne soit intervenu dans les opérations. Passant à
la moulinette d'une évolution darwinienne accélérée
-via des algorithmes génétiques-, le système
a inventé la marche. Par essais et erreurs, tout
simplement. En cinq-cents générations
(quelques dizaines d'heures de calcul informatique). Ces
développements laissent présager toutes sortes
d'applications industrielles: des équipes travaillent
déjà à la mise au point d'hélicoptères
de reconnaissance totalement autonomes...
Jusqu'où ira le travail des scientifiques ? Vivrons-nous
bientôt entourés d'automates-machines qui auront
su inventer quelque chose d'aussi complexe que l'intelligence
humaine?A quoi ressemblera cette forme d'intelligence ?
Quelle part d'électronique l'homme du futur intégrera-t'il
en lui-même ; quelle part de biologique existera dans
la machine ?
Une seule chose reste aujourd'hui certaine dans le domaine,
c'est que nul ne sait vraiment encore répondre
à de telles questions...
Christophe Jacquemin (avril 2000)
|