L'industrie de l'aéronautique et de l'espace représente
un fabuleux marché pour les roboticiens et fabricants de
logiciels en réalité virtuelle. Les robots servent
à tous les stades de la fabrication et de la gestion des
pièces originales et de rechange. Ils sont utilisés
comme matériels embarqués dans l'ensemble des véhicules.
Enfin, sous la forme des ROV (véhicules pilotés à
distance) ce sont les seuls agents actuellement disponibles pour
l'exploration des planètes. Quant à la réalité
virtuelle, elle sert en permanence au design industriel et à
la simulation des usages, à la représentation des
espaces, aux simulateurs de vol et assistance au pilotage.
L'industrie aérospatiale européenne,
si elle n'a pas les ambitions et les crédits dont dispose
sa rivale des Etats-Unis, est fortement développée,
présente sur pratiquement tous les créneaux, et capable
de réaliser d'intéressante joint-ventures avec les
roboticiens du continent.
Il n'est pas question ici de faire l'inventaire des
besoins, des programmes, des projets ou des réalisations
- que d'ailleurs tous les professionnels de la robotique aérospatiale
connaissent. Pour le lecteur moins bien informé, nous nous
bornerons à présenter quelques sites webs, à
partir desquels il est possible de naviguer pour obtenir d'autres
renseignements.
EADS European Aeronautic Defence and Space company
NV 
http://www.eads-nv.com/eads/index_f.htm
Il s'agit de la major européenne regroupant
la plupart des grands industriels du secteur. Le site utilise abondamment
la technologie flash. Il est splendide et mérite la visite...
C'est qu'EADS n'est pas tombé de la dernière pluie
et sait comment attirer les clients, y compris sur Internet. On
y trouve en particulier http://www.eads-nv.com/eads/fr/index.htm
tous les produits, avec de très nombreux articles et détails,
une galerie de photos (voir notamment les satellites), les perspectives
d'emplois et carrières, les résultats financiers...
Les autres sites web des entreprises et des administrations
du secteur sont fournis par EADS Launch Vehicles Lanceurs Aéromatra
sur la page http://www.lanceurs.aeromatra.com/autressites.asp
. Les visiter tous prendra facilement une demi-journée.
Mais cela vaut la peine.
Airbus A.380
Si
l'on s'intéresse au futur fleuron mondial du transport aérien,
et si l'on ne veut pas s'informer directement sur le site de Airbus
Industrie, on trouvera un dossier sympathique (un peu long à
charger) chez multimania http://www.multimania.com/airbus/a3xx.htm
Ariane 5, une nouvelle génération
de lanceurs
http://www.cnes.fr/activites/vehicules/lanceurs/ariane5/1Generation.htm#...
On trouvera, sur le site du Centre National d'Etudes
Spatiales, un dossier sur le lanceur Ariane 5 et ses différentes
configurations.
Du dossier nous extrayons quelques chiffres
véritablement surprenants:
- 51 m de longueur.
- 700 tonnes au décollage, soit 10 % du poids de la Tour
Eiffel.
- 130 secondes pour brûler les 237 tonnes de poudre de chaque
propulseur.
- Une turbopompe du moteur cryogénique Vulcain dune
puissance équivalente à deux T.G.V.
- Un Vulcain dune puissance équivalente à une
centrale atomique.
- Une puissance totale au décollage équivalente à
lensemble des centrales réunies du réseau français
dEDF.
- Une vitesse comparable à celle de la balle dun fusil
après 70 secondes de vol et encore 400 tonnes en mouvement.
- 70 000 000 dheures de travail concentrées sur un
objectif unique et fédérateur, délivrées
par une population industrielle européenne de près
de 6000 agents aux heures les plus actives du programme.
- Un coût global à achèvement de près
de 45 milliards de francs.
- Des industriels au nombre de 1100.
- Et puis aussi près de 6000 actes contractuels regroupant
plus de 4500 lots de travaux décomposés en 28 000
événements techniques.
La mission Pathfinder sur Mars
http://www.cybersciences.com/cyber/1.0/1_139_Menu.htm
Il
s'agit d'une série d'articles de Cybersciences, la revue
en ligne de Québec Science. Nous en extrayons quelques paragraphes:
- La sonde Pathfinder, qui
transporte le petit véhicule tout-terrain Sojourner, est
lancée par une fusée Delta II 7925, de la plate-forme
de tir 17B de Cape Canaveral, le 4 décembre 1996 à
1h58.
Elle arrivera près de Mars le 4 juillet 1997 à 13h,
après avoir parcouru 497 millions de kilomètres, en
faisant une demi-orbite autour du Soleil... La sonde atteint le
sol martien à la vitesse de 90 km/h. Elle rebondit plusieurs
fois avant de simmobiliser. La distance séparant la
Terre et Mars au moment de l«amarsissage» est de
191 millions de kilomètres. Il faut 10 minutes et 35 secondes
pour que le signal émis par la sonde nous parvienne à
Terre. Comme les manoeuvres datterrissage ne durent que 4½
minutes, le sort de Pathfinder sera déjà joué
lorsque seront reçus les signaux indiquant quelle arrive
sur Mars.
- La sonde Pathfinder a la
forme dun tétraèdre, c'est-à-dire une
pyramide à trois côtés. Elle mesure 90 cm de
haut et pèse 895 kg. Son énergie électrique
est produit par trois séries de panneaux de cellules photoélectriques
qui génèrent jusquà 160 watts de courant
en pointe et 1 200 watts-heure par jour. Pathfinder est équipée
dune caméra couleur, daimants qui mesureront
les propriétés magnétiques du sol, dun
détecteur de vent et dinstruments atmosphériques
et météorologiques.
- Le véhicule Sojourner
mesure 65 cm de long, 48 cm de large et 30 cm de haut et il pèse
10,6 kg. Il sapparente à un camion jouet recouvert
dun panneau de cellules solaires (bleu), qui produit 16 watts
de courant en pointe et 100 watts-heure par jour. Sojourner transporte
trois caméras, un détecteur de particules alpha et
quelques expériences technologiques. Il se déplace
à la vitesse de 1 cm/s, soit 3,6 mètres à lheure
!
- Pathfinder et Sojourner
salimentant par énergie solaire, elles ne fonctionneront
que durant le jour martien. Sur le site datterrissage, le
Soleil se lève vers 15h45 et se couche vers 4h45.
La station spatiale internationale
http://www.cybersciences.com/cyber/1.0/1_822_Menu.htm
Il s'agit d'une série d'articles de Cybersciences,
la revue en ligne de Québec Science. Nous en extrayons quelques
paragraphes:
- La Station spatiale internationale
(ISS) se compare à un meccano dune trentaine de pièces
qui seront assemblées au cours des six prochaines années.
Le dessin ci-après montre lagencement des modules formant
un complexe orbital de 109 mètres denvergure (de gauche
à droite). Les parties principales ont la taille dun
autobus. La station peut être divisée en quatre grandes
sections. La partie arrière (A) rassemble les composantes
russes. Au centre du dessin (B), la longue poutrelle porteuse des
panneaux solaires. En dessous à gauche (C), les éléments
du coeur de la station et, en bas à droite (D), les laboratoires
scientifiques qui consituent la partie avant de la station.
A quoi servira la station
spatiale internationale une fois son assemblage complété
vers 2004 ?
Depuis le début du programme, la
NASA la célèbre comme lun des complexes scientifiques
les plus remarquables dans lequel se réalisera la gamme des
expériences touchant toutes les disciplines scientifiques.
À bord dISS, on entend en effet profiter des deux caractéristiques
uniques de lespace labsence quasi totale de la
gravité et le vide presque absolu à lextérieur
pour accomplir des travaux qui sétendront sur
de plus longues périodes. Ces deux propriétés
donneront lopportunité de recourir à des processus
de chimie et de physique inexistants sur Terre.
Dans la station, la durée
et la répétition des expériences permettront
de contourner les difficultés et de faire quantités
dessais et déchantillonnages. De plus, la présence
permanente des stationautes des scientifiques habitués
à vivre en apesanteur devrait conduire à des
innovations expérimentales quon a peine à entrevoir
aujourdhui.
Les travaux réalisés
dans ISS pourraient sapparenter à ceux effectués
ces trente dernières années par les Russes dans leurs
Saliout et Mir. À bien des égards ISS se compare à
Mir, mais elle bénéficiera de ressources surpassant
de beaucoup celles du complexe russe en plus de disposer de nouvelles
générations dappareillage. La station disposera
notamment de soixante fois plus dénergie électrique,
un paramètre fondamental qui détermine le nombre dinstruments
en fonction; de plus, sept personnes, au lieu de deux ou trois,
y travailleront sans relâche.
Selon les promoteurs du projet,
lenvironnement de microgravité qui régnera à
bord de la station permettra de percer les mystères de phénomènes
biomédicaux, de physique et de chimie, daméliorer
les procédés de fabrication sur Terre ainsi que de
développer des alliages révolutionnaires et même
des médicaments. Cependant les mêmes prétentions
étaient avancées dans les années 70 pour justifier
le programme de la Navette spatiale. On attend toujours les résultats
et bon nombre de chercheurs contestent ces ambitions en regard des
coûts exorbitants du projet*.
Toutefois, lutilité
du projet dépasse largement les possibilités scientifiques
et technologiques entrevues. Comme son nom lindique, il sagit
dune base spatiale internationale où apprennent à
collaborer une quinzaine de pays, des nations aussi différentes
que les Américains, les Russes et les Japonais. Cette coopération
sest amorcée dans les années 80 et porte déjà
fruit, notamment en associant Américains et Russes dans un
domaine jadis de féroce compétition. Ainsi, des dizaines
de spécialistes américains vivent et travaillent à
la Cité des Étoiles et au centre Korolev alors que
leurs collègues russes font de même à Houston
et à Cape Canaveral, autrefois des sites stratégiques
jalousement préservés. Mais surtout, la conduite quotidienne
des opérations de la station impose le maintien dune
collaboration étroite et à tous les niveaux entre
les deux grandes puissances nucléaires. Nul doute que notre
petite planète ne peut quen tirer avantage.
De plus, intégrer
au projet une douzaine de nations renforce non seulement les liens
de coopération à léchelle du globe, mais
entraîne une " mise à niveau " des pratiques dans tous
les domaines des technologies de pointe au sein de cultures fort
différentes.
Un
autre volet important du programme sera de préparer les futures
expéditions vers la Lune et Mars. À lorigine,
on présentait dailleurs ISS comme le port où
seraient assemblés et lancés les vaisseaux interplanétaires.
Aujourdhui, rien nest envisagé concrètement
à cause des coûts astronomiques de telles expéditions.
Mais lassemblage de la station préfigure la construction
des vaisseaux interplanétaires du siècle prochain.
De plus, on acquerra à bord dISS les techniques pour
vivre couramment en apesanteur et on développera les mesures
de santé essentielles aux voyages vers les planètes.
On sait, par exemple, que lun des grands obstacles aux longues
envolées est la perte du calcium des os et laffaiblissement
des muscles en apesanteur. Or, lun des sujets détude
mené par et sur les stationautes sera de concevoir des mesures
pour remédier à ces effets néfastes. Un autre
obstacle majeur aux vols interplanétaires est dordre
psychologique : comment vivre confiné durant des années
dans un vaisseau spatial où il nest pas question daller
faire une petite marche? Et comment sentendront sept personnes
de culture différente dans un tel environnement ? Cest
ce quon découvrira les prochaines années...
Mais au bout du compte, la plus grande retombée du projet
pourrait bien être dapprendre à nos gouvernements
à vivre ensemble sur Terre comme dans lespace. Ainsi
la Station spatiale internationale deviendrait un outil de plus
pour préserver la paix sur Terre.
* Avant même le lancement des premiers
satellites, on se questionnait passionnément sur lutilité
réelle de lhomme dans lespace ; quarante ans
plus tard, le débat fait toujours rage !
Pour en
savoir plus : 
Tous les détails sur le site officiel de la station à
la NASA http://spaceflight.nasa.gov/