Le cycle des journées
scientifiques de la cognition organisées par le ministère
de la recherche dans le cadre de l'action concertée incitative
cognitique (voir interview
de Catherine Fuchs) montrent la difficulté d'établir
des liens interdisciplinaires sur le thème de la cognition?
Qu'est-ce exactement que la cognition? En quoi peut-elle enrichir
telle ou telle activité comme la linguistique ou la philosophie?
Chacun fait-il de la cognition sans le savoir et, sinon, comment
se doter d'un minimum de bagage indispensable pour s'ouvrir à
cette approche sans se heurter à des difficultés
d'approche décourageantes?
Pour essayer de répondre à ces questions,
la première chose à faire consiste à s'adresser
aux praticiens de la recherche cognitive. L'ARCo devrait pouvoir
jouer ce rôle. Créée en 1981, elle a pour
but de promouvoir la recherche interdisciplinaire sur la cognition.
Les membres de l'ARCo exercent dans des domaines qui se rattachent
aux sciences humaines, aux sciences de l'ingénieur et aux
sciences de la vie : psychologie cognitive, linguistique, intelligence
artificielle, logique, neurosciences, sociologie et philosophie
" Depuis sa création,
l'association anime activement les débats essentiels à
la vie et à la cohérence d'une communauté
interdisciplinaire comme celle de la recherche cognitive. Elle
veille à maintenir un pluralisme des disciplines; des approches
théoriques, expérimentales et appliquées;
des écoles, paradigmes et thèmes. Elle cherche à
promouvoir l'intégration des jeunes chercheurs et des chercheurs
isolés; elle oeuvre également à l'éclosion
d'une dimension européenne des sciences cognitives. Depuis
quelques années, les institutions scientifiques ont reconnu
les Sciences Cognitives avec des programmes de recherche et des
DEA spécifiques. Dans ce paysage renouvelé, le rôle
spécifique de l'ARCo, conformément à son
statut d'association régie par la loi 1901, est d'être
plus que jamais un lieu d'ouverture et de transparence tant au
niveau de sa propre administration qu'à celui des débats
scientifiques".
On constatera que les recherches sur la cognition
ne datent pas d'hier, en parcourant les thèmes des journées
scientifiques http://www.mines.u-nancy.fr/arco/activites/journees/journees.html,
des colloques http://www.mines.u-nancy.fr/arco/activites/colloques/colloques.html
et des écoles d'été http://www.mines.u-nancy.fr/arco/activites/ecoles/ecoles.html
La dernière de celle-ci, consacrée
en juillet 2000 à la "cognition située, individuelle
et collective", montre, grâce aux textes disponibles en
ligne (hélas sous pdf) la complexité du domaine,
et son caractère souvent peu abordable aux non-initiés
http://www.mines.u-nancy.fr/arco/activites/ecoles/Bonas2000.html
Mais cela est normal, dira-t-on. Il n'y a pas de sciences qui
ne se mérite.
Nous pouvons quand même nous demander si certaines
de ces recherches ne s'enferment pas un peu dans une tour d'ivoire.
Les progrès de la neurologie, notamment avec l'imagerie
cérébrale et l'électroencéphalographie,
ceux de la robotique et plus généralement tous les
travaux des laboratoires auxquels nous nous efforçons de
donner un écho ici, n'amèneront-ils pas certaines
conséquences sur les approches traditionnelles de la cognitique?
L'ARCo publie également la revue Intellectica,
dont le site présente quelques articles en ligne (toujours
en pdf et toujours aussi "intellectuels", c'est le cas de le dire).
http://www.mines.u-nancy.fr/arco/publications/intellectica/intellectica.html
Automates Intelligents © 2001